Ukraine

Séjour de 8 jours en juillet 2021

L’Ukraine, pays existant depuis 1991, a longtemps peiné à gagner son indépendance. Après des heurts en 2004 et en 2014, puis après l’annexion récente de la Crimée, le pays est toujours sous tension de par ses relations avec la Russie.  

Toutefois, l’Ukraine est un pays très ouvert au tourisme, surtout avec les Européens. Les organisations de l’Eurovision (c’est depuis l’Eurovision 2005 qu’il n’existe plus de visa pour aller en Ukraine) puis de l’Euro de football en 2012 ont mis le pays sur le devant de la scène européenne. 

La variété des paysages fait de l’Ukraine une belle destination. Entre la mer Noire, les Carpathes, ou encore le fleuve Dniepr, il y a de quoi visiter ; sans oublier les nombreux sites religieux orthodoxes. 

L’Ukraine est un pays immense, il sera difficile de tout visiter. Pour une première visite, nous nous sommes consacrés à sa capitale Kiev, à Lviv proche de la frontière polonaise et enfin au site de Tchernobyl. 

Depuis la France, seuls les vols organisés par Air France sont directs, il faudra forcément transiter pour limiter le coût du voyage (Allemagne, Suisse et Pologne principalement).

Kiev 

On considère souvent la capitale de l’Ukraine comme une métropole Européenne, une ville d’affaires moderne. Cependant, Kiev est aussi un berceau de l’histoire ukrainienne, une ville avec de nombreux musées et galeries, de belles rues étroites, des sites religieux historiques et des quartiers sympathiques.  

Se déplacer ? 

Depuis l’aéroport, il y a 2 possibilités : depuis l’Euro 2012, un train a été aménagé entre l’aéroport et la gare principale pour 100Krn par personne (3,20 €). Sinon je conseille vivement Uber ou Bolt qui fonctionnent très bien pour des prix très raisonnables, de 10€ à 18€ le trajet (ne t’attend pas à une marque de politesse quelconque des chauffeurs par contre ). L’aéroport est à environ 40-50 minutes du centre-ville. 

Kiev est une ville très dense (plus de 3 millions d’habitants) mais le centre-ville est visitable à pied. Le métro n’est donc pas forcément utile pour une desserte fine du centre mais tu l’utiliseras sans doute pour visiter les quartiers de Podil ou Sainte-Laure des Catacombes. Le trajet est plus qu’abordable, 8 krn (soit 0,30 cts) le trajet. 

Quand bien même, sa beauté justifie à elle seule une visite. La construction du 3ème métro de l’Urss a commencé en 1960 dans un pur style soviétique, à l’exemple de celui de Moscou. Il est l’un des plus profonds du monde (la station Arselnalna est à 105m sous terre, et il faut plusieurs minutes d’escalators pour l’atteindre). Les plus belles stations sont les plus centrales (Vokzalna, Zoloti Vorota). 

Où séjourner ? 

Il faut savoir que l’hôtellerie à Kiev est un véritable casse-tête. Alors que beaucoup de secteurs sont moins couteux qu’en Europe, l’hôtellerie reste très chère. Les hommes d’affaires ukrainiens choisissent même régulièrement de dormir dans des auberges de jeunesse… 

Partner Guest House : Appart-hôtels disponibles à plusieurs adresses dans Kiev (Baseina 19, Kreschatik 15, Kreschatik 23). Chambres aménagées avec une petite cuisine, situées dans des immeubles kieviens typiques. 

Mackintosh hotel, Khoryva St, 49A : choisi pour être dans le quartier de Podil, ce fut l’un des seuls hôtels à proposer un tarif raisonnable. Petit-déjeuner buffet inclus et l’on peut même demander son petit déjeuner à emporter pour le jour de départ. 

Où se restaurer ? 

Katchapuri & Wine, Borysa Hrinchenka St 2, Kiev : situé dans un coin de la place Maidan, ce restaurant géorgien dispose d’une belle terrasse qui permet d’observer la place à toute heure. Toutes les spécialités géorgiennes sont présentes : katchapuri (pain au fromage, déclinable en de nombreuses versions), kinkhali (raviolis), plats à base d’agneau. Le tout pour 600 UAH (soit environ 18€pour 2). 

Kiosques à café : véritable culture du café à emporter à Kiev, il est possible quasiment à tous les coins de rues de commander un café dans des kiosques. Il y a une forte concentration sur Kreschatik, l’avenue principale. Café simple à 1€. 

