Mis en avant

Liban

Récit de voyage de 5 jours, Octobre 2017

Nous ne vivons que pour découvrir la beauté, tout le reste n’est qu’attente

Khalil Gibran

Le Liban a toujours été pour moi un pays … énigmatique, attirant et effrayant à la fois.

Il est certain que ce pays a une mauvaise réputation, niveau stabilité politique. Quand on annonce « on part au Liban », on te répond « ah bon mais ce n’est pas dangereux ? » (J’avoue celle-ci on me l’a faite dans d’autres pays).

Mais je ne peux que chaudement te le recommander. En 2017, après pas mal de recherches sur la sécurité, nous décidons d’y aller, mais aussi de traverser les zones « rouges », celles que le ministère des Affaires Etrangères ne recommande pas (plus d’infos par ici). Malgré une petite frayeur à Saida, que je raconte plus bas, nous n’avons jamais ressenti ni insécurité, ni violence. Les Libanais sont des gens respectueux et chaleureux qui ne souhaitent qu’une chose, faire avancer leur pays et redorer leur blason.

A l’heure où j’écris, des nouvelles tensions sont apparues (oct. 2019) particulièrement à Beyrouth, et je ne saurais te dire si tu peux te déplacer facilement ou non, j’aurais simplement tendance à te dire « sois prudent et profite», le Liban est un très beau pays qui mérite qu’on le visite.

Nous avons voyagé sur 2 compagnies différentes pour nous rendre au Liban : un vol direct à l’aller un vendredi soir avec feu Aigle Azur, et un retour avec escale à Istanbul le mercredi avec Pegasus…Sache que la plupart des horaires de vols au Liban sont de nuits (arrivée 1h, départ 2h du matin).

Comme très habituellement, nous avions réservé une voiture de location sur BSP Autos et nous continuons à réserver sur cette plateforme car nous n’avons jamais eu de problème…Cette fois encore, c’est une Yaris qui nous attend (le loueur final était City Car et la location pour 4 jours nous a coûté 87 €)

J’en profite de parler voiture pour ouvrir une parenthèse sur la conduite au Liban. Sache que pour conduire ici, il faut être un conducteur aguerri et vaillant. La conduite est dirons-nous…chaotique. Pour faire court, il n’y aucun code de la route ici, et c’est la loi du plus fort qui l’emporte…D’ailleurs, je n’ai pas pris le volant une seule fois, et même en tant que passagère, mon cœur a du faire à peu près 1000 bonds. J’ai vu des gens griller les feux, doubler dans des virages en pleine montagne et provoquer des accidents 100m plus haut, j’en ai aussi vu prendre le rond-point en sens inverse car la 1ère sortie à gauche est la plus proche de leur destination. Attention également aux distances : le Liban est un petit pays mais tu feras de la route : bouchons sur toute la Côte, accidents et routes plutôt moyennes dans l’intérieur du pays. C’est l’un des pires pays en terme de conduite.

Question climat, fin octobre, nous avons tout eu : du très beau temps sur la côte, mais aussi froid en passant les montagnes, et de la pluie battante sur Beyrouth. Octobre reste un mois très agréable pour visiter.

Voici ci-dessous une idée du trajet que nous avons effectué.

Jour 1 : Côte Libanaise, Jounieh, Byblos et Batroun

Après les formalités de douanes (très longues) et de location, il est déjà 2h du matin, et nous avions décidé de ne pas nous arrêter à Beyrouth et d’aller directement à Jounieh, banlieue balnéaire de Beyrouth. La ville n’est qu’à 27km de la capitale, mais il nous a fallu 1h pour comprendre la conduite du Liban, trouver la bonne sortie et chercher l’hôtel parmi le peu d’indications données.

Nous avions réservé le Monte Mare Hotel, un petit hôtel 4**** en bord de mer. A cette période de l’année, il n’y a quasi personne (constat fait dans tout le Liban) mais nous sommes accueillis comme des rois malgré l’heure, et c’est de là que nous comprenons la générosité des Libanais. Le prix était d’environ 50 €, la chambre agréable, petit déjeuner servi à table avec des boissons chaudes et froides, galettes, légumes, fromages libanais.

Baie de Jounieh
Baie de Jounieh
Notre Dame de Harissa, Jounieh

A Jounieh, petite cité côtière située en bas d’un promontoire, l’endroit incontournable c’est Notre Dame De Harissa ou  Notre Dame du Liban (Harissa étant ici le nom de la montagne) avec sa statue de la Vierge qui surplombe toute la baie ainsi que son église moderne en contrebas.

La vue sur la baie est superbe et très dégagée. On aperçoit Beyrouth au loin. Nous sommes montés en voiture, mais il existe un téléphérique que tu peux emprunter.

Juste à coté de la vierge se trouve la Cathédrale orthodoxe St Paul qui se visite

Pour les Libanais, c’est un lieu de pèlerinage, car cette vierge est la protectrice du pays, elle est d’ailleurs tournée en direction de Beyrouth.

Au Liban, il y a plusieurs confessions qui cohabitent : l’église Maronite pour les Catholiques, des Chiites et des Sunnites pour les Musulmans, mais aussi une part de Druzes et d’Orthodoxes, d’où un mélange de cultures et sites religieux tout aussi différents à visiter lors de ton séjour ici.

Théâtre Romain de Byblos

La 2ème étape de la journée est Byblos ou Jbeil en arabe – tu trouveras souvent différents noms pour chaque ville qu’ils soient en arable, français, grec ou même biblique -.

Byblos est réputée pour son site archéologique en bord de mer ce qui lui confère une atmosphère particulière. Fondée en 7000 avant JC, ce qui fait d’elle l’une des plus anciennes cités du monde, elle a surtout été un centre névralgique sous l’Egypte Antique, grâce à sa position sur la mer.

Il se dit aussi que c’est à Byblos que l’alphabet moderne que l’on utilise aujourd’hui serait né. La ville a été successivement occupée par les Phéniciens, les Grecs, les Romains et les Ottomans.

L’entrée du site archéologique n’est pas très chère. Le site est assez large et on se balade entre chaque partie : le château du temps des croisades, les vestiges de temples, les sarcophages et le théâtre romain. On essuiera une bonne pluie pendant la visite, pour autant il fait toujours très bon.

Après la visite, nous nous baladons dans le souk entièrement restauré de Byblos et nous arrêtons manger chez « Rock » pour notre premier repas libanais : chawarmas (sorte de kebab en galette fine) et soujouks (saucisses de bœuf).

Notre 3ème étape de la journée est la ville de Batroun. Située 16km plus au nord de Byblos et toujours sur la côte, Batroun est surtout connue pour ses remparts phéniciens. C’est une petite ville aux ruelles étroites (et non pavées) ce qui rend la conduite difficile. Le plus simple est de garer la voiture et de visiter à pied : Mur Phénicien, Eglise de la Mer, Eglise Saint Georges (orthodoxe), Cathédrale Saint Etienne (maronite) et souk ancien nous occupent une bonne partie de l’après-midi.

La spécialité de Batroun, c’est la limonade maison. Plein de petits commerces la proposent, n’hésite pas à rentrer dans celui qui te plaira le plus. Au Liban, beaucoup de commerces sont fermés entre 12/13h et 16h. Prends-y garde.

Eglise St Etienne, Batroun
Notre Dame de la Mer, Batroun

Nous décidons de nous rendre pour la nuit à Bcharré, et passer par la Vallée de Qadisha, mais le GPS va nous compliquer la tâche. Comme je l’ai dit plus haut, les routes sont difficiles au Liban, celle indiquée par Google Maps n’est apparemment pas correcte, et à une station essence, les gérants nous disent qu’il faut faire demi-tour pour prendre une autre route un peu plus au nord.

On attaque donc la route de la vallée de Qadisha vers l’intérieur du pays tardivement pour atteindre Bcharré, le village le plus important de la région et le plus au fond de la vallée.

La vallée de Qadisha, c’est la vallée sainte, lieu de nombreux monastère et églises. Région entièrement chrétienne, les paysages y sont majestueux. La plupart des monastères sont des grottes construites à flanc de montagne pour les ermites et les moines qui venaient s’y réfugier.

Quant à Bcharré, la ville a des airs de village des Alpes, entourés de montagnes et chalets en bois. C’est ici qu’est né le poète Khalil Gibran, dont le musée se visite.

Dans la ville, nous trouvons un petit B&B appelé Bauhaus Hotel tenu par le coiffeur Tony juste en dessous. A l’époque, ce B&B est un peu en construction et avec quelques difficultés, nous négocions une chambre à 80 dollars. Un peu cher j’avoue mais la ville est dépourvue d’hôtels ouverts à cette période (il fait froid en altitude).

Sur conseil de Tony, nous nous rendons au River Roc, restaurant de l’autre côté de la ville. Nous serons quasiment les seuls clients. Ambiance étrange mais toujours sympathique, les gérants sont scotchés à leur télé qui diffuse une messe apparemment importante…

En tout cas, nous dinerons d’un excellent taboulé, d’un fatouk (salade de saison) et de brochettes de chiche taouk et kefta pour 20€ à 2.

Jour 2 : Vallée de Qadisha et Plaine de la Beqaa

Nous nous rendons tout d’abord dans Bcharré, pour le petit-déjeuner. Il est 9h et les gens sont à la Messe. Nous trouvons un petit restaurant où nous aurons des omelettes et du pain, le tout cuit dans un four traditionnel, un délice. Les étrangers se font rares par ici, les Libanais sont au petit soin.

Route de la Vallée de Qadisha

Nous partons visiter quelques sites de la Vallée, tout d’abord le couvent Mar Elisha, puis l’ermitage Mar Elisha (Deir Mar Elisha), construit dans la roche, à flanc de montagne.

C’est un ermitage construit par des moines syriens, le tout est très impressionnant. Il faut descendre au fond de la vallée, puis remonter pour y accéder.

Ermitage Mar Elisha

Beaucoup d’autres monastères ne sont accessibles que par chemin, si tu aimes randonner et qu’il fait  beau, c’est un bon moyen de découvrir la vallée.

Nous remontons la route à travers la montagne pour arriver aux “Cedars”, station de ski avec 6 remontées. Evidemment, pas de neige encore, mais seulement des quads qui remontent la montagne.

C’est ici que se trouve l’une des réserves naturelles de forêts de cèdres, le fameux symbole du Liban.

Je ne te cache pas ma déception quand je découvre la si petite taille de la réserve. Quelle tristesse de constater qu’il reste une centaine de cèdres tout au plus. D’ailleurs, le constat est encore plus flagrant quand on prend de la hauteur. La foret des cèdres est une tache dans la vallée de Qadisha.

Foret des cèdres et vallée de Qadisha

Il est temps de traverser le col et de se retrouver dans la Plaine de la Beqaa.

Parenthèse historique, la plaine de la Beqaa est un peu l’arrière-cour du Hezbollah. Au cours de la révolution Iranienne de 1979, des chiites libanais partisans de la révolution y forment leur propre groupe de combattants pour lutter contre Israël, c’est de là qu’est né le groupe armé toujours très présent aujourd’hui.

A Baalbek, ville principale de la Plaine, et sur l’ensemble de la route qui descend du col jusqu’à cette ville, l’ambiance est … électrique : divers contrôles de passeports avant d’arriver, drapeau du Hezbollah omniprésent, et à la sortie du temple, on nous vend même des mugs à leur effigie.

Pour autant, Baalbek est à mes yeux LE site incontournable du Liban.

Appelé également en grec Héliopolis (cité du soleil), la cité a été fondée par les Phéniciens mais a connu son âge d’or à l’époque romaine. Ce sont les vestiges romains les mieux conservés de toute la région : temple de Bacchus, temple de Jupiter, temple de Venus, cour hexagonale. De quoi flâner des heures, nous y resterons d’ailleurs jusqu’au coucher du soleil ce qui en fait des souvenirs magnifiques.

Malgré un site archéologique somptueux, l’atmosphère de la ville ne nous donne pas envie de rester, l’étape pour dormir sera donc Zahlé, déjà en dehors de la plaine de la Beqaa, ce qui n’empêchera pas les nombreux check-points sur le trajet (frontière libano-syrienne à seulement quelques kms).

Baalbek
Temple de Bacchus, Baalbek

A Zahlé, tout se passe dans 2 rues perpendiculaires, après avoir essayé un ou deux hôtels, nous tentons l’hôtel Chtaura qu’on négociera pour 90 dollars avec petit déjeuner.

Le temps de se reposer, nous repartons chercher à dîner. On s’arrête tout d’abord à Berdwani qui est une zone en bord de canal, mais il est dimanche et tard, la plupart des restaurants sont fermés. Finalement sur la route principale nous nous arrêtons dans un restaurant assez voyant de loin, « la Tour ». On y mangera de l’houmous, des galettes de viande au yaourt, des keftas. Il est difficile de se faire comprendre ici mais la propriétaire parle très bien français et prend le temps de nous expliquer tous les plats (les Libanais sont moitié anglophones, moitié francophones). Tout est commandable en ½ portion. Elle nous offre en dessert avec la générosité qu’on leur connait, thés, gâteaux au chocolat, fruits et laits caillés.

Jour 3 : Anjar et retour sur la côte sud

Moins connue que Baalbek, Zalhé est une ville également située à la frontière Syrienne, et juste à côté d’un site archéologique nommé Anjar.

A l’inverse de Baalbek, Anjar est l’ancien site d’une ancienne dynastie islamique, les Omeyyades, fondée au 7ème siècle. Le site est très bien entretenu. On n’y croisera pas âme qui vive.

Anjar, site des Omeyyades

L’étape suivante est Saida, située sur la côte Sud du pays. Saida ou Sidon est une ville plaisante en bord de mer. Mais tout commence par une mauvaise impression : alors que nous sommes garés et déjà un peu éloignés le long de la corniche, 2 personnes postés devant notre voiture nous font des grands signes. On se retourne plusieurs fois, et ayant un pressentiment nous y retournons. Les 2 personnes nous parlent en arabe, nous ne comprenons pas. Par précaution, nous reprenons la voiture, car il y a toutes nos affaires à l’intérieur…Après ça, on mettra plus de 45 minutes à trouver une place en ville.

A Sidon, tu peux commencer ta visite par le souk, traditionnel et très impressionnant car c’est un vrai labyrinthe.

Sidon a été la capitale de la Phénicie pendant l’antiquité, mais comme beaucoup de villes du Liban, elle a été successivement occupée par les grecs, les romains etc.

Le Château de la Mer est comme son nom l’indique une forteresse du 13ème siècle construite par les Croisés et posée sur la mer, seul un ponton de pierres permet d’y accéder. Le château se visite mais il n’est pas très grand, il est plus sympathique de l’observer de l’extérieur. C’est l’un des seuls sites payants de la ville.

Château de la Mer, Sidon

Quant au Khan Al Franj, la traduction est « le caravansérail des Français ». Le caravansérail en orient est une sorte d’hôtel de passage pour les marchands venant de tout horizon, généralement sur 2 étages (les chevaux en rez de chaussée et les hommes en étages) avec une cour intérieure.

Souk de Sidon

Notre 3ème arrêt de la journée sera à Tyr (ou Sur en arabe), l’une des villes les plus au sud du Liban. La ville est sous haute tension car elle est à la frontière avec Israël, et les tirs de roquette entre les 2 pays sont fréquents. Comme à Beyrouth, les marques de la guerre civile sont fortes. C’est aussi le siège de l’UMIFIL, les Forces Intérimaires des Nations Unis, d’où la représentation militaire de différents pays très présente (nous croisons des militaires de République Dominicaine).

Malgré cette réputation, les vestiges de la cité ancienne n’attendent que toi.  Le site archéologique en bord de mer est en excellent état, et là encore le coucher de soleil est magnifique. C’est un incontournable de la ville.

La Hara, le quartier chrétien, également en bord de mer, te permettra de découvrir le charme de cette ville. Maisons coquettes et colorées, ruelles fleuries et intactes, on a presque l’impression d’être dans un autre monde.

Vestiges de Tyr
Tyr

Pour la nuit, nous décidons de reprendre la route et d’aller à nouveau vers l’intérieur des terres à Deir Al Qamar car quelques sites seront à visiter le lendemain, et surtout nous sommes près de Beyrouth pour la dernière journée.

Le choix de l’hôtel est excellent, le Deir Al Oumara, un hôtel avec une cour archée et vue sur les montagnes du Chouf avec 10/10 sur le petit-déjeuner gargantuesque.

Nous irons dîner dans un restaurant sur les hauteurs appelé le Country Gate, je crois que nous serons les seuls clients de la soirée (encore !)

Jour 4 : Bettedine, Chouf et Beyrouth

Dernière journée avant de reprendre l’avion à 2h du matin. Mais nous avons encore plein de choses à faire avant d’aller à Beyrouth.

Nous commençons par visiter le palais de Bettedine. Bettedine signifie la Maison de Dieu. Résidence d’été du président libanais, le palais a été construit en 1788 pour l’Emir Bachir Chehab 2 et sa construction a duré 20 ans. Cour décorée de sculptures et de boiseries, appartements privés, salle de réception, tout fait de ce palais un incontournable au Liban. C’est l’élégance à l’orientale, un palais raffiné somptueux dont on ne peut pas passer à côté sans rentrer.

Nous repassons par le petit village de Deir Al Qamar (Monastère de la Lune en arabe), charmant village de la région, avant de nous rendre à la 2ème réserve de cèdres du Liban, Al Chouf.

La réserve peut se visiter à pied ou en voiture, c’est une boucle toute tracée à l’intérieur. Un garde est posté à l’entrée pour faire payer le droit de passage. Le temps est tellement brumeux que cela donne une ambiance magique. C’est un endroit encore une fois inévitable si tu souhaites voir les derniers cèdres du Liban.

Al Shouf Biosphere Reserve

Cette fois ci, direction Beyrouth.

Nous avions prévu une grande après-midi à Beyrouth et cela nous a suffi. Si toi aussi tu souhaites visiter le Liban, je te conseille pas plus d’une journée à Beyrouth car il y a tant de choses à visiter autour.

Sais-tu d’abord que Beyrouth est surnommée la Petite Parisienne ou encore le Paris du Moyen-Orient ? Beyrouth, de tout le Proche et Moyen Orient est surement la ville la plus occidentale de tous. Elle a entre autre, comme Paris, la culture du café en plein air.

Beyrouth est une ville cosmopolite, qui aujourd’hui se reconstruit encore. Je suis marquée par les centaines de traces de balles sur les murs des maisons et des appartements…Jusqu’en 2006, le Liban vivait sa guerre civile.

Le contraste entre un quartier rénové à l’européenne…
…et un immeuble dont les traces de balles sont encore visibles

Nous commençons par nous rendre au cœur de Beyrouth où se trouve 3 lieux de cultes sur une même place : la mosquée Al Amin, la cathédrale grecque orthodoxe Saint George et la Cathédrale maronite Saint Georges. Quelle belle image que ces 3 lieux saints sur la même place.

La cathédrale est l’un des bâtiments les plus anciens de Beyrouth, datant de 1767, elle est en fait un musée qui abrite les ruines d’une église byzantine découverte après le bombardement de la cathédrale en 1975.

La mosquée Al Amin est une mosquée récente (2006) qui rayonne par son dôme bleu. C’est ici que Rafiq Hariri, ancien premier ministre assassiné est enterré, elle est d’ailleurs communément appelé Mosquée Hariri (en tant que non musulman tu peux la visiter, on te prête de quoi te changer convenablement pour entrer).

Quant à la cathédrale Maronite, elle est inspirée de la Cathédrale Santa Maria Maggiore de Rome.

Cathédrale St Georges et Mosquée Al Amin

Nous passons la première partie de l’après-midi dans les quartiers de Gemmazyeh et Mar Michael. Ces 2 quartiers plutôt tendances, centralisés sur la Rue Gouraud sont les lieux de nombreux restaurants, bars et cafés, galeries d’arts et boutiques. Cela ressemble à un quartier typiquement occidental, bohème et hispter à la sauce orientale.

Nous nous promenons ensuite dans le quartier d’Hamra, qui est le quartier étudiant, tu y trouveras de nombreux fast-foods libanais, cafés et hostels, le tout face à l’Université Américaine de Beyrouth (UAB) dans laquelle tu peux entrer. Cette université est l’une des plus réputées d’Orient et a été fondée en 1866.

Nous terminons notre tour de Beyrouth par la fameuse Corniche de nuit. C’est un endroit réputé pour les promenades et la détente. Elle s’étend de la Marina Saint Georges, le Saint Tropez de Beyrouth où se succèdent bateaux de luxe et yachts club, jusqu’au fameux Rocher au pigeons, cette arche naturelle au milieu de la mer.

Marina St Georges
Pigeon Rocks

Ici s’achève le récit de 4 jours de découverte dans ce pays. J’espère que cet article t’aura donné envie d’aller au Liban. A mes yeux, c’est un pays magnifique qui a tellement à donner, et qui tient tête à sa mauvaise réputation faisant fuir les touristes par le charme de ses habitants et la beauté de ses sites anciens.

 

Les plus du voyage

  • Un voyage solitaire : nous ne croiserons quasiment aucun touriste sur les routes
  • Baalbek : un des plus beaux vestiges romains de cette planète
  • Incontestablement la cuisine !!

Les moins

  • Beaucoup d’endroits fermés et peu de choix pour les hôtels / restaurants dès que l’on quitte la côte et dès lors que nous sommes en basse saison
  • La conduite …

Serbie

Road trip de 15 jours en Août 2025

La Serbie est un pays à la croisée des influences balkaniques, austro-hongroises et ottomanes, un carrefour culturel entre l’Orient et l’Occident et historique au cœur des Balkans.

Encore inconnue des touristes, elle a pourtant beaucoup d’avantages. Entre les rues animées de Belgrade, la capitale vibrante et cosmopolite, et les ruelles pittoresques de villes comme Novi Sad, le voyage promet alternance entre urbanité et tranquillité. Mais la Serbie, ce n’est pas seulement des villes : c’est aussi des paysages spectaculaires qui invitent à la détente, à l’aventure ou à l’émerveillement. On peut espérer mêler découvertes culturelles, flâneries dans les vieilles villes et escapades en pleine nature.

Ce voyage de quinze jours aura été une véritable immersion où chaque journée promet une nouvelle découverte.

Jour 1 : Voyage vers Belgrade

Nous partons vers 8h30 de l’aéroport Charles-de-Gaulle pour notre vol en direction de la Serbie. À part Air Serbia, particulièrement chère, aucune compagnie ne propose de vol direct vers Belgrade ; nous transitons donc par Munich et atterrissons autour de 17h, avec un vol légèrement retardé.

Nous mettons un temps fou à trouver notre location de voiture, finalement repérée sous l’indication « garage ».

Depuis l’aéroport Nikola Tesla — baptisé ainsi en hommage au célèbre scientifique serbo-américain (sa nationalité est toujours discutée étant donné qu’il est né plutôt sur des terres croates)— le trajet est assez court. Il traverse une partie de la vieille ville pour rejoindre notre immeuble situé derrière la forteresse de Kalemegdan.

Le quartier que nous avons choisi, au nord de Belgrade, au bord du Danube, est entièrement résidentiel et typique des constructions des années 1960-70. Bien que les bâtiments paraissent délabrés de l’extérieur, l’intérieur de notre appartement est superbe, avec une magnifique vue sur le Danube. Nous faisons quelques courses avant de dîner à notre appartement.

Jour 2 : Vieille ville de Belgrade

Depuis notre appartement, nous regardons le soleil se lever sur le Danube. Nous partons explorer la vieille ville de Belgrade (ou Stari Grad), dont le nom signifie « ville blanche » en référence à la pierre claire qui composait les anciens remparts. Belgrade est une ville habitée depuis plus de 7000 ans.

Nous commençons par la forteresse de Kalemegdan, située dans un immense parc du même nom. Cette forteresse, au cœur de l’histoire serbe, est l’un des sites les plus anciens du pays : construite à partir de l’époque romaine, elle fut ensuite modifiée par les Byzantins, les médiévaux serbes puis les Ottomans. Sa position dominante, à la confluence du Danube et de la Sava, était stratégiquement cruciale.

Nous déambulons entre les pavillons de la ville basse, visitons la tour de l’horloge et le musée militaire dans la ville haute, où se succèdent de nombreux chars, canons et avions. Depuis l’esplanade, la vue sur la confluence est superbe. Nous nous arrêtons devant la statue du « Pobednik » (“le Victorieux”), symbole iconique de la ville, érigée pour célébrer la victoire serbe sur l’Empire ottoman.

En sortant du parc, nous passons devant l’Ambassade de France, celle d’Autriche, la cathédrale Saint-Michel (l’un des principaux lieux de culte orthodoxe de Belgrade, abritant les tombeaux de plusieurs princes serbes), le musée du Patriarcat et la maison-palais de la princesse Ljubica, un très bel exemple d’architecture serbe du 19ème siècle.

Nous poursuivons dans la célèbre rue piétonne Knez Mihailova, classée comme monument culturel d’importance exceptionnelle, puis sur la Place de la République où se trouve le Musée National. Nous finissons sur la Place des Étudiants, actuellement en travaux.

Nous déjeunons chez Proleće, restaurant typiquement serbe. Pour ce premier repas, nous goûtons une assiette d’entrées locales, des ćevapčići (kebabs allongés) et une pljeskavica (mélange de plusieurs viandes hachées grillées).

L’après-midi, nous traversons le quartier de Dorćol pour une pause à l’appartement. En fin de journée, nous repartons vers le quartier bohème de Belgrade. Nous empruntons la superbe rue Gospodar Jovanova jusqu’à l’église Alexandre Nevski, puis rejoignons Skadarlija, réputée pour ses restaurants traditionnels, sa musique tzigane et son ambiance artistique héritée des débuts du 20ème siècle. Un verre à Jedno Mesto, dans la rue parallèle Cetinjska, conclut très bien la soirée.

Jour 3 : Découverte de Belgrade autrement

Ce matin, nous partons avec Yugo Tour et notre guide Philippe pour un tour intitulé Rise and Fall of a Nation, consacré à l’histoire de l’ex-Yougoslavie.

Après un passage au Rocket Coffee, nous montons dans une Zastava rouge, voiture emblématique de la Yougoslavie, produite à Kragujevac sur la base d’un modèle Fiat.

Notre première étape est le camp de concentration de Staro Sajmište, installé en 1941 dans l’ancien parc des expositions. C’est l’un des lieux les plus sombres de l’histoire locale : avant la mise en place des chambres à gaz fixes, les prisonniers juifs étaient enfermés ici puis transférés vers des camions à gaz.

Nous poursuivons vers le Musée d’Art Contemporain (1965), building moderniste majeur, puis le SIV ou Palais de la Fédération, centre administratif du gouvernement yougoslave. Aujourd’hui, le bâtiment accueille encore certains ministères.

Nous nous arrêtons ensuite au pied de la tour Genex, deuxième plus haut bâtiment de Belgrade. Construite en 1977, elle est un symbole de l’architecture brutaliste. À son sommet, un restaurant rotatif — aujourd’hui abandonné — reliait les deux tours.

Nous passons ensuite par les “blocs” de Novi Beograd (60-61-63-23), immenses ensembles résidentiels construits pour incarner l’urbanisme socialiste et conçus pour fonctionner de manière autonome.

La dernière étape du matin est le mausolée de Tito, appelé Maison des Fleurs. Ce lieu hautement symbolique permet de comprendre l’histoire et la structure politique de la Yougoslavie de 1944 à 1980. Il borde le Musée du 25 mai, dans un quartier verdoyant et élégant. Le musée abrite de nombreux uniformes, objets et cadeaux de chefs d’état fait au dirigeant yougoslave.

