Colombie

Récit de 15 jours de voyage en nov. 2018

La vie n’est pas ce que l’on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s’en souvient »

Gabriel Garcia Marquez

Lorsque j’ai voyagé en 2013 à travers l’Amérique du Sud, chaque personne croisée me répétait la même chose : la Colombie est LE plus beau pays d’Amérique du Sud. Il m’a fallu attendre 5 ans pour retourner sur ce continent et pouvoir la visiter. Mais quel magnifique pays !

Les « à priori » sur la Colombie sont unanimes. « Mais pourquoi visiter un pays si dangereux ? ». Je t’arrête tout de suite.  La Colombie est-elle plus dangereuse que Paris ? La Colombie a en effet connu des périodes noires dans son histoire avec le narco trafic et les guérillas, et les touristes ont été malheureusement parfois les cibles de ces conflits. Mais le pays a su sortir du conflit armé en signant un accord de paix avec les FARC en 2016. A t’-on senti de l’insécurité ? Pas une seule fois, même si nous faisions attention à nos affaires et à notre comportement.

Pour nous rendre en Colombie, nous avons voyagé sur Air France / KLM. Nous avons décidé d’atterrir à Bogotá (par vol direct) et de repartir de Carthagène sur la côte Caraïbe (le retour se faisant via Amsterdam). En terme de rapport qualité/prix, c’est l’un des meilleurs choix. Il y a bien sur des vols circulant via les US ou via le Panama, mais pour une si petite différence, le direct était bien meilleur.

De manière générale, le billet d’avion pour l’Amérique du Sud est souvent cher en haute saison, nous avons payé 850 euros. La meilleure période pour s’y rendre est l’hiver soit de novembre à avril. Mais le pays est divisé en 2 avec une partie haute en altitude dans le centre, et la côte Caraïbe où il fait souvent très beau, même en été.

Et pour la 1ère fois de ma vie, après des centaines de vols effectués, j’ai enfin eu le droit à un surclassement à l’aller ! Sièges plus larges, personnel au petit soin, dîner largement amélioré et champagne…que du bonheur pour commencer un voyage !

Jour 1 & 2 : La Gigantesca Bogota

Nous partons un samedi après-midi aux alentours de 17h. Comme précédemment dit, nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir être surclassé sur le vol direct vers Bogotá, le vol passe beaucoup plus vite. Nous arrivons dans la capitale à 22h, heure locale. Nous avions demandé à l’hôtel de venir nous chercher en taxi, surtout à cette heure tardive. Le taxi coûte environ 12€ pour environ 45 minutes de trajet.

Nous avons réservé l’hôtel en avance, le Casa Candilejas. Il est conseillé pour une première fois à Bogotá de se loger dans le quartier de la Candelaria, qui est le quartier historique de la ville et le quartier touristique où tu trouveras tous les logements et restaurants nécessaires.

Nous avions lu beaucoup de choses négatives sur Bogotá, à propos de la sécurité. Comme quoi il n’est pas conseillé de sortir la nuit tombée, qu’il faut prendre un taxi à chaque déplacement (le Lonely Planet est très alarmiste), voila pourquoi nous avons pris un hôtel dans ce quartier. Il est vrai que lorsque nous sommes arrivés en taxi, nous avons trouvé le quartier glauque dans le sens où les rues sont peu éclairées et désertes. C’est ce qu’on a ressenti le 1er jour. Pour autant nous n’avons pas vu d’insécurité et surtout nul besoin de prendre un taxi pour faire 500m.

Concernant cet hôtel, nous avons été dans l’ensemble satisfaits. Mais si je devais retourner à Bogota, je chercherais surement ailleurs.

2 bémols à noter : il faut sonner à chaque fois que vous voulez rentrer (mais il y a beaucoup d’hôtels/BB identiques dans Bogotá, car tout le monde ferme sa porte, sécurité oblige) donc en fonction de l’heure à laquelle tu rentres, ça peut durer plus ou moins longtemps ; il y a eu également un problème sur notre réservation, au lieu d’une chambre pour 2 le 1er soir, nous nous sommes retrouvés dans un dortoir (mais privatisé), comme il était tard, nous n’avons pas trop cherché à comprendre.

Nous nous levons donc le lendemain pour une journée de visite à Bogotá, après un solide petit-déjeuner pris sur la terrasse couverte de l’hôtel, et nous goûtons à la première spécialité, les tamales. Le tamal est un mélange d’aliments, ici au poulet, renfermé dans une feuille de bananier.

Calle de la Candelaria

Nous commençons à appréhender Bogotá par nous-même, avant de nous rendre à 10h pour un tour gratuit de la ville, proposé par Beyond Colombia. Le tour dure près de 3h avec de belles explications sur le centre historique. Rendez-vous est pris devant le Musée de l’Or.  Le tour est proposé tous les jours sans exception à 10h et 14h. Le guide va nous prévenir dès le début. Il fait gris à Bogota, mais la crème solaire est obligatoire. Il avait raison. Pendant le tour, il a plu, il a fait gris, nous avons vu du soleil et surtout nous avons cramé : Bogotá est à plus de 2000m d’altitude.

Le tour va nous permettre de voir les principaux attraits de ce centre colonial entièrement pavé : la Plaza Santander, la rue des Emeraudes, l’église San Francisco, l’église de Santa Clara, la rue des Chichas (cette fameuse bière au maïs), la Plazoleta Chorro de Quevado, le musée Botero, la Casa de la Moneda, la Plaza Bolivar avec la cathédrale, son capitole et son palais de justice, si tristement connu pour la prise d’otages provoqué par le M-19 en 1985, le théâtre Colon et le Centro Cultural Garcia Marquez.

Plazoleta Chorro de Quevedo
Casa de la Moneda
Museo Botero

Après ce tour, nous déjeunons près de la Plaza Bolivar, dans un restaurant appelé Puerta de la Catedral où nous goûtons au plat typique de Bogota, l’Ajiaco. L’Ajiaco et une soupe de pommes de terre, poulet, maïs, avocat … et crème. Il y a bien une chose à retenir de la cuisine colombienne : elle est grasse et lourde.

Plaza Bolivar
Vue depuis le Centre Culturel Garcia Marquez
Spécialité du coin, l’Ajiaco

Aujourd’hui, dimanche, le Musée de l’Or est gratuit. Nous en profitons donc pour visiter ce musée, considéré comme l’un des musées les plus riches et intéressants d’Amérique du Sud. S’y trouvent plus de 50000 objets en or de toutes les périodes culturelles colombiennes.

Pour la fin de journée, nous décidons de nous rendre sur les hauteurs de Bogotá, le Cerro Montserrate, culminant à 3150m. Il est possible de monter à pied, mais ce n’est pas recommandé (quelques vols et agressions ont été recensés). Il existe donc un téléphérique et un funiculaire.

Au sommet, la vue sur la tentaculaire capitale de 1700m2 est exceptionnelle.  On y trouve une église à la cime et une multitude de stands pour manger sur le pouce comme dans un marché.

Vue depuis le Cerro

Pour la fin de journée, nous retournons dans la Candelaria pour dîner à l’auberge Fatima.

Jour 3 : Zipaquira y Villa de Leyva

Pour cette journée au nord de Bogotá, nous avions tourné le problème dans tous les sens. Prendre les transports en commun nous aurait obligé à passer 2 jours pour voir cette partie de la Colombie et surtout à repasser par Bogotá.

Louer une voiture avec chauffeur était donc un bon compromis : nous arrivions à voir tous les sites en 1 journée, et nous n’avions pas la fatigue du voyage. Nous avons donc trouvé l’agence BGA Travel que je recommande chaudement car la journée a été géniale, et le fait que ce soit Bruno notre chauffeur, un Belge installé en Colombie, nous a bien aidé car Bruno n’a pas été un simple chauffeur mais un vrai guide. La journée nous a couté environ 110 €uros mais le confort et le gain de temps que cela nous a apporté n’avait pas de prix.

Après un solide petit-déjeuner composé cette fois-ci d’œufs et de tortillas, Bruno nous attend donc à 8h00. Il nous faut plus d’1h30 pour arriver à notre 1ère étape Zipaquira. Bogotá est malheureusement très engorgée.

Zipaquira est connue en Colombie pour sa cathédrale de Sel. Il n’existe que 3 cathédrales de sel dans le monde, les 2 autres étant en Pologne. Le site est en fait une cathédrale creusée dans des mines de sel, à l’intérieur. L’entrée était de 56000 COP (soit environ 14 €), pas donné pour la Colombie. Des audio guides en toutes les langues sont fournies. Une fois dans la mine, l’accès se fait tout d’abord par un chemin de croix du Christ, ses 14 petites chapelles et les différentes galeries de mines très profondes. Puis nous arrivons dans l’immense cathédrale et ses 3 nefs. Peut-on imaginer à 180m sous la terre un ensemble pouvant accueillir sur 75m de long une messe de 8400 personnes ? Il faut le voir pour le croire.

Nef de la Cathédrale de Sel

Nous nous baladons ensuite dans le centre historique de Zipaquira, sa plaza Mayor, sa cathédrale et ses petites maisons coloniales. Bruno nous fait profiter d’une de ses adresses pour goûter aux empanadas, clairement les meilleures de tout le voyage….

