Nord Argentin

Séjour de 15 jours dans ces régions argentines

Voici le récit d’une quinzaine de jours passés dans le Nord de l’Argentine, pendant ce tour d’Amérique du Sud en 2013. Depuis la ville d’Iquique sur la côte Pacifique du Chili, jusqu’aux chutes d’Iguazu à la frontière brésilienne, la région nord argentine est une découverte incroyable à travers les canyons, déserts, cités historiques et hauts plateaux. Salta, la capitale de la province est le point de chute principal et les paysages autour sont nombreux. Plus à l’Est, les anciennes missions jésuites mènent sur la route des chutes d’Iguazu, parmi les plus grandes du monde.

Salta, la capitale

C’est une grosse journée de trajet depuis Iquique, au Chili, quasiment 24h. Le trajet est long, mais quels paysages magnifiques… J’arrive à Salta à 21h30. A la gare de Salta, le hasard me fait rencontrer une employée de l’hostel réservé, Exxes Hotel, qui me met dans un taxi et le paye !

Après une longue nuit de repos et un petit déjeuner argentin (tous les petits déjeuners argentins se ressemblent : café, jus de fruits et media luna), je pars à la visite de la ville. Salta « la linda » (Salta la belle) est la capitale de la province du même nom, pour autant ce n’est que la 8ème ville d’Argentine. A 1185m d’altitude, et placée très stratégiquement entre le Chili et la Bolivie, la ville a un passé historique et épiscopal important.

Plaza 9 de Julio, Salta

La place principale est la plaza 9 de Julio. Dans toutes les villes d’Argentine, tu trouveras une Plaza 9 de Julio, car c’est le jour de déclaration d’indépendance de l’Argentine (9 juillet 1816). Il est très agréable de profiter d’un café et du soleil sur la place d’ailleurs.

Plaza 9 de Julio

J’en profite également pour visiter la cathédrale de Salta et l’église rouge et jaune San Francisco. Dans le centre historique, le Cabildo (conseil municipal) se visite également puisque c’est le siège du Museo Historico del Norte, reprenant l’histoire de Salta et du nord Argentin. Les soirées sont aussi forts agréables dans le centre lorsque les Salteños sortent autour de la place.

Il est possible de monter au Cerro Bernardo d’où tu auras une super vue sur la ville. On s’y rend par téléphérique depuis le Parque San Martin, mais je redescends à pied pour m’arrêter au monument Miguel Guemes, le héros de l’indépendance.

Virée chevalresque

Avant de démarrer la virée dans le nord argentin, je profite de 2 journées pour découvrir la campagne autour de Salta et la vie des Gauchos. Les gauchos sont les gardiens des plaines et troupeaux en Argentine, ils sont reconnaissables car vêtus plus ou moins comme des cow-boys.

J’ai réservé donc à Cabagaltas Gauchas, une finca qui vient te chercher à ton hébergement dans Salta, et t’emmène dans sa ferme. L’activité principale des gauchos est bien sûr d’être à cheval, c’est donc parti pour des balades dans les sierras, certaines au coucher du soleil, d’autres jusqu’au Cartel des Gauchos, leur lieu de repère durant la guerre d’indépendance. La finca propose aussi des asados succulents, l’asado étant la viande grillée au feu ou au barbecue.

Quebradas et Nordoeste

Pour effectuer l’excursion dans le nord-argentin, il est impératif de louer une voiture. Les quebradas (des canyons tant fluviaux que tectoniques) sont malheureusement mal desservis, et cela aurait pris des jours et des jours à visiter tous ces sites.

Le premier arrêt est Purmamarca, dans la province de Jujuy, Purmamarca signifiant ville du désert en Aymara. Ce qu’il faut voir ici est la montagne aux 7 couleurs ou El Cerro de los Siete Colores, cette fameuse colline démontrant un panel de couleurs toutes aussi impressionnantes les unes que les autres. Depuis la ville, une petite marche permet de marcher dans le canyon.

