Séjour de 8 jours dans le royaume hachémite
Le Royaume Hachémite de Jordanie est un havre de paix au milieu d’une zone sinistrée. Entouré de voisins tels que la Syrie, l’Irak ou Israël, le pays fait partie des meilleurs « success stories » du Proche-Orient. Son histoire, vieille de plusieurs milliers d’années, et ses paysages exceptionnels font de ce pays une destination incontournable.
Comment ne pas arpenter la magnifique Petra, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, racontant l’histoire du peuple Nabatéen, ou encore ne pas découvrir le Wadi Rum, désert de tradition bédouine, où l’on s’arrête le temps de profiter de la vie ; sans oublier – et c’est rare – l’extrême gentillesse des jordaniens qui marque tous les voyageurs passant par ici. Voici le récit d’une semaine dans ce pays coup de cœur.
Jour 1 : Un pied dans le pays
La Jordanie a toujours été un pays cher en termes de transport avec des billets d’avions avoisinant régulièrement les 600 /700 €uros (pour 5h d’avion). Crise du Covid oblige, la donne a un peu changé, et des billets plus abordables sont désormais disponibles (entre 300 et 400€). C’est donc sur Air Austrian (avec une courte escale à Vienne) que nous voyagerons. Pour ceux qui sont tentés, Ryanair dessert Amman tout l’hiver à des prix dérisoires (moins de 50€ l’aller), de quoi découvrir la Jordanie à tout petit prix.
En ce qui concerne les formalités, on rentre en Jordanie avec un passeport et un visa. Le visa coûte environ 40$, mais il est bien plus intéressant de se munir du Jordan Pass (par ici les infos). Le Jordan pass inclut le visa pour le pays, mais aussi l’entrée dans de nombreux sites tels que Petra, Jerash, le Wadi Rum et bien d’autres encore. Le prix du pass dépend du nombre de jours que tu souhaites passer à Petra (les tarifs varient entre 99 et 106 $) et honnêtement il est plus qu’intéressant.
Les formalités en 2021 sont un peu plus complexes : vaccination double, test pcr et assurance couvrant des éventuels frais d’hospitalisation en cas de covid (la nôtre : Globe Traveller). Et il faut prendre son temps, leurs vérifications sont assez longues.
Pour naviguer en Jordanie, rien de tel qu’une location de voiture. La conduite reste sportive et non recommandée la nuit (les gens roulent lentement, parfois sans phares), mais cela reste accessible pour de nombreuses personnes. De plus, de nombreux endroits ne seront pas desservis par les transports en commun. Le meilleur deal pour la location de voiture était chez Dollar, qui a un comptoir à l’arrivée, et des voitures très correctes.
Après toute une journée dans l’avion, nous arrivons quasiment de nuit. Pour une première étape, il est donc important de rester proche de l’aéroport. Certains font le choix d’Amman, la capitale. Nous décidons de séjourner à Madaba (qui est aussi un point de visite) plus au sud, et sur la route de notre étape du lendemain.

Nous séjournons au Tell Madaba Hotel, le meilleur hôtel que nous ayons fait en Jordanie : une chambre grande, confortable et silencieuse, un petit-déjeuner excellent et un accueil irréprochable qui commence dès l’arrivée avec un thé et des petits gâteaux. La propriétaire nous fera même jusqu’à notre pique-nique du lendemain sans nous faire payer.

Pour cette première soirée, nous suivons les recommandations de notre hôtel et nous rendons au restaurant Adonis avec bien sur des plats typiquement jordaniens (saucisses, houmous, labneh -fromage à tartiner – et la spécialité d’ici le sajiet, plat d’agneau et oignons) pour un total de 20JOD (23 €). La ville n’est pas très grande et très calme à cette heure tardive, nous en profitons pour repérer ce que nous visiterons le lendemain.


Jour 2 : La Route du Roi
Après une bonne nuit pour rattraper le sommeil et un petit-déjeuner composé de fruits, œufs, et quelques spécialités jordaniennes (baklava, feuilletés salés), nous visitons Madaba et ces quelques églises.
Madaba, situé à 850m d’altitude est une ville très chrétienne par rapport au reste du pays. Ancienne cité moabite, elle est citée de nombreuses fois dans la bible. Véritable musée à ciel ouvert, il se découvre encore beaucoup de choses de nos jours.
Nous commençons par le sanctuaire Saint-Jean-Baptiste. Eglise depuis 1883, c’est entre autres pour ses souterrains que l’on s’y rend. Dans les sous-sols, on découvre des mosaïques, des tunnels pavés ou encore un puit de 13m de profondeur datant de 1000 av JC. Il s’agirait des ruines d’un ancien château byzantin. Ne manque pas la montée dans le clocher avec une superbe vue sur la ville (attention les dernières marches sont des échelles).