Zipaquira

Nous avons une longue route pour arriver à Villa de Leyva, notre seconde étape. Après un tour de ville, nous sommes déposés sur la place principale. Comme il est l’heure du déjeuner, nous décidons de sortir de la ville pour trouver un petit restaurant très local Chez Jon. D’ailleurs pour le déjeuner, il est courant de demander « el menu del dia » ou « el corriente ». C’est en général un menu fixe avec entrée, plat, dessert et jus. Ici nous paierons 10000 COP avec une soupe de potiron, du riz sauté, des fraises et une nouveauté pour nous un jus de tomate de árbol, un fruit qui n’existe qu’ici.

Nous retournons dans Villa de Leyva, considérée comme l’une des plus belles villes coloniales du pays, voir d’Amérique du Sud. Les rues sont pavées, les bâtiments sont blancs, d’autres avec des bas-reliefs, nous avons l’impression de vivre encore à l’époque coloniale. Certaines anciennes demeures sont d’ailleurs visitables car occupées aujourd’hui par des boutiques et des restaurants. Bien entendu, nous passons longuement par la Plaza Mayor, la plus grande place d’Amérique du Sud, de 120m par 120m et l’une des seules également à ne pas porter le nom de Bolivar.

Plaza Mayor, Villa de Leyva

Nous nous arrêtons sur le retour à Bocaya, lieu de mémoire pour les Colombiens car c’est le lieu de la dernière bataille menée par Bolivar pour le gain de l’indépendance contre l’Espagne.

De retour dans la Capitale, après 3h30 de longue route, nous dînerons dans un petit restaurant d’une picada, morceaux de viande à piquer, et d’arepas (galettes de maïs).

Jour 4 : Voyage vers le pays du café

Nous quittons Bogota très tôt car nous avons réservé un vol pour Armenia. Nous avons voyagé plusieurs fois par avion car en Colombie, les distances sont longues et je déconseille vivement les trajets en bus, nous n’en avons fait qu’un et avec le recul cela nous a pris trop de temps. Arrivés à l’aéroport, nous devons prendre un premier bus pour le centre-ville d’Arménia puis un second qui nous mènera à Salento, dans la Zona Cafetera. Il nous faut plus d’une fois demander notre chemin ou le bon bus car rien n’est indiqué. D’ailleurs, à Salento, le chauffeur ne marque pas l’arrêt et devons donc demander à nous arrêter alors que nous sommes déjà en sortie de ville.

Nous trouvons l’hôtel que nous avions réservé la veille, Ciudad de Segorbe. Ce joli petit hostel est situé dans le centre de Salento, nous avons une chambre qui donne sur un patio agréable, la chambre est un peu humide, il n’y a pas de vitres aux fenêtres d’ailleurs.

Hôtel Ciudad De Segorbe

Salento est en altitude donc la ville est plus fraiche que le reste du pays, et souvent pluvieuse également.

Pour le déjeuner, nous trouvons par hasard un petit restaurant, Sabor Casero, qui ne paie pas de mine de l’extérieur, mais il se trouve qu’à l’arrière, le restaurant dispose d’un balcon où nous pouvons déjeuner d’une soupe, d’une truite (spécialité du coin, la région est connue pour son élevage) et d’un jus de goyave.

Malheureusement il pleut énormément. Nous décidons quand même de visiter les fincas de cafés des environs. Très simple pour s’y rendre, les 4×4 taxis attendent sur la place principale, et quand c’est plein on part. Il est aussi possible d’y aller à pied, en 45 minutes environ.

Les jeep Willy’s, importées pendant la 2nde guerre mondiale, font office de taxis publics

Nous décidons de ne pas nous rendre dans la principale finca, El Ocaso, qui est bien trop visitée et touristique. Nous allons donc à Don Elias, une finca biologique. La visite est intéressante mais nous avons l’impression qu’avec la pluie elle est un peu bâclée. Nous voyons les caféiers, et on nous explique le fonctionnement de la production. Mais ici, plus de production, tout est envoyé à Arménia. Evidemment, nous avons le droit à notre tasse de café. Pour redescendre à Salento, il faudra être patient et attendre la jeep retour qui se remplira de 14 personnes.

Il est bon de savoir que la Colombie est le 3ème exportateur de café au monde, avec des conditions climatiques idéales pour cultiver de l’arabica.

De retour à Salento, nous montons au mirador de la ville et nous baladons dans les rues, dont les maisons et les bâtiments sont typiquement paisas, qu’on peut traduire par « paysan ». En Colombie, une vraie différence est marquée entre les Paisas (les habitants de la région Paisa, donc de Medellín et de la Zona Cafetera) des autres régions du pays (Bogotá ou Cartagene par exemple). Nous en profitons bien sûr pour acheter du café. Nous dînerons dans un resto hyper sympathique appelé El Rincon de Lucy. Pour seulement 8000 COP, nous avons une soupe, une assiette complète avec arepas, chorizo, banane plantain, beignet, salade et un jus.

Jour 5 : Valle de Cocora

Nous nous rendons sur la place principale de Salento pour trouver un 4X4 collectif, en réalité des Jeep Willys,  qui nous mèneront dans la Valle de Cocora. Les 4×4 pour la Vallée partent entre 8 et 9h pas plus tard.

Le clou du spectacle dans la Valle de Cocora, c’est de découvrir les palmiers de cire. Ces palmiers ont la capacité de vivre dans un climat plus froid et humide que la plupart des palmiers, mais ils sont aussi les plus hauts du monde. Certains atteignent 60m de haut.

2 possibilités s’offrent à toi, une fois arrivé à destination. Soit monter au pied des palmiers de cires, soit faire la longue boucle pour arriver de l’autre coté de la Vallée. Nous avions choisi la version n°2 pour un peu de difficulté. Il existe donc un chemin qui en fait le tour. Malheureusement le chemin est très boueux et nous n’avançons pas très vite.

Le chemin s’enfonce dans la forêt et nous montons jusqu’à Acaime où se trouve la Maison des Colibris. Nous avions été mis au courant de la spécialité du coin, el Chocolate con Queso, véridique morceau de fromage dans le chocolat chaud, une spécialité immonde….

La montée jusqu’à la finca La Montana au sommet continue et elle est difficile et pentue. Une fois arrivés ici, nous au sommet le plus haut et nous redescendons donc à travers le Bosque des palmiers

Sur le Bosque, le temps change très vite. Devant nous, des centaines de palmiers de cire, à la fois dans le soleil et le brouillard, cela rend le lieu très mystique.

De retour à notre point de départ, nous reprenons une jeep qui nous ramène à Salento, et pour déjeuner tardivement nous prendrons un jus et des empanadas sur la place principale. Nous consacrons notre après midi au shopping et à la balade dans Salento.

Puis nous nous lançons dans une tradition très typique de la région, le jeu du Tejo. Au bar « Los Amigos » nous tentons de comprendre les règles de ce jeu explosif. Le but est de lancer des pierres sur un carré de sable et viser des cibles pour faire le plus de points possible. Ce que tu ne sais pas, c’est que la cible est un mini explosif…qui réveille tout le bar dès que tu gagnes donc. En tout cas ce jeu nous a bien fait rire.

Nous dînerons finalement au Patio, d’un Burrito et d’un Patacon, un plat à base de bananes plantains frites.

Jeu explosif du Tejo
Patacon, plat servi dans une feuille de bananier

Jour 6 : Une journée à oublier

Malheureusement, il n’y a pas grand-chose à dire sur cette journée perdue. Il y a 2 solutions pour se rendre à Medellín. Prendre un bus de Salento à Medellín. Ou prendre l’avion à Arménia (soit un bus de Salento à Armenia puis de Armenia à l’aéroport). Y ‘a-t-il une meilleure solution ? En tout cas, la notre n’a pas été idéale. Nous avions été prévenus des nombreux travaux sur la route, mais nous n’avions pas imaginé passer la journée sur la route au lieu des 4 heures annoncées… Arrivés à Medellín, à la station de bus, nous prenons un taxi sous une pluie battante à qui nous devrons expliquer le chemin de l’hostel avec Google Maps.

Nous avons choisi l’hôtel Black Pine, situé dans El Poblado. Comme à Bogotá, el Poblado est le quartier préféré des touristes : hostels, restaurants, bars et surtout sécurité sont les points importants pour ceux qui voyagent… Comme il est tard, nous dînerons dans un petit fast food, face à l’hôtel de 2 patacons et 2 jus.

Jour 7 : Medellin et la Comuna 13

Notre journée sera consacrée à Medellín. Depuis El Poblado, nous prenons le métro qui n’est qu’à 15 minutes de notre hôtel et qui va nous mener tout droit dans le centre. Il nous est facile de se repérer mais à l’entrée des policiers sont présents pour aider à trouver notre chemin. Il nous faudra un changement pour arriver à la station San Javier. Cette station est au pied de la Comuna 13 que nous avons décidé de visiter avec un guide. En attendant l’heure du tour, nous profitons de goûter un nouveau jus.