Lviv CroissantMykoly Lysenka St 1 : avec plusieurs adresses dans Kiev, cette chaine propose des cafés et des croissants garnis et plutôt salés. Une formule très honorable pour un déjeuner rapide. 

Kyivska Perepitchka, Vul Bohdana Khmelnytskoho 3 : la longue file dans la rue est bien pour ce petit kiosque, qui sert un plat unique, le hot-dog kievien. 0,9 cts le beignet-saucisse. A tester ! 

Hot-dog Kievien

O’Panas, Parc Chevtchenko : l’endroit parfait pour goûter les meilleures crêpes de la ville, à un prix très dérisoire et à l’abri du boucan urbain. 

Musafir, Bohdana Khmelnyyskoho street ou Rohnidynska Str 4 : testés 2 fois dans 2 adresses différentes, cette chaine de restaurant Tatar (peuple turc originaire principalement de Crimée) propose une excellente cuisine orientale : kinkhali (raviolis), pide, dolmas, houmous, plov… 

Gamardzhoba Genacvale, Sofiivs’ka St, 4 : un restaurant géorgien en sous-sol qui ne paye pas de mine, mais l’accueil fut sympathique et la nourriture excellente, on a envie de tout tester… 

Food Marketvul Moskovska : le Food Market de Kiev est une belle découverte. Comme beaucoup de food Market dans le monde, on commande dans l’un des stands et on t’appelle lorsque c’est prêt !  

Korchma Taras Bulba, Pushkinska St, 2-4/7 : restaurant typiquement ukrainien cette fois-ci, avec une belle terrasse et des serveuses en costume traditionnelle. Idéalement, il faut goûter à tout : bortsch, gelée de viande, derunys (galette de pomme de terre). 

Mama Manana, Nyzhnii Val St 23 : le coup de cœur du séjour revient à la dernière soirée à Kiev. Un restaurant géorgien (encore !), petite chaine (3 restaurants dans Kiev), une nourriture à tomber par terre, et une générosité exceptionnelle. Entre les plats classiques géorgiens (dorma, katchapuri), le service est attentif ! 

Que voir ? Que visiter ?

Centre-ville : autour de la place Maidan 

La place de la Révolution de Kiev est connue sur la scène internationale, mais certainement pas pour son architecture ou sa beauté. Place centrale de la ville, Maidan (qui signifie place en arabo-persan) reçoit son nom actuel en 1991 à la chute de l’Urss. Reconstruite de nombreuses fois, son architecture n’a donc pas de réelle harmonie. Parmi les monuments, on peut trouver la colonne de l’indépendance, le monument en l’honneur des 3 fondateurs de la ville, celui de l’archange Michel, gardien de Kiev. 

Mais plus qu’une place, c’est un véritable symbole pour tous les Ukrainiens, depuis la révolte des étudiants en 1991, à la révolution orange de 2004 ou encore aux malheureux évènements de 2014, c’est ici qu’ils se rejoignent tant pour faire la fête que pour militer ou protester.  

Depuis Maidan, part l’avenue Kreschatik. Véritables Champs-Elysées de Kiev, les styles soviétiques ou art nouveau sont réunis. Boutiques, restaurants et autres kiosques à café, c’est ici que l’on passe ses soirées d’été !

En prenant la rue Kostolna, on arrive au Monastère Saint Michel au mont d’Or. Sa façade bleue et ses dômes d’or reflètent de loin au soleil. Construit au 12ème siècle, il est en même temps la plus vieille et la plus récente des églises. En effet, les soviétiques détruisirent l’église entièrement en 1937 pour construire des bâtiments plus à leurs images. Il faut absolument entrer à l’intérieur pour contempler le style byzantin (l’entrée est gratuite). 

A l’arrière du monastère Saint-Michel, on découvre le ministère des affaires étrangères que tous les Kiéviens détestent. Tout d’abord parce qu’ils leur rappellent l’ère soviétique avec son imposante architecture mais également parce qu’il a été construit sur l’emplacement même d’une église détruite par les Soviétiques (tout comme Saint Michel). 

De l’autre côté de l’immense place Volodymyrska, on aperçoit la Cathédrale Sainte Sophie. Inscrite au Patrimoine mondiale de l’Unesco, elle est l’un des monuments les plus visités d’Ukraine. On est littéralement subjugué par ses formes, ses pointes en or, le vert de ses toitures, mais aussi son intérieur recouvert des fresques. La plupart des mosaïques date de 1037, époque où elle fut construite en l’honneur du prince Yaroslav. Elle a été placée à l’époque proche du palais royal pour permettre les couronnements ou cérémonies. Elle est fortement inspirée de la basilique Sainte Sophie d’Istanbul. Le pass d’entrée permet de visiter l’église et le complexe ; il est possible de rajouter les visites de la tour de l’horloge ou encore du réfectoire. 