Madaba dispose également de 2 parcs archéologiques : ici on découvre des ensembles de mosaïques exceptionnels. Dans le premier, on peut voir les vestiges de l’église de la Vierge (abritée sous un bâtiment) ou encore celle de l’Acropole de Ma’in. On marche également la voie romaine traversant à l’époque la ville (le Cardo).



Plus loin, le 2ème site archéologique est appelé le Palais Brulé où l’on trouvera de belles mosaïques du 6ème siècle. Les archéologues ont trouvé des cendres sur le site laissant penser que les anciennes églises ont brulées puis ont été abandonnées d’où le nom laissé ; on retrouve les restes de la voie romaine et de l’église des martyrs.

L’église Saint Georges fait l’objet des curieux pour la région. C’est dans cette église grecque-orthodoxe qu’on retrouve la plus ancienne carte de la Palestine en mosaïque sur le sol. Elle fut redécouverte au 19ème siècle et mesurait à l’origine 16m x 6m. L’ensemble des sites tel que Bethléem, Jérusalem ou encore la Mer Morte (soit plus de 130 sites bibliques) sont représentés.


Notre road-trip nous fait quitter Madaba et nous entraine vers le Mont Nebo (entrée 3JD non incluse dans le Jordan Pass). C’est ici que Moïse serait mort après que Dieu lui a eu montré la Terre Promise depuis ce sommet (pas le plus haut de Jordanie par ailleurs) d’où la vue en effet sur la vallée, la Mer Morte et le Jourdain. C’est non loin de là qu’il aurait fait jaillir l’eau en frappant le sol de son bâton (la source est visible à quelques kilomètres).



Le site n’est pas exceptionnel, cela repose sur la légende biblique. On peut toutefois voir près de la terrasse panoramique une sculpture représentant le serpent d’Airain (le bâton de Moïse transformé en serpent par Dieu) ou encore la basilique du prophète, construite en l’honneur de Moïse.
On se dirige ensuite vers le site d’Umm Er Rasas, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. L’endroit est un peu isolé, il y a très peu de villages autour ou autres attractions à visiter, il faut donc être prêt à faire un peu de route pour s’y rendre.



Le site est en visite libre, inclus dans le Jordan Pass, cela permet de partir à la découverte des ruines d’un village entier, où subsiste principalement une dizaine d’églises. La plus belle d’entre elles est l’Eglise Saint-Etienne dont le sol en mosaïque est très bien conservé. Il représente les 10 villes les plus importantes de la région telles que Jérusalem, Amman ou Madaba.

Nous descendons vers le Sud par la fameuse Route du Roi. Celle-ci est plus longue mais plus intéressante car des stops sont possibles et les paysages bien plus jolis. Pour les pressés il est possible de prendre la route du Désert, qui ressemble plutôt à une autoroute.

Les paysages sont assez changeants et au détour d’un virage, nous tombons sur le Wadi Mujib. Wadi signifie vallée en arabe et c’est très souvent apparenté à un canyon où coule une rivière et dont les parois autour sont aussi hautes que des falaises. Après plusieurs arrêts pour la vue sur l’ensemble, nous descendons les 1000m de dénivelé en quelques minutes (de 900m d’altitude à -100m en dessous du niveau de la mer).


Notre arrêt suivant est Kerak, ville connue pour sa citadelle. A 1500m d’altitude, son château est visible de loin. Attention c’est un peu compliqué d’y accéder en voiture (les rues de la citadelle sont très serrées).



La citadelle a été construite par les Croisés et un certain Payen Le Bouteiller en 1142. Le site a ensuite été occupé par le redoutable Renaud de Chatillon qui terrorisait la région du haut de son sommet. Ce n’est qu’en 1187 qu’elle passera aux mains des Ayyoubides. Il faut absolument se promener dans les nombreux souterrains, tous accessibles.


Peu avant d’arriver à Petra, nous nous arrêtons pour le panorama sur la réserve de Dana. Cette réserve biosphérique est un paradis pour les randonneurs. Loin du tumulte des villes, la réserve héberge une biodiversité exceptionnelle où se côtoient 4 écosystèmes différents (ne l’oublions pas, la Jordanie se trouve à la croisée de 3 continents).
En réalité, pour ceux qui peuvent, il faudrait consacrer 2 jours à cette Route du Désert, pour passer du temps dans la réserve ainsi qu’à Shawbak, 2 points que nous n’avons pas eu le temps de réellement voir.
Notre arrivée à Petra se fera de nuit et nous nous rendons directement à notre hôtel, le Venus Hotel. Fruit du hasard, c’est probablement l’hôtel le plus proche de la porte d’entrée de la fameuse cité mystérieuse. L’hôtel et le personnel sont sympathiques, extrêmement conciliants (tarif 62 JOD les 2 nuits soit 77 €).