Nous déjeunons ensuite au restaurant SFRJ, au bord de la Sava : sarmas, salade grecque et kobasice (saucisses serbes). L’endroit regorge d’objets historiques liés à l’ex-Yougoslavie.

L’après-midi, nous visitons le Temple de Saint-Sava, l’une des plus grandes églises orthodoxes du monde, dédié à Sava, fondateur de l’église orthodoxe russe. Nous avons eu également l’occasion d’aller au temple en ancien tramway (ligne n°10). Son architecture s’inspire de la basilique Sainte-Sophie de Constantinople. Les mosaïques intérieures sont monumentales. Nous y assistons même à une messe. Le temple récemment terminé a été financé par le Kremlin.

En fin de journée, nous apprécions une pause bière artisanale au Krafter.

Jour 4 : Frontière hongroise

Nous quittons Belgrade en direction de Subotica, ville proche de la frontière hongroise. L’autoroute, toujours très droite, nous prend environ 1h45.

Nous faisons un arrêt au lac Palić, station balnéaire développée à la fin du 19ème siècle, où les villas sécessions à l’architecture romantique et les promenades ombragées en font un lieu typiquement austro-hongrois. La station abrite également un zoo, l’un des plus beaux des Balkans.

Subotica n’est qu’à cinq minutes de route. Nous déjeunons au restaurant Basch House 1887, coup de cœur du séjour. La cuisine est fortement influencée par la gastronomie hongroise et austro-hongroise. Nous mangeons une wiener schnitzel et un goulash.

Subotica appartient à la province autonome de Voïvodine, région multiethnique où le serbe et le hongrois sont langues officielles. La ville est l’un des plus beaux ensembles Art nouveau d’Europe centrale.

Nous visitons la synagogue de Subotica, chef-d’œuvre de l’Art Nouveau hongrois construit en 1902, puis le musée de la ville, le marché, la cathédrale et surtout l’hôtel de ville (1912), un bijou de Sécession hongroise. Nous terminons sur le Palais Raichle, bâtiment emblématique à la façade colorée.

En fin de journée, nous reprenons la route vers les hauteurs du parc national de Fruška Gora, jusqu’au village de Vrdnik, où se trouve notre maison pour les 3 prochains jours.

Jour 5 : la Fruska Gora

Aujourd’hui, nous restons dans les environs pour visiter le parc national de la Fruska Gora, l’un des plus anciens parcs nationaux de Serbie. Cette montagne, surnommée parfois «Sainte Montagne serbe», est connue pour abriter une vingtaine de monastères orthodoxes fondés pour la plupart entre le 15ème et 18ème, lorsque les moines fuyaient les invasions ottomanes.

Nous commençons par le monastère de Jazak, qui est le plus proche de notre lieu de résidence, mais nous nous heurtons malheureusement à une porte fermée. Ce monastère, reconstruit au 18ème siècle, est pourtant l’un des plus importants du parc, notamment parce qu’il abrite les reliques du tsar serbe Stefan Uroš V, dernier souverain de la dynastie des Nemanjić.

Nous traversons le parc d’ouest en est pour aller visiter ceux de Novo Hopovo et Staro Hopovo, distants de seulement deux kilomètres. Les deux monastères, liés historiquement, portent d’ailleurs des noms signifiants « Nouveau » et « Ancien ».

Novo Hopovo, situé dans un virage, est un très bel ensemble dans lequel on rentre par un porche. Le monastère fut fondé au 15è siècle et joua un rôle majeur dans la culture et l’éducation serbe. Il est dit que le célèbre réformateur serbe Dositej Obradović y aurait étudié. Derrière le porche se trouvent l’église et un bâtiment en U où logent encore les moines aujourd’hui. Nous pouvons circuler librement dans la cour, mais il nous est interdit de monter dans les étages.

Un peu plus loin, au bout d’une route en cul-de-sac, nous arrivons à Staro Hopovo, dont l’entrée se fait en voiture par une immense porte en pierre. C’est l’un des plus anciens monastères de Fruska Gora, probablement fondé au 15ème siècle. Une fois passé le portail, on découvre une petite église entourée d’une atmosphère très paisible. Les moines vivent ici dans des bâtiments modernes situés un peu plus haut.

Enfin, nous nous arrêtons au monastère de Vrdnik, certainement l’un des plus jolis, situé dans le village du même nom. Son clocher baroque et ses murs clairs en font un site particulièrement photogénique. Le monastère de Vrdnik abritait autrefois les reliques de Saint Procope, aujourd’hui déplacées, mais il reste un lieu important de pèlerinage.

Nous finissons l’après-midi en profitant de notre maisonnette, du soleil et de la piscine.

Jour 6 : Découverte de Novi Sad

Aujourd’hui, c’est la visite de Novi Sad, deuxième ville du pays et capitale culturelle de la province autonome de Voïvodine. La ville est réputée pour son mélange d’architectures austro-hongroise, baroque et serbe, ainsi que pour son atmosphère plus douce et tranquille que Belgrade.

Nous garons la voiture dans le centre, proche du parc du Danube, et décidons de visiter l’autre rive : la ville de Petrovaradin.

Pour l’atteindre, nous traversons le pont arc-en-ciel, reconstruit après avoir été détruit par l’OTAN en 1999 lors des bombardements de la guerre du Kosovo. La vue depuis ce pont sur la forteresse de Petrovaradin est exceptionnelle.

Nous arrivons par Podgrađe, la ville basse, avec ses ruelles anciennes et son église Saint-Georges. Quelques dizaines de marches nous attendent pour grimper jusqu’à la forteresse.

La forteresse de Petrovaradin, surnommée « le Gibraltar du Danube », est une immense fortification construite au 17ème siècle par les Autrichiens pour repousser les Ottomans. Elle abrite un réseau souterrain de tunnels long de près de 16 km, encore aujourd’hui en grande partie inexploré. Tout en haut, nous faisons le tour des bastions, visitons la fameuse tour de l’horloge, dont l’aiguille des heures et celle des minutes sont inversées — une particularité conçue pour que les bateaux sur le Danube puissent lire l’heure de loin. La vue depuis les remparts sur le Danube et sur Novi Sad est superbe.

Nous retraversons le pont et nous dirigeons vers la place de la Liberté, entourée de l’Hôtel de Ville, de la Banque Nationale et de la grande cathédrale catholique du Nom-de-Marie, reconnaissable à son haut clocher néo-gothique.

Nous déjeunons chez Spajz, superbe découverte avec son menu du jour bon marché et sa déco agréable. Il y a même un coin enfants, ce qui est parfait pour une pause familiale.

Après le déjeuner, nous visitons l’église orthodoxe Saint-Nicolas, l’une des plus anciennes de la ville, et la rue Laze Telečkog, surnommée « la rue de la soif », connue pour ses bars et son ambiance étudiante. Elle croise la belle rue pavée Mite Ruzica, typique de la Voïvodine.

Nous continuons en montant tout en haut de la rue Zmaj Jovina et trouvons le lycée serbe, le palais épiscopal et l’église Saint-Georges, siège de l’évêché orthodoxe. À côté se trouve la place de la République, où se tient le marché Riblja pijaca, prisé pour ses produits locaux.

Nous traversons ensuite le parc du Danube sous une chaleur écrasante et nous arrêtons boire un jus frais à Wake Up Juice, juste devant la porte Sainte-Catherine, vestige du système défensif autrichien.

Avant de reprendre la voiture, nous faisons un détour pour admirer la synagogue de Novi Sad, construite au début du 20ème siècle dans un style Art nouveau.

Jour 7 : En route vers les gorges du Danube

Aujourd’hui, nous entamons une journée de transition puisqu’on prend la route vers l’est du pays, en direction de la frontière roumaine, là où le Danube dessine le tracé naturel séparant les deux pays. La route est longue, mais l’idée d’un changement d’ambiance nous motive.

Nous décidons de faire un premier arrêt à Smederevo, ville située directement sur le Danube, connue pour sa forteresse médiévale remarquable. La forteresse de Smederevo a été édifiée entre 1428 et 1430 par le despote serbe Đurađ Branković pour prendre le relais de Belgrade comme capitale du Despotat de Serbie, après qu’il ait dû restituer Belgrade aux Hongrois. 

Nous visitons les remparts — l’enceinte est encore en grande partie accessible gratuitement, seules certaines sections restaurées nécessitent un petit ticket d’entrée. Cette forteresse, de forme triangulaire, s’étendait sur plus de 11 hectares, ce qui en faisait l’une des plus vastes fortifications médiévales des Balkans. 

Après cette immersion dans le passé, nous déjeunons en centre-ville, dans un restaurant typiquement local, Jamb. Le menu, non traduit, nous offre quelques saucisses, kebabs et salades — simples, goûteuses, à des prix très abordables. Nous prenons même un doggy bag pour notre repas du soir.

Après le repas, nous flânons un peu dans Smederevo. La ville, au-delà de la forteresse, révèle un charme tranquille avec un bel Hôtel de Ville sur la place principale et l‘église Saint-Georges qui lui fait face. Ces bâtiments témoignent de l’histoire plus récente de la ville, qui a su rebondir après de nombreuses vicissitudes.

Nous reprenons ensuite la route vers notre destination finale : Golubac. Le voyage est retardé par de nombreux travaux sur la route, ce qui nous fera perdre du temps. Mais lorsque nous arrivons enfin, la récompense est là : une maison charmante au bord du Danube, avec un grand parc, devant, une promenade vue sur le fleuve et la forteresse en arrière-plan. C’est notre lieu de villégiature pour les deux prochains jours ; l’endroit parfait pour poser nos bagages.

Jour 8 : Gorges du Danube

La route des gorges commence à Golubac et descend assez loin, jusqu’à la zone où le Danube passe définitivement du côté roumain. Ce secteur est l’un des plus impressionnants du fleuve et constitue le cœur des Portes de Fer, un défilé naturel de 134 km considéré comme l’une des plus longues et plus belles gorges d’Europe. À certains endroits, les falaises mesurent plus de 300 mètres de haut et le fleuve se resserre parfois jusqu’à seulement 150 mètres de largeur.

Nous n’en faisons qu’une partie, car la route impose de faire l’aller-retour, mais le trajet vaut à lui seul la découverte : tantôt le Danube s’élargit majestueusement, tantôt il se resserre dramatiquement entre deux falaises verticales, offrant des panoramas spectaculaires.

Au niveau des Iron Gates / Portes de Fer, le fleuve se contracte à nouveau. Avant la construction du barrage dans les années 1970, cet endroit était considéré comme l’un des plus dangereux du Danube en raison de ses rapides et de ses rochers affleurants. Aujourd’hui, la navigation y est apaisée, mais la beauté du lieu reste intacte. Nous passons sous 22 tunnels creusés dans la montagne — certains très courts, d’autres plus impressionnants, pour permettre à la route de suivre les reliefs escarpés.

Nous faisons également des arrêts au point où nous décidons d’opérer un demi-tour. De là, nous apercevons côté roumain le monastère Mraconija, construit à flanc de falaise. Cet endroit est surnommé “le monastère sous l’eau” car l’ancien bâtiment fut englouti par le Danube lors de la mise en service du barrage hydraulique des Portes de Fer en 1972. Le monastère actuel fut reconstruit après 1990.

Toujours sur la rive roumaine, nous voyons la tête de Décébale, immense sculpture de 55 mètres de haut taillée dans la roche. Elle représente Décébale, dernier roi des Daces, peuple ancien de Roumanie. Cette statue monumentale, la plus grande sculpture de pierre d’Europe, fut réalisée entre 1994 et 2004.

Pour ceux qui ont plus de temps, la région se découvre aussi très bien en bateau : cela permet de s’approcher des falaises, du monastère, ou même de profiter d’une vue unique sur la tête de Décébale. Il est aussi possible de passer côté roumain pour explorer l’autre rive et ses villages.

À notre retour vers Golubac, nous déjeunons au restaurant Svilen Konac, une très bonne adresse locale. Nous commandons du fromage grillé, une assiette de charcuterie et du poulet aux courgettes. Nous sommes seuls dans le restaurant lorsque l’orage éclate soudainement : une pluie violente recouvre tout le paysage, et nous devons attendre quelques minutes que cela se calme avant de repartir.

Nous allons ensuite visiter la forteresse de Golubac, située à seulement cinq minutes en voiture. Mais l’orage ayant causé une coupure d’électricité, nous devons patienter un peu avant d’entrer.

La forteresse de Golubac, récemment restaurée grâce à un financement de l’Union Européenne, est l’une des plus belles fortifications médiévales de Serbie. Construite au 14ème siècle à l’entrée des Portes de Fer, elle contrôlait autrefois le passage sur le Danube. Ses neuf tours, de hauteurs et styles différents, trônent spectaculairement au pied des falaises. Il existe plusieurs parcours de visite, classés par niveaux de difficulté : certaines tours exigent une bonne forme physique et un équipement spécial. Avec un enfant, nous nous arrêtons au premier parcours, mais cela suffit largement : nous pouvons voir trois tours ainsi que l’ancien palais, tout en profitant d’une vue splendide sur le fleuve. Nous terminons notre journée en nous baladant dans les jardins le long du Danube.

Jour 9 : Traversée vers le Sud

Après une belle promenade le long du Danube devant notre maison, nous partons vers le sud, plus particulièrement vers la région des monastères, très connue en Serbie pour abriter plusieurs fondations médiévales importantes, liées à la dynastie des Nemanjić.

La route étant longue, nous décidons de prévoir un arrêt autour de Kragujevac, situé à mi-chemin. Cette ville industrielle est connue pour abriter l’usine automobile Fiat Serbia, héritière de l’usine Zastava, longtemps symbole de l’industrie yougoslave. Une statue représentant une voiture à l’entrée de la ville rappelle d’ailleurs ce passé industriel très fort.

Même si Kragujevac a une histoire tragique liée au massacre de 1941 (plus de 2 700 civils exécutés par l’occupant allemand — aujourd’hui commémoré au Mémorial de Šumarice), nous ne nous y arrêtons pas plus longuement que pour la pause déjeuner.

Nous trouvons un centre commercial où se trouve l’enseigne Kafeterija. On nous en avait parlé en bien, mais finalement cela ressemble plus à un Starbucks serbe qu’autre chose : cafés, frappés, ambiance moderne, sans grand charme local.

Nous reprenons la route vers Kraljevo, dont le nom signifie « la ville des rois ». La ville porte ce nom car c’est ici qu’étaient traditionnellement couronnés les rois serbes au Moyen Âge, notamment dans les monastères environnants.

Nous nous dirigeons plus précisément vers Žiča, à seulement cinq minutes en voiture de Kraljevo. Le monastère de Žiča est l’un des lieux les plus importants de l’histoire serbe. Fondé au début du 13ème siècle par Saint Sava et son frère, le roi Stefan le Premier Couronné, il fut le premier siège de l’Église orthodoxe serbe autocéphale. On dit que c’est ici que furent couronnés les premiers rois serbes, ce qui lui vaut son surnom : “la Maison des Couronnements”.

Les extérieurs du monastère sont en travaux, mais cela ne gêne en rien notre visite. L’église, reconnaissable à ses murs rouges caractéristiques, est splendide. L’intérieur abrite des fresques anciennes témoignant du rôle crucial du lieu dans la culture médiévale serbe.

Après cela, nous découvrons avec bonheur que notre gîte est situé à seulement quelques minutes de route, légèrement en direction de la montagne. Il s’agit d’un ensemble de trois maisonnettes appartenant à un propriétaire charmant et très accueillant. L’endroit est calme, verdoyant, parfait pour se ressourcer après cette journée de route. Nous en profitons pour nous reposer l’après-midi, avant de dîner tranquillement dans notre petit chalet.

Jour 10 : Vallée de l’Ibar

Après le petit-déjeuner, nous partons en direction de la vallée de l’Ibar, également appelée la Vallée des Rois car elle regroupe plusieurs des monastères les plus importants de Serbie, fondés entre le 12ème et le 14ème siècle par les rois de la dynastie Nemanjić.

Il nous faut environ une heure pour atteindre Studenica, et nous préférons le visiter en premier car de nombreux touristes locaux s’y rendent. La route est agréable mais parfois étroite, longeant des falaises impressionnantes.

Le monastère de Studenica est magnifique : fondé en 1190 par Stefan Nemanja, père de la dynastie médiévale serbe, il est considéré comme l’un des joyaux de l’art médiéval serbe et est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Son église principale, dédiée à la Présentation de la Vierge, est construite en marbre blanc avec un style mêlant influences byzantines et romanes. À l’intérieur se trouvent certaines des plus belles fresques serbes du 13ᵉ siècle, dont la célèbre “Crucifixion”.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons en contrebas de la forteresse de Maglič, perchée sur une colline au-dessus de la vallée. Construite au 13ème siècle pour protéger l’accès à Studenica, elle est considérée comme l’un des plus beaux châteaux médiévaux du pays. Pour y accéder, il faut normalement traverser la rivière Ibar à l’aide d’un petit bac géré par des bénévoles, puis grimper un sentier pentu. Mais vu l’heure avancée et le caractère irrégulier des traversées, nous préférons ne pas tenter l’ascension.

Nous rentrons profiter de notre maisonnette et du très beau temps autour des bassins.

Le soir, nous dînons au gîte. Nous sommes les seuls, mais le repas est fantastique : l’hôte nous prépare des légumes grillés (champignons, courgettes, poivrons), une salade de feta et tomates, et les fameuses ćevapčići (kebabs allongés) accompagnées de kajmak, le fromage local crémeux typique de Serbie. Le tout pour un prix vraiment très compétitif : 2 400 RSD.

Jour 11 : les montagnes serbes

Nous prévoyons cette fois une longue étape car nous devons grimper en altitude pour rejoindre les montagnes de l’ouest du pays. Direction Zlatibor, l’une des régions touristiques les plus populaires de Serbie, connue pour ses villages traditionnels, ses randonnées, ses grottes et son air de montagne réputé “thérapeutique” depuis l’époque austro-hongroise.

La route est longue et nous rencontrons des bouchons. Il nous faudra environ 2h45 pour atteindre le village de Sirogojno.

Sirogojno est un ethno-village, un musée en plein air reconstituant la vie rurale serbe des 18 et 19ème siècles. On y trouve des maisons traditionnelles en bois, une école, un four à pain, des ateliers, et de nombreuses reconstitutions de scènes de vie quotidienne. L’entrée coûte 500 RSD, et permet d’entrer dans chaque habitation. Ce musée est particulièrement connu pour ses tricots traditionnels, les fameux “pulls de Sirogojno”, exportés dans le monde entier dans les années 80.

Nous déjeunons sur place au restaurant de l’ethno-village, où nous testons des spécialités locales très typiques : polenta au kajmak, rakija (l’alcool fort national), et des plats rustiques de montagne.

Après le village, nous reprenons la voiture pour visiter la grotte de Stopića, également payante (900 RSD). Pour atteindre l’entrée, il faut descendre un escalier assez long.

La grotte est connue pour ses “cascades de tufs” — des formations calcaires uniques créant des vasques naturelles étagées. Lors des pluies importantes, ces vasques peuvent se remplir d’eau chaude, ce qui donne un aspect spectaculaire.

La dernière étape du jour est Zlatibor, où nous séjournons pour les trois prochaines nuits. Nous avons choisi le 21st Century Zlatibor Residence et prenons possession d’un appartement moderne et confortable avant d’aller profiter de la piscine de l’hôtel.

Nous nous baladons ensuite dans Zlatibor avant le dîner. La ville ressemble beaucoup à certaines stations de montagne alpines : boutiques, chalets modernes, restaurants, et une ambiance très familiale autour du lac central.

Jour 12 : Mokra Gora

Après un super petit-déjeuner à l’hôtel, nous partons pour Mokra Gora, située à environ 45 minutes de route. C’est ici que circule l’un des trains touristiques les plus célèbres du pays : le Šargan Eight (Šarganska Osmica).

Ce train est une ancienne ligne de montagne construite sous la Yougoslavie au début du 20ème siècle. Il doit son nom “Eight” à sa forme en chiffre 8, qui lui permettait de franchir de très forts dénivelés sans crémaillère. À l’origine, le train reliait la Bosnie à Belgrade via Sarajevo. Aujourd’hui restauré, il fonctionne comme attraction touristique, parcourant un tronçon de 15 km avec tunnels, viaducs et panoramas exceptionnels.

Nous arrivons vers 10h00 mais, pour le train de 10h30, toutes les places assises sont déjà prises. Nous refusons les places debout et décidons de regarder le départ du train depuis le qua. Malheureusement, nous n’avions jamais réussi à réserver en avance — impossible sur Internet, et aucune billetterie ne semble proposer de réservation.

Après le départ du train, nous filons à la gare suivante pour tenter de le suivre. Par chance, nous tombons nez à nez avec lui plus haut dans la montagne : une scène très amusante ! Une fois le train passé, nous traversons et montons encore un peu, ce qui nous permet d’atteindre un belvédère offrant une superbe vue sur la ligne et les montagnes environnantes. Nous décidons d’attendre le retour du train, environ 30 minutes, en nous promenant dans la nature.

Nous nous dirigeons ensuite vers Drvengrad, le village construit par le réalisateur Emir Kusturica. Le village, aussi appelé Küstendorf ou “le village en bois”, a été entièrement fabriqué pour les besoins de son film « La vie est un miracle ». C’est un ethno-village assez esthétique, mais l’ambiance fait un peu “Disneyland”, notamment avec les 4 ou 5 restaurants présents sur un espace très réduit. On y trouve aussi une église en bois et un musée du cinema. L’entrée est payante.

Nous rentrons ensuite à notre appart-hôtel pour profiter du spa et de la piscine. Nous terminons la journée à Zlatibor avec une glace à Feniks, avant de faire le tour du lac de la ville dans une ambiance de fin d’après-midi très agréable.

Jour 13 – Parc National de Tara

Nous profitons de la matinée à la piscine, où c’est beaucoup plus calme qu’en fin de journée, puis partons autour de 10h30.

Nous nous dirigeons vers le Parc national de Tara, situé complètement à l’ouest de la Serbie, à la frontière avec la Bosnie-Herzégovine. Ce parc, créé en 1981, est l’un des plus beaux du pays : forêts denses, lacs, gorges vertigineuses, ours bruns protégés et points de vue spectaculaires. Il porte le nom du mont Tara, massif montagneux célèbre depuis l’époque médiévale pour son isolement et sa nature préservée.

Notre premier arrêt est la célèbre Maison sur la Drina (Kućica na Drini). L’histoire est simple : en 1968, un groupe de jeunes décida de construire une petite cabane sur un rocher au milieu du fleuve Drina, qui sert de frontière naturelle entre la Serbie et la Bosnie. Plusieurs fois détruite par les crues ou les inondations, elle a été reconstruite encore et encore, devenant une icône photographique du pays. Aujourd’hui, elle apparaît même sur certaines affiches touristiques officielles de Serbie.

Nous repartons ensuite un peu plus dans les terres, vers les montagnes, pour visiter le monastère de Rača. Niché entre plusieurs collines et entouré d’une nature luxuriante, ce monastère du 13ème siècle fut fondé par le roi serbe Stefan Dragutin. Il abritait autrefois un important centre de transcription médiévale : c’est ici que travaillaient les célèbres “moines copistes de Rača”, qui ont préservé une grande partie de la littérature serbe du Moyen Âge. Le lieu, discret et isolé, dégage un charme paisible et un côté presque secret.

Nous nous dirigeons ensuite vers le barrage du lac de Perućac, qui marque l’entrée officielle du Parc national de Tara. Le lac est artificiel, créé en 1966 sur la Drina, mais il est devenu l’un des plus beaux paysages de la région. Nous payons le droit d’entrée du parc puis montons dans les hauteurs : c’est là que les vues sont les plus spectaculaires, avec le relief découpé du lac entouré de forêts denses.

La route des hauteurs traverse ensuite le parc d’ouest en est. Nous faisons plusieurs courts arrêts, notamment à Mitrovac, un petit plateau entouré de pins, puis au lac Zaovine, un lac d’altitude très clair qui alimente une centrale hydroélectrique et dont la région est célèbre pour la présence du fameux épicéa de Pancic, espèce endémique découverte ici même au 19ème siècle.

Le Parc national de Tara mériterait sans doute un détour plus long pour explorer ses sentiers, ses gorges et ses points de vue (notamment le fameux Banjska Stena), mais nous manquons cruellement de temps pour en voir plus.

Jour 14 : Retour vers Belgrade

Nous quittons la station de Zlatibor vers 9h30, car nous avons environ 2h30 de route jusqu’à Belgrade. Nous faisons le trajet d’une traite et décidons de faire une pause sur l’île d’Ada Ciganlija, située sur le fleuve Sava. L’île est entièrement piétonne (des parkings sont à l’entrée), et aujourd’hui c’est l’un des espaces de loisirs les plus populaires des Belgradois. On l’appelle même parfois “la mer de Belgrade” : plages, sports nautiques, pistes cyclables, restaurants, cafés… tout y est. Nous avions prévu de manger sur place mais ne trouvons rien d’intéressant, alors nous préférons pique-niquer face à l’eau.

Après cela, nous allons à Novi Beograd et Zemun pour récupérer les clés de notre appartement. Ces deux parties de Belgrade se trouvent de l’autre côté de la Sava, dans une zone de la capitale que nous n’avions pas encore visitée. Novi Beograd est un vaste quartier moderniste construit après la Seconde Guerre mondiale, célèbre pour ses grands blocs d’appartements typiques de l’architecture yougoslave. Zemun, lui, est très différent : longtemps séparé de Belgrade et rattaché à l’empire austro-hongrois, il a gardé une ambiance mitteleuropéenne.

Après une petite pause, nous partons visiter le quartier de Zemun, en longeant le Danube. La promenade est agréable, entièrement piétonne et bordée de nombreux restaurants-bateaux appelés splavovi, typiques de Belgrade.

Nous montons ensuite jusqu’à Gardoš, la partie haute de Zemun, où les ruelles pavées et les maisons anciennes rappellent l’influence austro-hongroise. Nous atteignons la tour de Gardoš, construite en 1896 pour célébrer le millénaire de l’arrivée des Magyars dans la région. Depuis son sommet, la vue sur tout Belgrade est impressionnante.

Nous découvrons l’église Saint-Nicolas, puis les rues piétonnes du cœur de Zemun et la place de la République (à ne pas confondre avec celle du centre de Belgrade).

Après une pause au parc Gradski, nous allons acheter de quoi dîner chez Mama Sara, un restaurant turc proposant shawarmas et falafels, que nous dégustons ensuite tranquillement à la maison.

Jour 15 : Dernier jour en Serbie

Il ne nous reste qu’une matinée pour profiter encore un peu de Belgrade, et nous décidons de faire une dernière balade dans Zemun. Après le petit-déjeuner, nous allons voir le marché, en pleine effervescence : c’est le seul véritable marché que nous aurons l’occasion de voir durant tout le séjour, et l’ambiance locale est très agréable.

De retour à l’appartement, nous préparons nos valises avant de prendre la voiture pour rejoindre l’aéroport. C’est ainsi que s’achève notre voyage en Serbie.

Ces quinze jours en Serbie ont montré un pays bien plus riche et contrasté qu’on ne l’imaginait. Entre l’énergie débordante de Belgrade, la douceur de Novi Sad, les paysages grandioses des gorges du Danube et les villages où le temps semble ralentir, chaque étape a apporté son lot de découvertes. La Serbie n’est peut-être pas la destination la plus connue d’Europe, mais c’est justement ce qui fait tout son charme : une authenticité préservée, des habitants qui accueillent avec générosité. La Serbie est une terre discrète qui ne se dévoile qu’à ceux qui prennent le temps de la parcourir — et c’est peut-être ce qui la rend si attachante.