Andriyvisky & Podil les charmants quartiers de Kiev 

En avançant un peu plus loin, on découvre la charmante Andriyivsky. Cette splendide église baroque rayonne d’un bleu turquoise. Construite entre 1747 et 1754, elle fut dessinée par le même architecte qui conçut le palais d’hiver de Saint Pétersbourg. 

L’église marque aussi le début de la descente Saint-André, souvent appelé le Montmartre Ukrainien. Dans cette rue pentue et pavée qui mène trouve droit au quartier Podil, se trouvent nombreuses galeries, restaurants et magasins de souvenirs. Son nom vient de l’apôtre Saint André qui gravit la colline un jour et avait prédit qu’une grande ville chrétienne prendrait place ici. 

Il est aussi possible de descendre par l’Allée Peyzajna. Contournant des ravins, elle permet d’avoir de belles vues sur Podil. L’ambiance est calme, de quartier et très tournée vers l’art urbain. 

Si tu as un peu de temps, le musée de l’histoire de l’Ukraine a quelques sections intéressantes. 

En bas de la descente Saint-André, et en s’aventurant dans les petites rues, on découvre le quartier de Vozdvyzhenka, quartier très huppé de Kiev, dont la construction a débuté dans les années 2000. Si certains l’appellent le quartier arc-en-ciel pour ses couleurs, l’ensemble est un vrai paradis artificiel. Si le but était de reproduire l’architecture du 19ème siècle, nombre des maisons ou appartements n’ont encore pas trouvé acheteur, au vu des tarifs exorbitants. 

Autre moyen de descendre dans cette partie de Kiev, appelé Podil, c’est de prendre le petit funiculaire. Au même prix que le trajet en métro, le funiculaire de Podil est très populaire, et évite la dure montée dans le sens inverse. 

Podil est la partie basse de la ville, construit autour du port, quartier plus populaire, plus commerçant mais tout aussi sympathique. Ici, pas de montée ou descente répétitives comme dans le reste de la ville. On ne trouvera également aucun vestige soviétique dans cette partie, restée intacte. 

La grande place Kontract (sans réelle architecture), avec sa grande roue, permet aux citadins de vaquer à leurs occupations jusqu’à très tard. De nombreuses animations s’y tiennent. 

Dans ce quartier, on pourra s’attarder sur plusieurs églises notoires : Saint Nicolas Naberejny ou encore le monastère Florivsky. 

Quartier de Teatralna 

On se dirige vers la Porte Dorée, ancienne porte de la ville. Erigée en 1037, Zoloti Vorota a été construite en l’honneur de la porte dorée de Constantinople pour le Prince Yaroslav. La place tout autour de la Porte est l’une des plus sympathiques de Kiev. 

Le quartier de Teatralna invite à la promenade, les rues sont arborées et les bâtiments néo-classiques sont agréables à regarder. Kiev renvoie ici une image d’une ville européenne classique.  

En passant par l’Opéra, on arrive tout droit sur l’église Saint Volodymyr. Très joliment décorée, son jaune éclatant et ses 7 coupoles la rendent somptueuse. Dans un style byzantin, elle fut construite pour célébrer les 900 ans du christianisme orthodoxe. 

De l’autre côté du boulevard Tarasa Tchevtchenko, se trouvent les immenses jardins botaniques dont l’entrée est gratuite. Si le temps est idéal, alors pourquoi pas ne pas continuer la promenade en direction de l’université et du Parc Tchevtchenko, où la statue du célèbre poète ukrainien trône en plein centre. 

Continuant sur ce chemin, dans le Kiev moderne, on découvre le marché Bessarabsky, superbe marché couvert, mais aussi le Palais des Sports et le stade du Dynamo Kiev

Quartier de Lipky 

De l’autre côté de l’avenue Kreschatyk, se trouve le quartier Lipky. Le quartier se situe sur une autre colline de la ville et accueille le quartier du pouvoir. Depuis la rue Horodetskoho, tu tomberas sur l’étrange Maison aux Chimères. Ancienne maison de l’architecte Gorodetsky, le Gaudi Ukrainien, et de style Art Nouveau, elle affiche fièrement ses « chimères » tels que des éléphants, lions ou rhinocéros. La maison sert de lieu de réception officiel pour le palais présidentiel situé juste en face, dans la rue Bankova. 