Après quelques courses pour le pique-nique de demain, nous dinerons chez « Reem Beladi », un repas fort copieux accompagné de mezze offertes par la maison (houmous, muttabal) puis suivis de keftas et mensaf, le plat national fait d’agneau cuit dans une sauce yaourt fermenté (18 JOD). Un délice !


Jour 3 : la mystique Petra
Petra est certainement l’un des plus beaux sites du Moyen-Orient, connu dans le monde entier pour être l’une des 7 nouvelles merveilles du monde. Citée fondée par les Edomites au 8ème siècle avant JC, puis longuement occupée par les Nabatéens, elle est une merveille tant naturelle qu’architecturale. Son apogée se situe autour de 50 après JC, quand le site se situait au milieu des routes commerciales. Mais l’abandon de ces routes et plusieurs séismes l’endorment et ce n’est qu’en 1812 qu’un explorateur suisse Burckhardt la redécouvre, même si les bédouins en ont toujours connu l’existence.
Petra a fait rêver et fait encore rêver. Nombreuses sont les représentations dans les livres ou les films (le plus célèbre étant Indiana Jones) et tout le monde a au moins vu Petra représentée quelque part.
Il est impératif de se rendre à Petra aux heures les moins chaudes. Force est de constater que c’est aussi à ces heures qu’il y a le moins de monde. C’est donc à 7h que nous entamons notre entrée sur le site. Si tu as bien compris, l’entrée est incluse dans le Jordan Pass. Il est recommandé de le faire en 2 jours car le site est immense, et tout visiter en une journée serait harassant.
La route pour entrer dans la cité est longue et ne se fait qu’à pied. On commence par traverser une petite vallée appelé Vallée de Djinn (ou Gaia) où l’on observe de nombreux tombeaux dans cette nécropole nabatéenne.
Puis l’entrée se fait à travers le Siq, ce long canyon de 1,2 km parfois pas plus grand qu’un couloir mais haut de plus de 100m. Le soleil se reflète sur le grès dès les premières lueurs et le jeu d’effets de soleil et de lumière est magnifique.


C’est au détour de l’un de ces virages que l’on tombera sur le Khazneh.

Le Khazneh ou communément appelé le Trésor a été taillé à même le grès dans les falaises. Il est le monument le plus connu de Petra. Cette imposante structure de 40m de haut et 28m de large aurait été le tombeau de l’un des rois. Mais rien n’a jamais été trouvé à l’intérieur. Les façades sont ornées dans un style très particulier, unique aux Nabatéens, mais reprenant des codes des égyptiens, romains ou des mésopotamiens.


La meilleure heure pour arriver au trésor est avant 9h car c’est bien là qu’on prendra les plus belles photos sans personne. Mais c’est entre 10h et 11h qu’il est éclairé par le soleil.
Mais fort heureusement la visite de Petra ne se limite pas au Khazneh. Elle continue dans ce qu’on appelle la « Rue des Façades ». Comme son nom l’indique, nous traversons une allée avec des portes et des tombeaux sur notre gauche. Les sites sont extrêmement bien conservés.



D’ailleurs si ceux de la rue des façades sont des tombeaux de princesses et de rois, nous découvrons un tout petit peu plus loin ceux des citoyens lambdas de l’ancienne cité.

Le site de Petra étant immense, on décide de se rendre à l’opposé du site, au Monastère (ou Deir). Le monastère est totalement caché derrière une colline qu’il faut grimper et la visite se mérite après quelques 822 marches taillées dans la roche. Il faut bien 1h-1h30 depuis le centre de Petra pour l’atteindre. Le monastère ressemble en tout point au Khazneh, à la différence que celui-ci est bien un lieu de culte et non un tombeau. Tout autour du monastère, il est possible de grimper sur différents points de vue et d’avoir une vue plus reculée. Le lieu invite au repos, car très peu de personnes viennent si loin.




En redescendant, nous avons encore l’occasion de découvrir une multitude de sites.
Le théâtre romain, proche de la Rue des Façades, n’est en fait pas un théâtre romain, mais bien nabatéen ! Il a longtemps été enfoui sous le sable et est donc assez abimé. Mais il montre bien au vu du nombre de gradins l’importance de la ville à l’époque !