Les plus du voyage

  • Accueil chaleureux
  • Un excellent rapport qualité-prix
  • Une grande diversité des paysages

Les moins

  • La barrière de la langue dans les lieux moins touristiques
  • Un patrimoine peu mis en valeur

Gand

Week-ends en 2013 et 2024

Gand est la ville médiévale de la Belgique. Contrairement à Bruges et Bruxelles, la ville est moins carte postale, plus vivante, plus audacieuse. Ici, l’histoire médiévale côtoie les graffitis, les canaux s’illuminent la nuit, et les terrasses débordent d’étudiants qui trinquent à la bière locale. C’est un mélange parfait entre culture, ambiance bohème et architecture grandiose. Et surtout, une énergie folle, celle d’une ville qui ne s’endort jamais. 

Comment y aller ?

En train : depuis Bruxelles, il faut à peine 30 minutes pour rejoindre Gand-Saint-Pierre. Depuis Paris, compte environ 2h30 (Eurostar jusqu’à Bruxelles puis correspondance). 

En voiture il faut 3h depuis Paris, mais attention le centre-ville est piéton : inutile de venir en voiture ou il faudra privilégier les parkings comme celui de Gent-Sint-Pieters ou Vrijdagmarkt. 

Où dormir ?

Il est rare que la visite de Ghent ne se combine pas avec un séjour à Bruges. Pour plus d’idées d’hébergement sur Bruges, l’article est ici. Dans les quartiers à privilégier, pourquoi pas essayer Patershol (historique et plein de charme), Sint-Pieters (plus calme), ou près des quais Graslei et Korenlei. 

Dans le centre-ville, il y a le Mariott Ghent. A quelques pas de la gare seulement, ce super hôtel est situé au bord des canaux, les chambres sont assez spacieuses et bien entendu la situation très centrale en fait son avantage principal. 

Enfin lors d’un road-trip belge, notre choix s’est porté sur la ville de Zele car à mi-chemin entre Ghent et Anvers. Le B&B Vinedo est un gite qui dispose de chambres d’hôtels mais aussi un grand studio au calme et des parties communes très attrayantes (jardin magnifique, quelques animaux de la ferme, une salle de restaurant et un petit-déjeuner gargantuesque).

Où manger ?

Le restaurant T’Vosken se situe au pied du beffroi. C’est un super restaurant pour tester les spécialités flamandes (carbonnade, waterzoi, chicons). L’été une belle terrasse se met en place. Le bistrot date de 1908. 

Dans le même style, De Graslei revisite la cuisine belge revisitée. Le cadre est magique en bord de canal. 

Carbonnade, frites et Kriek = vive la Belgique

Enfin, le pub Dulle Griet est mythique avec plus de 500 bières, dont la célèbre Kwak servie dans un verre à sablier (attention : ils gardent ta chaussure en caution !). 

Pour les becs sucrés, il ne faudra pas partir sans goûter les cuberdons, ces petits bonbons coniques à la framboise, emblématiques de Gand.  La boutique la plus connue, Original Cuberdon’s, se situe sur Groetenmarkt.

Que visiter ?

Entre la Lys et l’Escaut, les 2 fleuves de la ville, Gand est une destination idéale en Flandres ! Jeune, vivante, culturelle, l’autre Venise du Nord saura te ravir si tu cherches l’histoire, l’art et la modernité.. … Au gré des canaux et des ruelles pavées, on se retrouve ici dans une ambiance médiévale et animée. 

Le Château des Comtes

Gravensteen ou le château des comtes est un des monuments emblématiques de Gand. Cette forteresse médiévale du 12ème siècle est parfaitement conservée, en plein centre-ville. 

On peut explorer les remparts, la salle d’armes, les tours, et une étonnante collection d’instruments de torture (âmes sensibles s’abstenir). Depuis les hauteurs, la vue sur les toits flamands et les canaux est superbe. 

Le Beffroi et la Cathédrale Saint-Bavon

Le Beffroi et la Cathédrale sont 2 monuments majeurs qui se font face. 

Le Beffroi de Gand (Belfort van Gent) mesure 91 mètres de haut et il est le symbole de la ville. De style gothique et classé au patrimoine mondiale de l’Unesco, sa construction remonte au 14ème siècle. La montée au sommet permet une vue panoramique sur toute la ville. On en profite également pour écouter les 53 cloches sonner. 

La Cathédrale Saint-Bavon est surtout connue pour le chef-d’œuvre de la peinture flamande qu’elle abrite, “L’Agneau mystique”, tableau monumental des frères Van Eyck. Mais elle est aussi un édifice emblématique grâce à ses vitraux ou encore la chaire de style Rococo de Rubens.  
Les places étant limitées, les tickets sont à réserver en ligne. 

Le quartier de Pastershol

Ancien quartier des tanneurs, c’est aujourd’hui le coin le plus charmant et pittoresque de Gand. Les ruelles pavées, les maisons à colombages, restos intimistes et autres galeries d’art font de ce quartier un vrai voyage dans le temps entre histoire et modernité. L’ambiance y est magique le soir. 

Les quais de Graslei & Korenlei 

Rien de mieux que d’effectuer une croisière sur la Lys pour découvrir le cœur battant de Gand.  Les compagnies de croisières sont nombreuses et se valent toutes.

Ces quais sont bordés de maisons médiévales colorées, véritables emblèmes de la ville, de terrasses et de bateaux touristiques. Le soir, tout s’illumine : une balade à pied ou en bateau est incontournable. 

Pont Saint-Michel

Le pont Saint-Michel est souvent pris d’assaut par les photographes amateurs car c’est l’endroit idéal pour les plus beaux clichés. Proche du grand beffroi, il offre une vue panoramique sur les quais et les principaux monuments touristiques de Gand.  

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Le Vrijdagmarkt & la Vieille Ville 

Le Vrijdagmarkt est l’une des plus grandes places de Gand, entourée de cafés et boutiques. Chaque vendredi s’y tient un marché traditionnel depuis… le 12ème siècle ! 

Juste à côté se trouve la Grande Boucherie : l’ancien Hall aux viandes est un marché couvert au bord de la Lys. C’est un batiment gothique où l’on peut goûter tout ce que l’on fait de mieux à Gand.  

Le street art sur Werregarenstraat 

Gand est aussi une ville d’art urbain. La Werregarenstraat, surnommée Graffiti Street, est un long passage recouvert de fresques colorées, en constante évolution. 

Mais le street art est partout : façades, tunnels, murs cachés… Pour les passionnés, suis le “Street Art Walk”, un itinéraire officiel d’une dizaine de kilomètres. 

Musées à visiter

Voici les 3 musées à ne pas manquer à Gand (attention ils se situent dans les quartiers alentours du centre ville) :

STAM (Musée de la ville de Gand) – Un musée moderne et ludique retraçant l’histoire urbaine, parfait pour comprendre l’évolution de la ville. 

MSK (Musée des Beaux-Arts) – Œuvres de Bosch, Rubens, Ensor… 

S.M.A.K. – Musée d’art contemporain pour les amateurs de modernité et d’avant-garde. 

Gand, c’est la ville parfaite pour un city trip de 2 à 3 jours. Assez grande pour être passionnante, assez compacte pour tout faire à pied. C’est une cité médiévale avec une âme étudiante, un équilibre entre passé et présent. C’est pour cela qu’on passe d’un château du XIIe siècle à un bar à bières design en quelques mètres. Et c’est justement ce contraste qui rend Gand unique. 

Les plus du voyage

  • les spécialités flamandes
  • le week-end parfait : ville à taille humaine et accessible en train

Les moins

  • Circulation compliquée en voiture

Minorque

5 jours sur l’une des 4 îles des Baléares

Minorque, c’est la petite sœur discrète de Majorque et Ibiza. Moins tapageuse, moins saturée de fêtes, mais infiniment plus authentique. Sur cette île des Baléares, au large de la côte méditerranéenne de l’Espagne, pas de boîtes de nuit géantes, mais des criques turquoise protégées par des falaises, des villages blanchis à la chaux, des couchers de soleil qui valent beaucoup plus.

Classée Réserve de biosphère par l’UNESCO, l’île est un paradis pour les randonneurs, les amateurs de plages sauvages et ceux qui veulent ralentir le rythme. C’est une Méditerranée encore intacte, où l’on peut trouver sa crique déserte même en été.

Comment y aller ? Se déplacer ?

Depuis Paris, les vols directs sont nombreux, mais existent également depuis beaucoup d’autres grandes villes européennes. Le vol dure environ 1h45 depuis la France. L’aéroport se situe près de Mahón (Maó), capitale de l’île.

Il est tout à fait possible également d’arriver depuis Barcelone, Valence ou Majorque en ferry.

La voiture, une fois sur place, reste un indispensable pour l’île car bien des endroits cachés sont reculés et non accessibles en transport en commun.

Lors de mon exploration c’est chez Goldcar que j’ai loué ma voiture. Le prix était très attractif (100 € la semaine), attention toutefois aux horaires à  laquelle l’on prend et rend sa voiture, l’attente peut être longue.

Où dormir ?

Pour mieux explorer l’île j’ai fait le choix de 2 établissements, l’un au Nord et l’autre au Sud ; voici les 2 adresses testées et approuvées.

The Desmais, situé plutôt dans le sud, à Cala Galdana est idéalement situé. Depuis Cala Galdana, plein de randonnées sont disponibles, et l’hôtel est au bout d’une rue plutôt calme. Les petits appartements proposés sont bien équipés et une piscine est partagée entre tous les appartements.

Valentin Star Menorca est un hôtel 4****, cette fois-ci au Nord de l’île, à Cala n’Bosch. L’hôtel a des chambres vraiment sympas donnant toutes sur la piscine et le petit-déjeuner est très copieux. A noter que c’est un hôtel réservé aux adultes.

Où se restaurer ?

Pour t’aider à découvrir les spécialités minorquines et profiter pleinement de sa cuisine, voici une sélection de restaurants sur l’île.

-Pour un petit-déjeuner entre locaux : Bar club Deportivo Menorca. Situé à Mahon, c’est l’endroit idéal pour un café et des bocadillos.

-Pour un apéritif sur la place vivante d’Artrutx de Ciutadella : Sa Placeta

-Pour des tapas à l’heure espagnole : Cafeteria Alaska, dans la baie de Cala Galdana, les classicos espagnols en un seul lieu !

-Pour goûter aux spécialités de l’île, Cala Mitjana, à Cala Galdana : fromage, langouste et autres poissons à tester sans modération.

-Pour un dîner romantique : Casa Tia, à Cala n’Porter, tapas et sangria à la belle étoile.

-Pour une glace en fin de soirée, Helados Torres, dans une rue piétonne de Ciutadella.

Que voir, que visiter ?

Minorque est une île qui joue sur le contraste : plages d’eau cristalline, falaises sauvages, vestiges préhistoriques, villages pleins de caractère… Voici les lieux incontournables pour te faire une idée complète de ce que Minorque peut offrir, entre nature, histoire et détente.

Ciutadella

A l’ouest de l’île, Ciutadella de Menorca a été la capitale de jusqu’au 18ème siècle. Bijou architectural, elle est la deuxième ville de l’île. En te promenant dans la vieille ville, tu croises des palais nobles, des ruelles aux voûtes (Ses Voltes) qui t’invitent à flâner. Le port est très animé, particulièrement au coucher du soleil, avec ses façades colorées, ses bateaux, ses restaurants aux terrasses agréables. On peut profiter également de la Plaça des Born, du marché ou l’hôtel de ville.

La cathédrale Santa Maria, datant du 14ème siècle est le symbole de la conquête de Minorque par les Catalans, ce qui explique qu’elle soit construite à la place d’une ancienne mosquée.

Tous ces éléments font de Ciutadella un lieu parfait pour mêler culture, gastronomie et ambiance insulaire détendue. 

Les plus belles criques (calas)

La côte sud est célèbre pour ses criques aux eaux turquoise, bordées de sable blanc fin, tandis que la côte nord offre un côté plus sauvage et rougeâtre.

Cala Macarella & Cala Macarelleta – Les deux baies jumelles sont bien sûr indissociables. Entourées de falaises, les 2 plages sont sur la côte sud et sont séparées de quelques minutes à pied toujours à travers la pinède.  Macarelleta est plus petite, plus intime, presque cachée.

Le chemin de randonnée Camí de Cavalls  passe à proximité et il est intéressant d’en prendre une partie pour une très belle balade. 

Cala Mitjana – Cette belle grande plage, facile d’accès est parfaite pour un après-midi détente. Toujours sur la côte sud, on peut également rejoindre la crique en quelques minutes à pied sur un sentier ombragé. Les plus motivés peuvent également prolonger leur balade jusqu’à la Cala Mitjaneta, voire même la Cala Trebalúger à 30 minutes de marche.

Cala Turqueta – comme le nom l’indique, l’eau y est d’un turquoise saisissant, très claire, souvent moins fréquentée si tu viens tôt ou hors saison. Elle est parmi les plages les plus populaires, et la plage est atteignable après 10 minutes de marche dans la pinède. L’endroit est super pour faire du snorkeling.

Cala n’Porter – Cette superbe plage est plus animée grâce aux restaurants et bars qui l’entourent. Avec des falaises imposantes qui l’encerclent, les eaux sont peu profondes.

Cala Pregonda : située au nord, cette baie a un style très différent avec ses  roches rougies, formes plus rugueuses, plages plus vastes, un caractère sauvage plus marqué.

Cala Pilar : Rien à voir non plus avec les plages du Sud, la cala Pilar est entourée de dunes rouges d’argile qui contrastent avec la couleur de l’eau et du sable. Une plage splendide qu’il faut atteindre en descendant.

Chacune de ces criques offre un cadre différent — baignade, snorkeling, calme absolu ou accessibilité — donc selon ce que tu recherches, tu pourras choisir entre l’isolement ou le confort. 

Mahón

Capitale administrative de l’île, Mahón (ou Maó), est un autre incontournable. Voici ce que tu ne dois pas manquer :

Le port naturel de la ville, l’un des plus grands ports naturels de Méditerranée est un spectacle d’architecture maritime, de bateaux, de portes ouvertes, d’atmosphère méditerranéenne.

Le Mercat des Peix (marché aux poissons) est très animé. Cela permettra de sentir l’âme de l’île et goûter au poisson frais.

Une promenade dans la vieille ville permettra de découvrir places, églises, bâtiments élégants, architecture britannique et espagnole mélangées et ruelles tranquilles.

Enfin le Musée de Minorque (Museu de Menorca) est installé dans un ancien couvent, qui retrace l’histoire de l’île depuis la Préhistoire jusqu’à maintenant, très utile pour comprendre les vestiges que tu vois sur le terrain.

Pour les randonneurs, le Cami de Cavalls

Le Camí de Cavalls (ou Camí de Cavalls / GR-223) est un ancien chemin côtier qui fait le tour de l’île, sur environ 185-186 km, divisé en environ 20 tronçons. Le sentier est une randonnée le long de la côte avec de beaux panoramas marins, des falaises, des tourelles de guet, des plages parfois isolées et des zones naturelles préservées.  

Il peut s’effectuer à pied, à cheval ou à VTT. On peut faire une seule étape, ou plusieurs, selon le temps. Certains tronçons très accessibles permettent de faire demi-tour après la baignade.  

Vu que le chemin relie les tours de défense, les phares et les fortifications, c’est aussi un bon moyen de voir des points historiques en chemin.

Vestiges préhistoriques

Minorque est un musée à ciel ouvert de la culture talayotique (2000-1000 av. J.-C.).

Naveta des Tudons : c’est le monument funéraire de type naveta le plus célèbre de l’île. Datée de l’Âge du Bronze, cette construction de pierres calcaires a une forme de coque de bateau renversée. On peut la voir de l’extérieur et elle reste un symbole fort de l’architecture talayotique/préhistorique de Minorque.

Torralba d’en Salord : ce sont des structures talayotiques également, moins spectaculaires que certaines mais importantes pour comprendre comment vivaient les communautés anciennes, où elles s’installaient, leurs techniques de construction, leur rapport à l’environnement local.

Le phare de la Cavalleria

Le phare de Cavalleria, situé au nord de l’île, est un lieu qui conjugue beauté naturelle et caractère sauvage. Il offre des vues impressionnantes sur les falaises abruptes et la mer agitée, surtout au lever ou coucher du soleil (attention à la météo, parfois les vents sont forts).

Village de Binibeca

Impossible de parler de Minorque sans évoquer Binibeca, ce petit village de pêcheurs au sud de l’île, qui ressemble à un décor de carte postale. Construit dans les années 1970 mais inspiré de l’architecture traditionnelle, il séduit par son labyrinthe de ruelles étroites, ses passages voutés et ses maisons blanchies à la chaux. La balade est un vrai plaisir, on se perd entre les arcades, les terrasses fleuries et les murs immaculés. C’est un excellent spot pour un verre au coucher du soleil.

Pont d’en Gil

Il n’y a pas de meilleur endroit que Pont d’en Gil pour admirer un coucher de soleil. Le lieu est en fait connu pour son pont rocheux naturel qui s’avance dans la mer et qui laisse une ouverture.

En 4 ou 5 jours, il est possible de voir l’essentiel de Minorque, bien qu’une semaine ne sera pas de trop pour vraiment respirer son atmosphère.

Minorque est l’anti-Ibiza par excellence, sa voisine. Elle souffre d’ailleurs de la réputation d’Ibiza, alors que l’île est si différente. Une île où le luxe, c’est le silence, la nature intacte et la sensation d’avoir trouvé un coin de Méditerranée rien qu’à soi, bien que l’île attire de plus en plus de touristes.

Les plus du voyage

  • Un soleil toute l’année
  • des prix très corrects

Les moins

  • Certaines plages peuvent être noires de monde

Bruges

Week-ends en 2015 et 2016

Bruges, c’est cette ville qui semble avoir été dessinée pour un conte flamand : des canaux paisibles, des façades moyenâgeuses, des chevaux qui claquent sur les pavés, et du chocolat à chaque coin de rue. Un peu cliché certes… et pourtant, ça marche !

Située en Flandre-Occidentale, dans le nord de la Belgique, Bruges est une destination parfaite pour une excursion citadine. Son centre historique est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et il suffit d’y passer quelques heures pour comprendre pourquoi.

Entre une promenade sur les canaux, un cornet de frites dans une main et une bière trappiste dans l’autre, difficile de ne pas tomber amoureux de cette ville sur l’eau.

Comment y aller ?

En train : depuis Paris, prends un Eurostar jusqu’à Bruxelles (1h30), puis un train Intercity direct jusqu’à Bruges (1h). C’est simple, rapide, et tu peux admirer la campagne flamande en chemin.

En voiture : Bruges est accessible par autoroute, et comme le centre est en grande partie piéton, l’idéal est de te garer dans l’un des parkings relais (comme ’t Zand ou Station Brugge).

Où dormir ?

A Bruges, il y a du choix ! Mais pas qu’à Bruges ! En effet, sur un week-end il est idéal de combiner Ghent et Bruges, voire même Ostende, située sur la mer, les 3 villes étant sur la même ligne de train depuis Bruxelles.

Dans Bruges, le Crown Plaza, au nord de la ville, est très bien placé pour pouvoir se balader à pied pendant le week-end. Les chambres sont spacieuses et il y a une piscine agréable.

Lors d’un autre séjour, j’ai préféré loger au Marriott de Ghent, situé dans le centre et à quelques pas de la gare seulement ; un super hôtel assez luxueux réunissant tous les bons critères.

Enfin lors d’un road-trip belge et néerlandais, nous préférions être situés à mi-chemin entre Ghent et Anvers, dans la petite ville de Zele, au B&B Vinedo. A 70km de Bruges, ce gite s’est aussi révélé un bon choix, avec un grand studio au calme et des parties communes très attrayantes (jardin magnifique, quelques animaux de la ferme, une salle de restaurant et un petit-déjeuner somptueux).

Où manger ?

Voici quelques adresses testées et approuvées à Bruges :

De Vlaamsche Pot : cette table est typique pour découvrir la carbonnade ou le waterzooi, les bons plats belges qui nous régalent toujours.

-‘T Bagientje : très proche de la gare, c’est un beau restaurant entouré d’eau avec des spécialités flamandes.

De Verloren : situé sur la route des moulins, cette belle brasserie permet d’y faire un stop pour une bière en chemin

Cambrinus : la brasserie est le paradis des amateurs de bière avec tellement de choix qu’on ne sait pas laquelle choisir (400 au menu).

Que visiter ?

Bruges est une ville-musée, un véritable décor de cinéma. Maisons médiévales, canaux, moulins, la Venise du Nord a beaucoup d’avantages, dont celui d’être accessible à pied.

Le Markt et le Beffroi (Belfort)

La Grand-Place de Bruges, ou Markt, est l’endroit le plus emblématique. Entourée de maisons flamandes aux pignons dentelés et colorés, elle vit au rythme des calèches, des terrasses et des visiteurs qui lèvent la tête.

Le Beffroi (Belfort) trône au sud de la place, haut de 83 mètres. Monte les 366 marches (avec des pauses dans les petites alcôves) pour une vue imprenable sur les toits rouges, les canaux, la campagne flamande. Le carillon et ses 47 cloches sont toujours en activité.

La Place du Burg & la Basilique du Saint-Sang

À deux minutes du Markt, plus intime, la Place du Burg est le siège historique du pouvoir civil et religieux.

L’Hôtel de Ville (Stadhuis) a une somptueuse façade gothique et l’intérieur a de très belles fresques.

La Basilique du Saint-Sang est un édifice mi roman/gothique. Pour la petite histoire et c’est ce qui attire les curieux, la Basilique conserve une fiole contenant – selon la tradition – le sang du Christ. Une cérémonie y est organisée chaque jour à 14h pour vénérer la relique.

La cathédrale Saint-Sauveur

Édifiée entre le 12ème et le 15ème siècle, elle renferme beaucoup d’œuvres d’art et des sépultures anciennes. Les vitraux colorés et sa façade gothique font d’elle une visite incontournable.

Balade sur les canaux

Bruges sans ses canaux, c’est Venise sans gondole. Tu peux embarquer sur l’un des bateaux au Rozenhoedkaai (quai du Rosaire), un coin très apprécié des touristes. Pendant 30 minutes, tu glisseras sous des ponts voûtés, entre des façades penchées, le tout accompagné d’anecdotes (souvent drôles) du pilote. N’hésites pas à profiter des balades soit le plus tôt soit au coucher du soleil pour de plus belles lumières.

Le Quai du Rosaire est le point photogénique de Bruges. Ancien port de sel de la ville, cet endroit constitue le point de rencontre entre plusieurs canaux au cœur de la vieille ville. Il offre une superbe vue sur le Beffroi et sur les maisons à pignon typiques.

Minnewaterpark & Béguinage

Un peu à l’écart du centre, le lac d’Amour (Minnewater) est un coin de verdure romantique, bordé de saules pleureurs et traversé par un pont légendaire. L’endroit est très plaisant surtout quand il fait beau.

Juste à coté se trouve le Béguinage de Bruges, fondé en 1245 par la comtesse Marguerite de Constantinople. Cet ensemble était autrefois habité par des femmes pieuses appelées béguines, un refuge pour des femmes célibataires ou veuves. Le site comprend une église et plusieurs maisons blanches disposées autour d’une cour fleurie. Aujourd’hui, il est toujours habité par des bénédictines, le silence est donc demandé.

Musées à voir absolument

Le Musée Groeninge est parfait si tu aimes la peinture flamande : Van Eyck, Memling, Bosch… L’endroit retrace 6 siècles de peinture belge, dans un parcours chronologique.

L’Historium est une expérience immersive et interactive pour comprendre à quoi ressemblait Bruges au 15ème siècle. Au terme de la visite, on peut monter au balcon pour la superbe vue sur Grote Markt.

Le musée de la frite (seul musée de la frite au monde !) est installé dans l’un des plus anciens bâtiments de Bruges (14ème siècle). On y découvre la culture de la pomme de terre, son arrivée en Europe, puis le rôle de la Belgique dans la popularisation de la frite.

Le musée de l’hôpital Saint-Jean a été construit au XIIe siècle et a accueilli patients et pèlerins dans un cadre typiquement médiéval. Aujourd’hui, il est un musée avec beaucoup de pièces contemporaines.

Choco-Story ou le musée du chocolat Belge est un incontournable ! Tu pourras percer les secrets de fabrication du chocolat belge et observer des démonstrations réalisées par des maîtres chocolatiers. La visite se termine par une dégustation gourmande. Sans aller visiter le musée, tu peux tout aussi bien pousser la porte d’illustres chocolateries de la ville (il y en a plus de 50).

Église Notre-Dame de Bruges (Onze-Lieve-Vrouwekerk)

L’église est un monument important de Bruges. Haute de 122 m et toute en brique (2ème plus haut clocher en brique du monde !), l’église abrite la célèbre Madone à l’enfant de Michel-Ange, l’une des rares œuvres de l’artiste hors Italie. Il y a également un petit musée qui reprend plusieurs œuvres religieuses.

Balade en vélo autour des moulins

Le mieux est de louer un vélo pour une ½ journée et faire le tour de Bruges pour découvrir les 4 moulins historiques posés sur les remparts, notamment le Koeleweimolen et le Sint-Janshuismolen. Le Sint-Janshuis est le seul à être encore ouvert au public et à moudre du grain.

Quartier de Godhuis (Maisons de Dieu)

Ce quartier de Bruges, à vocation sociale a été construit par charité au 14ème siècle. Les bâtiments et leurs hospices ont été érigés par charité à partir du 14ème siècle. Fondées par des familles riches pour venir en aide aux personnes démunies, les maisons sont encore habitées aujourd’hui. Certaines sont accessibles au public et c’est ici qu’on trouve le centre de la Dentelle.

Balade dans les ruelles & shopping flamand

Perds-toi dans les ruelles autour de la Steenstraat. Entre deux monuments, tu tomberas sur :

Le chocolat, les gaufres et la bière à tous les coins de rue

Des petits magasins de dentelle (artisanat local)

Des librairies anciennes

Des cafés cosy avec canapés profonds

Rue à ne pas manquer : Langestraat, pour les friperies et les boutiques vintage.

Bruges, c’est une ville très agréable, on vient pour se balader, se perdre et ralentir. C’est calme sans être ennuyeux, beau sans être prétentieux. Un week-end est suffisant pour connaitre la ville, mais on en repart avec des images plein la tête, et l’envie d’y revenir en automne, sous la neige, ou même sous la pluie.

Les plus du voyage

  • une ville à taille humaine
  • accessible à train à 3h max de Paris
  • la gastronomie belge pour les becs sucrés et salés

Les moins

  • Les hébergements un peu chers

Finlande

Road trip de 10 jours en Mai 2025

Quand on pense à la Finlande, on imagine souvent une nature brute, des forêts à perte de vue, des lacs par milliers (plus de 180 000), et ce silence nordique qui apaise dès qu’on y met les pieds. Mais la Finlande, discrète et sauvage, a bien plus à offrir. Pour ce road trip de 10 jours, nous avons décidé de mêler ville et nature, design et détente, saunas et cabanes au bord de l’eau.

De l’énergie créative d’Helsinki à la douceur de vivre de Tampere, jusqu’aux reflets paisibles du lac Saimaa, notre itinéraire nous a fait traverser une Finlande multiple, tantôt urbaine et surprenante, tantôt reculée et intemporelle. Une escapade de printemps tout en contrastes, où les nuits ne tombent presque déjà plus à cette saison et où chaque arrêt semble suspendu dans le temps.

Alors si tu rêves de lumière rasante, de saunas au bord de l’eau, de cafés filtres et roulés cannelles au pays du hygge version finlandaise (le sisu, ici), embarque avec nous pour ce voyage au cœur du Grand Nord… version douce.