Plus haut, il est possible de découvrir l’édifice de « la veuve éplorée », autre vestige Art Nouveau de la ville, dans la rue Lyuteranska. Lorsqu’il pleut, l’eau coule le long du visage de la veuve sur la façade. Un peu plus loin, la « maison chocolat », nommée ainsi pour sa couleur, se tient dans la rue Shovkovytvhna. Prends le temps de te balader dans cette rue, car les façades historiques sont nombreuses. 

Tout au bout de cette même rue, on pourra voir le Parlement et le Palais Mariyinsky. Inspiré d’une œuvre de Rastrelli (l’architecte italien qui a imaginé l’église Saint André), il est utilisé aujourd’hui pour la réception de cérémonies officielles.  

Enfin, en longeant le fleuve, en direction du centre-ville, on découvre caché dans les feuillages le stade olympique (Kiev n’a pas accueilli les jeux mais seulement quelque matchs lors des jeux de 1980) ou encore l’arche de l’Amitié, un drôle de monument très soviétique (mais avec une vue superbe) pour rappeler l’unification de la Russie et de l’Ukraine en 1654. 

Lavra 

Dans le sud de Kiev, toujours au bord du fleuve et sur une autre colline, se trouve Sainte-Laure des Catacombes ou plus souvent appelé Lavra (signifiant « Grand monastère Orthodoxe »). Pour y accéder, pas le choix que de prendre le métro pour s’en rapprocher, pour autant la marche qui suit est assez longue. 

Lavra est un immense complexe d’églises et de souterrains sur plus de 28 hectares. Il représente l’un des monastères les plus sacrés en Europe de l’Est. Fondé en 1051 par Saint-Antoine après l’acceptation du christianisme dans le pays, l’ensemble s’est étendu au fur et à mesure des années avec construction de grottes pour la conservation des corps. Le site est divisé en 2 : la Lavra Haute, qui est gérée par le Patriarcat de Kiev, et Lavra basse – qui comprend les catacombes – gérée par celui de Moscou. 

L’entrée de Lavra Haute se fait par l’Eglise de la Trinité. Sur ce niveau, il est également possible de voir l’église Saint-Nicolas, la cathédrale de la Dormition avec ses 7 coupoles dorées, le grand clocher dans lequel il est possible de monter et de découvrir les magnifiques vues depuis là-haut ou encore le réfectoire. 

Quant à Lavra Basse et ses catacombes, il faut avoir la tête voilée pour les femmes, les jambes couvertes pour les hommes mais tout est fourni à l’entrée. N’étant pas éclairées, il faut également acheter des bougies permettant de se guider à l’intérieur. Il y a un parcours « touristes » et un parcours « pèlerins », pour autant ne sois pas étonné de voir des gens littéralement embrassés les momies conservées ici, ni de voir les prêtres orthodoxes errer… 

En continuant son chemin vers le sud, on tombe nez à nez avec la statue de la Mère Patrie (en ukrainien Rodina Mat). Haute de 62m mais reposant sur un piédestal de 40m, elle s’impose et personne, en arrivant à Kiev, ne peut la manquer. Elle fut inaugurée par Brejnev en 1981 et se trouve être le second et le dernier monument en hommage à la Mère Nation de l’URSS (l’autre est à Volgograd). Les Ukrainiens continuent de s’en moquer car pour des raisons d’esthétique, l’épée a été raccourcie pour ne pas dépasser en hauteur Laure des Catacombes dans la perspective… 

Tout autour, on trouvera d’autres vestiges soviétiques : des chars, des hélicoptères, des sculptures etc, etc… La vue sur la très étendue Kiev est splendide !  

Les rives du Dniopr 

Comme on le sait, Kiev n’est pas en bord de mer, pour autant les rives de son célèbre fleuve attirent les kieviens le week-end. Si on regarde de plus près la géographie, il y a de nombreuses iles sur lesquelles on peut traverser et la plus grande (Troukhaniv) a même une station de métro. Ces zones ne sont pas habitées et représentent ainsi le poumon vert de la ville. 

Toutes les installations sont présentes pour passer une journée, comme à la plage, certains seront tentés de mettre les pieds dans l’eau. 