Entre le monastère et le théâtre, on marche sur la rue des Colonnades. Cette rue était anciennement bordée de colonnes dont il ne reste que quelques ruines. Cette rue mène au Qasr-Al-Bint, la cour sacrée (qui est aussi le centre de la ville de Pétra), le seul monument de Petra à ne pas avoir été taillé dans la roche. Lieu de culte le plus important, il est consacré à Dushara, dieu principal des Nabatéens.



Le long de la rue des colonnades, il suffit de grimper quelques marches pour voir l’ancien temple mais aussi le tombeau du lion ailé et l’église byzantine.
La chaleur est telle qu’avant de partir une pause pour les pieds et la soif est nécessaire (il ne faut pas oublier que le retour est conditionné par la traversée du Siq, 1.2km, et les blocs de Djinn, 700m) avec un très bon jus citron-menthe !
Notre faim s’étant aiguisée tout au long de la journée, nous ferons un petit encas avec le meilleur shawarma jamais gouté, mais aussi le plus vieux de Petra, chez Reem, datant de 1975, et à tout petit prix (1.60 €).
Puis nous dinerons chez Beit avec un seul plat, le maqlouba, plat à base d’aubergines, de riz et de poulet ! A Petra, les restaurants sont très généreux et notre seul et unique plat à partager arrive avec plein de mezze comme du houmous, du fatoush (salade de crudités), du mouttabal (caviar d’aubergines) ainsi qu’un thé et un gâteau en guise de dessert !
Jour 4 : Petra, la suite
C’est parti pour une 2ème journée sur le site de Petra. Nous nous laissons une petite ½heure supplémentaire pour dormir et partons vers 8h (il est vrai que le site le matin est plutôt désert donc tout arrivée avant 9h est très favorable).
Une fois à nouveau éblouis par la beauté du Siq et du Khazneh, nous décidons d’emprunter le Al Khubtha Trail. Ce chemin grimpant permet d’accéder à l’une des seules vues du Trésor depuis le haut. Il attaque par un certain nombre de marches puis par la traversée d’un wadi. Attention cette vue se négocie ! En effet un bédouin a installé sa tente devant la vue et oblige à la consommation d’un thé ou d’un café pour la voir ! Mais il est vrai que la vue en-dessous est assez exceptionnelle ! Pour avoir le trésor ensoleillé ici, c’est le matin uniquement.


Dans notre redescente, nous nous arrêtons devant les différentes tombes royales. 4 tombes se succèdent, la tombe de l’Urne, la tombe de la Soie (et sa couleur très ocre, souvent appelée tombe arc-en-ciel), la tombe Corinthienne et enfin celle de Sextus Florentinus, un gouverneur romain de la province. Ces tombes immenses, comme la rue des façades, sont toutes différentes les unes des autres.





Puis nous allons escalader la montagne d’en face, le Haut lieu du Sacrifice ! Cet immense plateau en haut de la colline était en effet un lieu de culte où les prêtres utilisaient ce lieu principalement pour sacrifier des animaux. La montée est rude mais courte.



Le chemin de retour se fait sur l’autre flanc de montagne, à travers des vallées, beaucoup plus calme et moins visité. On peut apercevoir des obélisques dédiés aux dieux nabatéens, ou encore des temples, des tricliniums et des tombeaux (la tombe du jardin ou le tombeau du soldat romain) mais aussi de simples maisons désormais occupés par les bédouins du coin.


Après avoir emprunter ces 2 chemins afin de compléter notre visite de Petra, il est l’heure de quitter ce merveilleux endroit afin de se rendre dans le désert de Wadi Rum.
Le désert de Wadi Rum se trouve à 1h30-1h45 de route de Petra. C’est un désert comportant tant des étendues de sables que des canyons ou des arches naturelles. La plupart des formes ont été créées par l’érosion. Quelques familles de bédouins vivent encore dans le désert même si leur vie a bien évolué ces dernières années. Ce sont d’ailleurs ces familles qui font l’accueil et les visites du Wadi Rum.
Entre sable magnifique aux nombreuses couleurs (rouge, ocre, jaune) et falaises immenses aux formes uniques, le Wadi Rum est un décor de cinéma très plébiscité pour son paysage lunaire (Seul sur Mars, Star Wars…).