3 jours à Helsinki

Lors de notre séjour en Finlande, nous avons consacré 3 jours entiers à la découverte d’Helsinki, capitale vibrante et élégante, au charme discret mais riche d’histoire, d’architecture et d’espaces naturels.

Mai est une période idéale, car la ville se réveille doucement après l’hiver, avec une lumière douce et des journées qui s’allongent. Les Finlandais fêtent Vappu, le 1 mai, la fête du printemps (avec 6 semaines de retard sur le notre).

Où loger à Helsinki ?

La plupart des quartiers d’Helsinki sont vraiment très sympathiques pour se loger. Mais tout est une question de prix.

Pour être au cœur de l’action, il faut opter pour le centre historique (Kamppi). Sinon Punavuori est le quartier plus branché avec beaucoup de boutiques et cafés en tout genre. Légèrement plus excentré, il y a Kallio, quartier de prédilection des hipsters et des étudiants.

Nous avions choisi Pasila, qui est un quartier qui se construit à vitesse grand V. L’avantage du quartier est d’être à un arrêt de train du centre-ville (et atteignable en 5 minutes) et plusieurs lignes de trams sont présentes. L’appartement était bien agencé et calme au sein d’une cour intérieure.

Où manger à Helsinki ?

Helsinki est une destination gourmande, où la tradition culinaire rencontre la créativité contemporaine. Nous y avons découvert la tradition du déjeuner buffet (« lounas ») en semaine. En effet, les restaurants à ce créneau là sont très abordables (et ouvrent même dès 10h30), et le soir les mêmes deviennent gastronomiques en triplant leurs prix.

– Le restaurant Kaupungintalon Ravintola est un peu caché, en décalage de la rue Sofiankatu. Le buffet est de 14,50 euros (enfant à moitié prix) et il inclut plusieurs entrées, plats chauds, une soupe et le café ou le thé. Le prix est imbattable et la qualité est là. Le menu change tous les jours et ce jour-là on a même le droit à du saumon fumé.

– Le Vanha Kauppahalli est le marché couvert d’Helsinki, tout à côté du port. Il est très connu pour ses stands de nourriture (restaurants, pâtisserie ou encore poissonnerie) et il attire de nombreux touristes. Nous n’y avons pas trouvé place en s’y rendant alors nous sommes allés manger tout simplement sur le port.

– Sur le port, quelques stands se tiennent sous des grandes tentes orange reconnaissables de loin Nous avons tenté notre chance chez Emma’s Cafe and food, et tout y était délicieux : la soupe de saumon (spécialité d’Helsinki) et le hot-dog de rennes.

– La pâtisserie Gâteau est très proche de la pâtisserie française, nous y avons trouvé des pâtisseries fines mais aussi de bonnes viennoiseries telles que le Vappumunki (beignet du 1er mai) ou le Korvapuusti (le fameux roulé à la cannelle). Il y a plusieurs enseignes dans différents quartiers de la ville.

– Tout le monde connait le magasin « Normal » ? Danois d’origine, le magasin discount est installé en Finlande depuis longtemps et a ajouté un café, où les prix sont imbattables. Toute boisson chaude est au prix fixe de 1,80 euros. Quand on sait que la Finlande est légèrement plus chère que la France, c’est appréciable.

– Le café Regatta fait rêver sur le papier. Ce petit chalet rouge est posé au bord de la Baltique. Quand le soleil brille ou quand la neige tombe, le décor est somptueux. Situé dans le quartier de Töölö, il est bon d’y venir pour un café, un roulé cannelle ou encore des saucisses à faire griller au feu de bois soi-même.

Venir et se déplacer ?

L’aéroport d’Helsinki est situé au nord et n’est qu’à une vingtaine de minutes du centre-ville. Nous avons choisi de louer une voiture chez Hertz. Même si à Helsinki, elle est complétement inutile, elle nous sert pour la suite du trajet. La voiture était à environ 200 euros les 10 jours.

Dans Helsinki, rien de plus simple, les transports sont gérés par HSL, et tout se passe sur leur application. Les tickets s’achètent également dessus pour des pass ou dans les trams pour des tickets à l’unité. Le prix pour 48h est fixé à 15 euros, ce qui semble un très bon prix. Et cerise sur le gâteau, le parent qui pousse une poussette voyage gratuitement. C’est beau de voyager dans un pays kids-friendly!

Le réseau HSL s’étend également aux iles aux alentours d’Helsinki, les ferries sont donc inclus dans les tarifs.

Que voir ?

Place du Sénat

Notre exploration commence par la célèbre Place du Sénat (Senaatintori), un véritable cœur historique qui réunit plusieurs monuments emblématiques.

La Cathédrale luthérienne Tuomiokirkko, symbole de la ville, domine la place avec son style néoclassique austère mais lumineux. Construite au 19ème siècle, elle impressionne par ses imposants escaliers et ses coupoles vertes. A l’intérieur, on y retrouve la simplicité du lutherisme.

La place accueille aussi le Palais du Gouvernement, l’Université d’Helsinki (dans laquelle nous pouvons rentrer et naviguer dans ses cours) et la Bibliothèque nationale, tous dans un style architectural harmonieux.

Il y a également le musée de la ville dont l’entrée est gratuite et qui permet de faire une belle pause pour découvrir l’histoire d’Helsinki.

Ne manque pas non plus la rue Aleksanterinkatu, rue menant à la Place du Sénat et bordées de nombreuses enseignes.

Cathédrale Oupenski

À deux pas, nous avons admiré la somptueuse Cathédrale Ouspenski, la plus grande église orthodoxe d’Europe occidentale. Sa façade rouge vif et ses dômes dorés évoquent la proximité historique avec la Russie, offrant un contraste saisissant avec les bâtiments classiques alentour. Elle est bâtie sur une colline rocheuse face à la mer.

Outre la cathédrale Uspenski, c’est un quartier parfait pour flâner entre bâtiments Art Nouveau colorés, quais brumeux, et brunchs stylés dans d’anciens entrepôts.

Eglise dans la roche

Un autre incontournable est la célèbre Église Temppeliaukio (« église dans la roche »), un joyau architectural moderne creusé dans le roc granitique, avec une coupole en cuivre laissant filtrer la lumière naturelle. Cet espace sacré étonne par son acoustique exceptionnelle, souvent utilisée pour des concerts. L’entrée est toutefois un peu chère pour le temps passé à l’intérieur.

Esplanadi et Design District

Nous avons longé l’Esplanadi, large avenue piétonne bordée d’arbres, de boutiques de créateurs finlandais, et de terrasses de cafés où les habitants savourent le retour du printemps. C’est le lieu idéal pour s’imprégner de l’atmosphère locale. Non loin de là, nous avons découvert Stockmann, le grand magasin style Galeries Lafayette.

Ce quartier, c’est Design District. 200 boutiques exposent le design scandinave : Marimekko, Iittala, Artek, mais aussi boutiques de céramiques ou Art&déco. On peut se balader sur Fredrikinkatu ou Annankatu, entre ateliers, galeries et cafés.

Marché couvert (Vanha Kauppahalli) et Place du marché

Le Old Market Hall (Vanha Kauppahalli), construit en 1889, est une halle en briques chaleureuse, bordée de poissonniers, spécialités locales, chocolateries et cafés. L’activité devient intense à l’heure du déjeuner et les places se font rares.

Face à la mer, le Kauppatori (place du marché) s’anime dès 8 h. On peut passer du temps à siroter un café avec un cinnamon roll en observant les ferries ou déguster un bol de lohikeitto (soupe de saumon).

C’est d’ici que se prend le ferry pour Suomenlinna ou les îles voisines, ou de plus gros ferrys, en direction de l’Estonie.

Suomenlinna : la forteresse maritime

Un voyage à Helsinki ne serait pas complet sans une excursion à Suomenlinna, ancienne base navale pendant la guerre Suède/Russie, accessible en 15-20 minutes de ferry depuis le port Kauppatori. Cette impressionnante forteresse maritime, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’étend sur plusieurs îles et mêle ruines militaires, musées, cafés et espaces verts et couvre 8 iles reliées par des ponts. Nous avons pris plaisir à explorer ses remparts, ses tunnels, ses anciennes casernes transformées en galeries d’art, et à flâner dans ses ruelles paisibles, loin de l’agitation urbaine. En mai, les arbres bourgeonnent et la lumière douce rend la visite particulièrement agréable, bien que nous ayons subi quelques gouttes de pluies inopinées.

Le quartier des musées

Helsinki offre également une riche scène culturelle : tout d’abord le Musée d’Art contemporain Kiasma, dont l’architecture innovante est un véritable coup de cœur, mais il y a aussi le Musée national de Finlande, où l’on plonge dans l’histoire du pays, des temps préhistoriques à l’indépendance récente.

Pour les amateurs d’art, la Galerie Ateneum, qui fait partie du Musée national, regroupe les chefs-d’œuvre de l’art finlandais classique et moderne.

La Bibliothèque Oodi a été inaugurée en décembre 2018 près de la gare centrale, mais Oodi est plus qu’une bibliothèque – c’est un « salon urbain » ouvert à tous. Sa façade en bois ondulé est remarquable et l’ensemble de ses espaces sont ouverts à la lumière. Le 3eme étage offre un café panoramique, des vues sur la ville, et un super coin enfant.

Kamppi Chapel – Chapelle du silence

Intégrée dans Narinkkatori, dans le quartier des musées, cette chapelle en bois courbé est un sanctuaire de calme moderne. Créée en 2012 dans le cadre de la nomination d’Helsinki comme capital du design, il faut entrer quelques minutes pour comprendre, et profiter du lieu pour méditer ou noter tes impressions.

Enfin, le musée d’art moderne Amos Rex mérite un détour pour son extérieur très original ! Le musée se situe en souterrain.

Parcs de Tahtitorninvuori et Kaivopuisto

Pour être au plus proche de la mer, nous avons passé du temps dans les parcs de Tahtitorninvuori et Kaivopuisto. Le premier offre des vues superbes sur les cathédrales au loin et le port d’Helsinki. Le deuxième permet de belles balades sur le magnifique golfe de Finlande.

Les quartiers emblématiques d’Helsinki

Punavuori, souvent surnommé le “Soho d’Helsinki”, est un quartier branché et artistique, où les cafés cosy, les petites galeries d’art et les boutiques vintage créent une atmosphère bohème et décontractée.

Juste au sud, Eira se distingue par son élégance et son architecture Art nouveau : c’est un quartier résidentiel chic, aux rues tranquilles bordées de magnifiques villas colorées.

Ullanlinna offre un savant mélange entre raffinement et nature, avec ses superbes immeubles historiques et sa proximité avec la mer et le parc Kaivopuisto, l’un des plus beaux espaces verts d’Helsinki.

Pour découvrir l’autre visage d’Helsinki, plus bohème et populaire, nous sommes allés dans le quartier Kallio, ancien quartier ouvrier aujourd’hui en pleine gentrification. A notre sens, la visite n’est pas incontournable, le quartier était très calme pour un samedi après-midi. Seule l’église de Kallio merite le détour.

Monument et Parc Sibelius

Au cœur d’un parc paisible, le monument de Sibelius composé de 600 tubes d’acier vibre doucement avec le vent, évoquant la musique du compositeur du même nom. Le vent chante à travers les tuyaux et l’objectif était de décupler les sensations du visiteurs.

Tout à coté, se trouve le Café Regatta, justement placé au bord de la Baltique pour un café matinal et ensoleillé.

Activités à tester :

Löyly : L’un des saunas immanquables d’Helsinki, Loyly a été construit en bois poli à Hernesaari. Dans ce endroit magique, il y a plusieurs types de saunas (traditionnels, en bois) et un accès direct à la mer pour un plongeon vivifiant.

– Ceux qui préfèrent la piscine peuvent essayer l’Allas Sea Pool : ces 3 bassins extérieurs sont composés d’eau de mer, un plus à n’importe quelle saison. La piscine se situe à coté de la grande roue (et surprise, il y a un sauna dans l’une des cabines).

– Et pour les amateurs de sensations fortes, le parc d’attractions Linnanmäki est situé dans le quartier d’Alppiharju, à 15 minutes du centre. Il est l’un des plus anciens parcs d’attractions d’Europe (ouvert en 1950) et il mêle charme rétro, manèges en bois et vue panoramique sur Helsinki. En bonus : l’entrée au parc est gratuite, seuls les manèges sont payants.

Porvoo, la ville médievale

Située à seulement 50 km à l’est d’Helsinki, la ville de Porvoo est l’une des plus anciennes de Finlande, et constitue une escapade idéale pour une journée hors de la capitale ou comme dans notre cas une étape sur notre route en direction du Lac Saimaa.

Dès l’arrivée, on est immédiatement séduit par le charme de la vieille ville médiévale (Vanha Porvoo), avec ses ruelles pavées, ses maisons en bois colorées datant des 18ème et 19ème siècles, et ses célèbres entrepôts rouges qui bordent la rivière Porvoonjoki – autrefois utilisés pour stocker des épices et du vin arrivant par la mer Baltique. Ne manque pas l’hôtel de ville qui est l’un des plus anciens de Finlande.

L’un des incontournables est sans aucun doute la cathédrale de Porvoo, perchée sur une colline, dont l’histoire remonte au 15ème siècle. Elle a été le théâtre d’un moment-clé de l’histoire finlandaise en 1809, lorsque le tsar Alexandre Ier y convoqua la première Diète de Finlande, marquant l’entrée du pays dans le giron de l’Empire russe.

À quelques pas, le musée de Porvoo, installé dans une vieille maison de marchand (la maison Holm) et dans l’ancienne mairie baroque, offre une immersion dans la vie quotidienne des habitants au fil des siècles. C’est aussi l’occasion de découvrir la vie et l’œuvre du poète national Johan Ludvig Runeberg, dont la maison transformée en musée est ouverte au public : on y découvre ses manuscrits, ses objets personnels, et le décor d’origine. N’hésites pas à traverser le vieux pont de bois pour prendre du recul sur la ville et ainsi prendre des photos mythiques de Porvoo.

Trois jours au cœur du lac Saimaa : immersion sauvage en Finlande

Il y a des lieux qui marquent par leur silence. Des endroits où la nature parle plus fort que les mots. Le lac Saimaa, plus vaste réseau lacustre de Finlande, est de ceux-là. Pendant trois jours, nous avons posé nos sacs près de Pettilä, au bord de cette mer intérieure faite de forêts, de chemins escarpés, d’îlots, d’eskers et de reflets miroitants. Une parenthèse nordique hors du temps, loin de toute agitation, qui nous a permis de découvrir un visage profondément apaisant de la Finlande.

La maison que nous avions louée suffisait à elle-même pour que nous y passions notre temps : nichée dans une zone boisée, en retrait du monde, une villa au bord de l’eau, de larges baies vitrées pour contempler la nature à toute heure de la journée ou de la nuit, un sauna typique au bord du lac pour les plus courageux qui souhaiteraient goûter au chaud/froid, une cheminée pour nous réchauffer car au Lac Saimaa, en mai, la température frôlait le 0°. Les photos parlent d’elles-mêmes.

Lors de cette pause, nous avons eu l’occasion de faire 2 excursions en dehors de notre cocon.

Mikkeli

À quelques kilomètres de notre camp de base, Mikkeli offre une belle alternative urbaine à l’immersion sauvage. Nous y avons passé une journée riche et variée, entre culture, histoire et art de vivre à la finlandaise.

Notre première halte fut au Muisti Centre of War and Peace, un musée interactif passionnant sur l’histoire militaire de la Finlande. Il fait sens avec l’ancien quartier général de Mannerheim, non loin d’ici. Une plongée intense dans les réalités de la seconde guerre mondiale.

Nous avons aussi flâné dans le marché couvert de Naisvuori, pris de la hauteur sur la colline pour admirer la vue depuis la tour d’observation, puis découvert le charmant quartier de Kenkävero, une ancienne ferme paroissiale devenue un centre d’artisanat et de design local, au bord de l’eau. Non loin, le Mikkelipuisto nous a offert une belle promenade entre jardins thématiques et ambiance botanique.

Pour la pause déjeuner, nous avons testé le Kahvila-Ravintola Rauha, où comme à notre habitude désormais, nous avons découvert un buffet généreux pour un prix dérisoire (moins de 14 € / et pour les enfants 1€ par année). Ce restaurant fait partie du musée Muisti.

La route 62 et Lietvesi : l’une des plus belles routes de Finlande

Le lendemain, nous avons pris la route en direction de la célèbre route 62, l’une des plus scéniques de Finlande, sinuant entre îlots, lacs et forêts. Le pont de Lietvesi fut un véritable coup de cœur : suspendu au-dessus d’un bras du Saimaa, il dévoile un panorama à couper le souffle sur les eaux parsemées d’îles, encadrées de rochers et de pins.

Sur cette route, chaque virage est une carte postale. On traverse encore des eskers, ces crêtes naturelles laissées par les glaciers, qui offrent de superbes points de vue et un sentiment de hauteur sur l’eau. Nous avons pris notre temps, nous arrêtant souvent pour photographier ou simplement observer. La Finlande comme on l’imagine : silencieuse et infiniment paisible.

De Saimaa à Tampere : dernière escale à Vääksy

Après ces trois jours de calme absolu, nous avons repris la route vers Tampere, notre prochaine étape plus à l’ouest. Sur le chemin, nous avons fait un arrêt à Vääksy, un petit bourg au charme tranquille.

Nous avons longé le canal de Vääksy, qui relie le lac Vesijärvi au Päijänne, et profité d’une belle balade à Harjupolku, un sentier forestier traversant de nouvelles crêtes boisées avec des points de vue superbes sur les alentours. Avant de repartir, nous avons déjeuné au Ravintola Jalmar, une adresse gourmande, parfaite pour une pause locale en toute simplicité.

3 jours à Tampere

Nichée entre deux lacs immenses, Näsijärvi au nord et Pyhäjärvi au sud, Tampere s’étire sur un isthme baigné de nature, traversé par les rapides du Tammerkoski – une énergie qui a façonné son identité industrielle.

Tampere a été longtemps le cœur battant de l’industrie textile finlandaise, une Manchester du Nord qui a su se réinventer sans perdre son âme. Les anciennes usines de briques rouges, autrefois pleines de machines, accueillent aujourd’hui des musées d’histoire sociale, des galeries d’art, des cafés branchés et des concept stores. On sent ici une envie d’aller de l’avant sans gommer le passé.

Mais Tampere, ce n’est pas que de la brique et de la vapeur. C’est aussi une ambiance de quartier, une Finlande à taille humaine. Moins pressée qu’Helsinki, la ville séduit par sa sincérité : un centre qui se traverse à pied, des lacs aux reflets d’argent à deux pas, des pentes boisées comme celles de Pispala avec leurs maisons en bois colorées, et surtout… des saunas! Car oui, Tampere est la capitale mondiale du sauna. Ici, tu sues avec les locaux, tu plonges dans l’eau glacée, tu bois une bière après en silence, les joues rouges et le cœur un peu chamboulé.

Il faut savoir que la Finlande est le pays inventeur du sauna, mot intraduisible dans toute autre langue, et que l’on compte 3 millions de saunas pour 5,5 millions d’habitants. D’ailleurs les finlandais savent qu’il faut construire son sauna avant sa maison.

C’est ce mélange, entre l’eau et la chaleur, entre la ville et les sapins, entre la culture ouvrière et l’avant-garde artistique, qui fait de Tampere un lieu à part. Une ville où tu peux faire un looping dans un parc d’attraction le matin, admirer des fresques dans une cathédrale l’après-midi, puis t’allonger dans la pénombre d’un sauna centenaire au coucher du soleil.

Où dormir à Tampere ?

Nous avons fait le choix de dormir dans un quartier très récent, appelé Tampellan Katu, au bord du canal. L’ancien quartier industriel a été complètement réhabilité : briques rouges, vastes allées piétonnes, pistes cyclables longeant l’eau, et en prime, vue sur le lac Näsijärvi, ce qui n’a pas de prix. C’est un spot parfait pour rayonner à pied ou en tramway vers tous les coins de la ville, tout en ayant un petit havre paisible pour les fins de journée.

Où manger à Tampere ?

La ville regorge de petites pépites, souvent planquées, toujours locales.

*Le must absolu ? Les beignets de Pyynikki Cafe (munkki), à déguster en regardant le soleil descendre sur le lac depuis la crête boisée. Un goût de paradis simple, surtout après une montée d’escaliers de la tour d’observation.

*En plein centre, on a adoré Café Puusti, juste avant la visite du musée des Moomins. Le lieu est petit, cosy, et le parfum de cannelle des korvapuusti maison embaume dès l’entrée. C’est LE café de pause avant de partir vers l’univers onirique de Tove Jansson.

*Pour le café pas cher, on recommande chaudement le Café Normal, de la fameuse marque de magasins discounts et aussi présente à Helsinki.

*Si tu veux croiser la vraie vie locale, direction le marché couvert (Kauppahalli). Dans ce joyau Art nouveau, tu pourras goûter à tout : pain de seigle chaud, poisson fumé ou bien sûr, la fameuse saucisse noire mustamakkara, avec confiture d’airelles (oser, c’est gagner).

*Pour un brunch ou un déjeuner buffet à prix dérisoire, on a testé Ståhlberg Tampella, avec une cuisine toute simple mais parfaite, à deux minutes de notre logement. Différentes entrées, quelques plats chauds et café et thé inclus.

*Ravintola Piha est caché à l’intérieur d’un bâtiment de bureaux, et au restaurant, on ne croise que des salariés des alentours. Mais le déjeuner, très bon marché (moins de 12 €), était excellent.

Que voir à Tampere ?

Cathédrale de Tampere

Érigée entre 1902 et 1907 par Lars Sonck, la cathédrale se distingue par son style national-romantique finnois. Dès l’entrée, les fresques de Simberg captivent par leur intensité. La lumière filtrant à travers les vitraux donne un jeu d’ombres qui transcende l’espace intérieur, invitant à une pause contemplative. Pour les voyageurs, c’est un lieu presque hors du temps. Bien que non centrale, elle mérite son détour.

Pyynikki Observation Tower

Perchée sur la crête de Pyynikki, cette tour de 26 m de granit rouge impressionne par ses vues à 360 ° sur Tampere et les deux lacs adjacents. L’accès ne coûte que 2 €, mais c’est au rez-de-chaussée que se joue la magie : un café sert des munkki (beignets) réputés parmi les meilleurs de Finlande. Le rouge doré, cette mie moelleuse tiède, contraste avec le vent polaire extérieur, un réconfort délicieux. La tour est accessible toute l’année (9h–20h/21h saisonnier), parfaite en été comme en hiver.

Tampere Market Hall (Kauppahalli)

Depuis 1901, la plus grande halle couverte de Scandinavie vibre sous les rangées de cascades de poissons fumés, fruits frais et mustamakkara, la fameuse saucisse noire de Tampere. Les arcades en pierre peintes et les comptoirs anciens offrent une atmosphère élégante, intime et résolument “locale”. Le marché couvert de Tampere est bien plus authentique que celui d’Helsinki et les locaux se font un plaisir de faire leurs courses ici.

Parc d’attractions Särkänniemi

Ce parc combine amusement pour tous les âges : aquarium, planétarium, expos interactives et montagnes russes. Au cœur de l’expérience, la tour Näsinneula, haute de 168 m, offre un restaurant tournant à 124 m d’altitude. Le moment idéal ? Le coucher de soleil : la ville, les lacs et le parc s’illuminent alors d’un voile azuré.

Quartier de Finlayson

Ancien complexe textile au bord du Tammerkoski, Finlayson a été transformé en espace culturel dynamique. On y trouve le Musée Werstas (musée du Travail qu’on a adoré car très adapté aux enfants) et le Spy Museum, vestige ludique de l’espionnage. Entre les cheminées rougies et les cours cachées, cafés stylés et studios design se succèdent. La reconversion de ses vastes halls donne un visage urbain et créatif au passé ouvrier de la ville. Explore les passerelles de toit pour une vue inédite sur la rivière et les toits industriels.

Musée Vapriikki

Basé dans une ancienne usine de céramique, Vapriikki réunit plusieurs musées : histoire naturelle, hockey, jeux vidéo, insectes, poste. Chaque salle propose un univers différent : les amateurs d’insectes et de culture populaire s’y sentiront comme chez eux. Nous avons profité de l’entrée gratuite tous les vendredis à partir de 16h. Il faut mieux alterner les « sections sérieuses » et autres ludiques (comme les jeux vidéos à disposition) pour profiter au maximum de la diversité des lieux.

Moomin Museum

Dernière création culturelle majeure de Tampere, ce musée immersif retrace l’œuvre de Tove Jansson, les Moumines. Ces drôles de trolls, ressemblant à des hippopotames, on t bercé l’enfance de tous les Finlandais. Ils ont été imaginés par Tove Jansson pendant la 2nde guerre mondiale pour permettre aux enfants d’échapper à leurs quotidiens. Pas un seul habitant du pays ne détient pas un objet des Moomins chez lui. Dans le musée, on découvre maquettes interactives, manuscrits originaux et croquis pleins d’émotion. L’ambiance y est feutrée, idéale en fin d’après-midi pour une pause poétique. N’oublie pas de faire un tour par la petite boutique Moomin en sortie pour ramener un souvenir.

Quartier de Pispala

Niché sur une crête boisée, Pispala est fait de ruelles en bois colorées et d’escaliers sinueux. Au cœur de ce quartier émane Rajaportti, le plus ancien sauna public de Finlande (1906). Ce sauna en bois, encore chauffé au poêle, propose une expérience traditionnelle : la vapeur (löyly) est dense, la structure inchangée depuis un siècle. La séparation des sexes remonte aux années 30, mais des sessions mixtes occasionnelles y sont organisées. Après les bains, la convivialité tamperoise s’installe, souvent autour d’une bière ou d’un café sur la terrasse.

À travers ces étapes, Tampere révèle son visage : ville industrielle réinventée, nature omniprésente, culture éclectique et tradition sauna vivante. Ce mélange entre héritage, bien-être nordique et convivialité locale place Tampere au rang des villes à (re)découvrir absolument, entre aventure et réconfort.

Sur la route du retour : Hämeenlinna

À mi-chemin entre Tampere et Helsinki, Hämeenlinna se dresse comme la plus ancienne ville de l’intérieur de Finlande, un joyau de 68 000 habitants posé sur les rives de Vanajavesi. Le regard se tourne d’abord vers la silhouette massivement fière du château de Häme, forteresse datant du 13ᵉ siècle, construite sur une île aujourd’hui fusionnée au continent. Ses murailles de granite et de briques rouges évoquent la puissance scandinave et les siècles pendant lesquels il servit tour à tour de résidence seigneuriale, prison royale, garnison militaire, et aujourd’hui musée, l’un des plus importants sites historiques du Sud‑Finlande  .

Autour du château, le parc de Linnanniemi, vaste zone verte au bord du lac, déploie ses allées ombragées, aires de jeux, et lieux de détente (concerts estivaux, festival médiéval, luthiers antiques). On peut poursuivre sa balade jusqu’au pont ferroviaire pour rejoindre la réserve de Aulanko, sanctuaire boisé et tour panoramique.

D’Helsinki à Tampere, en passant par les forêts profondes et les eaux silencieuses du lac Saimaa, la Finlande nous a offert plus qu’un simple itinéraire.

Dans la capitale, on a découvert une ville nordique qui mêle architecture minimaliste, effervescence culturelle et vastes horizons marins. Puis Tampere nous a accueillis avec son âme industrielle réinventée, ses saunas emblématiques, ses maisons de bois perchées à Pispala, et cette douceur de vivre au bord des rapides.  Et enfin, il y a eu cette pause suspendue autour de Saimaa, ce monde de forêts, de brume, d’eau et de silence. Là où les jours s’étirent au fil de la lumière du nord, où les cabanes se font refuge, où l’on oublie l’heure pour écouter le clapotis d’un ponton.