Medellín est décomposée en 6 zones et 16 différentes comunas. La Comuna 13 était il y a si peu le quartier le plus dangereux de Medellín. Mais la création d’un escalator mécanique de 385m en 2012 permit aux habitants d’être enfin intégrés à la ville (auparavant, il fallait grimper la colline à pied). Inversement, le gouvernement pouvait enfin remettre le pied dans un quartier qui était le siège du trafic de drogues et de la vente d’armes (le haut de la colline était la porte d’entrée et sortie sur la région d’Uraba). De plus, en 2002, l’opération Orion, qui consista à envoyer les paramilitaires « nettoyer le quartier » a laissé des traces vives. Aujourd’hui, la Comuna 13 est un lieu vivant mêlant habitants à artistes, et de nombreux projets communautaires tel que le street art. Plus d’infos ici sur Zippy Tours.

Nous commençons en bas de la station pour monter via les escalators et escaliers tout en haut de la colline. Nous découvrons également les graffitis de ce quartier. D’ailleurs ce jour, la rue est envahie par une compétition de descente de vélos acrobatique. En redescendant, nous trouvons un restaurant sympa au milieu de la Comuna 13, vue sur les escalators.

Nous prenons ensuite le fameux Metrocable (téléphérique) qui nous emmène sur une autre colline. Nous avons une magnifique vue sur la ville. Mais pas de  chance pour nous, lors de notre redescente, le téléphérique est arrêté pour causes d’oranges qui guettent (en effet d’en haut, nous voyions les éclairs). Nous devons donc finir à pied. Son surnom de « Ville de l’éternel printemps » lui va si bien. Il pleut souvent sur la ville. Au départ, nous n’étions pas très rassurés, le téléphérique nous a arrêté dans un quartier inconnu dont nous ne connaissions pas la réputation.

Au final, nous arrivons petit à petit dans le centre et nous décidons de visiter le très beau Museo Casa de la Memoria, musée qui retrace l’histoire de la Colombie, plus particulièrement, de la terreur qui régnait à Medellín entre 1970 et les années 2000.

Le Musée est entièrement interactif mais aussi gratuit.

De retour dans El Poblado, nous dînerons Coréen finalement pour changer.

Jour 8 : El Peñol y Guatapé

Nous nous levons très tôt pour nous rendre au terminal de bus El Caribe qui est très éloigné de l’hôtel et du coup nous loupons le petit déjeuner. Il faut environ 2h pour arriver à El Peñol, nous devons d’ailleurs demander au bus de bien nous arrêter, sans quoi il continue.

El Peñol aussi appelé La Piedra est ce fameux rocher de granit haut de 200m. Nous sommes déposés bien en bas de ce rocher, nous avons une petite marche avant d’arriver à son pied.

L’entrée est payante, environ 18000 COP et il faudra 650 marches à flanc du rocher pour arriver a son sommet. De là, la vue est simplement splendide. Des vues sur des dizaines de petits lacs artificiels créés un jour par une inondation involontaire et l’ensemble de la région de Guatapé s’offrent à nous.

Nous décidons ensuite de marcher jusque dans le centre de Guatapé ce qui représente environ 1h de marche le long de la route, mais il est aussi possible de prendre des tuks-tuks. Nous déjeunons d’un corriente à 12000 COP sur le Malecon, l’avenue qui longe la mer.

Guatapé est un beau village aux 1000 couleurs et dont les bâtiments sont recouverts de fresques et bas-reliefs représentant des animaux, des êtres humains ou bien encore la profession de la personne y vivant. Certains maintenant affichent aussi leur passion et à nous d’imaginer l’origine. En Colombien cela s’appelle des « zocalos ». Le village n’est pas très grand, mais il est très agréable de s’y promener, nous nous rendons également sur les hauteurs de la ville et faisons une pause pour regarder un match d’ultimate, un jeu de frisbee très officiel.

Nous rentrons tranquillement vers Medellín et nous arrêtons pour dîner dans Manila, ce quartier qui fait face à El Poblado. Nous goûtons enfin à la Bandeja Paisa, la spécialité de la région Paisa, un peu à contre cœur. C’est un plat mélangeant…riz, viande hachée, œufs frits, bananes plantains, chorizo, haricots, tomates, avocats…un plat bien lourd rien qu’à la liste des ingrédients.

Jour 9 : La Candelaria de Medellín

Ce matin est consacré au centre historique de Medellín, appelé aussi la Candelaria. Nous prenons le métro à nouveau à El Poblado pour descendre cette fois-ci à Albujaira pour faire un tour complet qui nous était proposé par le guide, nous passons donc par le centre d’affaires, le quartier administratif, la Plaza Cisneros, la tour Coltejer (aujourd’hui centre commercial), l’ancienne gare ferroviaire puis la plazoleta de las Esculturas avec ses 23 fameuses statues de Fernando Botero, le célèbre artiste Colombien (dont la Gorda) ainsi que le Musée d’Antioquia et le Centre Culture Rafael Uribe Uribe. Nous trouvons un petit restaurant appelé El Fogon Paisa avec un super menu à 8000 COP seulement.

Plaza Cisneros
Plaza de las esculturas
Ancienne gare ferroviaire
Plaza de las Esculturas

Nous rentrons à l’hôtel pour récupérer nos affaires car nous avons un vol en fin d’après-midi pour Santa Marta sur la côte Caraïbe. Par simplicité, nous prenons un taxi pour aller à l’aéroport. Le vol pour Santa Marta ne nous a pas coûté cher, environ 40€, via Viva Air, une low-cost colombienne. Par contre, chose à savoir, il faut absolument imprimer la carte d’embarquement ce que nous n’avions pas fait, la compagnie facturant en surplus son impression. Il nous reste 15 minutes à peine pour trouver dans l’aéroport quelqu’un qui nous l’imprimera.

Arrivés à Santa Marta, nous décidons une fois de plus de prendre un taxi pour nous rendre à notre hostel. Il existe des bus, cependant il est déjà environ 18h30 et il fait nuit. Pour ne pas perdre plus de temps, un taxi pour environ 10€ nous mènera à notre hébergement, le Cacao Hostel, certainement l’un des meilleurs que nous ayons trouvé en Colombie.

Nous ne sommes pas tout à fait dans le centre ville, il faut environ marcher 15 minutes. Nous ne verrons ce centre que de nuit, mais quasiment tout est rassemblé sur une ou deux rues maximum.

Jour 10 & 11 : Parque Nacional de Tayrona

Nous quittons ce sympathique hostel qui va garder nos valises jusqu’au lendemain pour trouver le bus qui nous emmènera à Tayrona. Pas de station de bus dans cette ville, nous devons attendre à un angle de rue.

Il nous amène tout droit à l’entrée du parc de Tayrona, à El Zaino. El Parque de Tayrona est l’un des parcs nationaux de Colombie et certainement l’un des plus prisés. Il faut savoir que 12% du territoire Colombien est occupé par les parcs nationaux. Pour le résumer, c’est la rencontre de la forêt et de la jungle, la Sierra Nevada, avec une altitude allant jusqu’à 900m avec la mer des Caraïbes, ses eaux cristallines et sa température avoisinant les 30 degrés. La région était habitée par le peuple des Taironas dont nous pouvons encore voir les vestiges. A noter, le parc ferme ponctuellement 3 fois dans l’année, les indigènes souhaitant nettoyer spirituellement le parc. Il ne faut donc pas oublier en entrant ici que nous sommes sur un lieu sacré.

Il y a évidemment un droit d’entrée à payer sur place d’environ 60000 COP. On nous saute dessus à l’entrée car nous devons réserver nos places de camping pour ce soir. En effet certaines personnes viennent à Tayrona à la journée, mais ce n’est pas intéressant car il est difficile de faire l’aller retour en si peu de temps. Les campings eux ne sont pas réservables à l’avance mais sont pris d’assaut pendant la journée. Donc soit il faut s’y rendre de suite quand tu rentres dans le parc, soit tu le réserves à l’entrée. Nous savions déjà plus ou moins dans quelle partie du parc nous souhaitions rester et choisissons donc le camping San Pedro pour 60000 COP la tente de 2 personnes.

De l’entrée, il y a environ 3 km de marche avant d’entrer véritablement dans le parc. Il est possible de faire cette partie en navette et c’est ce que nous avons fait pour ne pas perdre trop de temps (3000 COP).

La balade commence véritablement à la descente de cette navette. Nous passons de chemins en bord de mer à des chemins dans la jungle, en passant par Canaveral et Arrecifes. Nous décidons de passer par notre camping pour laisser quelques affaires et être plus léger. Le camping est situé sur une grande plaine au pied d’une colline mais ça sera le seul coté glamour. Les tentes sont collées les unes aux autres…

Nous continuons notre chemin jusqu’aux plages paradisiaques de la Piscina et Cabo San Juan. Nous alternons entre plages et marches le long de la côte. Nous dînerons au restaurant du camping. Extinction des feux est faite à 22h pour l’ensemble du camp.

Nous nous réveillons assez tôt pour pouvoir profiter de marcher à  la fraîche. Nous ne prenons pas de petit-déjeuner au camping mais sur notre chemin, nous tombons sur una Panaderia, qui fait des pains au chocolat tout droit sortis du four.