Il faut tout d’abord montrer patte blanche pour entrer. En effet, l’entrée est payante (sauf si Jordan Pass). Puis notre guide Radi que nous avions réservé quelques jours auparavant vient nous récupérer à l’entrée du village en 4*4. Il est bédouin, guide mais aussi propriétaire du camp Wadi Rum Nature Tours où il nous emmène. Il y a des dizaines de camps dans le désert, et il sera difficile de juger si l’un est meilleur que l’autre mais le notre a été extra du début à la fin.
Radi a été très flexible sur nos horaires et notre choix de visites. La plupart d’entre elles commence le matin à 9h, puis tu passes la nuit au camp et on te ramène le lendemain matin. Nous avions demandé à faire le contraire : passer la nuit puis faire la visite le lendemain, ce qui n’a pas posé problème.
Le camp se situe à environ 30 minutes de 4*4 du village, il est au bord d’une falaise à l’ombre quand le soleil tape. Il y a une vingtaine de tentes de 2 personnes et une tente commune où se prennent les repas. A l’extérieur, des tapis bédouins sont installés et on nous invite à prendre le thé et des gâteaux pendant que le soleil se couche.


Nous ne serons que 4 ce soir sur le camp avec le guide, nous dinons sous la tente de caviar d’aubergines, salade, labneh, boulettes d’agneau et brochettes de poulet, le tout cuit sous zarb, (cuit sous le sable). Après le traditionnel thé, nous allons nous balader sous le ciel éclairé d’étoiles.
Jour 5 : Une journée dans le désert
Après une excellente nuit, sans aucun bruit dans le désert, et un petit-déjeuner traditionnel (houmous forever et compagnie…) nous partons à la découverte de ce désert avec notre guide. La jeep est un pick up ouvert avec des banquettes extérieures et un auvent pour être protégé du soleil !

Le Wadi Rum est extrêmement célèbre pour avoir vu Lawrence d’Arabie et ces nombreuses batailles. Officier britannique, T.E Lawrence s’est imposé au fil des années comme chef de guérilla auprès des rebelles arabes luttant contre les Ottomans pendant la 1èr guerre mondiale. Ces récits ont été rapportés dans sa propre autobiographie « les 7 piliers de la sagesse ».
Nous commençons par nous rendre à la source de Lawrence, qui est en fait le lieu principal de tournage du film Lawrence d’Arabie, le film aux 7 oscars. Cette source d’eau perchée au milieu de la montagne était auparavant la seule source d’eau sur laquelle les bédouins venaient se réapprovisionner.


Le guide nous emmène par la suite sur la dune Al Hasany. C’est l’une des seules véritables dunes de sables du désert sur laquelle il est possible bien entendu de grimper (bon courage, la montée dans le sable mouvant est rude !).

Puis nous nous rendons dans le Siq Kazhali ou le canyon de Khazali. Cette fissure profonde et étroite de la montagne contient de nombreuses écritures anciennes, qu’elles soient nabatéennes ou arabes. Nous verrons d’autres canyons dans la journée.






Nous partons à la découverte de Little Rock Bridge ou Burdah (petite sœur de Rock Bridge que nous verrons plus tard), une arche très facile d’ascension et très photogénique !


Pour la pause déjeuner, le guide nous emmène dans un coin du désert sous une tente bédouin (son cousin !). La tente est couverte et des tapis sont installés au sol, le tout devant un feu préparé. Nous déjeunerons et nous nous reposerons sur les tapis avec un délicieux repas (ratatouille, thon, muttabal, houmous, labneh, jus fruits, gâteau et thé pour terminer).

Après déjeuner nous traverserons le canyon de Burrah, plutôt long et traversable de part en part. D’ailleurs le guide nous dépose et nous récupère de l’autre côté une fois traversé. Il nous conduit directement à l’arche d’Um Frough ou Rock Bridge ! Pour le coup, un peu d’escalade est nécessaire et sans vertige si possible, une fois que l’on se retrouve au milieu de l’arche à plusieurs mètres de hauteur. La formation de cette roche est dû à l’érosion et le vent, au fil des années.

Notre dernière étape du désert sera de se rendre devant le Mushroom Rock, son nom se réfère bien entendu à sa forme.

Après cette journée harassante mais palpitante, notre guide nous ramène vers le village et reprenons notre voiture direction Aqaba.
Aqaba, capitale du sud, n’est à qu’1h du désert. Elle est divisée en 2 zones, la zone centre-ville et la zone des plages (qui sont séparées de 12km). Nous avons choisi de séjourner au Red Sea Dive Center, dans le quartier des plages. Etrangement, la zone est plutôt calme, encore beaucoup en construction, alors que nous nous attendions à voir des complexes etc…Aqaba étant la ville pour pratiquer la plongée sous-marine. Jour de semaine oblige, nous sommes même seuls dans l’hôtel, le réceptionniste nous confirmera que la vraie saison ne commence qu’en novembre.
L’hôtel est très sympathique, avec des terrasses sur les toits, pour pouvoir avoir une superbe vue sur la mer Rouge (et donc le coucher du soleil !), une chambre spacieuse, et une piscine (dans laquelle certains font leur baptême de plongée).