L’arrêt suivant sera Humahuaca, c’est d’ailleurs plus difficile de trouver un hostel car ils se font plus rares et les prix sont élevés (Hostel Humahuaca). On goute au Fernet, cet alcool Italien à base de plantes dont les argentins raffolent… La ville est agréable, l’église, le cabildo (le nom qu’on donnait à la mairie sous l’empire espagnol) et le monument aux héros sont des points à voir. Il faut également aller à PenaBlanca, le mirador de la ville.

Plus au nord, Pucara de Tilcara, une forteresse construite par les indiens Omaguacas est le stop suivant. Au milieu des ruines, des centaines de cardones (cactus à bras) s’élèvent. Depuis la forteresse, la vue sur le fleuve Rio Grande est dégagée.

Je prends ensuite le chemin de la Gorge du Diable « Garganta del diablo », c’est un chemin de 4km à pied de Pucara. La route est sympa et les vues sur le canyon sont exceptionnelles. L’entrée de la gorge est payante.

Puis en fin de journée, c’est la traversée de Salinas Grandes qui m’attend. Il n’y a personne sur cette route au milieu de ce salar (désert de sel), sur les hauts plateaux. L’altitude moyenne est de 3300m mais l’arrivée dans ce désert se fait en passant le col de Jujuy à 4170m, c’est hyper sympa avec le soleil couchant.

Direction cette fois le sud de Salta, toujours en voiture pour atterrir à Chicoana, un petit village avec un hostel sympa, Hostal del Sol (la chaîne Hola hostels très présente en Argentine et au Chili propose de très bons tarifs).

Je repars avec un petit déjeuner boulangerie (les medias lunas, ça te dit quelquechose ?) car je souhaite voir la Quebrada de las Conchas , c’est à 50km d’où je suis mais avant il faut passer par la ville d’Alemania.

Je traverse différents paysages dans la Quebrada comme des canyons, des rochers, des dunes parmi les paysages les plus arides du continent sudaméricain. C’est évidemment l’érosion au fil des années qui a formé cet endroit et c’est splendide mais il fait froid et venteux. Je traverse la « Garganta del Diablo », un trou béant, « l’anfiteatro », où l’acoustique est exceptionnel, « El Sapo » (en français le crapaud) qui ressemble vraiment à une grenouille, « El Obelisco » ou encore « Los Castillos ».

Cafayate y el vino

Très proche de la Quebrada, il faut absolument passer par Cafayate. Cafayate est connu pour ses vignes et ses bodegas pour déguster du vin. Outre le musée du vin dans la ville, il faut visiter une ou deux caves pour se faire une idée des vins des environs. Le cépage le plus travaillé ici est un blanc, le Torrentes, mais le Malbec en rouge se fait la part belle.

Parmi les caves à visiter, qui sont aussi des bodegas où se poser boire un verre, tu as Vasija Secreta, Bodega Nanni, ou Bodega El Transito. Pour déjeuner, le restaurant Hornito est une adresse de confiance et le bon plan hôtel est le Cafayate Backpackers.

Dans les environs, il est aussi possible de faire quelques randonnées accessibles en partant depuis la ville elle-même, entre la randonnée des Cascades à travers des rochers à escalader .

Je visite aussi la Quebrada de las Flechas, se situant sur la Ruta 40, la route qui traverse l’Argentine du Nord au Sud. Le paysage est très différent de Cafayate, d’ailleurs cette partie n’est pas asphaltée. La Quebrada porte ce nom car les rochers forment des flèches penchées.

Cette partie de la Ruta 40 est plus communément appelé Vallée Calchaquies, du nom des indiens ayant vécu dans la région. Cette vallée longue de 500km mène aux villages de San Carlos, Molinos ou encore Cachi.

Sur les terres indiennes, d’ouest en est

Il est temps de quitter Cafayate pour Amaicha del Valle, point de chute des jours à venir. Peu de choix dans cette ville, mais c’est au Pachacuty Hostel que je m’arrête. D’ailleurs cette ville et la région en général changent du tout au tout au moment de la fête de Pachamama, une fête célébrant la « terre mère ». Un musée consacré à Pachamama se visite ici.