Ce qu’on ramène de Finlande ? Ce n’est pas qu’un carnet de bonnes adresses. C’est un rythme plus lent et un peu plus d’espace à l’intérieur. La Finlande se vit, se ressent, se respire. Et une fois qu’on l’a touchée du doigt, on sait qu’on y reviendra. Peut-être en hiver, quand tout est blanc. Ou au cœur d’un été sans nuit.

Les plus du voyage

  • des prix très abordables pour le déjeuner
  • une nature luxuriante

Les moins

  • des prix qui restent élevés mais identiques à la France
  • des distances importantes pour visiter tous les points de vue

La Haye

Une journée en 2024 lors d’un road-trip Pays-Bas/Belgique

Située sur la côte ouest des Pays-Bas, La Haye (Den Haag en néerlandais) est souvent éclipsée par ses voisines Amsterdam ou Rotterdam. Et pourtant, cette ville a tout pour plaire : une architecture élégante, une ambiance internationale, une plage à portée de tramway et une richesse culturelle inattendue. Si tu cherches une escapade entre mer, musées et politique, La Haye est faite pour toi.

Y aller ?

La Haye est facilement accessible depuis la France. Depuis Paris, l’Eurostar t’emmène jusqu’à Rotterdam en un peu plus de 2h30. De là, un train direct va à La Haye en 20 minutes à peine.
En voiture, compte environ 5 heures depuis Paris, avec de bonnes connexions routières.

Cependant, la circulation en ville peut être dense. Attention également aux péages aux Pays Bas et aux parkings payants très chers dans la ville. Nous avons trouvé notre bonheur en nous garant sur le parking d’un supermarché vers Grote Markt.

C’est à prendre en compte lors de ton choix de locomotion aux Pays-Bas.

Où dormir ?

Se référer à l’article sur Rotterdam.

Nous avions logé au Center Parcs situé à Port-Zélande, duquel il faut compter environ 1h de route.

Que manger ?

La scène culinaire de La Haye est à l’image de sa population : cosmopolite. On y trouve aussi bien des restaurants indonésiens que des spots végans ou des établissements de fruits de mer en bord de plage. Le seul endroit que nous avons pu tester est Kibbelking, à l’intérieur du Pier de Scheveningen.

A l’intérieur, une dizaine de restaurants sont côte à côte et chacun propose son propre style de nourriture. Nous avons pu goûter à un très bon fish&chips.

Que visiter ?

Le centre historique et le Binnenhof

La découverte de la ville commence par le centre de La Haye. Le Binnenhof, ancien château médiéval devenu siège du parlement néerlandais, est un incontournable. Avec son lac (le Hofvijver) et ses bâtiments gothiques, il donne une vraie dimension solennelle à la ville.

La Grote of Sint-Jacobskerk

La Grote of Sint-Jacobskerk (ou Saint-Jacques) est une église catholique située dans le centre de La Haye. Elle est considérée comme l’une des plus grandes églises de La Haye et est également l’une des plus anciennes, ayant été construite au début du XVIIe siècle.

La Grote of Sint-Jacobskerk est un édifice imposant, caractérisé par son style baroque et ses deux tours blanches.

En plus de son importance religieuse, la Grote of Sint-Jacobskerk est également connue pour son rôle historique dans la vie de la ville de La Haye. Elle a été le lieu de nombreux événements importants, tels que les funérailles du roi Guillaume III et la cérémonie de mariage du prince Maurits et de la princesse Anna.

Le Passage

Le passage est un centre commercial couvert situé dans le centre de La Haye. Il a été construit au début du XXe siècle et est considéré comme l’un des plus anciens centres commerciaux couverts des Pays-Bas. Il est également connu pour son architecture exceptionnelle, avec une verrière en verre et en fer forgé et de nombreuses décorations en marbre et en bronze. L’atmosphère est chaleureuse, commerçante et animée.

Le Mauritshuis

Le musée Mauritshuis abrite une collection exceptionnelle de peintures flamandes et néerlandaises du XVIIe siècle. C’est là que l’on peut admirer le fameux tableau « La Jeune Fille à la perle » de Vermeer, mais aussi des chefs-d’œuvre de Rembrandt, Rubens ou Frans Hals.

Le Mauritshuis est un bâtiment imposant et imposant, construit au XVIIe siècle dans un style classique néerlandais. Il est entouré d’un jardin magnifiquement aménagé et est accessible au public tous les jours de la semaine.

Musée d’Histoire de la Haye

Le musée d’histoire de La Haye (Het Museum voor de Geschiedenis van Den Haag en néerlandais) est un musée consacré à l’histoire de la ville de La Haye et de sa région, et présente une grande collection d’objets et d’artefacts historiques qui témoignent de l’histoire de la ville au fil des siècles. Il couvre différents aspects de l’histoire de la ville, tels que la vie quotidienne, les relations internationales, la politique et la culture.

Lange Voorhout

Le Lange Voorhout est une avenue bordée d’arbres située dans le centre de La Haye. Elle est considérée comme l’une des artères les plus prestigieuses de la ville et est bordée de nombreuses maisons de ville de style néerlandais classique.

Le Lange Voorhout est également un lieu de rendez-vous populaire pour les habitants de La Haye, qui viennent y flâner et y prendre un verre dans l’un des cafés qui s’y trouvent.

Le Palais de la Paix

Le Palais de la paix est un bâtiment historique abritant plusieurs organisations internationales de justice et de paix. Il a été construit entre 1907 et 1913 pour servir de siège permanent à la Cour permanente d’arbitrage, une institution internationale créée pour faciliter le règlement pacifique des différends entre les États.

Depuis, le Palais de la paix est devenu le centre mondial de la justice internationale et abrite également la Cour internationale de justice, la plus haute juridiction des Nations unies, ainsi que la Cour pénale internationale et la Cour d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale.

En plus de son rôle crucial dans la promotion de la paix et de la justice internationale, le Palais de la paix est également un bâtiment impressionnant d’un point de vue architectural. Il est construit dans le style néo-renaissance et est orné de sculptures et de décorations somptueuses.

Scheveningen, la plage de La Haye

À seulement 15 minutes en tram du centre, Scheveningen est la station balnéaire de La Haye. Sa longue plage de sable, sa jetée animée, ses bars de plage et son atmosphère détendue contrastent joliment avec le sérieux du centre-ville. L’été, c’est l’endroit idéal pour un bain de soleil ou une session de surf. L’hiver, l’ambiance y est plus brute et très photogénique.

Le Pier de La Haye est une promenade de plus de 300 mètres de long qui s’avance dans la mer. On peut s’y balader à l’extérieur sur le pont supérieur mais aussi à l’intérieur où se trouvent de nombreux restaurants et boutiques. Et comme tout pier, la grande roue se trouve au bout !

Panorama Mesdag

Le Panorama Mesdag est un musée à part : on plonge dans une peinture circulaire géante de 14 mètres de haut sur 120 mètres de circonférence. Cette œuvre monumentale offre une vue à 360° sur la plage de Scheveningen et ses dunes en 1881

Le Panorama Mesdag a été peint par le peintre néerlandais Hendrik Willem Mesdag en 1881, en collaboration avec sa femme Sientje Mesdag-van Houten et plusieurs autres artistes. La peinture est présentée dans une salle spécialement construite pour elle, qui est elle-même une attraction touristique en raison de sa conception unique.

En plus de la peinture, le musée abrite également une collection d’œuvres d’art de Mesdag et d’autres artistes de l’époque, ainsi qu’une collection d’objets liés à la vie quotidienne.

Street art et quartiers cool

Pour une autre facette de la ville, il faut se balader dans le quartier de Zeeheldenkwartier, qui fait le plein de petites boutiques indépendantes, de cafés sympas et de fresques murales. Le quartier se situe entre le centre-ville et le Palais de la Paix.

Le quartier de la Haye Sud (Laakkwartier et Spoorwijk) propose aussi pas mal d’œuvres street art à découvrir au détour des ruelles.

Kunstmuseum Den Haag

Anciennement Gemeentemuseum, ce musée d’art moderne est un bijou architectural signé Berlage. On y trouve une belle collection d’art contemporain, dont le plus grand ensemble d’œuvres de Mondrian au monde.

Il possède également une importante collection de peintures de Kandinsky, ainsi que des œuvres d’autres artistes de l’avant-garde européenne, tels que Theo Van Doesburg et Bart van der Leck.

Le Gemeentemuseum est situé dans un bâtiment spectaculaire conçu par l’architecte néerlandais H.P. Berlage. Le bâtiment a été construit en 1931. On le considère comme l’un des plus beaux exemples d’architecture de l’art déco aux Pays-Bas.

La Haye est une ville pleine de contrastes : à la fois institutionnelle et balnéaire, artistique et politique, élégante mais pas snob. Moins connue que ses voisines, elle mérite pourtant amplement le détour. Passionné de culture, amateur de plages ou simple flâneur urbain, elle saura te séduire. La Haye est une belle surprise à ajouter à votre liste de destinations européennes.

Les plus du voyage

  • Le vieux centre historique
  • un nombre de musées impressionnant
  • l’accessibilité depuis la France

Les moins

  • les difficultés à se garer si l’on vient en voiture

Rotterdam

Une journée en 2024 lors d’un road-trip Pays-Bas/Belgique

Si Amsterdam est la grande star hollandaise, Rotterdam en est l’outsider. Renaissante des cendres après avoir été lourdement bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville s’est réinventée au fur et à mesure du temps. Ici, pas de canaux bordés de maisons anciennes mais plutôt gratte-ciels et ponts monumentaux. Rotterdam surprend, mais ne laisse jamais indifférent !

Y aller ?

Rotterdam est très accessible depuis la France. En train, l’Eurostar t’y emmène directement en un peu plus de 2h30.

En voiture, il faut compter environ 4h30 depuis Paris. Cependant, comme ce fut notre expérience, les abords des grandes villes hollandaises sont compliqués avec de nombreux embouteillages aux heures de pointe. De plus, le prix des parkings sont assez élevés pour une journée.

Privilégier les transports en commun semble la meilleure idée : une fois sur place, la ville se parcourt très facilement à pied, à vélo (bien sûr), en bateau sur la Meuse ou en bus.

Où dormir ?

Rotterdam fut pour nous une escapade d’un jour en voiture.

Nous avions choisi de séjourner au Center Parcs Port-Zelande, qui est situé à environ 1h de Rotterdam, en bord de la mer du Nord. Cela nous a permis de circuler aux Pays-Bas librement pour visiter plusieurs villes avec une voiture, tout en séjournant au même endroit.

Que manger ?

Rotterdam est une ville très cosmopolite, et ça se sent dans l’assiette.

Nous n’avons pu profiter que d’un seul repas mais nous l’avons passé au Markthal qui est un incontournable. Ce grand marché couvert, à l’architecture spectaculaire, regorge de stands gourmands. L’avantage c’est qu’on peut manger tout type de cuisine. C’est ici que nous avons pu testé les bitterballen, des boulettes frites comme des croquettes.

Que visiter ?

Rotterdam est une ville qui se découvre à différents niveaux : au sol, dans les hauteurs, au fil de l’eau… L’architecture est omniprésente, mais au-delà de sa modernité qui la caractérise, elle regorge de surprises : des musées singuliers, des quartiers historiques inattendus, des balades insolites et des recoins à l’âme artistique bien trempée.

Les Maisons Cubiques (Kubuswoningen)

Impossible de visiter Rotterdam sans passer sous ces drôles de maisons penchées, 38 au total. Imaginées par l’architecte Piet Blom, elles forment un village urbain suspendu, avec des angles improbables. Elles ont été conçues comme une forêt, les toits représentant les arbres. On peut en visiter une (la Kijk-Kubus) ou même y passer la nuit. Nous n’avons pas visité l’intérieur, mais il est possible de les traverser puisqu’elles forment un pont au-dessus d’une rue de Rotterdam.

Le quartier du vieux port (Oude Haven)

Derrière les maisons cubes, se trouve le vieux port de Rotterdam qui a beaucoup de charme avec ses vieux bateaux amarrés et ses nombreuses terrasses de cafés. Ne manque pas la Maison Blanche (Witte Huis) qui fut le premier building de Rotterdam, construit en 1897. C’est l’un des seuls bâtiments qui a survécu aux bombardements de la guerre.

Le port de Rotterdam et le musée maritime

L’une des principales activités touristiques à faire à Rotterdam c’est de visiter son port en bateau. Il s’agit de l’un des plus importants ports au monde mais aussi l’un des plus innovants. La croisière permet de découvrir les chantiers navals, les docks et la skyline de la ville. Nous avons également visité la partie extérieure du musée maritime. Elle est gratuite et très sympa à découvrir ! On peut y voir des bateaux de toutes sortes et en visiter certains.

Markthal

Juste à côté des maisons cubiques, cette arche immense est à la fois un marché, une galerie d’art ou encore des appartements dans les derniers étages. On trouve une cinquantaine de restaurants ou épiceries, le tout dominé par une fresque spectaculaire sur l’intérieur de la voûte.

Erasmusbrug (le Pont Érasme)

Ce pont à hauban, surnommé “le cygne”, relie le nord et le sud de la ville et traversant la Meuse sur 800m. C’est l’un des symboles de Rotterdam, à photographier absolument au coucher du soleil. En traversant le pont sur la passerelle piétonne, on a une belle vue panoramique sur la ville.

Depot Boijmans Van Beuningen

Ce musée est un OVNI architectural tout en miroir. Rien que pour son architecture, il vaut le détour dans le Museumpark, là où sont rassemblés tous les musées sur une belle allée verte. Ici, on visite les coulisses : les tableaux / objets sont stockés à la vue de tous, dans des racks, des tiroirs, des caisses. Le rooftop offre une vue imprenable sur la ville.

Euromast

Cette tour de 185m de haut est emblématique à Rotterdam. Se situant dans un quartier toutefois plus éloigné du centre-ville, elle permet un point de vue intéressant depuis sa plateforme panoramique.  

Delfshaven

Ce quartier correspond à la vieille ville miraculeusement épargnée par la guerre. On y trouve petites maisons traditionnelles, églises, moulins, ruelles pavées, et cafés au bord de l’eau, comme dans beaucoup d’autres villes hollandaises. Une bulle de calme et d’authenticité dans une ville futuriste.

Witte de Withstraat

La rue Witte de Withstraat est le cœur arty et festif de Rotterdam. Elle s’étend du Musée Maritime au Museumpark. On y vient pour les cafés, les petites galeries, le street art, les boutiques indépendantes, et les soirées animées. C’est le quartier à explorer à tout moment de la journée, mais il se révèle vraiment à la nuit tombée.

Kop van Zuid

Ce quartier situé de l’autre côté du pont Erasme est un quartier des contrastes, entre immeubles futuristes et bâtiments historiques. On y trouve le célèbre Hôtel New York, l’immeuble De Rotterdam, et des quais super agréables pour une balade avec vue sur la skyline

Het Nieuwe Instituut

Pour les amateurs d’art, ce musée situé au Museum Park reste pointu mais passionnant. Encore une fois, rien que son architecture vaut le déplacement dans ce quartier.

La Passerelle Luchtsingel

Cette passerelle en bois jaune vif qui serpente au-dessus de la ville et relie des quartiers entre eux est un projet participatif devenu symbole d’un urbanisme différent. C’est même le premier projet d’infrastructure publique à financement participatif au monde. Sur chaque planche est gravé le nom des donateurs, principalement des habitants du quartiers.

Les moulins de Kinderdijk

À seulement 30 minutes de Rotterdam, un tout autre décor t’attend : les célèbres moulins de Kinderdijk, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ce site exceptionnel rassemble 19 moulins à vent historiques, construits au 18ème siècle pour maîtriser le niveau de l’eau dans les polders. Ils sont encore en état de marche, certains habitables, d’autres ouverts à la visite. C’est un lieu paisible, parfaitement photogénique, qui raconte à lui seul l’histoire de la lutte des Néerlandais contre les eaux.

On peut s’y rendre à vélo, en voiture, ou encore en waterbus depuis Rotterdam (ligne directe en saison).  Nous y sommes allés avant notre journée à Rotterdam, en voiture. Il faut simplement noter qu’il est difficile de se garer aux abords des moulins. Les plus proches sont payants et assez chers.

Une fois sur place, les sentiers aménagés longent les canaux, avec des vues splendides entre les moulins et les roseaux. C’est une excursion parfaite pour déconnecter après l’effervescence de la ville.

Rotterdam n’est pas une ville attirante de prime abord. Mais elle sort des sentiers battus après s’être reconstruite. Entre modernité radicale, énergie créative, elle mixe les genres avec une audace rare, n’en déplaise à certains. Elle reste une valeur sure pour un court séjour

Les plus du voyage

  • Architecture moderne
  • les Moulins dans les alentours, un immanquable
  • l’accessibilité depuis la France

Les moins

  • La ville manque de charme

Cap-Vert

Road Trip de 16 jours en janvier/février 2025

Le Cap-Vert, archipel de l’Océan Atlantique, situé aux larges des côtes africaines, est une terre de contrastes mêlant ainsi influences africaines, portugaises et créoles. Lors de notre récente escapade, nous avons exploré 3 des îles Barlovento (dont la signification est « au vent », confirmé la présence continue du vent pendant le séjour) : São Vicente, Santo Antão et Sal. Chacune offre une expérience différente, de la vibrante vie culturelle de Mindelo aux paysages verdoyants et vallonnés de Santo Antão, en passant par les belles plages de Sal, tout cela grâce à l’authenticité des Cap-Verdiens qui perdure avec le temps.

Voici le récit de ce séjour au Cap-Vert pour découvrir les trésors cachés de l’archipel.

Jour 1 :  Arrivée sur l’île de São Vicente 

Le voyage commence la veille avec une nuit d’hôtel à Orly, histoire de faciliter notre départ très matinal. Nous avons choisi l’Ibis Budget, dont les chambres sont petites mais le prix abordable (111 euros pour 3). Notre réveil se fait autour de 4h45, mais l’avantage d’être sur place est que tout se passe rapidement : trajet jusqu’à l’enregistrement puis embarquement rapide. Le vol se déroule sans encombre, ponctué de siestes, jeux, repas etc… Nous atterrissons à Mindelo (capitale de l’île de São Vicente) à 11h40, heure locale. L’aéroport est minuscule, et en 20 minutes à peine, nous avons passé la douane et récupéré nos bagages. Il y a au Cap-Vert une taxe à payer à l’arrivée (environ 3300 CVE par personne soit 30 €uros) qui peut aussi être payée en avance via un site officiel.

Notre taxi nous attend et nous dépose en 10 minutes à notre logement situé en centre-ville de Mindelo (le trajet coûte 10 euros). Quant à notre appartement Morabeza Deluxe, il est situé dans l’un des plus hauts bâtiments de la ville, assez récent et avec des vues imprenables sur la mer et sur la ville.  

Après notre installation et une pause dûment méritée, nous partons à la découverte de la ville, croisant entres autres beaucoup d’écoliers sur notre chemin. Mindelo a connu son expansion au milieu du 19ème siècle, grâce à un dépôt de charbon anglais installé. Le port, quant à lui, devient une escale idéale pour le  Brésil et le commerce commença à se développer au même moment.

Nous traversons la Praça Nova, aussi appelé Praca Amilcar Cabral (le héros de l’indépendance) et découvrons son centre contemporain, très coloré. Cette place est le cœur moderne de Mindelo, un lieu de rassemblement prisé des habitants. Entourée de bâtiments colorés de style colonial, c’est aussi un point de rencontre animé en soirée, avec des musiciens et des danseurs improvisant des spectacles.

Après avoir retiré de l’argent (les banques principales sont situées sur la place), nous partons en direction du port pour acheter nos billets de ferry ; en effet, nous planifions de nous rendre sur l’île de Santo Antão dès le lendemain et cette île n’est accessible qu’en bateau. Le trajet est à 1500 CVE par personne (soit environ 13-14 euros). Il y a 2 compagnies qui voguent entre les 2 îles, cela dépendra donc de l’horaire choisie. L’activité portuaire ici y est intense, entre les navettes vers Santo Antão et les bateaux de pêche qui rapportent chaque matin du poisson frais.

Poursuivant notre promenade, nous sommes allés voir la Praia da Laginha, la plage emblématique de Mindelo. Située à quelques minutes du centre-ville, cette plage artificielle est l’une des plus populaires de l’île. Son sable blanc a été importé du Sahara, lui donnant un aspect presque paradisiaque. L’eau, d’un bleu éclatant, est d’une clarté impressionnante, faisant de cet endroit un lieu de baignade idéal. C’est aussi un spot prisé des locaux pour le sport : on y trouve des terrains de beach-volley et des joggeurs longeant la baie.

Avant de rentrer, nous faisons quelques courses pour avoir de quoi dîner et petit-déjeuner le lendemain. Fatigués du voyage, nous nous couchons tôt pour attaquer pleinement la découverte de Mindelo le lendemain.

Jour 2 : Marchés et ambiance locale à Mindelo

Après un lever très matinal (merci le décalage horaire !), nous repartons explorer les rues de Mindelo. Notre premier arrêt sera pour un petit-déjeuner à la Pastelaria Morabeza, où l’on goûte aux délicieuses pasteis accompagnées de cafés, une adresse prisée par les locaux.

Ensuite, direction le marché aux poissons (Mercado do Peixe), où les pêcheurs pèsent et vendent directement leur prise du jour. L’endroit est vivant, bruyant, et sent bon l’iode. Le marché aux poissons se trouve derrière la Torre de Belem qui surplombe le port. Cette tour est une réplique miniature de celle de Lisbonne et abrite le musée maritime. Il y a également un petit marché de légumes sous une halle juste à coté.

Nous choisissons de grimper sur un belvédère qui surplombe la ville et son port et qui n’est qu’à quelques minutes à pied de la Praça Estrela, une vaste place où se vendent tous les souvenirs cap-verdiens. La place cache également quelques azulejos représentant des scènes de vie au Cap Vert.

On explore plus loin le Mercado Municipal, un bâtiment à deux étages débordant de fruits tropicaux, d’épices et de légumes locaux. Nous déjeunons rapidement au Cafe Verde (à l’intérieur du marché), où l’on s’offre des jus bien frais et notre première cachupa, la spécialité du Cap-Vert qui se prend plus facilement au petit-déjeuner. Ce plat est un ragoût composé de mais, haricots rouges et souvent poisson, viande ou œuf en complément…

On s’offre une pause bien méritée à l’appartement avant de repartir en fin d’après-midi pour une balade le long de la marina, où la vue sur la baie est sublime.

C’est l’occasion de prendre une glace chez Cremosito, le glacier réputé de Mindelo. La fin de la journée nous conduit à la Praça Dom Luis, où se trouve une immense fresque de Cesaria Evora, la légendaire chanteuse cap-verdienne.

Nous terminons par la célèbre Rua de Lisboa, une avenue vivante bordée de maisons colorées, avant d’admirer le Palacio de Povo, un superbe édifice colonial qui témoigne du passé historique de l’île (il est parfois ouvert pour des expositions).

Jour 3 : Arrivée sur l’île de Santo Antão

Le réveil est encore matinal, le décalage horaire se fait sentir. Un taxi réservé par notre hôte nous attend à 7h20 pour nous conduire au port, où nous embarquons pour notre traversée vers Santo Antão (coût du taxi < 2 €). L’attente à l’embarcadère est paisible, nous déposons nos valises avant de monter. Mais une fois sur le bateau, l’expérience sera éprouvante : la mer est agitée, le ferry tangue. Nous avons hâte d’arriver.

À notre débarquement, nous prenons le temps de récupérer à la gare maritime. Un café et deux sandwiches plus tard au restaurant Carvoeiros, nous nous mettons doucement en route avec notre chauffeur Kleyris, qui nous a été recommandé par notre nouvel hôte sur l’île.

Nous empruntons la Ruta da Corda, une route pavée spectaculaire qui traverse l’île du sud au nord, pour laquelle il aura fallu 20 ans de construction. Le paysage change progressivement : nous quittons les plaines arides et grimpons en altitude jusqu’au sommet, où la route serpente entre des montagnes escarpées. Au détour d’un virage, le cratère de Cova se dévoile, un immense cirque volcanique où débutent de nombreuses randonnées. En effet, cet immense cratère est situé au pied du volcan Pico da Cruz.

Nous poursuivons notre ascension le long de la crête, offrant des panoramas époustouflants sur les vallées de Ribeira Torre et Ribeira Grande. Le point le plus impressionnant est certainement lorsque seule la route sépare les 2 vallées sur le haut de la crête. Nous atteignons finalement Ribeira Grande, une charmante bourgade et qui sera notre point de chute sur l’île.

Nous récupérons les clés de notre appartement à la Casa Bia avant d’aller déjeuner au Bell’Canto, où nous dégustons un repas simple mais savoureux : poulet grillé, bœuf, riz et frites.

L’après-midi est consacré à une longue sieste réparatrice. En fin de journée, nous sortons pour explorer le village, imprégné d’une atmosphère paisible, entre maisons colorées et ruelles animées avant de trouver un petit supermarché pour nous sustenter les prochains jours. Nous visitons l’église Notre-Dame du Rosaire sur la place centrale.

Jour 4 : Fontainhas et Ponta do Sol

Notre chauffeur nous récupère à 9h00 pour nous emmener en direction de Ponta do Sol, un charmant village côtier considéré comme l’un des plus beaux de Santo Antão. En chemin, notre chauffeur nous fait découvrir les principaux points d’intérêt du village avant de nous diriger vers Fontainhas, un village emblématique accroché à flanc de falaise.

Cependant, nous nous apercevons rapidement que la route est fermée pour rénovation. Pas d’autre choix que d’y aller à pied ! Alors que nous avions plutôt prévu de faire le retour à pied, nous ferons finalement l’aller-retour ! La marche dure environ 45-50 minutes, mais quel spectacle : le sentier pavé longe des falaises plongeant dans l’océan, offrant des vues vertigineuses et inoubliables.

Nous atteignons enfin Fontainhas, un hameau coloré niché dans un décor spectaculaire. Les maisons aux façades vives semblent suspendues, créant un contraste saisissant. Selon le National Geographic, il fait partie des villages les plus pittoresques du monde. Séduits par cet endroit hors du temps, nous décidons de poursuivre un peu plus loin, espérant atteindre le col suivant. Mais rapidement, nous réalisons que c’est trop ambitieux : le sentier devient escarpé, et nous manquons de temps.

Nous faisons une pause bien méritée au Tchu Bar, le seul du village, où nous commandons un café et une omelette. Mais ici, comme partout au Cap-Vert, le service suit le rythme du « No Stress », on doit bien attendre plus de 30 minutes pour ce simple snack !

 Nous reprenons le chemin du retour vers Ponta do Sol, toujours en longeant la mer sur cette route pavée (qui s’arrête définitivement à Fontainhas pour les véhicules). Pour les marcheurs les plus motivés, le sentier conduit jusqu’à Cha de Igreja et prend environ la journée.

De retour en ville, nous flânons devant le cimetière juif, l’église et passons devant l’ancien aéroport, aujourd’hui désaffecté. En effet, l’île disposait avant de son propre aéroport mais suite à un accident, la piste a été déclarée trop courte.

Pour le déjeuner, nous nous attablons au restaurant A Caleta, une adresse réputée pour son poisson frais et sa savoureuse cachupa (le déjeuner nous coûte environ 15 € pour 2).