Des croisières sont également organisées, certaines courtes qui permettent de voir une bonne partie des monuments de la ville, d’autres plus longues mènent jusqu’à la « Mer de Kiev », qui est en fait une retenue d’eau plus au nord . 

Tchernobyl ou La plus grande catastrophe de l’histoire causée par l’homme

Tchernobyl (ou Chornobyl si on traduit plutôt de l’ukrainien – Tchernobyl étant la traduction russophone) est une ville située en Ukraine, à une centaine de kilomètres de Kiev. Elle est tristement devenue célèbre au moment de l’explosion du réacteur 4 de la centrale nucléaire le 26 avril 1986 et pendant toutes ces années durant au vu des dégâts causés sur l’homme et la nature.

A l’époque, la zone vit pleinement de l’essor de la centrale, construite au début des années 1960 et supposée devenir la plus grande centrale de l’URSS. A Chornobyl, se trouve la centrale, à Pripyat, la ville dortoir, celle qui accueillait les familles des travailleurs.

Dans la nuit du 26 avril 1986, des tests sur le réacteur 4 doivent être effectués, mais rien ne se passe comme prévu. L’augmentation de la puissance du réacteur provoque la rentrée en fusion de celui-ci et c’est l’équivalent de 500 bombes Hiroshima qui sont envoyées en l’air.

L’URSS tait le problème et tente de le minimiser même auprès des habitants de la zone (plus de 200 000 à l’époque) qui ne seront évacués que 36 heures plus tard (déjà bien trop tard pour eux). On leur promet qu’ils rentreront dans 3 jours et partent avec le minimum ; ils ne rentreront jamais…Il n’y aucun décompte tenu sur les pertes humaines, si ce n’est les 28 victimes directes (dont les pompiers intervenus morts peu de temps après dans un hôpital à Moscou) ; on estime donc entre 60 et 300 000 décès liés à ce fait, sans compter les cancers et autres maladies provoquées depuis toutes ces années sur toute l’Ukraine. Chornobyl deviendra un sujet international lorsque des pays comme la Finlande ou la Suède détectent dans leurs ciels des nuages radioactifs et soupçonnent l’URSS qui avouera très vite.

Il faudra des jours et de nombreuses tentatives pour éteindre l’incendie puis étouffer le cœur du réacteur encore en fusion. Finalement, des sarcophages seront installés, dont le dernier date de 2017.

Aujourd’hui Tchernobyl est une zone « d’exclusion » de 30 km. Cela signifie que personne ne peut y rentrer ou sortir comme il le souhaite. Des militaires surveillent les entrées, et il faut avoir été validé au préalable. A savoir la zone d’exclusion représente plus de 100km en Biélorussie qui a été beaucoup plus atteinte.

Etonnamment des personnes vivent et travaillent encore dans la zone d’exclusion (environ un millier officiellement, voire 3 fois plus officieusement). Si la centrale est fermée, elle continue d’accueillir des travailleurs ; quant aux gens qui y vivent, ce sont pour la plupart des gens revenus vivre ici, car ils n’ont rien d’autre ailleurs.

De nombreuses agences, officialisées par le gouvernement, organisent des tours pour visiter Chornobyl, de 1 à 2 jours avec plus ou moins d’options. Il est difficile de choisir une compagnie plus qu’une autre, car elles sont toutes très bien notées et expérimentées (on visite la zone d’exclusion depuis 2008). Nous avons choisi ChernobylX et ce fut une super expérience. Le tarif est de 99 €uros la journée, et avons même eu la chance d’être surclassés sur un plus petit groupe (4 personnes au total) pour une visite plus privative.

Le rendez-vous est donné à la gare de Kiev pour 7h30. Notre guide et le chauffeur nous attendent, avec un minibus. Le temps de trajet étant de 2h, nous avons le droit pendant ce temps au journal de l’époque relatant les faits, ainsi qu’un documentaire sur les écrans.

A l’entrée de la zone d’exclusion, on nous remet des dosimètres que l’on doit porter, afin de mesurer la dose de radiations reçues en fin de journée, ainsi que des compteurs geiger pour mesurer l’intensité de la source de radiation.

La question souvent posée est : est-il dangereux de se rendre à Chernobyl ? La réponse est non. La dose de radiation en 1 journée n’est pas plus importante qu’un vol transatlantique ou qu’une radio passée chez son dentiste et 50000 fois moins qu’un fumeur de cigarettes. Toutefois, on ne passe pas à coté des recommandations qui sont : porter des vêtements longs, ne s’attarder à aucun endroit, ne rien toucher et ne rien poser au sol. Après quelques tests dans la zone d’exclusion, on remarque que la radiation la plus puissante ne vient pas de l’air mais du sol.

