Séjour de 5 jours en juin 2013
Ce récit de voyage en Amérique du Sud reprend à Buenos Aires après un long voyage de nuit depuis le Brésil (voir article ici) et la ville de Porto Alegre. Il faut compter une vingtaine d’heures de bus de trajet entre les 2 villes . Lors des trajets de bus, d’ailleurs, on descend rarement à la frontière pour les douanes, les passeports sont généralement pris par un agent qui effectue le contrôle.
Arrivée à Buenos Aires, la station de bus principale est à Retiro et rien de plus simple que d’utiliser le métro pour se déplacer, le SubTe, comme on l’appelle ici. A l’époque (2013), le ticket de métro coûte seulement 2,5 pesos, aujourd’hui il semblerait que l’on soit plus autour de 30 pesos, mais en Argentine, inutile de parler de prix. Malheureusement, chaque année, l’inflation est grandissante et ne se calme jamais.

D’ailleurs, il y a un véritable trafic de monnaie sur le marché noir. En effet, faire du change dans une banque est totalement défavorable, le peso argentin étant très instable et la monnaie très régulièrement dévaluée. Si tu retires de l’argent en DAB ou payes avec ta CB, tu seras également perdant, car c’est le taux officiel qui sera pris en compte (+ les frais qui incombent). Il existe donc un marché parallèle (appelé « blue market ») pour faire du change mais cela reste aux risques et périls de chacun… Ce change se fait dans certaines boutiques ou directement auprès de vendeurs de rue, qui crient « Cambio, cambio » dans la rue et il faudra prendre quelques renseignements au préalable sur le taux du pratiqué.
Pour ce séjour à Buenos Aires, j’ai choisi de séjourner à l’hostel Arrabal, qui se situe assez proche de San Telmo et qui est à quelques mètres de la station de métro Independancia. L’hostel est très correcte et organise pas mal de sorties (dont celle du match de football que j’irais voir).
Buenos Aires est une ville fascinante, elle est très souvent comparée aux capitales européennes… C’est comme être à la maison à des milliers de kilomètres. Beaucoup disent qu’elle ressemble à Paris (avec les cafés de Palermo) ou encore à Madrid (comme l’Avenida principale). Ce qui est également très intéressant avec cette ville, c’est que chaque quartier est très différent et à sa propre âme.
Ville du tango et terre d’immigrés (les Porteños, les habitants de la ville, dont l’origine du mot signifie « ceux du port » sont des descendants d’espagnols et italiens qui ont débarqué sur les rives du Rio Plata au 19ème siècle), il faudra prendre son temps pour s’imprégner de cette ville ! Voici tout ce qu’il y a à découvrir sur Buenos Aires.
Centro
Difficile de décrire le « centre » de Buenos Aires, tellement il est vaste et hétéroclite. Pour résumer au mieux, c’est le quartier historique de la ville, l’un des plus vieux, mais également ponctué des lieux politiques.
Le plus connu de tous est certainement la Casa Rosada. Ce bâtiment à la façade rose accueille le palais présidentiel. Construite en 1594 par le gouverneur de la ville, elle servit d’abord de forteresse royale. Et pour celles et ceux qui gardent cette image en tête, c’est du balcon de la Casa Rosada, qu’Evita a prononcé son discours en 1945. Lors de mon passage, on y retrouvait chaque semaine ces femmes venues pleurer leurs enfants disparus pendant la dictature militaire.

Il se situe sur la Plaza de Mayo, cette place historique où l’Argentine a proclamé son indépendance le 25 mai 1810, et qui a fait suite à l’Empire coloniale espagnole. Connue de tous, elle est régulièrement le lieu des protestations argentines.



Au centre de la place, se trouve la Piramide de Mayo, cet obélisque construit pour le 1er anniversaire de l’indépendance. Il ne faut pas le confondre avec l’Obélisque de Buenos Aires, monument emblématique de la ville de 63mètres de haut, situé en plein milieu de l’Avenida 9 de Julio.