Nous passons, après le déjeuner un peu de temps devant le petit port de la ville avant que notre chauffeur nous récupère et nous ramène à Ribeira Grande pour la fin de cette journée.

Jour 5 : Randonnée dans la vallée luxuriante de Paul

Aujourd’hui, nous partons explorer l’une des plus belles vallées de Santo Antão : la vallée de Paul, un véritable jardin tropical niché au cœur des montagnes.

Notre taxi nous conduit d’abord au village de Paul, également appelé Cidade das Pombas, longeant la côte avant d’entrer dans les terres. Puis, nous atteignons Cidade de Ribeira, le village le plus au fond de la vallée, d’où nous débutons notre randonnée vers 10h00. La route s’arrête définitivement ici : les plus courageux peuvent rejoindre le Pico da Cruz en grimpant à partir d’ici.

Le paysage est radicalement différent de celui des jours précédents : ici, la nature est exubérante. Nous traversons des plantations de canne à sucre, des bananeraies et des champs en terrasses cultivés par les habitants. Le chemin alterne entre petites routes pavées et sentiers escarpés, serpentant à travers un décor verdoyant.

Nous faisons une première halte à El Curral, un petit café rustique où nous achetons des produits locaux, comme du vinaigre de canne. Puis, nous poursuivons notre descente en direction du village de Passagem, où nous quittons la route principale pour emprunter des sentiers plus sauvages.

En chemin, nous faisons une pause à la distillerie Beth d’ Kinha, où nous découvrons le processus de fabrication du grogue, l’alcool local obtenu à partir de la fermentation de la canne à sucre. Nous en profitons pour acheter une bouteille de liqueur artisanale en souvenir.

Après quelques heures de marche, nous atteignons le village de Paul en bord de mer. Nous nous attablons à Casa Maracuja un restaurant local où nous dégustons de délicieux beignets de poisson et du poulet.

L’après-midi, retour à notre logement pour une fin de journée plus calme, après cette immersion dans la nature luxuriante de Santo Antão. Une randonnée qui nous a plongés au cœur d’un Cap-Vert authentique, où la terre fertile nourrit aussi bien les paysages que l’âme de ses habitants.

Jour 6 : De Cruzinhas à Cha de Igreja

Rendez-vous avec notre chauffeur à 9h direction Cruzinhas pour une nouvelle journée d’exploration. La route traverse d’abord la vallée de Coculi, avant de s’enfoncer dans une vallée plus escarpée et sauvage. Le trajet dure environ 45 minutes, ponctué de nombreux arrêts pour admirer les panoramas grandioses de Santo Antão.

Cruzinhas est un minuscule village de pêcheurs posé face à l’océan, au bout d’une route qui semble s’arrêter là, au bout du monde. C’est aussi le point de départ d’un des sentiers côtiers les plus spectaculaires de l’île, menant jusqu’à Ponta do Sol (nous l’avions entamé en sens inverse entre Ponta do Sol et Fontainhas). Nous commençons notre marche et atteignons rapidement une plage de sable noir, où les vagues s’écrasent avec force sur le rivage.

Au retour, nous nous arrêtons à nouveau dans le village, au restaurant Chez Sonia, la seule option du village ouverte un dimanche. Ici, le service est une affaire de patience, mais l’attente en vaut la peine : nous dégustons un délicieux poisson garupa (mérou) ainsi qu’un poulet accompagné de riz, frites et légumes locaux ; à savoir que ce qu’on appelle légumes ici sont plutôt des féculents type manioc, pommes de terre et ignames.

À 13h, nous reprenons la route à pied pour une petite randonnée jusqu’à Cha de Igreja, un charmant village niché dans un cadre montagneux impressionnant. Le sentier serpente entre les collines, dans le lit de la rivière et sur des chemins offrant des vues à couper le souffle sur la côte accidentée et les vallées encaissées. On y croise un cimetière vue mer, ou encore quelques ânes se baladant.

En fin d’après-midi, le village s’anime : au détour d’une rue, nous tombons sur un groupe de musiciens jouant une batucada, une musique rythmée aux percussions entraînantes. Nous allons mettre du temps à comprendre sa signification : pas de tenues festives, mais des tenues noires et où les personnes se sont même mis du charbon sur le visage et le corps. Il s’agit d’une « mendiga », une fête populaire locale qui précède le carnaval et rassemble tout le village dans une ambiance festive et conviviale et où le but est de marcher au village suivant tout en jouant de la musique et en dansant.

Encore une journée riche en paysages et en découvertes culturelles, où Santo Antão dévoile encore un peu plus son âme vibrante et contrastée.

Jour 7 : Randonnée à Xôxô

Aujourd’hui, nous prenons un départ plus tranquille. Nous faisons un tour en ville pour quelques courses, espérant trouver des fruits et légumes frais au marché, mais nous ne sommes pas habitués au mode de fonctionnement circuit court. En effet, en ce mois de janvier, ce n’est pas la saison des bananes ou autres fruits tropicaux, il est donc difficile de trouver quoi que ce soit, étant donné que rien n’est importé !

À 10h00, notre chauffeur nous conduit à Xôxô (prononcé Chocho), un hameau situé à seulement 8 km de Ribeira Grande, au cœur de la luxuriante vallée de Ribeira Torre. Le paysage est spectaculaire : une vallée encaissée, dominée par des montagnes abruptes où s’accrochent les cultures en terrasses.

Nous sommes déposés au pied de Xôxô avant 10h30, et notre objectif est de redescendre à pied jusqu’à Ribeira Grande. Comme nous avons largement le temps, nous nous lançons dans une grande randonnée à travers les plantations de canne à sucre et de bananiers. Le sentier alterne montées et descentes, offrant des points de vue incroyables sur les falaises environnantes.

Après environ 2h15 de marche, nous atteignons le restaurant Melicia, situé en bord de route. L’endroit est atypique et accueillant : ici, on mange au son des poules qui se baladent librement autour des tables et des enfants qui s’amusent sur des balançoires. Nous nous régalons d’un repas généreux : poulet et porc grillés, beignets (pour environ 18€ pour 2).

Après le déjeuner, nous reprenons notre descente vers Ribeira Grande, une marche d’environ 1h. Une fois de retour en ville, nous faisons quelques courses avant de rentrer nous reposer. En fin d’après-midi, une certaine agitation règne dans les rues : une cérémonie funéraire a eu lieu plus tôt dans la journée, et, comme c’est souvent le cas au Cap-Vert, l’enterrement est suivi d’un moment de partage et d’animation dans le village. Une atmosphère très solennelle, qui nous plonge encore un peu plus dans la culture locale.

Jour 8 :  Derniers instants à Santo Antão

C’est notre dernier jour sur Santo Antão, et nous choisissons de le vivre en douceur. Le matin, nous nous promenons tranquillement dans Ribeira Grande, profitant une dernière fois de l’atmosphère paisible du village. Nous longeons l’océan, dont les vagues déchaînées viennent frapper violemment les rochers, offrant un spectacle hypnotisant.

De retour à notre logement, nous bouclons nos valises avant de partir déjeuner à Cantinha de Amizade, un restaurant convivial où nous savourons un repas copieux : thon grillé, légumes, omelette, fromage et chorizo. Un vrai festin pour clôturer notre séjour sur l’île !

Après une courte balade digestive, nous prenons la route vers 14h00 pour rejoindre le port. En chemin, nous faisons plusieurs arrêts pour profiter une dernière fois des merveilles de Santo Antão :

Sinagoga, un ancien village juif, village de pêcheurs aujourd’hui, où nous découvrons des piscines naturelles, formées par les vagues qui viennent s’engouffrer dans les crevasses de la roche volcanique.

Janela, un petit village coloré au charme authentique. Nous grimpons jusqu’au Farol Fontes Pereira de Melo, le phare surplombant l’océan, accessible par un escalier raide mais offrant une vue imprenable sur la côte escarpée.

• Un dernier arrêt sur une plage sauvage, Praia das Curraletes, pour sentir une dernière fois le vent cap-verdien avant le départ. La plage ici est l’une des seules accessibles à la baignade sur l’île.

Nous arrivons au port, situé dans la ville de Porto Novo, prêts à embarquer pour São Vicente. C’est ici que nous laissons notre chauffeur, pour nous le meilleur moyen de visiter cette île. En effet, cela nous permettait de pas conduire sur des routes escarpées et de pouvoir faire des randonnées sans forcement avoir besoin de revenir à notre point de départ. Les 6 jours de trajet nous auront couté 210 euros ce qui revient au final moins cher qu’une voiture de location.

À notre arrivée à Mindelo, sur l’île de São Vicente, nous patientons un moment avant de retrouver notre taxi, qui nous conduit à notre nouvel appartement pour les quatre prochains jours. Nous avons choisi de ne pas être dans le centre mais au plus près de la mer, ce qui nous permet d’être tranquille et de bénéficier d’un très beau penthouse avec piscine et vue mer. Le taxi vers le centre-ville ne nous coûte que 1.80€.

Changement d’île, changement d’ambiance : Santo Antão nous a offert des paysages grandioses et une nature préservée, mais il est temps de découvrir un autre visage du Cap-Vert.

Jour 9 : Flâneries à Mindelo et soirée carnaval

Nous voici de retour à Mindelo, ville que nous avons déjà explorée les premiers jours mais où nous souhaitions approfondir notre découverte. Loin de l’ambiance sauvage de Santo Antão, la capitale culturelle du Cap-Vert nous accueille avec son énergie vibrante et son mélange unique d’influences européennes et africaines.

La journée commence tranquillement avec un passage à la Pastelaria Morabeza, que nous avions déjà découverte le premier jour et où nous prenons un café et quelques pastéis à emporter.

Nous revisitons d’abord le marché municipal, un lieu incontournable pour observer les étals colorés regorgeant de fruits, légumes et produits capverdiens. Nous poursuivons ensuite vers le Palácio do Povo, autrefois résidence du gouverneur du Portugal.

Notre exploration continue avec une visite du Centre Culturel de Mindelo, où des expositions temporaires (entrée gratuite) mettent en avant l’art et l’histoire capverdienne dans cet ancien bâtiment des douanes.

Puis, nous nous arrêtons devant l’église Nossa Senhora da Luz, l’un des édifices religieux les plus emblématiques de la ville, mais nous sommes toutefois surpris par sa petite taille.

Impossible de passer par Mindelo sans rendre hommage à sa plus grande icône : nous visitons la maison de Cesária Évora, la légendaire “Diva aux pieds nus”. Transformée en musée (300 CVE l’entrée), la maison retrace son parcours à travers des objets personnels, des photos et des souvenirs de sa carrière. Ce n’est pas une maison dans laquelle elle a officiellement vécue, elle est un don de la ville à la chanteuse.

Pour le déjeuner, nous nous installons à La Pergola, un charmant restaurant sur une terrasse couverte. Au menu : poisson frais et assortiment de fromages locaux, une belle façon de goûter aux saveurs de l’île, toutefois en trop petites quantités.

L’après-midi est plus calme : nous rentrons à notre appartement pour nous reposer, car ce soir, un événement spécial nous attend… À 19h00, nous avons rendez-vous pour assister aux répétitions d’un groupe de carnaval. Comme souvent ici, la ponctualité est relative, et tout commence plutôt vers 19h30-19h40. Nous avons été invités par notre hôte aux répétitions de son groupe de Samba, l’Escola de Samba Tropical, qu’elle dirige. Cela se passe sur un terrain de sport en extérieur. Dès les premiers rythmes de percussions, l’énergie est communicative : le groupe de batucada est composé d’une cinquantaine de musiciens, chanteurs et danseurs. Les participants ne portent pas encore leurs costumes, mais des dessins ont été faits pour pouvoir se les représenter.  Cela nous donne un avant-goût du carnaval de Mindelo, l’un des plus réputés au monde.

Nous rentrons ensuite, les rythmes de la batucada encore résonnant dans nos têtes, prêts pour une nouvelle journée d’exploration sur São Vicente.

Jour 10 : Road trip sur l’île de São Vicente

Aujourd’hui, nous partons à la découverte de São Vicente en voiture ! Après avoir pris un taxi jusqu’à Transmello, le loueur de voiture, nous récupérons notre véhicule de location, cela nous aura coûté 90 € pour 2 jours (ainsi que le siège enfant et une caution en espèces). Les agences internationales ne sont quasiment pas présentes au Cap-Vert et nous avions pu faire notre réservation chez ce loueur via email. Il est 9h30, et nous sommes prêts à prendre la route.

Nous partons tout d’abord en direction de Baía das Gatas. Notre première idée était de monter au Monte Verde, le point culminant de l’île, mais le sommet est complètement bouché par les nuages.

Aujourd’hui, le village de Baia das Gatas est calme, presque désert, ce qui nous permet de profiter pleinement du panorama sur cette immense baie aux eaux turquoises. Le week-end, les mindelenses ont l’habitude de s’y rendre ; la baignade y est agréable, dans cette piscine naturelle protégée des vents

Nous longeons ensuite la route côtière, offrant des vues splendides sur l’océan et les reliefs arides de l’île.

Notre route nous mène jusqu’au bout de la baie, dans le petit village de Calhau. Ici aussi, tout est paisible, et il y a très peu d’activité. Les rues sont presque vides, les restaurants fermés, et l’endroit dégage une ambiance hors du temps.

Nous reprenons la route en direction de Salamansa, un village de pêcheurs connu pour ses vagues, attirant les amateurs de kitesurf et de windsurf. Pour le déjeuner, nous faisons escale chez Zoé, une crêperie en bord de plage ; le vent est fort, les crêpes sont quand même différentes de ce que l’on connait, mais la pause est conviviale.

Nous repartons ensuite vers São Pedro, un village situé juste à côté de l’aéroport. L’endroit est connu pour sa grande plage sauvage et sa vue imprenable sur les avions qui atterrissent juste au-dessus de l’océan. Ce soir, la chance n’est pas totalement avec nous, nous n’apercevrons qu’un seul avion atterrir, mais l’atmosphère du village et surtout le magnifique coucher de soleil sur l’océan suffisent à rendre le moment superbe.

Jour 11 : Du sommet du Monte Verde aux plages de São Vicente

Pour notre deuxième journée de road trip sur São Vicente, nous décidons enfin de tenter l’ascension du Monte Verde, le point culminant de l’île (774 m).

Nous empruntons la route sinueuse qui grimpe sur 6 km, mais l’ascension est lente et difficile : la route est raide et en mauvais état par endroits. Au sommet, la météo ne joue pas en notre faveur, le sommet est bouché par un épais brouillard, ce qui limite la vue. Malgré cela, la montée vaut le détour, car les paysages tout au long du trajet sont superbes, offrant de belles perspectives sur Mindelo et sur la Baía das Gatas.

Après cette escapade en altitude, nous redescendons vers la côte pour un moment de détente au bord de l’eau. Nous faisons une première halte à la plage de Salamansa à nouveau. Aujourd’hui, l’ambiance est paisible, l’endroit est parfait pour une pause au soleil.

Puis, direction Santo Andre, une plage située juste avant celle de São Pedro, encore plus belle que les précédentes. Ici, le sable est doré et fin, l’eau cristalline, et le décor est d’une pureté saisissante. Une petite chapelle a été construite par les baleiniers en 1875 en amont de la plage, ajoutant une touche pittoresque au lieu. Quelques véliplanchistes profitent du vent.

Pour le déjeuner, nous nous arrêtons au Turtle Bar, à São Pedro, un restaurant à l’ambiance décontractée, où le sol est recouvert de coquillages. Nous commandons deux poissons grillés (du thon et de la sériole) accompagnés de cocktails au grogue local.

Cette fois-ci, nous avons la plage pour nous offrant un point de vue impressionnant sur les avions qui atterrissent et décollent, un spectacle toujours fascinant.

Après cette journée bien remplie, nous ressortons pour un dernier tour nocturne de Mindelo. Flâner dans les rues animées, ressentir l’ambiance festive de la ville, c’est la meilleure façon de terminer notre séjour sur São Vicente en douceur.

Jour 12 : Cap sur Sal et Santa Maria

Aujourd’hui, nous quittons São Vicente pour rejoindre l’île de Sal, connue pour ses plages paradisiaques et son ambiance balnéaire.

Nous quittons notre beau penthouse en direction de l’aéroport, mais la matinée commence avec un peu de stress : le loueur de voiture n’est pas au rendez-vous pour récupérer notre véhicule de location. Après quelques minutes d’attente et d’incertitude, tout finit par se régler (et on récupère surtout notre caution en espèce), nous pouvons enfin enregistrer nos bagages. Notre avion a un léger retard, mais cela nous permet d’observer l’appareil qui nous attend : un petit avion à hélices, ce qui est plutôt rare. Le vol dure seulement 45 minutes, et passe très vite avec une vue imprenable sur l’océan et les îles.

À l’aéroport, notre chauffeur nous attend pour nous conduire à Santa Maria, la station balnéaire principale de l’île, située sur la pointe sud (la course est à 2000 CVE et dure environ 30 minutes). En arrivant, nous découvrons une ambiance très différente de São Vicente : ici, les rues sont animées, les plages immenses et l’atmosphère résolument tournée vers le tourisme.

Notre appartement n’étant pas encore prêt, nous décidons de profiter de l’attente pour aller déjeuner. Nous nous arrêtons au restaurant D’Fogo, une adresse locale où nous savourons deux plats pour un prix imbattable (9 €uros à 2 ; sans doute le repas le moins cher du voyage) ! La cuisine est simple mais délicieuse, parfaite pour une première immersion culinaire à Sal.

L’après-midi est placée sous le signe de la détente : après un temps de repos bien mérité, nous partons explorer Santa Maria. Nous arpentons sa rue principale, la Rua 1 de Junho, où se trouvent la plupart des commerces, restaurants et petites boutiques. L’ambiance est vivante, avec une mixité entre locaux et touristes profitant du climat ensoleillé de l’île.

Nous faisons ensuite un détour par le bord de mer et le Porto Antigo, un ancien port transformé en espace de loisirs et de baignade avec une vue superbe sur la mer turquoise et nous arrêtons pour une petite pause gourmande avec une glace chez Giramondo, parfaite pour profiter de la fin de journée en douceur.

Cette première journée sur Sal donne déjà un bel aperçu de ce qui nous attend : plages, soleil et découvertes au bord de l’Atlantique.

Jour 13 : Journée à Santa Maria

Aujourd’hui, notre objectif est de trouver un moyen de transport pour explorer l’île de Sal le lendemain. Mais avant cela, nous profitons de la matinée pour nous balader dans Santa Maria et découvrir un peu plus ses quartiers.

Nous commençons tout d’abord par céder à l’appel de pasteis et café à la boulangerie portugaise Pão Quente. Nous commençons notre exploration en nous éloignant du centre, direction l’est de la ville. Ici, l’ambiance est plus calme, avec de jolies maisons colorées et une atmosphère paisible. Nous arrivons au cimetière de coquillages, où l’ensemble des restaurateurs du coin jettent leurs coquillages lavés, un lieu insolite en bord de plage. Le vent souffle fort, la mer est agitée, et l’endroit a un certain charme avec son côté sauvage et isolé.

Nous entamons ensuite notre quête pour une voiture : après 3 agences différentes, nous trouvons finalement notre bonheur pour un véhicule disponible le lendemain chez Caetano. Cela nous coûtera environ 60 euros pour 24h, c’est assez cher, mais les loueurs de voiture sont rares sur l’île, les touristes préférant partir en tour organisé.

Après cette matinée bien remplie, nous nous accordons une pause bien méritée au restaurant Flor d’ Sal. Ce dimanche, le barbecue est allumé, et l’odeur alléchante nous met en appétit. Nous commandons du poisson et du poulet grillé, un vrai régal. Encore une fois le prix est imbattable !

Nous retournons à Santa Maria dans l’après-midi, où l’animation bat son plein. Le soleil brille, la plage est superbe, longue de 8km, et l’eau turquoise invite à la baignade. Nous profitons pour nous y installer jusqu’à ce que le soleil commence à se coucher.

Jour 14 : Road trip sur l’île

Comme nous ne récupérons notre voiture louée qu’à 11H, nous profitons de la matinée pour découvrir quelques curiosités locales.

Nous commençons par un tour au marché municipal, espérant y trouver quelques produits frais. Mais l’endroit est finalement assez petit et surtout très cher, bien loin de celui de Mindelo.

Nous poursuivons notre balade derrière la ville, où se trouvent les salines de Santa Maria. Moins connues que celles de Pedra de Lume, elles ne sont pourtant pas dénuées d’intérêt. Le paysage est surprenant, avec ces étendues de sel qui contrastent avec le bleu du ciel. Une petite mise en bouche avant notre véritable exploration de l’île. C’est d’ailleurs grâce au commerce du sel que la ville de Santa Maria a été créée en 1830.

Nous partons finalement en voiture et notre premier arrêt est consacré à Terra Boa, un lieu désertique où l’on peut observer un phénomène de mirage. Sur la route, nous traversons de grandes dunes, et la conduite n’est pas toujours facile, mais le décor est saisissant.

Nous continuons ensuite vers Buracona, célèbre pour ses piscines naturelles creusées dans la roche (l’entrée est à 3 € par personne). L’endroit est superbe, avec ses formations volcaniques sculptées par l’océan. L’attraction phare ici, c’est le “Blue Eye” (Olho Azul), une cavité où l’eau prend une teinte bleu intense sous la lumière du soleil. Malheureusement, la file d’attente est interminable, et cette attraction phare de l’île attire vraiment beaucoup de monde.

Nous reprenons la route pour Palmeira, un petit village portuaire, composé de maisons basses style portugais. L’heure tourne et il est difficile de trouver un bon endroit pour manger : tous les restaurants proposent les mêmes plats. Nous finissons par déjeuner à Esplanade Rotterdam, où nous commandons – sans surprise – un énième plat de poulet et de poisson.

Après un rapide tour du port, nous reprenons la route vers Fontona, une petite oasis perdue au milieu des terres arides de Sal. Même si l’endroit est moins verdoyant que prévu, il offre un joli contraste avec les paysages désertiques alentours.

Notre prochaine étape est l’un des sites les plus célèbres de Sal : les salines de Pedra de Lume, situées dans un ancien cratère volcanique. L’entrée est payante (6 € par personne), et en observant bien, nous remarquons que certains visiteurs contournent la billetterie en grimpant sur la colline… Dommage de ne pas y avoir pensé plus tôt, car le tarif nous semble élevé pour une expérience qui nous laisse un peu mitigés. L’entrée se fait donc par un tunnel creusé dans le volcan. Le site a longtemps été français, exploité par les Salins du Midi. Les salines sont très belles, mais l’intérêt est plus grand pour ceux qui choisissent de se baigner dans ces eaux riches en sel, à la manière de la mer Morte.

Il se fait tard et nous décidons d’écourter notre tour, nous décidons toutefois de faire les arrêts suivants sur la côte ouest :

Espargos : la capitale de l’île, dont le nom vient bien « d’asperge » qui poussait dans les parages, mérite d’y faire une petite balade. Plus authentique que Santa Maria, elle possède une vraie âme cap-verdienne. Nous montons au point culminant, le Monte Curral, là où se situe l’antenne radiophonique, base militaire de l’Otan. L’endroit est aussi un mirador sur les alentours et l’aéroport. La ville et l’île de manière générale ont connu un développement rapide grâce à celui-ci qui assurait le trafic entre l’Europe et l’Amérique du Sud en 1939.

Murdeira : un spot offrant une superbe vue sur le Monte Leão, une montagne emblématique de l’île (et on voit la forme du lion n’est ce pas ?)

Ponta Preta : une belle plage à l’ouest de Santa Maria, où nous avons la chance de voir des surfeurs et des kitesurfeurs en pleine action.

Après cette journée bien remplie, nous rentrons à Santa Maria, fatigués mais ravis d’avoir découvert une autre facette de Sal. Demain sera notre dernier jour sur l’île avant de boucler cette incroyable aventure capverdienne !

Jour 15 : Dernier tour de l’île et rencontre avec les requins

Dernière matinée avec la voiture, et il faut optimiser le temps ! Nous essayons de partir tôt, car nous n’avons que trois heures avant de la rendre.

Nous partons en direction de Shark Bay, un spot incontournable pour observer les « requins citron » dans leur habitat naturel. La route n’est pas très bien indiquée, et après quelques détours, nous retrouvons enfin notre chemin.

Nous sommes les premiers sur place, il n’y a qu’un seul rabatteur, ce qui nous permet de profiter du lieu sans la foule. Pieds dans l’eau, nous avançons doucement dans la Baia da Parda, et très vite, les requins apparaissent. Ils sont impressionnants et nous frôlent de près, mais restent inoffensifs. Le rabatteur leur donne du poisson, attirant encore plus de spécimens. L’expérience est unique et drôle, parfaite pour clôturer notre découverte de l’île.

Sur le chemin du retour, nous faisons un arrêt à Baia da Fragata, la plage des kitesurfeurs. Il y a beaucoup de vent, et il fait même un peu frais, mais le spectacle est incroyable : des dizaines de kites colorés virevoltent au-dessus des vagues. Le club de kite est tenu par le champion du monde 2008 de la discipline. On reste obnubilé un moment sur la plage.

En redéposant notre véhicule, nous nous offrons une pause gourmande avec deux jus de fruits frais chez CapeFruit, délicieux et frais.

De retour à l’appartement, nous déjeunons tranquillement avant une bonne sieste. L’après-midi, nous profitons une dernière fois de la plage de Santa Maria et du fameux ponton de la ville.

Pour notre dernière soirée sur l’île, nous décidons de sortir au Sal Beach Club. L’ambiance est détendue, les cocktails sont bons, et la soirée passe beaucoup trop vite. Un dernier verre pour célébrer ces 15 jours incroyables passés au Cap-Vert, avant de rentrer boucler les valises… Demain, c’est le grand départ !

Jour 16 : Retour à la maison

C’est déjà le jour du départ, et même si nous avons prévu de quitter l’appartement vers 10h30, nous avons encore un peu de temps devant nous, alors nous profitons d’une dernière balade sur le port et la plage de Santa Maria et d’un petit-déjeuner acheté à Pão Quente.

Le taxi réservé ne viendra finalement jamais… Mais heureusement, nous trouvons rapidement un taxi dans la rue, et tout se passe sans encombre.

Une fois à l’aéroport, les contrôles se passent rapidement, et nous dépensons nos derniers escudos dans quelques bricoles à boire et à grignoter. Notre vol est à l’heure, et le trajet se déroule sans souci particulier. Pourtant, il semble bien plus long qu’à l’aller, sûrement la fatigue qui se fait sentir après ces 16 jours d’aventure. Nous atterrissons à Paris vers 20h30, mais notre périple n’est pas encore terminé, le temps d’arriver à la maison…

Nous rentrons avec des souvenirs plein la tête, des paysages incroyables en mémoire, et une seule envie : repartir explorer d’autres horizons très bientôt !

Les plus du voyage

  • Coup de cœur pour Santa Antão, l’île verte
  • Les prix des restaurants à bons prix

Les moins

  • Des difficultés pour trouver nos transports (location voiture, taxi etc…)
  • Des services au restaurant trop long et une répétition dans les menus
  • La taille de chaque île fait qu’on en fait rapidement le tour

Afrique du Sud

Road Trip de 16 jours en août 2024

En août dernier, nous avons embarqué pour une aventure inoubliable en Afrique du Sud, pays qui mêle une nature sauvage très variée, une culture vibrante et des paysages à couper le souffle. De la rencontre avec les « Big Five » dans les parcs nationaux, à la découverte de villes comme le Cap, notre voyage nous a plongé au cœur d’une incroyable diversité. Cela aura été l’occasion de découvrir un nouveau pays (deux même !) entre safaris, randonnées et plongée dans l’histoire fascinante que possède l’Afrique du Sud. 