Fete forraine de Prypiat

Après un premier contrôle de nos passeports, nous visitons un premier village abandonné. La première surprise est de s’apercevoir que ce n’est pas un village dans une forêt, mais une foret dans le village. En effet, tout est recouvert par la nature qui a complètement repris ses droits. La route traversant le village est devenue un chemin pas plus large d’1 m. On découvre quasiment intacts l’école, le théâtre ou encore l’épicerie.

Un peu plus loin, nous entrons dans la ville de Chornobyl comme le marque le panneau ci-dessous. Quelques mètres après, des panneaux des noms des villes ont été disposés le long d’un chemin pour rappeler les 162 villages abandonnés au moment de la catastrophe. D’ailleurs, comme cela fait 35 ans que tout est abandonné, c’est l’occasion de découvrir la seule et unique statue de Lénine, encore debout (celle-ci n’a vu ni la chute de l’URSS, ni les évènements de 2014 pendant lesquels toutes les autres statues ont été déboulonnées).

On se rend sur les berges de Tchernobyl, qui est un port fluvial, sur l’un des affluents de la Dniepr (fleuve passant par Kiev puis se jetant dans la mer Noire). Des épaves, qui n’ont pas bougé d’un iota depuis des années, sont toujours belles et bien présentes. Les robots qui ont servis aux forages du site (les vraies et non pas des décors) sont exposés non loin également.

Après notre pause déjeuner, composé d’un repas typique ukrainien avec salade de chou, soupe, et lapin, nous avons le droit de conduire pendant quelques tours la voiture de l’époque, une Volga, voiture qui n’est plus produite depuis 1970, à l’époque considérée comme une voiture de luxe !

Nous repartons ensuite dans la zone des 10Km d’exclusion où un nouveau contrôle de passeports nous attend. Cette fois-ci, c’est la centrale nucléaire que nous découvrons. Pas moins de 6 réacteurs (les réacteurs 5 et 6 étaient en construction au moment de l’explosion) se dressent devant nous. Nous avons le droit de nous en approcher au plus près, mais pas de rentrer (certains tours l’autorisent). C’est à partir de ce moment que le compteur geiger va commencer à s’affoler toutes les minutes pour nous prévenir que nous sommes bien dans la zone à risque (le seuil d’alerte étant fixée à 0,30 µSv/h) et ne s’arrêtera plus jamais jusqu’à ce que nous quittions la zone d’exclusion des 10km).

Une des visites surprenantes de cette journée est la découverte du radar Duga, ancien radar secret de l’URSS, construit en 1970. Haut de 150m et long de 750m, ce radar avait pour but de détecter les attaques de roquettes à travers le monde entier. Personne ne connaissant son existence, une seule route mène à cette immense construction, et on faisait croire à l’époque qu’il y avait un camp d’été pour enfants. Même un faux arrêt de bus le long de la route a été imaginé ! Toutefois, son existence était connue de l’Ouest, car il causait beaucoup de problèmes sur les fréquences radios du monde entier, il fut d’ailleurs surnommé le Woody Woodpecker Russe. Son fonctionnement prit fin avec la catastrophe de Chernobyl. Aujourd’hui il est laissé à l’abandon, car sa destruction couterait beaucoup plus cher. C’est pour moi l’un des moments les plus impressionnants de la journée.

L’une des parties très intéressantes de cette journée est bien évidemment la visite de Pripyat, la ville qui accueillait les travailleurs de Chernobyl. Ville construite sur mesure pour héberger dans le grand luxe ces personnes venues spécialement travaillés dans la région, elle était encore en développement en 1986. La balade se fait à pied dans cette ville étendue. On a l’impression de faire une balade, à travers le temps, en forêt tellement les arbres sont omniprésents. On visite le café de la ville, les berges, la mairie, l’hôtel de police, le centre culturel ou encore le supermarché. Plus loin, il y a aussi la fameuse fête foraine qui fut aménagée peu de temps avant la catastrophe et qui n’a jamais eu le temps de fonctionner. Tout comme le stade qui n’a malheureusement pas vu beaucoup de joueurs…La visite se termine par le cimetière des camions.

Il y a énormément de choses à voir sur La zone d’exclusion, tout ne peut pas se visiter en un jour. Ceux qui voudront y passer plus de temps peuvent passer une nuit sur place. Cette expérience fut assez exceptionnelle et permet de nous rappeler encore aujourd’hui ce que fut et ce qui restera pendant longtemps une catastrophe déchirante pour la planète.