Cette avenue, qui mélange les styles architecturaux (on passe du post-haussmannien au néoclassique), relie des monuments tels que le Congrès et le Casa Rosada. Elle ressemble à une autoroute avec ses 12 vois praticables. C’est sur cette avenue que l’on découvre le Teatro Colon, l’opéra de la ville, grandiose à admirer (le style Européen est très présent qu’il soit italien ou français).


On peut également pénétrer dans la Catedral Metropolitana, née durant la deuxième fondation de la ville en 1850 (la première fondation fut totalement détruite par les indigènes). Première église catholique de la ville, on s’étonnera simplement de ne pas voir de tours, comme dans toutes les cathédrales mais un temple grec qui ressemble davantage à un palais de justice. Le Pape François en a été l’archevêque pendant 15 ans. C’est à l’intérieur que se trouve le tombeau de Jose Martin, veillés par des grenadiers, le libérateur de l’Argentine, du Chili et du Pérou avec Simon Bolivar.




Pour terminer cette visite, on pourra s’attarder devant le Cabildo Nacional, plus couramment appelé Ayuntamiento ou Mairie, qui date de l’époque coloniale espagnole.

A tester : le Café Tortoni, café littéraire légendaire avec son élégance à la française

Palermo
Palermo est typiquement le quartier (on dit « barrio » ici !) que tout le monde peut aimer : street art le jour, bars le soir, ambiance feutrée, etc… Le quartier tient son nom du marin sicilien arrivé sur les rives du Rio del Plata. Palermo est elle-même divisée en plusieurs quartiers
Palermo Chico où sont rassemblés les palaces et les ambassades.
Palermo Viejo (ou Palermo Soho) est très traditionnel, avec des maisons du début du 20ème siècle. C’est ici qu’on va également trouvé les cafés, les restaurants, les boutiques de design etc…
Palermo Hollywood va plus ressembler à New York, avec entre autres, une multitude de restaurants fusion à tous les coins de rues. Chic et trendy sont les mots qui résumeront ce quartier. Pourquoi ne pas pousser également jusqu’au Mercado de Pulgas (le marché aux puces du quartier).


Recoleta
Le quartier est au cœur de la vie culturelle de la ville. Plutôt chic et également très agréable, il y a de nombreux parcs mais aussi des centres culturels avec des expositions régulières. Son nom provient du « Couvent des Recollets », moines de l’ordre des franciscains qui se sont installés en 1716.
Le lieu le plus connu du quartier est certainement le cimetière de la Recoleta qui vaut vraiment le détour. Crée en 1822, il accueille les tombes des plus grandes personnalités argentines dont Eva Peron. Bien évidemment comparé au Père Lachaise, le cimetière est un dédale de ruelles entre statues de marbres, mausolées abandonnés dans des styles parfois très différents.



Le quartier est souvent assimilé à Paris et l’Avenue Alvear, comparée à l’Avenue Montaigne. C’est ici que les palaces et les boutiques grand luxe sont rassemblées. Tout proche également, on peut s’attarder devant la Basilique Notre-Dame-del-Pilar. C’est l’une des plus anciennes églises de la ville, dans un style très baroque.
A tester : Havana Cafeteria pour un café et muffin
Puerto Madero
J’ai la chance d’avoir effectué un premier tour de Buenos Aires avec des amis argentins rencontrés au Machu Picchu qui m’ont fait découvrir entres autres le quartier de Puerto Madero.

C’est l’occasion d’ailleurs de goûter ensemble à une spécialité argentine originale “El Submarino” : un verre de lait chaud dans lequel on trempe sa barre de chocolat de la marque Aguila (d’où le nom de sous-marin). C’est la boisson de l’hiver (avec le maté bien sûr).

Puerto Madero a connu un revirement total en quelques années. Parce que le quartier était mal famé, à la suite de l’abandon du port devenu trop obsolète, la ville avait lancé un grand programme de réhabilitation en construisant de nombreuses habitations modernes , d’où les fabuleux buildings que l’on remarque de loin. Mais l’ambiance général avec des cafés et restaurants dans les anciens entrepôts en fait un quartier très en vue.



El Puente de la Mujer est le lieu le plus connu du quartier. Conçu par l’architecte Santiago Calavatra en 2001, ce pont est très élégant et très élancé.