Nous nous rendons dans Aqaba et découvrons une toute autre ambiance. Il y a du monde, beaucoup de commerces. On décide alors de prendre un jus de fruits frais en terrasse puis d’aller chercher des shawarmas pour les manger sur la Corniche, qui s’avère être « the place to be » en soirée. Les plages sont remplies, il y a de la musique, des familles se baladant, alors que nous n’avions pas vu autant de monde dans le centre-ville !
Jour 6 : Entre Mer Rouge et Mer Morte
Après un solide petit-déjeuner (assez européanisé ce qui nous change du houmous !), nous louons du matériel à l’hôtel qui dispose d’un centre de plongée, afin de tester le snorkeling et les différents spots d’Aqaba. Tout le matériel est prêté (de la combinaison, au masque, tuba et palmes) et l’hôtel nous explique où nous rendre. Le seul inconvénient de cet hôtel serait qu’il est plus loin que certains autres de la plage.


Il y a une vingtaine de spots qui peuvent être vus (toutefois pas tous en snorkeling). Nous ferons donc le Jardin Japonais et le Nouveau Canyon.
Le jardin Japonais est a à peine quelques mètres du rivage et possède un gros avantage, une corde tirée qu’il suffit de suivre pour arriver au bon endroit. Les profondeurs sont pleines de coraux de toutes les couleurs, et beaucoup de variétés de poissons y nagent. Toutes les conditions sont réunies pour une plongée masque-tuba facile, sauf peut-être la chaleur de l’eau un peu trop froide à notre goût.
Nous reprenons la voiture pour aller 1km plus loin pour le Canyon. Le début de plongée ressemble beaucoup au Jardin Japonais, mais c’est plus pour le tank que nous sommes là. Toutefois il faut le trouver car il n’est pas indiqué. Ce « tank » est un vrai tank, fabriqué aux Etats Unis puis acheté par la Jordanie pour son armée dans les années 60. C’est en 1998 qu’il a été coulé par le Roi Abdullah pour en faire un spot de plongée ! Il est situé à environ 6m de profondeur et a accumulé beaucoup de vie marine (coraux durs et mous entre autres). C’est aussi l’occasion de voir certains types de poissons (poissons lions) et des murènes. L’eau est tellement claire que c’est fabuleux.
Nous quittons Aqaba après ces plongées matinales pour nous diriger vers la mer Morte. La route est assez longue et soporifique… Mis à part les guerites qui longent la route, les barbelés et les militaires suréquipés (avec mitraillette sur le toit de la voiture) qui surveillent la frontière israélienne à quelques mètres, on trouve le temps long.
On s’arrêtera en bord de route pour acheter 2 sandwichs dans le seul village que l’on va croiser. Notre autre unique arrêt sera l’abord de la Mer Morte quand nous la voyons enfin. La mer semble tout à fait normale mais ce sont ses rivages qui sont frappants, ils sont blancs à cause du sel et très marqués, de différentes couleurs.

Près du Wadi Mujib, nous nous arrêtons également car la végétation a gardé ses droits et c’est un peu le seul endroit où il y a de la verdure. C’est le même wadi que l’on a vu d’en haut sur la Route du Roi : rappelons que le wadi est une faille, aux allures de canyon et que celle-ci va de la Mer Morte à -410m à plus de 900m de l’autre côté. Pour ceux qui le souhaitent, il est possible de s’aventurer depuis ce point dans le Wadi, mais il faut compter environ ½ journée de marche et de canyoning.

Nous nous dirigeons vers la zone des hôtels, seul véritable endroit où l’on peut se baigner. En effet il n’y a pas de plages publiques en bord de Mer Morte, et il est interdit de se baigner dans les zones non autorisées, mais nous avons vu des personnes le faire. Nous avons choisi le Dead Sea Spa Hotel, duquel nous sommes vraiment contents. Le resort a plusieurs piscines agréables, des restaurants, et notre chambre spacieuse donne sur la Mer Morte.