Nous nous arrêtons à nouveau à Cabo San Juan pour nous baigner. Il y a moins de monde que la veille et c’est agréable. Puis nous partons en direction de El Pueblito, ancien village des indigènes Taironas perdu au milieu des montagnes. Il nous faudra quasiment 2h de grosse montée et d’escalades de pierres. El Pueblito est un  village avec des anciennes terrasses et des fondations de maisons. Il est à voir si tu décides de ne pas te rendre à la Ciudad Perdida. Cependant, j’ai récemment lu que les indiens auraient obtenu sa fermeture au public, information à vérifier donc.

La descente est plus soft mais assez longue. Nous croisons quelques Taironas sur le chemin. Nous arrivons à El Calabazo, en étant lessivés de notre marche (partis 8h, arrivés 14h). Nous nous arrêtons dans un restaurant en bord de route, en attendant de stopper un bus qui voudra bien nous prendre pour repartir sur Santa Marta.

Nous faisons un détour à l’hostel chercher nos sacs et reprendre rapidement un autre bus cette fois-ci pour Minca.

Jour 11 & 12 : Minca

Minca n’est pas encore vraiment sur les guides, mais cela faisait un bout de temps que je lisais des articles dessus. Minca est un village de montagne perdu en hauteur, à 600m d’altitude, dans la  jungle de la Sierra Nevada.

Nous prenons donc un bus pour nous rendre dans ce village à environ 45 minutes de Santa Marta et qui nous dépose dans le centre. Pour autant, pour se rendre dans les hôtels disséminés un peu partout dans la jungle, il faut prendre une moto taxi. Un très mauvais moment à passer avec le sac de 70L sur le dos sur une route en mauvais état.

J’avais choisi un hostel qui paraissait top, Las Colores de la Sierra. Nous avons été extrêmement déçus.

Tout ce qui était proposé sur le papier n’était pas disponible : quad, yoga etc.

De plus l’hostel est tellement loin du centre que nous devons y dîner les 2 soirs. Résultat : une pizza décongelée et des pâtes…

Par contre, il est vrai que le lieu est sympathique : petite piscine mais très froide, mirador avec hamacs et vue sur la vallée, parfait pour le coucher de soleil de ce soir.

Nous sommes aussi déçus de la chambre, assez humide.

Il faut savoir qu’il faisait 35° degrés à Santa Marta sur la côte et pas plus de 20° ici.

Le lendemain, après plusieurs propositions faites par l’hostel, mais toutes aussi payantes et chères les unes que les autres, nous décidons de faire le tour de la jungle. Ce qui devait nous prendre 6h en prendra 8, au total 27km parcourus dans la journée.

Le tour commence par monter au sommet de la jungle à Los Pinos, puis nous redescendons à travers les champs de caféiers pour arriver à la Cascade Marinha devant laquelle nous pouvons nous reposer dans des hamacs en l’admirant. Nous passons par le centre-ville de Minca ou nous déjeunerons puis nous remontons doucement à notre hostel en passant par Pozo Azules, des piscines naturelles. On a l’impression de ne jamais voir la fin de notre trajet..

Heureusement, les jeux de fléchettes et de cartes nous occupent assez bien le soir même à l’hôtel. Minca, même si ce n’est finalement pas un coup de cœur, nous aura permis de voir la Sierra Nevada de plus près mais aussi de se REPOSER !

Jour 13 : En route vers Cartagène

La première partie de la journée est consacrée à la route pour aller à Cartagena mais la journée va se transformer en longue journée d’attente. Tout d’abord, il nous faut retourner dans le centre de Minca, avec les moto-taxis qu’on va attendre un moment. Puis nous prenons un bus qui nous doit ramener dans le centre de Minca. Nous négocions avec le chauffeur pour qu’il nous dépose non pas dans le centre-ville mais au terminal de bus (moyennant une petite rallonge, nous étions tous dans le même cas dans le bus). En arrivant au terminal, nous nous faisons happés par des bus qui nous proposent le trajet en direct. Mais ce sont en fait des collectivos, les collectivos eux s’arrêtent partout où le client demande à descendre ou à monter. Le trajet va durer 6h au lieu des 4h prévus. En plus de ça, le chauffeur va se faire arrêter par la police pour excès de vitesse, et il va aussi faire intervenir la police car il s’est pris un petit éclat sur le pare-brise. Et à ça, il faut encore rajouter les bouchons en arrivant à Cartagena, notre taxi mettra plus d’1h à arriver à notre hôtel.

Nous avons choisi l’Intercontinental Cartagena, un super hôtel situé à Bocagrande, la partie hôtelière de la ville. L’hôtel est immense, nous avons une belle vue sur la baie depuis la chambre et une belle piscine à rebord avec vue sur la mer. D’ailleurs, 2 cocktails nous sont offerts (un daiquiri maracuja – mon parfum préféré) par l’hôte, bien mérités.

Bocagrande depuis l’hôtel
Piscine de l’Intercontinental Cartagena

En fin d’après-midi, nous nous baladons dans la vieille ville, Cartagena de Indias, qu’on appelle ainsi pour la différencier de Cartagena en Espagne. Cartagena, c’est évidemment la belle des Caraïbes. Durant le voyage, nous avions eu des sons de cloches différents, certaines personnes la peignaient comme une ville trop touristique et pleine de côtés négatifs. J’ai personnellement adoré cette ville. En arrivant sur la côte Caraïbe, tu sentiras tout de suite la différence : différence de climat, de personnes, d’allure etc etc…

La vieille ville, elle, est inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco, c’est un véritable labyrinthe de rues pavées et de bougainvilliers qui colorent les façades des maisons. C’est l’endroit pour flâner le soir comme la journée, un petite préférence pour le soir toutefois, après que les croisiéristes soient rentrés sur leur bateau. C’est aussi un véritable écrin, la circulation étant quasiment interdite à l’intérieur. De plus, à cette époque de l’année, tout est décoré pour Noël.

Les Bougainvilliers de Cartagena
Les Bougainvilliers de Cartagena

Nous trouvons un petit restaurant, le Puente Forte où nous goûtons aussi au jus appelé le Lulo qui est un fruit ressemblant à un citron orange, que nous trouvons qu’en Colombie à nouveau.

Christmas is coming

Jour 14 & 15 : Isla Mucura

Nous nous sommes levés très tôt ce matin car nous décidons de nous rendre 24h sur une île paradisiaque autour de Cartagena. Certaines îles sont à 1h de bateau, la nôtre, Isla Mucura, se trouve à 2h environ en speed boat. Nous nous rendons donc au port situé à l’entrée de la ville historique. Attention, il est interdit de prendre des valises ou backpacks. Il faut voyager léger sur ces îles.

Après 2h de navigation, nous arrivons sur notre île. Le bateau semble faire plusieurs arrêts sur plusieurs îles mais nous sommes les seuls et les premiers à descendre à notre hôtel. Attention quant au  choix de ton hôtel : il y en a certains sur lesquels il y a fête 24h/24 et le nôtre où il n’y a strictement rien à faire… Il doit certainement y avoir des possibilités intermédiaires mais en terme de prix, c’est ce que nous avions trouvé de mieux en dernière minute.

En attendant le lieu, Hôtel Punta Norte, est tout simplement magique. Les chambres sont sur pilotis, on partage cette île avec une petite famille déjà présente donc chacun profite de sa plage personnelle…A noter également, ici il n’y a ni eau potable, ni électricité, pas de wifi et de distributeurs d’argent.

L’Isla Tintinpan, sur laquelle se situe notre hôtel, fait partie de l’archipel de San Bernardo. Il est difficile de se déplacer sur cette île car la mangrove envahit le peu de terre, il est donc conseillé de rester à son hôtel ou de se déplacer en bateau.

Donc nos 24h se résument à beaucoup de repos, de plages, de lectures, entrecoupés de déjeuners et dîners préparés par les personnes travaillant ici : nous goûtons bien sûr aux poissons (sierras et pagres) agrémentés de riz coco (et oui ce sont les Caraïbes).

Le soir, nous partons faire une excursion sur le bateau du propriétaire pour voir les planctons fluorescents. Au départ, le bateau navigue dans le noir, sans que nous ne comprenions rien. Puis le pécheur nous dit de nous mettre en maillot de bain et de sauter à l’eau, pas rassurés du tout, l’eau est sombre. Et c’est là que la magie commence, à chaque mouvement de nos mains et pieds, les planctons commencent à s’illuminer…un moment vraiment inoubliable.

Nous quittons l’île le lendemain matin vers 11h après avoir encore bien profité de la plage.

Jour 15 & 16: Derniers instants à Cartagena

En arrivant à Cartagena, nous retournons séjourner au même hôtel et nous déposons nos valises, nous avons encore une bonne ½ journée devant nous pour visiter toute la ville.

La vielle ville de Cartagena est incroyable. Elle est divisée en trois quartiers : El Centro, San Diego et Getsemani. Nous rentrons dans les remparts par la porte de l’Horloge, celle-ci reliant El Centro à Getsemani.

Que de belles choses à voir ici, le Palais de l’Inquisition, l’un des plus beaux bâtiments de la ville, le Couvent San Pedro Claver, l’église Santo Domingo, le théâtre Herredia, tout en rose, la Plaza de los Coches, la Cathédrale Santa Catalina, las Bovedas, qui sont les boutiques sous les arcades des murailles (des anciens entrepôts à munitions). Nous marchons également sur le haut des murailles et allons jusqu’au Château de San Felipe de Barajas. Nous avons également la chance d’assister à un mariage typiquement caribéen.