L’un des sites majeurs de la région sont les ruines de Quilmes. Il n’y a pas de véritable transport entre Amaicha et Quilmes, il faut dont s’y rendre en taxi. Mais ici les taxis ne sont pas avares en paroles et mon chauffeur se transforme en véritable guide (de manière générale en Argentine). La cité sacrée, adossée à la montagne à 1855m d’altitude, a été créée au 11ème siècle. Les Quilmes, tribu indienne à l’origine de la cité, ont d’abord résisté à l’invasion des Incas puis 130 ans face aux Espagnols. Le site reste exceptionnel et en excellente conservation.

Il est temps de traverser cet immense pays d’ouest en est pour arriver au plus proche de la frontière brésilienne dans la ville de San Ignacio (pour info, il y a 1280 km et il aura fallu 20h de bus pour traverser).

Cette toute petite ville est proche des missions jésuites, et c’est au SI Hotel Adventure que je trouve ma chambre. Après un peu de repos, je pars visiter les Missions Jésuites Guaranis. Je suis surprise car elles ne ressemblent en rien à celles vues en Bolivie. « Las Reducciones »  (regroupement en espagnol), au nombre de 30 environ, ont vu le jour dans la foret tropicale argentine, brésilienne et paraguayenne au 17ème, sur les terres guaranis. Les plus connues d’Argentine sont Ignacio Mini et Santa Ana. Véritables villages inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco, les missions sont extrêmement bien conservées.

Je termine ce séjour sur ces terres indiennes sur le bord du fleuve Parana, bordé de plages, séparant ainsi l’Argentine du Paraguay.

Les chutes d’Iguazu

Les chutes d’Iguazu sont finalement plus proches que je ne le pensais et j’arrive en 4h à l’Iguazu Falls Hostel de Puerto Iguazu. Les chutes sont l’une des attractions les plus célèbres d’Amérique du Sud et se partagent la frontière entre l’Argentine (pour 80%) et le Brésil. La ville de Puerto Iguazu (ville coté argentin) reste intéressante et les bars et restaurants sont nombreux. Il faut savoir que la région est pluvieuse malgré la chaleur et donc l’imperméable est de rigueur.

Les chutes d’Iguazu sont en fait un ensemble de 275 cascades, ce qui en fait les plus nombreuses du monde, formant ainsi une longueur de 3km. Dans le parc national argentin, de nombreux itinéraires ont été créés pour s’en approcher au plus près.

Je commence par le « lower trail », chemin d’environ 2h, qui permet d’être au plus près des chutes. Les chutes (las saltas) sont nommées « Dos Hermanos », « El Chico » ou encore « Salto Bosetti ».  Les sens sont en éveil et l’ouïe particulièrement. Le débit de 6millions de litres d’eau par seconde résonne partout autour de moi.

Puis j’attaque « l’upper trail », les chemins et les passerelles permettent des vues plus élevées depuis des miradors, au plus près des chutes.

Quant au « Macoco trail », celui se déroule plus à l’intérieur des terres et est un chemin idéal pour aller à la rencontre des animaux, entre autres des singes hurleurs. Le parc est aussi le paradis des animaux, mais ici c’est le coati, le roi. Gare à toi, cet animal est prêt a tout pour manger et te poursuivra à la seule vue ou odeur de nourriture…

Le point d’orgue du parc (et qu’il faut garder pour la fin) est sans doute la Garganta del Diablo, la plus haute chute de l’ensemble, hissée à 80m. Elle s’atteint après un chemin d’1km qui permet de l’observer depuis le haut.

Ce voyage magnifique en Amérique du Sud ne se termine pas encore ici, il n’est que le début d’ailleurs de 3 semaines intenses qui suivent au Brésil, article à suivre d’ici peu…Mais l’Argentine ne sera pas en reste…

Les plus du voyage

  • des sites naturels plus remarquables les uns que les autres
  • Les chutes d’Iguazu, l’une des merveilles naturelles de ce monde
  • la viande, une excellence argentine

Les moins

  • Après le Pérou et la Bolivie, dur d’observer des prix européens ici
  • les longs trajets en bus, seul tribu pour tout voir

Publié par Gaelle T

Voyageuse dans l'âme, aventurière maintenant chevronnée, je continue ma route sur les chemins de traverse du monde...

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