Pour cette fin de journée, on décide d’aller voir la Mer de plus près, même si le soleil est sur le point de se coucher. Le coucher de soleil et la baignade à cette heure-ci se révéleront idéals. La Mer Morte perdant d’1m par an, il s’avère qu’il faut marcher environ 15minutes pour l’atteindre. En effet, il y a des années, l’hôtel était construit au bord. On constate donc les méfaits de la surexploitation de cette eau précieuse, la rétrécissant de plus d’1/3 de sa surface originelle.


Cette mer, située à 400m en dessous du vrai niveau de la mer, est un véritable phénomène qui en fait le point le plus bas de la terre. Cela ressemble plus à un lac salé de 65km de long et 18km de large (en face c’est Israël et la Cisjordanie) et surtout elle contient 6 fois plus de sel qu’un océan. On l’appelle Mer Morte tout simplement car aucun organisme n’y survit (ce qui ne s’avère pas tout à fait vrai, car dans les profondeurs, certains micros-organismes sont arrivés à se développer).


La baignade dans la Mer Morte est plus que…surprenante. Ce phénomène de flottaison est véritable et on se sent comme un bouchon de liège dans l’eau, toujours en train de flotter. Et si l’on essaye de se retourner, on est toujours ramené sur le dos…De plus, l’eau est particulièrement huileuse et chaude, ce qui donne une sensation grasse sur la peau une fois dehors.
Bien entendu, il ne faut pas toucher ses yeux, et il faut faire attention à toutes les petites coupures, car évidemment le sel, ça pique ! De la boue est aussi mise à disposition, rien de mieux que de tenter un bain de boue à laisser sécher au soleil. Que de bienfaits pour la peau, car l’eau est chargée en minéraux !
Cependant, le coin n’est pas du tout habité. A part une dizaine d’hôtels, on tombe sur un tout petit mall (Samarah Mall) avec quelques restaurants. C’est donc là que nous irons diner (Rovers Retuns Pub, pub anglais, mais les frites ça change du houmous !)
Jour 7 : Jerash
Après le petit-déjeuner de l’hôtel, nous passons notre matinée à profiter de la piscine de l’hôtel et de quelques nouveaux essais de baignades dans la Mer Morte.
Nous quittons l’hôtel autour de 12h, pour tout d’abord aller au Dead Sea Panorama Complex, qui est le point de vue sur la Mer Morte. Cette visite n’est vraiment pas indispensable. Payante, elle permet en effet d’avoir une belle vue, mais on peut retrouver la même vue quelques mètres plus bas. Le centre donne quelques explications, mais il a 30 ans et n’a surement jamais été rénové ou mis à jour… (tarif 2 JOD).
Nous reprenons notre chemin pour aller vers Jerash, ville située à environ 40km au nord d’Amman. La route est assez longue et voir même bien chargée, mais nous sommes vendredi jour de week-end. Dans cette ville, on ressentira ces sollicitations oppressantes que l’on retrouve dans certains pays arabes, que nous n’avions pas encore eu depuis le début du séjour sauf très légèrement à Petra.
Je n’avais jamais entendu parlé de Jerash auparavant. C’est une ville fondée au 4ème siècle avant JC, à priori par Alexandre le Grand. Faisant partie de la Décapole (ensemble de villes proches qui partagent des intérêts communs politico-commerciaux), elle avait une prospérité importante. Moins connue qu’Amman, elle est pourtant un site incontournable car les ruines romaines font partie des plus grandes de l’Orient, mais aussi des mieux conservées.
A Jerash, on rentre tout d’abord par l’Arche d’Hadrien, principal accès aux vestiges de la ville. Impressionnant par ses dimensions (13m de haut, 37m de large), il donne directement sur le Cardo Maximus.


Le Cardo Maximus, justement, est ce qu’on pourrait appeler l’allée des Colonnes. Longue de 800m, avec plus de 200 colonnes, la plupart en excellent état, l’allée était anciennement l’artère principale de la ville romaine. Comme tout Cardo Maximus de toute ville de cette période, elle est tracée d’est en ouest.
Dès lors, sur notre gauche, on découvre l’hippodrome. Quasiment intact, il est lui aussi incroyable par sa taille et ses 245m de long, dans lequel on pouvait accueillir 15000 spectateurs.

Autre point intéressant, la place ovale ou forum. Elle est l’une des plus belles réalisations et en excellent état. Ses dimensions saisissantes (90 x 80m) font d’elle un élément de visite à ne pas manquer.

Quant au temple d’Artemis, il fut construit en 150 après JC en hommage évidemment à la déesse du même nom, protectrice de la ville. Il était le lieu spirituel de la ville, là où les sacrifices étaient effectués.