Mais le plus beau à voir, ce sont bien les bougainvilliers en fleurs qui couvrent les maisons déjà elles-mêmes colorées. A ne pas manquer dans Cartagena, las Palenqueras, ces femmes habillées de leurs robes jaunes et portant leur panier de fruits sur la tête.

Nous dînons dans Getsemani, près de la Plaza de Trinidad, un quartier plus populaire qu’El Centro, accompagné de 2 mojitos.

Le lendemain, notre avion étant à 14h00 au départ de l’aéroport de Cartagena, nous consacrons notre matinée à du repos au bord de la piscine et à un déjeuner dans Bocagrande.

Il est dur de rentrer après un tel voyage. La Colombie est un pays si beau et si varié que cela nous a vraiment dépaysé. Comme je l’ai mentionné au début, il est difficile de tout voir en 15 jours, nous avons vu les principaux sites, mais si nous avions pu faire le trek de la Ciudad Perdida (qui prend 5 jours) ou aller à Cali, la ville de la Salsa, cela aurait été parfait. Mais chaque chose a malheureusement une fin.

Les plus du voyage

  • Des paysages variés : mer, montagne, jungle, ville
  • Un très bon climat : un peu de pluie, mais bon dans l’ensemble
  • Un pays très abordable en terme de prix

Les moins

  • Les transports : en bus beaucoup trop longs
  • La nourriture très grasse et finalement peu variée

Azerbaïdjan

Récit de 8 jours sur la Route de la Soie, Mai 2018

Tu as surement envie de me dire, pourquoi l’Azerbaïdjan ? A vrai dire, je ne connaissais rien de ce pays avant d’y aller, si ce n’est Bakou et sa mise sur le devant de la scène grâce à l’Eurovision et son grand prix de Formule 1.

Difficile également de situer ce pays, qui n’est ni en Europe, ni au Moyen-Orient. On parlera ici de Caucase comme l’Arménie et la Géorgie.  Le pays a aussi une frontière avec la Russie, la Turquie et l’Iran.

L’Azerbaïdjan est un ex-pays de l’Urss, en bord de mer Caspienne et a de ce fait une double culture : une culture musulmane existante depuis longtemps et une culture russe de par l’occupation de l’URSS entre 1920 et 1991. D’ailleurs, le pays a 2 fêtes nationales : la première pour célébrer la création de sa 1ère république en 1918 et la deuxième en 1991 à la chute de l’URSS. Il est toutefois difficile de considérer le pays comme une démocratie, la famille Aliyev règne de père en fils depuis 2003. C’est aussi un pays en conflit avec ses propres voisins. Les frontières entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont fermées malgré un cessez-le-feu depuis 1994. Il est bien difficile de se retrouver au milieu de tout ça, sur fond de guerre de gaz et pétrole évidemment.

Alors pourquoi l’Azerbaïdjan ? L’envie d’inconnu et de découverte, dans un pays qui permettait une visite en 1 semaine et avec un décalage horaire limité – c’est plus original que Djerba non ? 

Y aller ?

C’est simple, sois tu as le budget pour un vol direct mais pas quotidien, soit comme c’est un ex-pays de l’URSS et que beaucoup de Russes vont en Azerbaïdjan profiter d’un meilleur soleil, tu prends un vol via Moscou sur Aeroflot. Le tarif du vol était de 520€. Il te faut absolument un visa pour voyager dans ce pays, visa qui se commande en ligne sur ce site. Le coût est d’à peu près 20 € valable 3 mois et tu l’obtiens en 24 à 48h.

Se déplacer ?

Le plus simple est clairement de louer une voiture. Bakou n’est pas une immense capitale, nous avons essentiellement marché et visité à pied. Mais dès la sortie de la ville, la voiture est indispensable étant donné que de nombreux sites ne sont pas desservis par bus. Nous avons réservé cette fois-ci sur Carflexi.com, un 4*4 Nissan Qashqai. J’avoue que la fonction 4*4 nous a bien servi quelques fois…Le loueur final était Cermington LLC et nous avons payé environ 215 €uros pour 8 jours.

Jour 1 : Bakou, la Capitale

Nous sommes donc partis la veille, un vendredi soir, le vol étant à 23h30. Nous faisons escale comme prévu à Moscou, escale de 6h beaucoup trop longue. L’arrivée définitive se fait à Baku vers 13h le lendemain. A notre surprise, il n’y a pas de desk pour le loueur de voiture que nous avions choisi, nous demandons donc à un autre comptoir de bien vouloir nous aider à retrouver notre chauffeur qui arrivera quelques minutes plus tard.

Pour notre première nuit à Bakou, nous avons choisi le StayBrigde Suites Baku, situé dans la partie moderne de la ville, où tu peux réserver soit une chambre soit un appartement. Nous avons eu une chambre au dernier étage avec une immense terrasse et une belle vue sur les Flame Towers. Tu peux demander de l’aide au voiturier pour te garer, car les places de parking sont plutôt rares autour.

Depuis l’hôtel, nous décidons de nous rendre plus au centre par le « Bulvar », la promenade le long de la mer. Les fameuses Flame Towers sont toujours dans notre champ de vision. Le GP de F1 était présent la semaine précédente, il y a donc encore beaucoup de tribunes en place, traces au sol etc.

Le Bulvar est très agréable surtout en fin de journée, les gens se baladent, jouent de la musique etc …Au bout de la baie, nous arrivons à Little Venice. Créée de toute pièce, cette mini marina peut être visitée en bateau.

Little Venice

Juste à coté, il y a le musée du tapis. Dans les pays d’Orient, et particulièrement ici sur la Route de la Soie, la fabrication était réputée. Même si tu ne le visites pas, tu seras surpris par son architecture … en forme de tapis.

Musée du tapis de Bakou
Le Bulvar

Nous partons finalement nous balader dans la vieille ville, puis la partie plus moderne de Bakou, le centre étant piéton avec plein de magasins autour de Fontain Square. Cette place très animée à partir de 17h est le lieu de tous les rendez-vous. Notre dîner pour paraître original sera un lavashda (sorte de kebab avec du pain lavash).

Fontain Square

Jour 2 : Péninsule d’Absheron

La péninsule d’Absheron est la partie nord-est de Bakou et tu peux faire le tour de ses principales attractions en 1 journée

La première étape de la journée est Suraxani, également appelé le temple de Feu, à l’origine un temple hindou du 18ème siècle dans lequel le feu central ne s’éteint jamais (la raison scientifique est que le sol est gazeux, ce qui explique la plupart des phénomènes géologiques du pays…).

Puis nous allons à Qala, village typique avec ses maisons en pierre et son immense musée archéologique en forme de forteresse. Une chose typique que l’on va retrouver très souvent dans les villages sont les pipelines, les tuyaux de gaz apparents (et non en sous-sol comme chez nous).

Qala
Pipelines

Mardakan est notre arrêt suivant, c’est un château en plein milieu d’un village serré, il nous est d’ailleurs très difficile d’y accéder, les rues sont petites pour passer en voiture.

Le Château est en ruine, mais il est possible de monter au sommet de la tour (le site n’est pas payant) et d’avoir une vue au loin.

Pour notre déjeuner, nous nous arrêtons en bord de route, sur ce qui ressemble de prime abord à un kebab comme on aurait l’habitude de voir. Mais les serveurs nous font traverser les cuisines pour trouver une salle très agréable avec des banquettes. Nous mangeons pour la première fois très traditionnel et ça nous plait. : Tava Kabab (des boulettes de viandes sur des œufs et tomates cuites), Ouzbek Plov (un plat de riz qui se décline en plus de 40 versions) et bien sur un lavashda pour accompagner.

Tout proche, il y a Pir Hasan, un mausolée musulman.

Nous allons ensuite à Mir Mosvom Ziyaratgah, un tombeau musulman somptueux avec un dôme bleu.

La mosquée est en contrebas et nous devons descendre à travers un cimetière de toute confession avec tombes chrétiennes, musulmanes mais aussi laïques.

Il y a 2 salles, une pour les femmes en rez-de-chaussée et une pour les hommes en étage. Au milieu du rez-de-chaussée se trouve un mausolée couvert de miroirs dont on doit faire le tour en le touchant pour émettre ses souhaits.

Une dame à l’entrée m’explique gentiment et m’aide à me couvrir. Toutefois si tu n’as pas les vêtements pour, ils en prêtent à l’entrée.

Nous voulons voir la mer Caspienne, donc nous nous dirigeons vers la côte.

Nous ne nous faisons pas trop d’illusions, la mer Caspienne est réputée pour ses plateformes pétrolières et sa surexploitation des côtes.

Mais il existe des plages aménagées avec transats et restaurants (malheureusement pas à cette période de l’année).

Ramana, sur notre route, est une forteresse qui domine les champs de pétrole. Il faut savoir que le pays n’est pas très touristique et donc il faut s’armer de patience pour trouver la voisine qui a la clé de cette forteresse. Mais, à vrai dire, le plus impressionnant d’ici, c’est la vue sur l’exploitation pétrolière.