Lviv

Charmante ville à l’ouest de l’Ukraine, Lviv, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, se considère elle-meme comme une ville européenne. Très ressemblante aux villes de Prague ou Cracovie par exemple, la capitale de la Galicie est très riche architecturalement parlant et la qualité des cafés et restaurants attirent beaucoup de touristes (il existe d’ailleurs des visites des restaurants les plus originaux…). Rien à voir avec le style soviétique de Kiev, d’ailleurs, le tourisme est beaucoup plus présent ici, certainement dû à une frontière très proche avec la Pologne.

Lviv est desservi depuis Kiev à 1h d’avion environ, mais aussi depuis d’autres villes européennes (Vienne, Varsovie, Francfort etc…). L’aéroport se situe à à peine 10 minutes du centre-ville. Comme à Kiev, les Uber ou Bolt fonctionnent très bien, par contre il ne faudra pas s’attendre à nouveau à grand-chose (je crois n’avoir jamais vu de pire voiture d’Uber qu’à Lviv…). Il existe aussi un bus faisant les allers-retours entre le centre ville et l’aéroport.

Où se loger ?

Just Lviv it Appartments, Rynok Square 14 : cette société qui loue des appartements en détient à plusieurs adresses dans Lviv, mais notre loft était situé sur Rynok Square qui est la place principale de Lviv. Pas de vue particulière (vue sur une cour intérieure couverte et très calme), l’appart était très bien agencé. Bières et eaux offertes à l’arrivée. Petit-déjeuner compris dans 6 restaurants de la ville au choix.

Où se restaurer ?

DeMandjaro, Halytska Street 10 : un restaurant proposant en kiosque des glaces au poids, une excellente idée

Kryivka, Rynok Square 14 : ce restaurant est une vraie légende. Situé dans notre immeuble, il faudra déjà trouver l’entrée de ce restaurant caché. En frappant à la porte, un sacré numéro nous demande un mot de passe dont la traduction pourrait être « Vive l’Ukraine » – à prononcer en ukrainien bien sûr-, puis c’est un petit shot de vodka qui est proposé (sic). Le restaurant est en sous-terrain avec plein d’objets de l’époque soviétique et toute son atmosphère découle de ça. En se dirigeant vers la sortie on découvre une superbe cour intérieure avec à nouveau plein d’objets (traban, moto, une mitraillette sur le toit avec vue sur toute la ville). Au petit-déjeuner, salade avec œufs et bacon et raviolis sucrés à la cerise et à la crème.

Trapezna Idey, Valova Street 18 : Restaurant en sous-sol de spécialités ukrainienne. Il n’est d’ailleurs pas facile à trouver (il faut rentrer dans une boutique puis descendre les escaliers). En cette période calme, ma carte était peu garnie.

Gasola Lampa, Virmenska St 20 : un super restaurant tape à l’œil depuis l’extérieur avec des tubes de laboratoires un peu partout – Pourquoi ? Apparemment, l’inventeur des lampes à gaz est originaire de Galicie également ! Au petit-déjeuner granola et œufs brouillées bacon

Marevo Craft&Organic, Virmenska St 5 : de superbes pizzas à des prix très dérisoires et à taille inhumaine !

Que voir, que visiter ?

En Centre-ville

Le centre-ville de Lviv se concentre principalement autour de Rynok Square, aussi appelé Ploshtcha Rynok, l’ancienne place du marché entièrement pavée et où passent encore les tramways. En son centre, l’hôtel de ville (ratousha) date du 19ème siècle et peut se visiter pour ceux qui souhaitent monter dans la tour du clocher. D’ailleurs tous les jours à 12h est sonné le clairon.

Tout autour de la place, environ 40 bâtiments se succèdent, d’années différentes suite à une reconstruction après un immense incendie au 16ème siècle ; toutefois avec une règle : 3 ou 4 niveaux maximum et sur une largeur de 3 fenêtres (les 4 fenêtres étaient réservées aux plus riches de la ville). On note quelques belles demeures comme on le voit sur les photos.

La ville est également connue pour ses nombreuses églises, plus d’une centaine à vrai dire !