Il y a également 2 théâtres dans l’enceinte de Jerash. Le théâtre du Nord a été créé par Marc-Aurèle et peut accueillir environ 14 rangées de sièges. Quant au théâtre du Sud, il date de l’époque de l’empereur Domitien et pouvait accueillir 5000 spectateurs. Pour ceux qui ont encore un peu le temps, des restes d’églises byzantines se trouvent sur le haut du site, ou il est aussi possible de marcher jusqu’à la porte Nord et le Tétrapyle.


Incontournable en Jordanie, et se situant a à peine quelques kilomètres de la capitale, c’est un site qu’il faut absolument visiter.
Pour la fin de journée, et de séjour, nous nous rendons à Amman. Nous avons réservé l’hôtel Celino à quelques kilomètres du centre. A Amman, il est quasiment impossible de réserver un hôtel dans le centre quand on a une voiture (peu de parkings etc) car seul le centre-ville est piéton. Les autres alentours sont inaccessibles à pied et la voiture est indispensable (il est impossible de marcher, pas de trottoir etc…). L’hôtel est toutefois calme, dans une impasse, et la chambre spacieuse.

Pour retourner dans le centre-ville, nous nous garons toutefois facilement aux abords. On en profite pour faire un tour général et allons diner à Al Quds, restaurant cantine très typique, avec des spécialités simples. Nous goûtons à la kefta et au puff pastry (sorte de tourte de riz et légumes) le tout pour à peine 12€.

Pour le reste de la soirée, nous allons sur Rainbow street. Tout le monde vous parlera de cette rue de la capitale, la rue pour sortir de toute évidence ! Partant du centre historique et allant sur les hauteurs, elle regroupe petites boutiques de quartier, restaurants et bars où picorer. L’ambiance est totalement différente du reste de la ville, quasi occidentale, mais c’est un must see. Si tu aimes les falafels, rend toi à Al Quds (même restaurant que dans le centre-ville mais celui-ci ne fait que des falafels !).


Jour 8 : Visite de la Capitale
Nous consacrons notre dernier jour à la capitale et commençons par la Citadelle d’Amman. Situé sur les hauteurs du centre historique, sur l’une des 7 collines, c’est le principal site à visiter. Amman a été habitée depuis des millénaires et occupée par plusieurs civilisations (Perses, Grecs, Romains, Byzantins etc…). C’est un véritable voyage dans le temps, un doux mélange architectural car à l’intérieur de cette citadelle, aucun mur ne sépare les différents monuments des différentes époques.
Derrière un mur d’enceinte de 1700m de long, on trouve des temples, des églises, des mosaïques. Parmi les sites à voir sur la Citadelle, il y a le temple d’Hercule. Construit par Marc-Aurèle au 2nd siècle avant JC, les colonnes du temple sont quasi intactes.


Un peu plus loin, le palais Omeyyade a lui été construit par la dynastie du même nom (dynastie qui rayonnait jusqu’en Syrie) au 8ème siècle. Il servait sans doute à l’époque de résidence pour un émir ou un gouverneur


Ne loupe évidemment pas le panorama qui s’offre sur la ville, on peut même apercevoir le théâtre romain en contrebas. Après être passé par le square des hachémites, nous visitons justement ce théâtre. Il forme avec l’Odéon juste à côté un ensemble archéologique remarquable. Il aurait été construit autour de 138 après JC pour célébrer la venue de l’empereur Hadrien et contient environ 6000 places. A l’époque, les premières places étaient réservées à l’aristocratie, les suivantes aux soldats et enfin les dernières à la plèbe.

Il y a bien d’autres sites romains dans cette ville. On découvre un peu plus loin les restes du Forum mais aussi le Nymphéum, ancienne fontaine publique. Celle-ci avait apparemment une taille de 600m2 à son apogée.
Puis on se balade dans les souks d’Amman. Il y a évidemment les souks des fruits et légumes, les souks de la quincaillerie, mais aussi le souk de l’or avec tous ces bijoux et le souk de la femme (attention lingerie affriolante au rdv !).

Nous profitons d’une pause dans le quartier pour 2 jus et un shawarma dans une petite rue perpendiculaire de King Faysal Street.
Puis pour le reste de l’après-midi, nous nous baladerons à nouveau dans Rainbow Street et testerons cette fois-ci un nouveau shawarma chez Reem avant de quitter la Jordanie définitivement pour l’Egypte, prochaine destination à raconter par ici !
Les plus du voyage
- des sites antiques incroyables (Petra, Jerash)
- une biodiversité magique (mer morte, désert etc…)
- la bienveillance des jordaniens qui parlent d’ailleurs très bien anglais
Les moins
- conduite un peu difficile