Son histoire, d’ailleurs, est aussi riche que complexe. Elle a été marquée par des siècles de luttes, depuis sa colonisation au 17ème siècle, jusqu’à nos jours avec l’apartheid qui a marqué à jamais les Sud-Africains mais qui ont su trouvé leur figure en la personne de Nelson Mandela. Aujourd’hui, le pays se relève avec fierté et se distingue par sa résilience. C’est ce qui lui vaut le surnom de « Rainbow Nation ». 

Prépare-toi à vivre dans cet article notre itinéraire de 15 jours en Afrique du Sud et au Eswatini et découvrir ainsi tous nos coups de cœur. 

Jour 1 :  Journée de voyage 

Comme d’habitude, la première journée est celle consacrée au voyage. Notre destination finale : Le Cap ou Cape Town en Afrique du Sud. Nous avons choisi de voler via Lufthansa, car la compagnie vole vers cette ville (contrairement à Air France qui ne fait que des Paris-Johannesburg). Le vol est de nuit via Francfort, notre voyage débute donc en milieu d’après-midi, avec quelques difficultés (très long enregistrement, retard de nos 2 vols…). La deuxième partie du voyage durera toute la nuit (vol Francfort – Cape Town d’environ 11h) avec une arrivée vers 10h du matin au Cap.  

Notre choix s’est porté sur l’Afrique du Sud car l’avantage est qu’il n’y a aucun décalage horaire avec le France. Alors oui, le vol fut long, surtout avec une enfant de 2 ans, mais nous tenons le rythme à l’arrivée ! 

Jour 2 : Première découverte de nos quartiers à Hout Bay 

A notre arrivée, le passage aux douanes est extrêmement long (au moins 45 minutes) mais les bagages ont le mérite d’être déjà là ! Nous avons loué une voiture pour ces 4 jours au Cap, chez First Car pour 85 euros. Grâce à elle, nous nous rendons à notre camp de base pour ce séjour, Hout Bay. Nous avons choisi Hout Bay, car c’est une banlieue chic, calme et résidentielle du Cap, au bord de l’océan et située à mi-chemin entre le centre-ville et la péninsule du Cap de Bonne-Espérance. Petit rappel sympathique, la conduite se fait à gauche en Afrique du Sud, c’est une habitude à prendre ! 

Notre maison à 2 étages est idéalement située dans un quartier sécurisé, à une traversée de route de la plage. Elle a 4 chambres, une belle terrasse et un très grand salon, le seul hic c’est le froid au Cap à cette période. Même si les journées sont belles, les nuits sont fraiches, et le feu de cheminée ainsi que les chauffages électriques sont obligatoires. Avec cette « surconsommation », nous serons sans électricité le dernier soir. Et oui, en Afrique du Sud, l’électricité se recharge comme un téléphone, en achetant du crédit ! Heureusement le propriétaire rechargera pour nous gratuitement de quoi finir notre séjour ! 

Après 30 minutes de trajet depuis l’aéroport, nous allons déjeuner chez Dunes, un restaurant de Hout Bay, parfait pour une première introduction au bord de l’eau, avec comme spécialité le fish and chips (repas : 10€/personne). Comme beaucoup de restaurants ici, il y a une belle aire de jeux pour les enfants. 

Pour cette première journée, nous nous contenterons de balades sur la plage, dans les rues commerçantes de Hout Bay, qui est également un port de pêche actif, et faire nos courses à Pick and Pay pour notre séjour au Cap. D’ailleurs c’est l’occasion pour rappeler qu’en Afrique du Sud, l’alcool s’achète dans une partie séparée du magasin principal et donc réservé aux plus de 18 ans. 

Jour 3 : Cap de Bonne-Espérance

La nuit complète au sein de cette maison nous a permis de récupérer du peu de sommeil de l’avion. Notre journée sera consacrée à la péninsule du Cap de Bonne Esperance.  

Nous commençons par la plage de Muizenberg, connue pour ses cabanes victoriennes colorées. Après quelques déambulations dans ses rues pour les démarches classiques de l’arrivée (comme retirer de l’argent), nous nous arrêtons boire un café au Hang Ten Café. Puis nous allons nous promener sur la plage (l’Océan Indien ici), appréciée des familles et des surfeurs, et prenons le temps de photographier les cabanes. D’ailleurs comme un panneau l’indique au centre de surveillance, le dernier requin a été vu le 26 mai sur cette plage. 

Nous prenons la route en direction de Kalk Bay. Nous nous arrêtons sur le port assez pittoresque et faisons un petit tour dans ce village tout en longueur, que les rails et l’océan longent. Les boutiques en ville sont assez vintages et valent le détour. 

Notre arrêt suivant est à Boulders Beach, bien connu pour ses manchots d’Afrique. Nous faisons une halte déjeuner au Cafe Penguino qui propose des sandwichs, quiches et cafés à toute heure (7€/personne). Les singes rôdent autour du restaurant en quête d’un peu de nourriture. 

Boulders Beach, lieu incontournable de la région, fait partie du parc national de Table Mountain. L’entrée est donc payante (190 Rand l’entrée, les enfants moitié prix, les enfants de moins de 3 ans ne payent pas). Un chemin en planches sécurisé et en hauteur mène jusqu’à une plage où la colonie de 3000 manchots (ou pingouins africains) sont rassemblés. C’est super mignon à regarder, d’autant que le décor autour – plage de sable fin et eau translucide – est magnifique. 

Notre étape suivante est le Cap de Bonne Espérance, la pointe sud du continent Africain. Il fait également partie du Parc National (Cape Point Table Mountain National Park) et repayons donc de nouveaux droits d’entrée. Nous débutons tout d’abord par Cape Point où se trouve le phare, situé sur un promontoire et datant de 1859. Une fois garés à son pied, 2 possibilités : un funiculaire (ou navette quand le funiculaire ne fonctionne pas) ou à pied. Nous montons donc à pied jusqu’au phare d’où la vue est splendide sur les 2 côtes. Mais nous ne sommes pas à la pointe !

Le Cap de Bonne Espérance se situe en contrebas. D’ailleurs les 2 points peuvent se relier via un sentier d’1h30 environ. Nous nous rendons donc en voiture au cap, et croisons des autruches, des koudous et des singes qui se baladent en liberté.  C’est ici que l’on peut prendre la fameuse photo « point le plus au Sud du continent Africain », là où se rencontrent l’Océan Indien et l’Océan Atlantique.

On peut passer beaucoup de temps dans le parc, car il y a de nombreuses balades pour aller à la rencontre de la faune et de la flore, mais l’on peut aussi découvrir les immenses falaises ou encore les plages de Diaz Beach ou Buffels Bay (attention la baignade est interdite). L’extrémité du parc peut etre loin de l’entrée, alors prudence quant à l’heure de départ, car le parc ferme assez tôt (en l’occurrence 17h lorsque nous y étions).  

Nous reprenons la route avec un bel arrêt photographique à Scarborough et à Kommetje, plages somptueuses de l’Océan Atlantique. 

Nous terminons la journée avec la magnifique route scénique de Chapman’s Peak Drive qui arrive tout droit sur Hout Bay. En 114 virages sur 9 kilomètres, cette route est payante (64R le péage) mais elle longe la péninsule à même la falaise. En fin de journée, avec le coucher du soleil, c’est d’autant plus magnifique. 

D’ailleurs, pour cette journée de visite autour du Cap de Bonne-Esperance, il est important de réaliser la visite dans le sens des aiguilles d’une montre pour avoir toujours le soleil derrière soi. 

Jour 4 : Centre-ville de Cape Town

La pluie nous accompagne ce matin. Nous faisons donc une petite halte au Bay Harbour Market qui ouvre à 9h30 le week-end. C’est un marché couvert sous une halle, où se vend plein de petits créateurs et avec un certain nombre de stands de nourriture et boissons. Il y a même en son centre un feu pour faire cuire la viande au barbecue.

Une fois le ciel éclairci, nous nous rendons dans le centre de Cape Town. Nous choisissons de nous garer proche de l’ancien château. Nous tombons sur un parking avec un prix fixe par heure (pour autant, nous n’avons vu personne noter notre heure d’arrivée, mystère !) mais il faut savoir qu’en Afrique du Sud, les parkings sont habituellement gardés par des personnes qui réclament une pièce à la fin. C’est dans les mœurs, il faut donc toujours avoir des pièces de 5 et 10 rands sur soi.

Cape Town semble très calme en ce samedi. Si j’ai un conseil pour visiter le centre-ville, je recommanderai plutôt un jour de semaine où l’activité doit battre son plein, le centre-ville est plutôt axé business. Nous commençons par le Château de Bonne-Espérance, érigé par les Hollandais au 17ème siècle, qui est un fort Vauban en forme de pentagone. Le château se visite et permet de belles vues sur Grand Parade.

Grand Parade est la place principale de la ville. Son histoire est chargée puisque c’est ici que les Hollandais sont arrivés et qu’ils vendaient les esclaves. Sur la place, se trouve également le City Hall, la mairie de la ville, là où Nelson Mandela a prononcé son premier discours après ses 27 ans de détention en février 1990.

Nous passons ensuite par la St George’s Cathedral, principale représentante de l’église Anglicane Sud-Africaine. C’est dans cette église qu’ont été déposés les cendres de Desmond Tutu, célèbre archevêque qui lutta durant l’Apartheid. 

Puis nous prenons l’allée Government Avenue, un chemin piéton qui permet de longer d’un côté le Company’s Garden, que nous traverserons, actuel jardin botanique datant du 19ème siècle et le Parlement Sud-Africain de l’autre.

Puis nous partons en expédition sur l’une des collines du Cap. Sur le chemin, on se fait surprendre par le Noon Gun. Installé sur Signal Hill, le canon de midi est tiré tous les jours sauf le dimanche, son tir permettait à une certaine époque aux soldats de régler leurs montres.

Nous continuons donc en direction du quartier de Bo-Kaap dont le nom signifie non pas « beau » mais « hauts du Cap » en afrikaans. C’est le quartier malais, car c’est ici que se sont installés les esclaves d’origine malaise/indienne ou indonésienne lorsqu’ils ont été libérés dans les années 1830. Le quartier est pittoresque avec des maisons colorées dans des rues pavées (la plupart se regroupent sur Wale Street).

Nous décidons d’aller déjeuner à Bo-Kaap Kombuis, ce restaurant typique du quartier, se situant sur les hauteurs. D’ailleurs, la vue est magnifique de leur terrasse. Nous mangeons des plats tel que des butter chicken, des currys ou des boboti (viande hachée).

Puis nous redescendons sur les rues plus commerçantes du Cap, tels que Long Market, Bree Street et Long Street. Même si ces rues sont considérées comme des artères principales avec de nombreux bâtiments victoriens, nous n’y retrouvons pas l’animation escomptée ; au contraire l’ambiance est plutôt glauque et le coin est fréquenté par des sans-abris ou des junkies. Bien que pas méchants, cela ne rend pas la ville attrayante.

Nous reprenons notre voiture pour cette fois-ci aller au Victoria et Albert Waterfront. Le bord de mer et le port historique ont été aménagés sur l’ensemble des quais, et là, l’atmosphère est top, surtout le week-end quand les gens sont de sortie. Il y a plusieurs musées : le musée d’Art contemporain Zeita MOCAA (dans un ancien silo à grains), le Two Oceans Aquarium, plusieurs centres commerciaux intérieurs, la tour de l’horloge ou le Watershed qui est le marché de créateurs.

Nous rentrons à Hout Bay par la route qui longe l’Océan, c’est l’occasion de découvrir les quartiers de See Point et Green Point, où est situé le fameux stade de rugby.

Jour 5 : Aux alentours du Cap 

Le soleil met un peu de temps à sortir durant ces jours d’hiver alors nous commençons par le jardin botanique Kirstenbosch, jardin botanique de 36ha, que nous visiterons en moins de 2h. C’est ici que l’on peut admirer la flore unique du Cap (plus de 7000 espèces végétales d’Afrique Australe sont cultivés ici dont les oiseaux de paradis) à travers des sentiers de randonnée. Il y a également une très belle canopée qui permet de s’élever au milieu des arbres. La vue sur Table Mountain est imprenable depuis les jardins (il y a même 2 sentiers de randonnées qui mènent au sommet). Le jardin est sympathique mais ne constitue pas une visite essentielle à mes yeux (tarif de 230R/personne). 

La région du Cap est connue pour sa viticulture. Bien que les domaines les plus connus se situent plutôt à Stellenbosch (à 1h du Cap), il y a toutefois quelques domaines dans la vallée de Constancia. Nous choisissons le domaine de Beau Constancia. Beau Constancia est situé à la croisée des routes du centre-ville du Cap et du jardin de Kirstenbosch. Le domaine a une très belle terrasse extérieure ou l’on peut faire une dégustation de 4 vins chacun pour la modique somme de 130 rands (soit environ 7€/ personne). Nous découvrons alors les 4 vins standards de la Maison dont le nom n’est « Pas de Nom » (original !). Il y a également une dégustation avec les vins plus qualitatifs. 

Après ce petit apéritif, nous passons au Bay Harbour Market de Hout Bay. Nous y étions passés la veille et l’envie de s’y arrêter pour déjeuner nous a plu. En terrasse, nous nous installons avec un fish and chips et un combo de shawarmas (pour 235R le tout). 

Puis nous tentons de nous rendre à Table Mountain. Table Mountain (en français la montagne de la table), c’est LE sommet de Cape Town. Agée de 600 millions d’année, et culminant à 1088m, elle est le symbole du Cap. Habituellement, un téléphérique y mène, mais des travaux sont généralement effectués chaque année en août. Nous voulons nous rendre au départ de ce téléphérique, mais le sommet reste bouché (il faut savoir qu’il faut un peu de chance pour voir Table Mountain, sa tête est souvent dans les nuages) et en plus la route est fermée. Pour les plus courageux, il y a un certain nombre de chemins de randonnées qui mèneront au sommet mais ce ne sont pas des randonnées faciles.  

Nous allons donc sur Signal Hill, qui est la montagne, face à Table Mountain, et la vue sur Table Mountain et sur toute la ville du Cap est superbe : on distingue facilement le quartier de Bo-Kaap, de Waterfront ou encore le stade national de rugby ! Depuis l’autre côté de Signal Hill, on découvre bien évidemment l’océan. 

Nous finissons notre après-midi par Clifton Beach n°4 qui est une superbe plage (Clifton a plusieurs plages toutes aussi magnifiques les unes que les autres). Abritée des vents et coincée au pied d’une colline, le coucher de soleil est parfait ! 

Nous faisons également un stop à Camps Bay, autre banlieue du Cap, assez chic, ressemblant fortement à Hout Bay. On pourrait presque la comparer à Miami Drive ou Beverly Hills avec sa longue avenue le long de la plage. 

Jour 6 : Vers le Kwazulu-Natal 

C’est une journée de transit un peu compliquée avec beaucoup de transports. Notre vol à direction de Durban part à 10h, et nous devons nous lever tôt. Nous tombons en plein dans les embouteillages du Cap qui nous mettront un coup de stress supplémentaire. Nous voyageons avec Fly Safair, une compagnie low-cost national qui fait Le Cap-Durban en 2h. 

Nous récupérons notre voiture chez Firefly à l’aéroport de Durban, et nous la rendrons dans 10 jours à l’aéroport de Johannesburg. Cette réservation nous coûte environ 260€. C’est en tout cas parti pour 2h de route car Durban n’est pas notre destination finale. Nous nous rendons à Hluhluwe, qui sera notre point de chute pour les 3 prochaines nuits.

Une fois arrivés, nous nous rendons au Ngweni Railroad Café & Brewery qui est l’endroit où nous devons payer la réservation de notre maison C’est d’ailleurs un lieu très sympa avec boutiques, jeux pour enfants, brasserie. Puis après quelques courses, nous nous rendons dans notre maison. Au milieu de la jungle, et avec une vue splendide sur le lac St-Lucia, notre maison est bien équipée, avec un très grand jardin.

Jour 7 : Sainte-Lucie et ses environs 

Notre choix pour la journée se porte sur Sainte-Lucie, située sur la côte, au bord de l’Océan Indien et à 1h de Hluhluwe. Sainte-Lucie est une petite ville, toute en longueur et où tout se regroupe sur l’artère principale MacKenzie Street, mais son intérêt repose en sa situation sur un estuaire. La rue étant une ancienne piste d’hippopotames, ils leur arrivent de déambuler en pleine nuit, il faut etre prudent ! 

La première chose à faire est une croisière sur l’estuaire. Au tarif de 280R (environ 14€), les croisières partent d’un parking au bout du village pour une durée de d’environ 2h. On ne fait pas beaucoup de kilomètres sur la rivière mais pas la peine, le but est de voir des hippopotames ! Et on voit à la pelle ! Nous ne sommes parfois qu’à 1mètre, c’est impressionnant ! La croisière est censée nous permettre de voir des crocodiles mais eux ont décidé de se cacher ! La croisière est hyper sympa et le capitaine-guide sait bien nous indiquer les animaux (hippos et oiseaux).  

Nous déjeunons à Braza, restaurant aux influences du Portugal, de l’Angola et Mozambique ; en effet le Mozambique est à quelque kilomètres à vol d’oiseau, et les influences de cette ancienne colonie sont assez fortes et reconnues dans la cuisine. C’est l’occasion de manger de bonnes viandes grillées mais aussi du poulet braisé pour environ 10€/personne.  

L’autre intérêt de Sainte-Lucie est qu’elle est située à l’entrée des Eastern Shores du parc ISimangaliso Wetland Park, une vaste réserve toujours au bord de l’Océan Indien. La réserve, classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco, s’explore en solo, au bord de son propre véhicule. Les pistes sont toutes en très bon état, c’est l’occasion de voir des rhinocéros, des éléphants (nos premiers ! mais ils sont bien au loin), hippopotames, phacochères etc… La réserve est un cul de sac, et la route nous permet plusieurs petits arrêts comme Mission Rocks, Catalina Bay ou le point de vue du Mount Tabor.

Le dernier arrêt est Cape Vidal. La plage de Cape Vidal, de sable fin, est extraordinaire et paradisiaque avec des dunes hautes et boisées. On croise pas mal de personnes venues gouter aux joies de la plage sécurisée, mais aussi nos amis les babouins. Nous quittons les lieux vers 15h30 pour ne pas arriver de nuit à notre logement. 

Jour 8 : Parc Hluhluwe – Imfolozi Park 

La journée sera consacrée au IMfolozi Park pour entamer ici notre tout premier safari ! Le parc est l’une des plus anciennes réserves d’Afrique du Sud (1895), connu pour ses efforts pour la conservation des rhinocéros blancs. Le parc n’est pas très connu et pourtant il a les faveurs des touristes qui passent dans le coin. En plus d’avoir moins de fréquentation que le fameux Parc Kruger, il a la chance de cacher les animaux du Big Five. L’idéal est toutefois vraiment de visiter ce parc en premier, et de garder le Kruger pour la fin, sans quoi cela resterait une déception. Effectivement, l’IMfolozi Park couvre environ 960km2, soit à peine 1/20ème du Kruger. 

Avec ses paysages montagneux, des lignes de crêtes pour voir au loin et l’absence de végétation à certains endroits, cela rend le lieu très propice à l’observation de la faune. Facile de voir donc le Big Five ? Avec un peu de chance oui, mais ici nous n’aurons vu ni lions ni léopard (pour rappel le Big Five réunit l’éléphant, rhinocéros, le buffle, le lion et le léopard). 

Mais nous allons pouvoir voir tout le reste, et dans une tranquillité absolue : rhinocéros, buffles, zèbres, dyalas, duikers (différentes sortes d’antilopes), oiseaux en tout genre. Des phacochères nous attendent même à l’accueil. L’entrée est de 140R/personne pour la journée complète. C’est un safari qui s’effectue avec sa propre voiture. Le parc est aussi connu pour ses randonnées organisées sur plusieurs jours grâce à un très grand réseau de sentiers. Le parc est immense, il mériterait surement que l’on y reste plusieurs jours. Pour ceux qui ont le temps ou qui séjournent dans le parc, alors il est possible de réaliser des game drives avec des guides.  

Nous rentrons par Memorial Gate (l’entrée la plus proche d’Hluhluwe), mais il y a d’autres entrées plus au sud. Il n’y a pas beaucoup d’aires de repos ou de parkings sécurisés pour faire des pauses, nous déjeunerons donc au HillTop, qui est l’un des hôtels/camps du parc. Celui-ci possède un restaurant et une petite échoppe (notre repas nous coûtera environ 11 €/personne). 

C’est une journée très chaude, nous aurons vu beaucoup d’animaux jusqu’à la pause déjeuner puis ils seront de retour après 15h, lorsque les températures commencent à descendre. Nous rentrons à nouveau à la tombée de la nuit. 

Jour 9 : Traversée du Eswatini

Après 3 jours autour d’Hluhluwe (qui se prononce Chluchluwe), nous nous dirigeons vers le nord pour traverser le Eswatini, et plus particulièrement la vallée d’Ezulwini (la « vallée du ciel »).

De son ancien nom le Swaziland, rebaptisé en 2008 par le roi Mswati III, l’Ewatini est un pays avec plein de ressources. Tout en restant à taille humaine, l’un des seuls royaumes d’Afrique dispose de paysages variés, de plusieurs types d’activités (safaris, randonnées) et une culture intéressante.

Notre choix s’est porté vers Lobamba, située dans la Ezulwini Valley, qui avait pas mal de sites culturels à visiter autour. Nous avons un peu de route (presque 4h au total et sans pause), plutôt monotone. La seule attraction sera notre passage à la frontière terrestre, et où nous devons physiquement quitter l’Afrique Sud, puis rentrer au Eswatini, en faisant tamponner nos passeports.

Nous arrivons vers 13h pour déjeuner au Mantenga Lifestyle & Craft Center. C’est à 5 minutes de notre logement et en plus de cela, ce lieu ouvert est une combinaison de restaurants et boutiques de petits producteurs de l’artisanat local (sculpture, bijoux etc…). Nous mangeons donc à Pizza Vesuvio, au milieu des boutiques, dans ce restaurant proposant pâtes et pizzas au feu de bois.

Nous allons ensuite au Mantenga Cultural Village, une réserve naturelle accueillant un village vivant typique Swazi. Il y a des animations 2 fois par jour à 11h et 15h et arrivons à temps pour la 2ème séance de la journée. Après avoir payé nos entrées (120E/personne : ici c’est une autre monnaie mais 1E= 1 rand sud-africain donc pas de problème de conversion), nous descendons un chemin sur 1 km et découvrons alors le village. Le chef qui nous accueille nous propose d’abord de commencer par le « spectacle » où les swazis nous partagent leurs danses et leurs chants sous un chapiteau pendant environ 30/40 minutes.

Puis après cela, le chef nous propose de faire le tour du village et nous explique la culture swazie, entre autres sur la hiérarchie, les mariages, la succession, entre autres sujets. Nous visitons plusieurs de leurs huttes traditionnelles en forme de ruche tout en écoutant les explications.

La nuit tombante, nous n’avons pas eu le temps de nous rendre aux Mantenga Falls, chutes d’eau se trouvant à quelques minutes à pied du village.

Ce village est très visité (nous avons rencontré des groupes de touristes, mais aussi des écoliers du pays), et a le mérite de nous faire découvrir la culture swazie sous plusieurs aspects.

Pour terminer cette journée, nous nous rendons à notre maison pour les 2 prochains jours, située à deux rues à peine du Mantenga Cultural Center. En un mot, elle est splendide ! Au fond d’une petite rue, cachée, cette maison sur 2 étages, avec piscines et jardin, fait rêver ! C’est l’un des coups de cœurs du séjour.

Jour 10 : Au cœur de l’Eswatini et de ses vallées

Ce matin, nous nous rendons au Mlilwane Wildlife Sanctuary. C’est une réserve naturelle où l’on peut se balader à pied ou en voiture. Dominé par le mont Nyonyane (ou Exécution Rock que l’on voyait également depuis le village Swazi hier), le parc est très paisible, il y a peu de visiteurs, ce qui permet une visite en tout détente. C’est un parc qui se visite en voiture, à pied, à vélo ou à cheval car il n’y a pas d’animaux dangereux (sauf quelques crocodiles et des hippopotames).

Il n’y a pas de cartes disponibles mais à l’accueil se trouve un plan à prendre en photo pour connaitre les chemins à suivre (à pied ou en voiture dans notre cas). L’entrée est à peine 70E (3,50 euros).

Mais on se prend aussi au jeu du hasard. Nous commençons donc par un safari en voiture sur des pistes très correctes où l’on voit des oiseaux, des termites, des koudous et de nombreuses antilopes. Puis nous descendons à pied au bord d’une étendue d’eau à la rencontre des crocodiles. Même si c’est autorisé, nous ne sommes pas tout à fait rassurés de marcher à quelques mètres d’eux ! Nous prenons la direction du Rest Camp principal du parc, alors nous partons sur un des sentiers de randonnée à la rencontre des animaux.

Sur la plaine, nous voyons beaucoup de buffles, impalas ou zèbres. Bien que nous soyons sur l’hippo trail, nous ne croiserons aucun hippopotame aujourd’hui. Nous continuons à travers ce décor splendide sur une plaine mais vallonnée dans les alentours, et avec des couleurs jaunes et orangés magnifiques.

Sortis du camp, nous partons pour la Malkerns Valley et le Swazi Candle Craft Center. La Malkerns Valley est magnifique, nous traversons des champs de sucre de canne ou d’ananas, toujours avec la montagne au loin. Le Swazi Candle Craft Center entre composé de plusieurs boutiques artisanales, marchés ou cafés, nous commençons donc par déjeuner au Sambane Café dont l’aire de jeux pour enfants fait son petit effet. Les plats sont simples mais apportés rapidement et avec un service de qualité.

Puis nous profitons du marché artisanal qui nous permet de faire des emplettes. Nous sommes surtout là pour le Swazi Candles Center. Très connu dans le pays, le magasin fabrique ses bougies depuis des décennies et nous admirons comment celles-ci sont moulées à la main.

Nous terminons la journée, en traversant Lobamba, qui est le centre « politique » du pays (la capitale est Mbabane, mais ce qui concerne la politique a été installée ici). Bien qu’importante à ce niveau-là, la ville est d’un calme olympien. Nous passerons donc devant le parlement, le mémorial du Roi Sobhuza II et le musée national.

Jour 11 : De l’Eswatini au Kruger

Nous sommes attendus ce soir aux portes du Parc Kruger, et avons donc devant nous la journée pour profiter du Eswatini et de ce que nous trouverons sur notre route.

Notre première étape est donc la Ngwenya Factory Glass. Située à 5km de l’un des postes frontières avec l’Afrique du Sud, le Glass complex regroupe plusieurs boutiques dont la verrerie. C’est un modèle au Eswatini de retrouver les boutiques artisanales regroupées dans des centres extérieurs. Curiosité touristique du coin, c’est avant tout une boutique à voir. Mais se cache en haut des escaliers, l’accès à l’usine. Malheureusement pour nous, nous y sommes un samedi et les ouvriers sont en week-end. Pour autant, sur une plate-forme en carré, nous pouvons en faire le tour et voir les outils, le four, tout ce qui est utile aux souffleurs de verre.

Un peu plus loin, nous nous dirigeons vers l’ancien site de la mine de fer. Cette mine est fermée depuis une cinquantaine d’années mais on peut se déplacer librement une fois l’accès au parc payé. En effet, la mine fait partie de la réserve naturelle de Malolotja (c’est en revanche un cul de sac, la poursuite de la visite de la réserve de Malolotja ne peut pas se faire par cette entrée).