L’une des dernières curiosités de la journée est Yanar Dag, la flamme qui ne s’arrête jamais. Sur 10 mètres environ, la colline flambe éternellement. Evidemment nous connaissons la vraie raison scientifique mais c’est un fait qui étonnait déjà Marco Polo lors de ses voyages dans cette partie du monde.

la Flamme Eternelle

Sur le retour à Bakou, nous nous rendons au Heydar Aliyev Cultural Center. Ce centre est l’une des nouveautés culturelles de la ville. Sa forme particulière et son parc devant en font un lieu assez réputé, pour les touristes et les habitants. C’est, avec les Flame Towers, un must do.

Retour à Bakou,  nous dînerons ce soir à Nergiz, restaurant sur la place Fountain Square. Nous goûtons à un assortiment oriental (avec moussaka, yaourt, légumes) et un plat Azéri, le sack. Avec 2 bières le tout nous coûtera 10 € à peine.

Jour 3 : Nord-Est et Frontière Russe

Nous quittons cette fois-ci Bakou pour le Nord-Est du pays, c’est-à-dire la côte qui longe la Mer Caspienne jusqu’à la frontière Russe.

Nous faisons un tour vers l’intérieur des terres pour traverser les CandyCane Moutains, c’est une vallée avec des montagnes aux multiples couleurs.

Candycane Mountains

Sur la route, nous passons devant le Besbarmaq Dag, surnommée la montagne à cinq doigts de par sa forme. Il est possible de monter à son pied, en 4*4 si possible. Puis ensuite il faut gravir la colline par escaliers. Nous sommes étonnés de voir le profil des personnes qui montent (entre autres des dames âgées ou personnes pas très en forme) mais cette montagne est en fait un lieu de pèlerinage.

Besbarmaq Dag

Nous arrivons à Quba en début d’après-midi. Pas encore tout à fait habitués au style de restaurants qu’on peut trouver (et inversement eux, pas habitués à voir des touristes dans une contrée reculée), nous rentrons chez Mahir, une sorte de cantine où comme dans nos cafétérias françaises, tu suis une queue et choisis ce qui te fait plaisir. Nous prenons un goulasch, un beignet, une salade russe et un doner pour la modique somme de 8 manat soit 4.25 €uros environ.

Nous avons également choisis cette ville comme base pour dormir et nous mettons en quête d’un hôtel. Pour le coup, nous n’avons jamais réservé aucun hôtel dans ce pays (mis à part le jour d’arrivée), mais nous faisions des repérages la veille pour le lendemain sur internet. A Quba, nous tentons le Shahdag Hotel Quba. A cette période, il y a peu de clients et une marge de négociation est possible. La chambre est moderne, et l’hôtel est équipé d’une piscine, d’une salle de sport avec tables de ping pong etc ….

Après une petite pause, nous traversons la rivière pour visiter la ville de Girmizi Gesaba, la partie juive de Quba. Ce quartier toujours habité et actif est considéré comme l’unique ville 100% juive en dehors d’Israel et des Etats-Unis. Elle existe depuis le 13ème siècle.

Girmizi Gesaba

Nous nous rendons également au mémorial du Génocide. Ce musée très récemment créé (2013) reprend l’histoire du génocide de 1918 qu’ont connu les Azéris, et particulièrement les musulmans, commis par les Bolcheviques avec le support de l’armée arménienne.

Le dîner sera plus compliqué ce soir. Il est difficile de trouver quelque chose d’ouvert. Sur une première place, nous trouvons un bar avec quelques habitués qui boivent leur café et qui propose quelques sandwiches. Puis nous tournons en ville et tombons à nouveau sur une cantine où nous prendrons finalement un plat de riz et un goulash.

Jour 4 : Le Shahdag – Au pied du Caucase

Une longue route aller-retour nous attend aujourd’hui car nous allons les villages de montagnes au pied du Caucase.

Cette route ressemble sur la première partie de notre parcours à des gorges, le canyon de Caygosan, puis à des grandes plaines, ici la route et les paysages sont l’attraction principale.

Nous arrivons à Xinaliq, classé comme le plus haut village d’Europe culminant à 2335m d’altitude. C’est un village très traditionnel, sans eau et électricité, et où les poulets et les moutons se baladent tranquillement. Il n’y a pas de route qui le traverse, il faut laisser sa voiture en bas. Il est possible de séjourner à Xinaliq, mais uniquement dans des familles, il n’y a ni hôtel, ni restaurant.

Xinaliq
Xinaliq

En redescendant vers Quba, nous avons vécu l’une de ces aventures dont on se souviendra toujours. Le GPS nous faisant défaut, nous sommes arrivés sur une route qui devenait un chemin boueux se rétrécissant petit à petit.  Il avait beaucoup plu et le 4*4 s’est mis à patiner, le moindre petit coup de volant nous amenait directement dans la rivière. Nous avons eu un peu de mal à nous en remettre…

Après toutes ces émotions, nous redescendons en direction de Quba. Sur la route à l’aller, nous avions repéré des stands où des personnes s’installent à la journée pour faire cuire des galettes et comme nous n’avions pas mangé de la journée, c’est pour nous l’idéal. Dans Quba également, nous avions vu que certaines personnes ouvraient leur fenêtres pour vendre leur propres gâteaux, nous n’avons pas hésité à tester l’une d’entre elles pour prendre des baklavas, ces fameux gâteaux très sucrés d’Europe de l’Est.

Nous quittons Quba pour diriger vers d’autres montagnes. Nous avons beaucoup de route pour arriver jusqu’à Qabala, notre destination du jour. En effet Qabala est aussi au nord de Bakou, mais il nous faut quasiment revenir sur la capitale pour repartir dans le nord.

Nous faisons un arrêt sur la route dans le village d’Ivanovka, une véritable enclave russe. L’arrivée des russes dans ce village remonte à 1847 quand ils ont été chassés de Russie pour ne pas avoir porté de croix. Il existe encore dans ce village un « Kolkhose », une ferme collective soviétique, où tout est fabriqué et redistribué (miel, fromage, pain…). C’est formidable de découvrir ce village hors du temps comme si nous étions encore en URSS.

Ivanovka

Nous arrivons enfin à Qabala. Qabala est une ville sans charme mais elle est au pied des montagnes du Caucase. Nous trouvons un hôtel pas cher, le Qabala City Hotel, où nous avons réglé la nuit environ 30 € avec petit-déjeuner. Pour le soir, nous nous baladons en ville et nous trouvons un très bon restaurant.

Jour 5 : En route vers Sheki

Qabala est aussi considérée comme une station de ski très active en hiver. Nous prenons donc le téléphérique pour monter au sommet, sur le domaine de Tufandag. Les téléphériques sont ouverts tout l’année, la vue est sympathique et les montagnes sont toutes enneigées.

Nous nous rendons en direction de Seki (ou Sheki), plus au nord qui sera notre base pour les 2 prochains jours pour la visite de cette ville mais aussi des environs.

Nous choisissons l’hôtel Sheki Palace, un hôtel extrêmement bien placé, proche de la ville piétonne tout en étant légèrement à l’écart. L’hôtel a également une piscine, agréable pour une pause l’après-midi.

La véritable découverte est le restaurant à à peine 3 minutes à pied, le Gagarin. Ce restaurant quasiment tout en extérieur sert de la nourriture azéri. Nous irons deux fois pendant notre séjour. Nous goûtons au Piti (plat d’agneau cuisiné dans un pot de terre), au Dograma (bouillon avec du mouton), aux Dushbara (ravioles de viande) et aux Dolmasi (feuilles de vignes farcies).

Il faut savoir que la cuisine Azéri est un savant mélange entre la cuisine orientale/turque et la cuisine des pays de l’est. Tu trouveras en plus des plats cités au-dessus beaucoup de viandes grillées,  de plats en sauce, de bortschs, de shawarmas (les shawarmas, équivalent du kebab, sont servis exclusivement le soir, la broche pour les cuire n’étant allumée qu’en fin d’après-midi)…

Seki est un petit bijou du Caucase et est réputé grâce à son emplacement sur la route de la Soie. Les marchands y faisaient étape entre Tbilissi et Bakou dans l’un des 5 caravansérails de la ville.

L’attraction principale que nous visitons est le Palais d’Eté des Khans (ou Xan Sarayi), peuple gouvernant le Causase au 18ème siecle. Le palais est un véritable chef-d’œuvre, fait de mosaïques et de bois, à l’intérieur d’un jardin paisible.

A l’extérieur des remparts, il est aussi possible de visiter le Palais d’Hiver, moins impressionnant mais tout aussi intéressant.

Il ne faut pas manquer de rentrer dans le Caravansérail qui a aujourd’hui était transformé en véritable hôtel.

Caravansérail de Seki

Nous en profitons aussi pour nous balader dans les montagnes environnantes et nous nous arrêtons à Kis, connue pour sa belle église albanais (unique peuple chrétien du pays).

Eglise de Kis

Jour 6 : Villages du Caucase

Notre journée est consacrée aux petits villages caucasiens du nord du pays, à la frontière géorgienne.

Qax est un village en grande partie avec une population géorgienne, étant donné la proximité avec la frontière. Le centre historique, appelé Iceri Bazaar, a été entièrement restauré avec ses rues pavées et ses maisons traditionnelles.