La Cathédrale Catholique a été construite dans un style très hétéroclite, mais fait partie des plus impressionnants édifices de Lviv. D’ailleurs, c’est une des églises qui fut visitée par le pape Jean-Paul II lors de sa venue…

La Cathédrale Dominicaine reflète le soleil ! Plus à l’est de la ville, cette belle église de style rococo dispose d’un petit musée athée à l’intérieur.

Dans la rue Virmenska, on se balade à travers l’Eglise Arménienne qui date de 1363 avec une cour qui coupe de la frénésie de la ville et des passages voutés. A noter que cette rue était anciennement le quartier arménien de Lviv.

Dans le centre se trouve aussi la Chapelle Boyim, avec sa facade noire, l’église de la Dormition ou encore l’église de la Transfiguration.

On peut voir également le très beau monastère des Bernardins qui lui aussi marque une des entrées de la ville avec au dos les douves. L’église du même nom est une église gréco-catholique.

En dehors des murs

La visite hors des murs de la ville commence par le boulevard Svobody. Ce long boulevard sur lequel se trouve au milieu une statue du poète Tarass Chevtchenko, artiste vénéré en Ukraine et plus loin l’Opéra de la ville, est très apprécié des Lviviens l’été où l’on vient se balader et se reposer.

La balade nous emmène devant l’église Sainte Marie ainsi que la Rue Tchnornomorska qui a connu dans le passé le passage des tanks soviétiques qui se rendaient en Hongrie, d’où les nombreux bâtiments effondrés ou portant des séquelles.

Avant de commencer la montée dans la ville haute, on passe devant l’église Saint-Nicolas, plus vieille église de Lviv, et la petite église Saint-Jean-Baptiste.

Le chemin mène tout droit à la colline du château, à environ 20 minutes de marche, qui n’a d’ailleurs plus vraiment de château mais on peut accéder à une plateforme permettant d’avoir une vue sur une ville étendue.

Lors de la redescente, on découvre la tour de la Poudrière qui marque l’entrée de la ville et fait partie des anciens remparts de la ville, puis en face l’église Saint Michel, avec un intérieur baroque.

A quelques minutes à pied, on peut se rendre à la fabuleuse Cathédrale Saint George. Elle constitue le centre de l’église ukrainienne gréco-catholique (on rappelle que pendant l’occupation soviétique, c’est le culte orthodoxe qui était obligatoire). La ferveur religieuse est de mise ici, comme on peut le voir sur les photos.

Nous prenons le temps également de visiter l’ancienne prison qui est devenue musée et mémorial des victimes de l’Holocauste (même si tout n’est pas traduit, on en comprend l’essentiel). A l’époque elle accueillait des prisonniers classiques puis s’est transformé en prison utilisée par le KGB jusqu’en 1991. Elle est d’ailleurs restée intacte depuis cette date…

La ville détient de nombreux vestiges juifs également. En effet, avant la 2nde guerre mondiale, ils étaient plus de 100 000 qui furent tous tués ou déportés. On peut distinguer entre autres l’ancien ancien hôpital juif, bâtiment mauresque aujourd’hui réhabilité en logements, ou encore le marché Kravisky, ancien cimetière, transformé en marché couvert…

Le palais Potocki qui accueille la galerie d’art de la ville est une magnifique demeure qui fut la résidence de l’ancien premier ministre autrichien.

A 45 minutes de marche, on peut errer dans le très beau cimetière Lytchavskisky. On le surnomme le Père-Lachaise orientale ! On y retrouve la même atmosphère à travers un décor boisé. Parmi eux les occupants, Ivan Franko, poète nationaliste, ou Tchoukarine, gymnaste soviétique et bien d’autres noms inconnus pour nous. Mais c’est réellement la beauté du lieu, très fréquenté, qui est ici inspirante.

Ici s’achève ce nouveau voyage à travers l’Ukraine. Pays en devenir touristique, elle n’attend que sa stabilité politique pour pouvoir attirer encore plus de monde. Le pays mérite une visite plus poussée tant sa richesse architecturale et religieuse est importante. D’autres lieux comme Odessa et les Carpates deviennent incontournables ; en souhaitant pouvoir se rendre également en Crimée, joyau de la Mer Noire et aujourd’hui annexée par la Russie.

Les plus du voyage

  • Tchernobyl, le must du voyage
  • les prix dérisoires de la restauration
  • une architecture religieuse somptueuse

Les moins

  • une hôtellerie peu développée
  • devoir faire des choix en terme de destinations tant le pays est immense

Publié par Gaelle T

Voyageuse dans l'âme, aventurière maintenant chevronnée, je continue ma route sur les chemins de traverse du monde...

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