La vue est très sympathique sur la vallée en contrebas. Nous pouvons visiter le barrage mais aussi la caverne du lion et quelques randonnées sont disponibles.

Nous partons à la recherche d’une autre entrée de la réserve de Malolotja (comme nous avons payé un ticket à la Mine de fer, notre entrée nous permet de rentrer à nouveau plus loin). Malheureusement dans cette réserve, bien que notre temps soit de courte durée, nous ne croisons quasiment aucun animal, si ce n’est des impalas. Nous déjeunons au restaurant de la réserve.

C’est l’occasion de parler rapidement des restaurants en Afrique du Sud et au Eswatini. Bien que nous n’ayons jamais été déçus de la nourriture mangée, le service est extrêmement long, partout où l’on passe. Le temps passé dans les restaurants nous aura fait perdre beaucoup de temps sur nos étapes et notre trajet. Les tarifs sont environ 3 fois moins chers qu’en France, il faut par contre toujours penser à rajouter environ 10% sur la note finale destiné au service ou pourboire.

Nous reprenons notre route en direction du poste frontière, et après cela nous avons encore au moins 2h de route pas toujours linéaire et asphaltée.

Nous avons choisi Marloth Park comme base de notre première partie de séjour sur le parc Kruger. Marloth Park est une réserve naturelle située à côté du Kruger qu’elle longe et qu’une rivière sépare. Tout ce parc est habité, avec nombre de maisons et auberges traditionnelles. Elle n’a aucune entrée directe sur le parc. L’entrée la plus proche est ensuite Crocodile Brigde à quelques kilomètres de la frontière avec le Mozambique. Il n’y a aucune barrière qui la sépare du reste, de ce fait on peut croiser beaucoup d’animaux type impalas, antilopes etc… La seule barrière est celle qui longe la rivière (et qui sépare du Kruger) car des animaux plus dangereux pourraient traverser. Cela ne les empêche pas toujours et la circulation à pied est interdite la nuit.

Notre maison est fantastique et certainement l’une avec le plus beau cadre. Dans un style complémentent traditionnelle, elle est sur 2 étages avec un jardin luxuriant, un bassin pour se baigner et à seulement 2 minutes de la fameuse rivière.

Jour 12 : Découverte du Parc Kruger

Voilà arrivé notre premier jour au sein du Parc Kruger. Comme expliqué plus haut, depuis Marloth Park, nous devons atteindre la Crocodile Bridge Gate, ce que nous faisons en 30 minutes sur une route très propre. Il y a la queue pour rentrer ; à cette période, le parc ouvre ses portes au lever du soleil soit 6h30. Nous ne descendons pas de la voiture, les tickets s’achètent à une guérite. Sans réservation de nuitée pour ce soir (nous redormons à Marloth Park), nous payons nos entrées à la journée (le prix est d’environ 24 €/personne).

Une fois ce contrôle passé, nous nous arrêtons au Crocodile Bridge Camp : boutiques, station essence, café, supermarché, chaque camp est bien équipé. Ainsi nous achetons notre carte détaillée, quelques cafés pour la route et repérons la carte à l’entrée où les gens notent les animaux qu’ils ont vu la veille.

Aujourd’hui nous allons privilégier nos visites sur la route qui mène à Skukuza (autre camp du Kruger). La première partie qui mène au Lower Sabie est calme. Nous avons pris une route secondaire en pensant voire plus d’animaux, la S82, mais c’est calme. C’est finalement sur la route principale, la H4-2 que nous verrons le plus d’animaux. Nous faisons un stop au fameux Lower Sabie Camp. Celui-ci est posté au bord de la rivière, et c’est donc là que nous découvrirons nos premiers éléphants qui boivent en face du camp. 

Sur cette route, nous croiserons des phacochères, girafes, buffles, zèbres et une multitude d’impalas, toujours très proches du bord de route.

Nous continuons notre route un peu plus loin pour s’arrêter à l’aire de pique-nique de Nkuhlu ; il y a de quoi acheter à manger et c’est suffisant (notre repas nous coûte environ 4 euros). Les singes et les oiseaux guettent les repas que nous laisserions derrière nous. 

Nous faisons le choix de continuer la route vers Skukuza puis de sortir du Kruger par Malelane Gate, mais cette possibilité n’était pas le meilleur choix, la route était plus longue que nous le croyions. Avec le recul, il aurait mieux valu opérer un demi-tour. Pour autant, nous allons croiser beaucoup d’animaux. La plupart des animaux sont visibles assez facilement du bord de la route. Mais les félins eux sont redoutables. Il faut guetter l’amas de voitures pour se dire qu’il y a peut-être quelque chose à voir ! Mais c’est ainsi qu’on ne les loupe pas !

Nous ressortons du Kruger par Malelane Gate, et une voie rapide nous ramène à Marloth Park.

Jour 13 Chasse photographique aux animaux

Nous quittons cette fois Marloth Park car aujourd’hui et demain nous dormirons dans le Kruger, au Skukuza Rest Camp.

Il faut savoir qu’il n’y a qu’un site officiel qui permet de réserver à l’intérieur du Kruger et sur tous les camps (que ce soient des huttes, un camping etc…). Il faut vraiment s’y prendre à l’avance car les places sont vite prises (et bien chères payées). C’est d’autant plus difficile lorsqu’on ne connait pas du tout le parc et qu’on ne se rend pas compte des distances.

Si j’ai un conseil précieux à donner, c’est qu’il n’est pas utile de courir les kilomètres. Déjà parce que les distances sont longues, et la vitesse autorisée ne doit pas dépasser les 50kms/heure ; mais également parce que des animaux, on peut en voir partout, il n’y a pas un coin où on verra plus d’éléphants ou plus de guépards.

Nous repartons en direction de Crocodile Bridge Gate mais cette fois, nous ne payons pas nos entrées. En effet avec une réservation de nuitées à l’intérieur d’un camp, nous les paierons à la réception (du coup, le prix est plus faible, environ 17 euros).

Notre début de route est très ressemblant à la veille, mais cette fois-ci, nous préférons prendre la route principale. Nous verrons notre première famille de lions (des lionnes et leurs petits) qui se balade dans les sous-bois, assez cachée. Nous admirons également pas mal d’éléphants qui traversent souvent la route devant nous.

Nous arrivons à Skukuza, notre camp pour la nuit, aux alentours de 13h et allons donc prendre déjeuner. Le Skukuza Rest Camp est le plus grand du Kruger, il y a donc du choix pour le déjeuner. Celui-ci est très simple mais plutôt bon. Le restaurant se situe près de la rivière Sabie où l’on peut voir au loin des crocodiles et des éléphants. 

Après notre déjeuner, nous prenons possession de nos clés de huttes à la réception. Nous avons pris 3 huttes de 3 personnes chacune. C’est plutôt basique, dans chaque hutte, il y a 3 lits, un frigo et une bouilloire, ainsi qu’une salle de douche. Les cuisines sont sur la terrasse à l’extérieur. D’un avis commun, on se dit que nous ne cuisinerons pas ici. Nous avons vu les singes à l’œuvre. Certains d’entre eux pèsent bien plus que nous et ils rodent partout dans le camp, à la recherche du moindre morceau de nourriture ; on se convainc donc d’aller au restaurant midi et soir !

Nous en profitons pour nous reposer car les après-midis en ce moment sont extrêmement chaudes, il fait plus de 35 degrés. Le camp dispose d’une piscine, le rafraichissement est bienvenu.

Nous refaisons un tour en fin de journée pour 1h environ, le soleil se couchant de toute manière assez tôt (environ 17H30). Depuis le Skukuza Rest Camp, autour de camp, il y a une route qui fait une boucle (les routes H4-1 et H1-2. Ça sera l’occasion de voir des lycaons, des chiens sauvages qui sortent souvent le soir, et qu’on a beaucoup de mal à repérer tellement ils se fondent dans le décor. Nous croiserons également un rhinocéros bien caché dans les feuillages (on se rapproche du big five !).

Nous dinerons au restaurant principal du camp, le Cattle Baron. Bien que le service soit long, nous y avons très bien mangé. C’est l’occasion de manger de très bonnes viandes grillées (diner environ 13€/personne, alcool compris).

Jour 14 : Encore et toujours le Kruger

Comme nous avons dormi au Skukuza et que nous y dormons encore ce soir, nous décidons de faire une boucle plus au nord, une partie du parc que nous n’avons pas encore exploré.

Pour la partie histoire du Parc Kruger, il faut savoir que celui-ci est devenu une véritable référence dans les safaris autour du monde. Tous les animaux d’Afrique sont visibles ici, ainsi que 500 espèces d’oiseaux et plus de 130 types de mammifères. En 1898, Paul Kruger fonde une réserve de chasse contrôlée autour de Sabie. Puis en 1902, le directeur de cette réserve, James Stevenson-Hamilton se rend compte du potentiel touristique et décide d’en développer l’aspect commercial.

La boucle du jour ne sera pas très étendue, encore une fois ce n’est pas la peine de faire beaucoup de kilomètres pour voir des animaux. Notre boucle ira donc jusqu’à l’aire de pique-nique de Tshokwane (route H1-2 puis H10), qui par ailleurs est très sympa (boutique, décor vintage et éléphants en bord de rivière). Nous allons avoir de la chance et voir beaucoup d’éléphants, des lions, mais aussi un guépard très difficile à détecter dans les feuillages (attention aux embouteillages, les mêmes que sur un périph parisien dès que l’on croise les fameux félins !)

Nous déjeunerons à notre base, le camp de Skukuza, mais cette fois-ci dans le côté opposé du camp. Skukuza cache une ancienne gare de train, et les locomotives sont utilisées en hôtel (pour les plus grandes bourses) et un restaurant sous la gare. 

Notre journée sera très ressemblante à la veille. Les grosses chaleurs nous arrêtent pour l’après-midi (les animaux aussi en profitent pour se cacher et se mettre à l’ombre) et nous paressons à la piscine du camp. Nous referrons un tour en fin de journée, dans l’espoir de revoir des lycaons, mais cela est peine perdue, les seuls animaux que nous croiserons seront des impalas.

Nous dinons à nouveau au Cattle Baron, pour gouter cette fois entre autres à de l’impala.  

Jour 15 : Clap de fin au Kruger et Blyde River Canyon

Nous avons réservé, avant de quitter le Kruger un morning drive. Je le recommande à tout le monde au vu tout d’abord du tarif (105R les 3h soit un peu plus de 20€/personne). Cependant, il faut être prêt à se lever tôt (5h30 le départ) mais il est vrai que le guide saura nous montrer pas mal d’animaux. 

Un conseil et pas des moindres : même quand les journées sont chaudes (35° au maximum de la journée), couvre-toi. Le camion dans lequel nous embarquons est ouvert, en plein vent et les nuits très fraiches, j’ai eu particulièrement froid jusqu’au lever du soleil. 

Grâce à ce Game Drive, nous aurons vu de nuit les hyènes que nous aurions loupé sans ça. Les hyènes ont bien mauvaise réputation, et je confirme, de près, ce ne sont pas de beaux animaux. Leurs cris font froid dans le dos ! Nous verrons également quelques éléphants de nuit. Quand le jour se lève, tous les animaux se réveillent, et nous aurons la chance de croiser à nouveau un lion, puis quelques kilomètres plus loin, une lionne.

A notre retour du camp, nous chargeons les voitures et partons pour le Blyde River Canyon. Cela semble un peu chargée comme journée, mais nous nous en doutions. En même temps, notre départ d’Afrique du Sud est déjà pour demain et nous avons beaucoup de kilomètres à faire.

Il y a environ 1h20 de route jusqu’à Graskop, ville camp de base pour la visite du Blyde River Canyon, mais aussi notre propre camp de base pour la nuit à venir. Ayant prévu de nombreux arrêts dans notre journée, nous déposons donc nos valises à notre logement de ce soir.

Le Blyde River Canyon est un lieu unique, il est le 3ème plus grand canyon du monde (après le Grand Canyon aux Etats-Unis et le Fish River Canyon en Namibie). Long de 26km, sa réputation est de taille et attire toujours de plus en plus de touristes. Evidemment, il est nécessaire que le beau temps soit avec soi pour le visiter, mais c’est le cas de notre journée. Pour ceux qui ont du temps, randonner dans le canyon est un véritable bonheur et il existe de nombreux chemins de randonnées.

Le Blyde River Canyon est accessible par une route unique, ponctuée des plusieurs curiosités géologiques.

Nous commençons donc par le Pinnacle Rock, une formation rocheuse solitaire qui s’élève au-dessus de la forêt environnante et offrant des vues panoramiques. A noter que chaque petit site à visiter est payant de quelques rands. Notre arrêt suivant est le Gods Window : après quelques marches en escaliers, le point de vue sur la vallée et les montagnes environnantes est fantastique. Par temps clair, on peut voir jusqu’à la frontière avec le Mozambique.

Il est également possible par un léger détour de la route principale de rejoindre les Lisbon Falls (les plus hautes des deux) ou les Berlin Falls, des cascades jaillissantes.

Nous atteignons les Bourke’s Luck Potholes, des formations rocheuses circulaires créées par l’érosion avec de l’eau stagnante et des passerelles permettant de les traverser au-dessus. L’endroit est apaisant et pas aussi touristique que nous le pensions. C’est ici que nous déjeunerons ; bien que l’endroit soit un snack, le service est bien trop long et nous fait perdre beaucoup de temps sur notre journée.

Puis notre dernière étape le point de vue sur le Blyde River Canyon. Depuis le point de vue, nous voyons tout d’abord les Three Rondavels. Ce sont 3 formations rocheuses en forme de huttes traditionnelles. C’est la curiosité de la région !

Nous terminons par bien entendu par la vue sur le Canyon qui est magnifique. Le panorama est le dernier point de vue de la route avant de faire ½ tour et de retourner à Graskop pour la nuit.

J’encourage ceux qui ont un peu de temps à rester sur Graskop, une journée de plus pour visiter la ville (il y a un super ascenseur panoramique avec vue sur le canyon) mais aussi à visiter Pilgrim’s Rest, un village figé au temps du 19ème siècle et qui rappelle la ruée vers l’or.

Jour 16 : Dernière journée en Afrique du Sud

Le retour vers l’aéroport de Johannesburg est très long et il n’y a aucune étape intéressante sur le trajet qui permette de faire un arrêt ou de la faire en 2 fois. Avec un peu plus de temps, bien évidemment, nous aurions aimé connaitre la capitale Johannesburg, visiter les townships entre autres, mais cela sera pour une autre fois.

Alors nous nous lançons dans un trajet de 4h. La première partie est plutôt sinueuse, car nous sommes en altitude. Une fois dans la vallée, la route est plutôt rectiligne et directe pour nous conduire à l’aéroport. Nous arrivons assez tôt, mais nous n’avons pas non plus assez de temps pour visiter quoi que ce soit dans les environs. Notre vol est à 19h, nous embarquerons pour un vol qui arrivera vers 5h à Frankfort puis redécolle en direction de Paris pour une arrivée autour de 8h.

Ainsi fini notre voyage en Afrique du Sud. Après plus de 15 jours d’exploration intense, notre aventure s’achève. Ce voyage nous a offert des paysages inoubliables dans un pays aux mille facettes et à l’histoire fascinante.

De la splendeur sauvage des parcs, à la vibrante ville du Cap, chaque étape a été un émerveillement. L’Afrique du Sud est un appel au voyage, une invitation à découvrir encore plus, une magnifique découverte !

Les plus du voyage

  • Des paysages à couper le souffle et très variés
  • Une faune accessible et très visible
  • Une ville du Cap vibrante

Les moins

  • De trop longues distances à effectuer entre 2 étapes
  • Des services au restaurant trop long et une répétition dans les menus

Buenos Aires

Séjour de 5 jours en juin 2013

Ce récit de voyage en Amérique du Sud reprend à Buenos Aires après un long voyage de nuit depuis le Brésil (voir article ici) et la ville de Porto Alegre. Il faut compter une vingtaine d’heures de bus de trajet entre les 2 villes . Lors des trajets de bus, d’ailleurs, on descend rarement à la frontière pour les douanes, les passeports sont généralement pris par un agent qui effectue le contrôle. 

Arrivée à Buenos Aires, la station de bus principale est à Retiro et rien de plus simple que d’utiliser le métro pour se déplacer, le SubTe, comme on l’appelle ici. A l’époque (2013), le ticket de métro coûte seulement 2,5 pesos, aujourd’hui il semblerait que l’on soit plus autour de 30 pesos, mais en Argentine, inutile de parler de prix. Malheureusement, chaque année, l’inflation est grandissante et ne se calme jamais.  

D’ailleurs, il y a un véritable trafic de monnaie sur le marché noir. En effet, faire du change dans une banque est totalement défavorable, le peso argentin étant très instable et la monnaie très régulièrement dévaluée. Si tu retires de l’argent en DAB ou payes avec ta CB, tu seras également perdant, car c’est le taux officiel qui sera pris en compte (+ les frais qui incombent). Il existe donc un marché parallèle (appelé « blue market ») pour faire du change mais cela reste aux risques et périls de chacun… Ce change se fait dans certaines boutiques ou directement auprès de vendeurs de rue, qui crient « Cambio, cambio » dans la rue et il faudra prendre quelques renseignements au préalable sur le taux du pratiqué. 

Pour ce séjour à Buenos Aires, j’ai choisi de séjourner à l’hostel Arrabal, qui se situe assez proche de San Telmo et qui est à quelques mètres de la station de métro Independancia. L’hostel est très correcte et organise pas mal de sorties (dont celle du match de football que j’irais voir). 

Buenos Aires est une ville fascinante, elle est très souvent comparée aux capitales européennes… C’est comme être à la maison à des milliers de kilomètres. Beaucoup disent qu’elle ressemble à Paris (avec les cafés de Palermo) ou encore à Madrid (comme l’Avenida principale). Ce qui est également très intéressant avec cette ville, c’est que chaque quartier est très différent et à sa propre âme. 

Ville du tango et terre d’immigrés (les Porteños, les habitants de la ville, dont l’origine du mot signifie « ceux du port » sont des descendants d’espagnols et italiens qui ont débarqué sur les rives du Rio Plata au 19ème siècle), il faudra prendre son temps pour s’imprégner de cette ville ! Voici tout ce qu’il y a à découvrir sur Buenos Aires. 

Centro 

Difficile de décrire le « centre » de Buenos Aires, tellement il est vaste et hétéroclite. Pour résumer au mieux, c’est le quartier historique de la ville, l’un des plus vieux, mais également ponctué des lieux politiques. 

Le plus connu de tous est certainement la Casa Rosada. Ce bâtiment à la façade rose accueille le palais présidentiel. Construite en 1594 par le gouverneur de la ville, elle servit d’abord de forteresse royale. Et pour celles et ceux qui gardent cette image en tête, c’est du balcon de la Casa Rosada, qu’Evita a prononcé son discours en 1945. Lors de mon passage, on y retrouvait chaque semaine ces femmes venues pleurer leurs enfants disparus pendant la dictature militaire.

Il se situe sur la Plaza de Mayo, cette place historique où l’Argentine a proclamé son indépendance le 25 mai 1810, et qui a fait suite à l’Empire coloniale espagnole. Connue de tous, elle est régulièrement le lieu des protestations argentines.

Au centre de la place, se trouve la Piramide de Mayo, cet obélisque construit pour le 1er anniversaire de l’indépendance. Il ne faut pas le confondre avec l’Obélisque de Buenos Aires, monument emblématique de la ville de 63mètres de haut, situé en plein milieu de l’Avenida 9 de Julio.

Cette avenue, qui mélange les styles architecturaux (on passe du post-haussmannien au néoclassique), relie des monuments tels que le Congrès et le Casa Rosada.  Elle ressemble à une autoroute avec ses 12 vois praticables. C’est sur cette avenue que l’on découvre le Teatro Colon, l’opéra de la ville, grandiose à admirer (le style Européen est très présent qu’il soit italien ou français).

On peut également pénétrer dans la Catedral Metropolitana, née durant la deuxième fondation de la ville en 1850 (la première fondation fut totalement détruite par les indigènes). Première église catholique de la ville, on s’étonnera simplement de ne pas voir de tours, comme dans toutes les cathédrales mais un temple grec qui ressemble davantage à un palais de justice. Le Pape François en a été l’archevêque pendant 15 ans. C’est à l’intérieur que se trouve le tombeau de Jose Martin, veillés par des grenadiers, le libérateur de l’Argentine, du Chili et du Pérou avec Simon Bolivar.

Pour terminer cette visite, on pourra s’attarder devant le Cabildo Nacional, plus couramment appelé Ayuntamiento ou Mairie, qui date de l’époque coloniale espagnole.

A tester : le Café Tortoni, café littéraire légendaire avec son élégance à la française

Palermo 

Palermo est typiquement le quartier (on dit « barrio » ici !) que tout le monde peut aimer : street art le jour, bars le soir, ambiance feutrée, etc… Le quartier tient son nom du marin sicilien arrivé sur les rives du Rio del Plata. Palermo est elle-même divisée en plusieurs quartiers  

Palermo Chico où sont rassemblés les palaces et les ambassades. 

Palermo Viejo (ou Palermo Soho) est très traditionnel, avec des maisons du début du 20ème siècle. C’est ici qu’on va également trouvé les cafés, les restaurants, les boutiques de design etc… 

Palermo Hollywood va plus ressembler à New York, avec entre autres, une multitude de restaurants fusion à tous les coins de rues. Chic et trendy sont les mots qui résumeront ce quartier. Pourquoi ne pas pousser également jusqu’au Mercado de Pulgas (le marché aux puces du quartier).

Recoleta 

Le quartier est au cœur de la vie culturelle de la ville. Plutôt chic et également très agréable, il y a de nombreux parcs mais aussi des centres culturels avec des expositions régulières. Son nom provient du « Couvent des Recollets », moines de l’ordre des franciscains qui se sont installés en 1716. 

Le lieu le plus connu du quartier est certainement le cimetière de la Recoleta qui vaut vraiment le détour. Crée en 1822, il accueille les tombes des plus grandes personnalités argentines dont Eva Peron.  Bien évidemment comparé au Père Lachaise, le cimetière est un dédale de ruelles entre statues de marbres, mausolées abandonnés dans des styles parfois très différents.

Le quartier est souvent assimilé à Paris et l’Avenue Alvear, comparée à l’Avenue Montaigne. C’est ici que les palaces et les boutiques grand luxe sont rassemblées. Tout proche également, on peut s’attarder devant la Basilique Notre-Dame-del-Pilar. C’est l’une des plus anciennes églises de la ville, dans un style très baroque. 

A tester : Havana Cafeteria pour un café et muffin 

Puerto Madero 

J’ai la chance d’avoir effectué un premier tour de Buenos Aires avec des amis argentins rencontrés au Machu Picchu qui m’ont fait découvrir entres autres le quartier de Puerto Madero

C’est l’occasion d’ailleurs de goûter ensemble à une spécialité argentine originale “El Submarino” : un verre de lait chaud dans lequel on trempe sa barre de chocolat de la marque Aguila (d’où le nom de sous-marin). C’est la boisson de l’hiver (avec le maté bien sûr).  

Puerto Madero a connu un revirement total en quelques années. Parce que le quartier était mal famé, à la suite de l’abandon du port devenu trop obsolète, la ville avait lancé un grand programme de réhabilitation en construisant de nombreuses habitations modernes , d’où les fabuleux buildings que l’on remarque de loin. Mais l’ambiance général avec des cafés et restaurants dans les anciens entrepôts en fait un quartier très en vue.

El Puente de la Mujer est le lieu le plus connu du quartier. Conçu par l’architecte Santiago Calavatra en 2001, ce pont est très élégant et très élancé.  

La Boca

Tout proche du centre, le quartier de la Boca se situe également près du port. Il tient son nom de son emplacement, proche de l’embouchure du Rio de la Plata. C’est ici que les premiers migrants se sont installés.

Le quartier est bien évidemment connu grâce à son club de football, les Boca Juniors, dont le stade de football, la Bombonera, est toute peinte en jaune et bleue. Les passionnés de football lui vouent un véritable culte et il est tout à fait possible d’aller voir un match dont la culture est profondément ancré en Argentine. Le lieu résume le quartier : une fierté qui ne les quittent jamais.

Dans les alentours, on observe les scènes peintes sur les murs qui représentent les différents personnages de la vie argentine (on y reconnaitra Maradona, Messi). 

Tout à côté, la Calle Garibaldi est plutôt mythique, les maisons de tôles sont peintes de toutes les couleurs. Elle est aussi appelée Caminito, là où s’exposent des peintres et sculpteurs, là où dansent des danseurs de tangos. Difficile de résister à cet ambiance colorée et chaleureuse.

A tester : il faut aller tester le Café La Perla dont la devanture est fantastique.

San Telmo 

Comment ne pas se rendre dans le magnifique quartier bohème de San Telmo, où tout semble figé depuis des années. Loin du tumulte du centre, il faudra s’y rendre un dimanche car il y a une brocante avec de nombreuses antiquités (la Feria de San Telmo) et le marché alimentaire (Mercado de San Telmo qui se situe sous une magnifique halle). Nombreux sont ceux aussi qui réalisent des performances artistiques dont des danseurs de tango.

Le quartier est le berceau bohème de la ville. C’est ici que Buenos Aires fut fondée en 1536, d’où les demeures coloniales somptueuses qui subsistent. Il n’est pas très grand et se visite en une journée maximum.

La Plaza Dorrego est la place centrale, elle rappelle souvent la place du Tertre à Montmartre. On en profitera pour voir la belle Iglesia de San Telmo, dont l’ensemble « La Residencia » a été créé par les Jésuites.

Parmi les autres points à voir, on pourra s’attarder sur l’église orthodoxe de la Sainte Trinité ou encore le MACBA, le musée d’art contemporain de la ville.

Il y a également un circuit à faire sur le thème des personnages de bande dessinée, le Paseo de la Historieta. A différents endroits du quartier, on peut trouver ces sculptures, dont Mafalda, personnage emblématique des années 60/70 en Argentine.

Activités Incontournables

Pour les passionnés de sport, n’hésite pas à te rendre, selon le calendrier, au Monumental, stade des River Plate, situé dans le nord de la ville, ou encore à assister à un match des Pumas en rugby, si jamais les Boca Juniors, cités plus haut, n’ont pas de matchs à domicile.

Le free walking tour, qui permet de faire le tour de tous les monuments et d’en avoir les explications par un guide gratuit (mais rémunéré aux pourboires) me semble une très bonne alternative aux visites, car la visite de la ville ne saurait etre complète sans connaitre son histoire et son passé

La parilla : pour moi, c’est impossible d’être en Argentine sans avoir goûté à la viande argentine. Le mieux c’est évidemment de se faire inviter par des amis argentins, mais sinon plein de restaurants proposent des parillas (viande grillée à la plancha), un vrai délice.

Buenos Aires est la ville du Tango. Alors on est tenté d’aller voir un spectacle. Souvent, cela se présente sous forme de cabaret avec diner inclus. Toutefois en cherchant il est possible d’aller voir un spectacle seul, moins touristique, et donc moins cher (comme « la Milonga Glorieta » ou le Salon Canning).

En résumé de ce passage dans la capitale Argentine, j’aimerais préciser que ce n’est pas à travers quelques mots que l’on peut s’imaginer Buenos Aires, mais en y étant et en y vivant. Cette ville a une âme : il y a mille choses à voir, la vie y est trépidante et quand on la quitte, on se sent triste.

La suite du récit de voyage en Amérique du Sud continuera sur les routes argentines.

Les plus du voyage

  • une forte ressemblance à l’Europe
  • une architecture très hétéroclite
  • la passion pour les cafés

Les moins

  • certains quartiers à éviter la nuit comme celui de la Boca
  • une inflation incontrôlable