Un peu plus loin, Ilisu, au milieu des montagnes et des cascades, est encore plus traditionnel avec ses maisons de pierres. D’ailleurs, nous sentons que nous ne sommes pas forcément les bienvenus dans leur quotidien, des personnes nous demandant ce que nous faisions ici en nous indiquant la sortie du village.

Nous nous arrêtons également à Zaqatala, sa belle église abandonnée et son ancienne forteresse sur les hauteurs de la ville actuelle.

Nous passons le reste de la journée à nous balader dans les montagnes. Nous ferons un stop en bord de route au Sangar Qala Restauran. Même si tu ne déjeunes pas ici comme nous, il est immanquable de s’arrêter dans ce faux château restaurant grotesque…

Jour 8 : Lahic et Gobustan

Avant de rejoindre la capitale pour nos derniers jours, nous faisons un détour par Lahic, autre village de montagne typique. Il nous en a fallu de peu pour ne jamais y arriver. Quelques minutes avant, un éboulement de pierres bloque la route. Avec des habitants, nous la dégageons en espérant que rien d’autre ne tombera…

Lahic est un village de montagne charmant où les habitants de Bakou viennent régulièrement profiter de leur temps libre. Toutes les maisons ici sont construites en pierre taillée et les rues pavées.

Notre retour sur Bakou se fera via Gobustan. Au sud de la capitale, la réserve de Gobustan est connue pour son site de peintures rupestres. En effet, cette réserve, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, regorge de gravures sur les pierres. La visite commence par un très bon musée, puis il faut reprendre sa voiture pour monter jusqu’à la réserve. Nous nous amusons à deviner les formes des pétroglyphes.

Gobustan

Non loin de Gobustan, nous cherchons le site d’Alat, pas du tout indiqué sur les cartes. Alat est un champ de volcans de boues, qu’il faut absolument voir tellement c’est impressionnant de voir des mini cônes de boues éructant à longueur de temps. Il faut savoir que le pays accueille 50% de ce phénomène géologique du monde.

Nous passons nos deux dernières nuits sur Bakou, à l’Holiday Inn Baku, que je recommande chaudement, tellement le personnel étant accueillant, et les chambres immenses.

Nous décidons de tester un restaurant Russe, le Soloha et avons… détesté l’ambiance comme la nourriture. Nous avons passé 2h avec un chanteur russe qui criait dans nos oreilles pendant tout le repas, horrible. Bon, après tout, si tu as envie de tester la cuisine et la musique russe…

Jour 8 : Dernier jour à Bakou

Nous avions depuis le début décidé de consacrer une seconde journée à la capitale. Comme dans beaucoup de pays, nous dégotons une visite gratuite de la ville à pied, mais nous ne serons que tous les deux, ce qui rend la visite plus captivante.

La vieille ville ou Icarisehar, date du moyen-âge et est une ville fortifiée. A l’intérieur des murailles se trouvent quelques sites majeurs comme la Maiden Tower (ou Qiz Qalasi), le place du marché ou le palais des Shirvanshahs. Cette balade de 3h nous a permis de mieux connaitre et comprendre le site historique de Bakou.

Dans l’après-midi, nous allons enfin au pied des Flame Towers pour les admirer de plus près. Les flames sont occupées principalement par des bureaux.

Palais des Shirvanshas et Flame Towers

La grande mosquée de Bakou est juste à coté. Nous ne pouvons pas la visiter mais elle bénéficie d’un grand parvis avec vue sur la mer.

Bakou est une ville qui a vraiment su s’ouvrir au monde moderne malgré son côté très traditionnel. Entre vieille ville extrêmement bien conservée (et classée au patrimoine mondial de l’Unesco) et sa skyline qui se construit à une vitesse phénoménale, on peut dire que la capitale azéri a su sauté dans un train en marche.

Ce voyage est pour moi est un vrai retour vers la tradition grâce à ses habitants respectant leurs différentes religions et origines et le mélange de ces cultures, et par le fait que le pays soit encore si peu visité.

L’Azerbaïdjan est un pays très ouvert. Les habitants sont principalement musulmans comme déjà évoqué, mais peu pratiquants et peu démonstratifs (quasiment aucune femme ne porte le voile). A vrai dire, pendant l’occupation de l’URSS, les habitants ont été forcés de pratiquer l’islam de manière privée et ceci est resté dans la tradition du pays.

Les plus du voyage

  • Un pays traditionnel, plongeon dans un autre temps
  • Une gastronomie variée, bonne et peu onéreuse
  • Un pays peu touristique

Les moins

  • Le pays n’étant pas touristique, il y a peu d’informations sur les sites à visiter, il n’existe pas de guide en Français
  • La difficulté pour communiquer avec les habitants (sauf si tu parles bien russe)

Bilbao

Récit d’un week-end de 2 jours, Septembre 2017

Bilbao est une super destination pour un week-end. En 2 jours, nous avons eu le temps de visiter le centre-ville, le musée Guggenheim, nous avons pu aller sur les hauteurs de la ville mais aussi aller en bord de mer. 

Avec 3 ou 4 jours, tu peux même pousser jusqu’à San Sebastian, des bus faisant la liaison très régulière entre les 2 villes séparées de 100 kms. D’ailleurs, je te le conseille vivement, je n’entends que du bien de cette ville, et j’espère pouvoir la visiter prochainement.  Pour le coté historique, c’est aussi entre les 2 villes que tu peux passer à Guernica, tristement célèbre grâce à Picasso et son tableau.

Septembre, avec juin, est surement l’une des meilleures périodes, le climat était parfait, environ 25°C et un soleil resplendissant. Mais c’est clairement une ville qui se visite toute l’année.  Nous nous sommes retrouvés par hasard à Bilbao le week-end des musées gratuits, alors n’hésite pas à regarder sur ce site pour la pêche aux infos.

El Nervion, fleuve central de Bilbao

Y aller ?

Easyjet dessert Bilbao à des prix attractifs, nous avons payé seulement 80 €uros le billet aller/retour, avec des horaires arrangeantes pour nous, arrivée le vendredi soir, retour le dimanche soir ! Bon, mis à part le fait que notre vol du dimanche soir ait purement été annulé en dernière minute, nous sommes finalement partis le lundi vers 12h00, Easyjet ayant pris tout en charge et nous a également remboursé notre billet. 

Depuis l’aéroport, un bus assez facile à trouver fait la navette jusqu’au centre-ville pour la modique somme de 2.50 €. 

Où se loger ?

Nous avons choisi de séjourner 2 nuits au Gran Hotel Bilbao, un hôtel 4****. Le tarif était de 230 €uros pour 2 nuits, petit déjeuner inclus et surclassement offert, vue sur la ville. La chambre était grande et bien agencée, le petit-déjeuner, l’un des meilleurs que j’ai pu prendre en plusieurs années. 

Mon seul reproche à faire à cet hôtel serait son éloignement du centre-ville. Bilbao n’est pas grande, mais cet hôtel est à l’extrémité est du centre, quand le musée Guggenheim est à l’extrémité ouest, il faut donc compter environ 40 minutes à pied entre les 2 points. Ajoutons à cela que Bilbao est une ville pentue, et l’hôtel sur les hauteurs.

Où se restaurer ?

Bilbao regorge de bars et de restaurants où tu peux déjeuner et diner, ou « tapear » comme on dit en Espagne. En effet, comme dans tout le pays, je te conseille de te plier à la tradition des tapas et verres à l’apéritif qui remplacera souvent ton diner. 

Mais au pays Basque, les tapas s’appellent les Pintxos (à prononcer pinchos). La plupart du temps, les pintxos sont posés sur le bar et tu choisis celle(s) que tu veux en commandant ton verre, il n’y a pas forcément de carte. Tu trouveras de tout, des tortillas, des croquetas de jambon ou fromage, du poulpe, de l’anchois… 

Nous avons donc navigué de bars en bars pour prendre un pintxo et un verre pour notre dîner sur la Plaza Miguel Unamuno, mais tu peux aussi trouver pas mal de bars dans « las 7 Calles » ou sur la Plaza Nueva. 

Les 2 bars que nous avons testé et que je recommande sont « Chez Claudio » et la « Taberna Plaza Unamuno ». 

Pour le déjeuner du samedi, nous étions en terrasse à Antxi, en face du stade de l’Atletic Bilbao, une adresse sympathique à retenir si tu es dans les parages 

Que visiter ?

Dans la vieille ville, el Casco Viejo

Le Casco Viejo est tout simplement le centre historique avec ses rues pittoresques, ses boutiques et ses bars animés en soirée. Mon conseil, ici, est de simplement se balader et d’explorer. Tu peux entre autre t’arrêter au Teatro Arriaga, théâtre de la ville et la Cathédrale de Santiago. Tu passeras forcement dans les « 7 Calles », le cœur de ce quartier, regroupé en 7 rues (les rues Barrenkale, Barrena, Carniceria Vieja, Belostikale, Tenderia, Artekale et Somera) date du 15ème siècle.

Las 7 Calles

  • Le Marché de la Ribera 

Le marché a été l’une de nos 1ères étapes en arrivant, c’est toujours un plaisir de découvrir les marchés en voyage, véritable reflet de la gastronomie du pays.

  • Ne manque pas la magnifique façade Art Nouveau de la gare bâtie en 1902 
  • Les abords du fleuve 

Entre la vieille ville et le musée Guggenheim, nous avons marché le long du fleuve El Nervion. Traverse le pont Zubizuri (en Basque le « pont blanc »), monument emblématique de Bilbao.