La Boca
Tout proche du centre, le quartier de la Boca se situe également près du port. Il tient son nom de son emplacement, proche de l’embouchure du Rio de la Plata. C’est ici que les premiers migrants se sont installés.
Le quartier est bien évidemment connu grâce à son club de football, les Boca Juniors, dont le stade de football, la Bombonera, est toute peinte en jaune et bleue. Les passionnés de football lui vouent un véritable culte et il est tout à fait possible d’aller voir un match dont la culture est profondément ancré en Argentine. Le lieu résume le quartier : une fierté qui ne les quittent jamais.


Dans les alentours, on observe les scènes peintes sur les murs qui représentent les différents personnages de la vie argentine (on y reconnaitra Maradona, Messi).


Tout à côté, la Calle Garibaldi est plutôt mythique, les maisons de tôles sont peintes de toutes les couleurs. Elle est aussi appelée Caminito, là où s’exposent des peintres et sculpteurs, là où dansent des danseurs de tangos. Difficile de résister à cet ambiance colorée et chaleureuse.



A tester : il faut aller tester le Café La Perla dont la devanture est fantastique.

San Telmo

Comment ne pas se rendre dans le magnifique quartier bohème de San Telmo, où tout semble figé depuis des années. Loin du tumulte du centre, il faudra s’y rendre un dimanche car il y a une brocante avec de nombreuses antiquités (la Feria de San Telmo) et le marché alimentaire (Mercado de San Telmo qui se situe sous une magnifique halle). Nombreux sont ceux aussi qui réalisent des performances artistiques dont des danseurs de tango.




Le quartier est le berceau bohème de la ville. C’est ici que Buenos Aires fut fondée en 1536, d’où les demeures coloniales somptueuses qui subsistent. Il n’est pas très grand et se visite en une journée maximum.
La Plaza Dorrego est la place centrale, elle rappelle souvent la place du Tertre à Montmartre. On en profitera pour voir la belle Iglesia de San Telmo, dont l’ensemble « La Residencia » a été créé par les Jésuites.



Parmi les autres points à voir, on pourra s’attarder sur l’église orthodoxe de la Sainte Trinité ou encore le MACBA, le musée d’art contemporain de la ville.
Il y a également un circuit à faire sur le thème des personnages de bande dessinée, le Paseo de la Historieta. A différents endroits du quartier, on peut trouver ces sculptures, dont Mafalda, personnage emblématique des années 60/70 en Argentine.



Activités Incontournables
Pour les passionnés de sport, n’hésite pas à te rendre, selon le calendrier, au Monumental, stade des River Plate, situé dans le nord de la ville, ou encore à assister à un match des Pumas en rugby, si jamais les Boca Juniors, cités plus haut, n’ont pas de matchs à domicile.

Le free walking tour, qui permet de faire le tour de tous les monuments et d’en avoir les explications par un guide gratuit (mais rémunéré aux pourboires) me semble une très bonne alternative aux visites, car la visite de la ville ne saurait etre complète sans connaitre son histoire et son passé
La parilla : pour moi, c’est impossible d’être en Argentine sans avoir goûté à la viande argentine. Le mieux c’est évidemment de se faire inviter par des amis argentins, mais sinon plein de restaurants proposent des parillas (viande grillée à la plancha), un vrai délice.
Buenos Aires est la ville du Tango. Alors on est tenté d’aller voir un spectacle. Souvent, cela se présente sous forme de cabaret avec diner inclus. Toutefois en cherchant il est possible d’aller voir un spectacle seul, moins touristique, et donc moins cher (comme « la Milonga Glorieta » ou le Salon Canning).
En résumé de ce passage dans la capitale Argentine, j’aimerais préciser que ce n’est pas à travers quelques mots que l’on peut s’imaginer Buenos Aires, mais en y étant et en y vivant. Cette ville a une âme : il y a mille choses à voir, la vie y est trépidante et quand on la quitte, on se sent triste.
La suite du récit de voyage en Amérique du Sud continuera sur les routes argentines.
Les plus du voyage
- une forte ressemblance à l’Europe
- une architecture très hétéroclite
- la passion pour les cafés
Les moins
- certains quartiers à éviter la nuit comme celui de la Boca
- une inflation incontrôlable