Dans la ville nouvelle, « Ensanche »

  • Le Musée Guggenheim 

S’il n’y avait qu’une seule chose à faire dans cette ville, c’est bien ce musée qu’il te faut visiter et qui a permis à Bilbao de se refaire une réputation. En effet, la ville a vécu une période post-industrielle assez difficile, et construire le pendant du Guggenheim de New York a été une vraie renaissance. 

Tout d’abord, l’édifice, imaginé par Franck Gehry, est à lui seul un véritable chef d’œuvre. Il rappelle le passé sidérurgique et navale de la ville (la structure métallique fait penser à des écailles). 

Quant aux œuvres majeures, certaines se trouvent en extérieur et visibles de tous : « Puppy » de Jeff Koons à l’entrée, ou ses fameuses « tulipes » en bord de fleuve, mais aussi Maman, l’araignée géante de Louise Bourgeois. 

Puppy de Jeff Koons
L’araignée

En ce qui concerne l’intérieur du musée, le style est donc contemporain et moderne, avec des œuvres de Richard Serra, Anish Kapoor, Joseph Beuys, et bien d’autres… 

Le prix du billet est de 10 €uros, nous les avions réservés en avance sur internet pour ne pas faire la queue. 

  • Parque Dona Casilda de turrizar  

Ce parc proche du Guggenheim est parfait pour une pause après déjeuner par exemple. Tu y trouveras également le Musée des Beaux-arts, à visiter si tu en as le temps. Ici ce sont les œuvres de Tapies, Bacon ou Gauguin qui se succèdent, mais aussi de nombreux artistes basques… 

  • Azkuna Zentroa 

Azkuna Zentroa est un lieu remis au goût du jour par Philippe Starck. Ce sont en fait des anciennes halles aux vins et aujourd’hui devenues un centre de loisirs avec piscine, restaurants cinéma etc…  

  • Le stade San Mames 

Comment ne pas passer par San Mames pour voir le stade où joue l’Athletic Bilbao. Malheureusement, pour nous ce week-end là, le club jouait à l’extérieur. Le stade se visite également hors match.

Les hauteurs de la ville

Depuis le Casco Viejo, il te suffit de prendre le Funicular de Artxanda, vieux de 100 ans qui t’emmènera au sommet pour découvrir les plus belles vues de Bilbao, coincée dans une vallée, entre fleuve et collines .

Les alentours de Bilbao

Le 2ème jour, nous avons pris le métro qui nous a menés à Getxo et Portugalete, se faisant face en bord de mer, au bout de l’estuaire de Bilbao. Chacun de ces villages est desservi par l’une des deux lignes de métro de la capitale Basque.

Nous commençons par Portugalete, ville médiévale, sa place del Solar et sa Torre de Salazar 

Entre Getxo et Portugalete, tu peux admirer le « Puente Colgante » qui est le premier pont transbordeur au monde, classé au Patrimoine Mondial de l‘Unesco. Le pont a été imaginé par Alberto Palacio, disciple de Gustave Eiffel 

Puente Colgante
Portugalete

Une fois dans Getxo, tu peux te balader sur « Paseo de las grandes vilas », chemin en bord de mer avec ses villas toutes aussi impressionnantes les unes que les autres. Des petits escaliers te permettent de remonter à la vieille ville.

Paseo de las Grandes Vilas, Getxo

En conclusion, Bilbao est un excellent choix de destination pour un court séjour si tu souhaites trouver un peu le soleil, de la bonne gastronomie et quelques sites culturels à ne pas manquer. Bien évidemment le Guggenheim est un must à visiter. 

Les plus du voyage

  • Un excellent climat
  • Le Musée Guggenheim
  • Les pintxos

Les moins

  • Un retour le lundi pas prévu par Easyjet…

Islande

Récit de 10 jours sur les terres de glace – Juillet 2017

L’Islande n’était pas mon premier choix de vacances. Mais il se trouve que pour l’une des rares fois, nous avons pris des vacances au mois de juillet. Et si tu es frileux, alors l’Islande se visite entre juin et septembre uniquement. Libre à toi de la visiter hors saison bien sûr, mais tes déplacements seront très limités par des routes difficiles et enneigés. Quant aux aurores boréales, la meilleure période n’est pas l’été mais à partir de fin septembre.

Une fois la destination choisie, la question des hébergements et des déplacements est vite arrivée. Je te mets en garde ici, l’Islande est un pays cher. Si tu penses que Paris est cher, alors tu n’as rien vu. De plus, la concentration de touristes se faisant sur les 2 mois d’été, les hébergements sont pris d’assaut.

Comme nous détestons prévoir minute par minute notre voyage et que notre budget n’est pas illimité, flânant de blogs en blogs, nous en sommes arrivés au constat qu’il nous fallait dormir dans la voiture. Mais pas n’importe quelle voiture ! Nous avons loué un camper qui se transforme en couchette le soir. Et l’Islande, grâce à cet engin, est devenue l’une de mes plus belles aventures vécues.

Je te conseille si tu souhaites utiliser le même moyen de locomotion de fouiller sur internet, car il y a une multitude de compagnies disponibles et nous avons choisi la meilleure promotion. Nous avons été très satisfaits de Lagoon Car Rental, et la bête, c’est celle-la, un Caddy Camper de Volkswagen.

Le prix était de 1300 € pour 11 jours (tu vois, quand je te dis que l’Islande est chère) mais ils ont été carrés de A à Z. Lors de notre 2ème étape, nous avons eu un petit problème mécanique et ils ont su nous guider vers le plus proche garage sans que nous ne déboursions rien. 

Petit conseil pour lire cet article : il va aussi falloir t’accrocher quand tu vas le lire et j’en suis désolée d’avance. Les noms de villes et des lieux à visiter sont … difficiles à retenir, lourds et imprononçables.

D’ailleurs, ici je te propose un petit cours. La plupart des noms finissent par ce qu’ils signifient. Je m’explique. Les noms qui finissent en –foss dans mon article désignent une cascade, les noms en –fjordur parlent d’un fjord, s’ils finissent par –vik c’est une baie (comme Reykjavik, la baie des fumerolles), -Jokull pour les glaciers etc etc.

Il en va de même pour les noms de familles qui finissent tous  par –son ou –dottir. Le suffixe -son signifie « fils de » et –dottir « fille de », assorti du prénom de ton père. Donc si ton nom est Jokularson, alors tu es le fils de Jokular. Mais tu peux vérifier ton nom islandais sur ce site ici, c’est encore mieux !

Jour 1 : Le Cercle d’Or

Pour cette destination, nous avons voyagé sur Transavia. L’avantage de l’Islande est que le billet d’avion n’est pas très cher, et la durée n’est que de 3h30. A l’arrivée, vers 1h du matin, un employé de la location de voiture nous attend. Une fois les formalités faites, nous partons chercher un premier endroit pour dormir.

Première surprise, il fait presque jour. En juillet, la nuit ne sera jamais vraiment tombée ; entre minuit et 3h, nous sommes plus dans un clair-obscur.

Deuxième surprise, il est difficile pour une première nuit de trouver un emplacement pour dormir. Sache qu’en Islande, le camping sauvage n’est pas vraiment autorisé, tu es censé poser ta voiture dans un camping. Mais nous avons décidé d’outrepasser cette règle…enfin presque…tu le liras plus tard…

Donc après avoir pas mal tourné sur des petites routes, et essayer de trouver un endroit un peu caché pour être tranquille, c’est un peu déçus que nous nous retrouvons sur un parking d’un centre commercial, hyper glamour pour une première nuit. Pour autant, nous sommes à côté d’une petite boulangerie pour le 1er petit-déjeuner.

Première destination : Thingvellir.

Thingvellir est un parc national situé au nord de Reykjavik, dans ce qu’on appelle le Cercle d’Or.

La plupart des personnes qui visitent l’Islande en moins d’une semaine se contentent du Cercle d’Or. Le Cercle d’Or est une expression pour citer les 3 sites les plus visités d’Islande sur une boucle.

En Islandais, Thingvellir signifie « Plaines du Parlement », ce site est réputé car c’est le lieu où se tenait l’Alping, le 1er parlement Islandais (entre le 5ème et le 8ème siècle).

Thingvellir, c’est aussi la rencontre des plaques tectoniques d’Amérique et d’Europe.

Aujourd’hui c’est un immense lac aux contours verts (oui car il pleut beaucoup) avec beaucoup de formations rocheuses, de cascades, de fermes traditionnelles. Ce sont des paysages encore jamais vus ailleurs. Le parcours autour du lac est assez bien tracé par des chemins, des pontons au-dessus des rivières.

La 2ème étape c’est Geysir. Si tu n’as jamais vu un geyser en activité, alors tu vas être impressionné. Le site en lui-même est une succession de fumigènes sur un sol chaud et au centre ce fameux geyser (geyser est d’ailleurs un terme générique venant du nom de cet endroit, Geysir). Geysir ne jaillit pas beaucoup, si tu le vois, c’est que tu as de la chance. Mais juste à côté jaillit Strokkur qui lui sort environ toutes les 8 minutes à une hauteur de 20m environ. Quand tu es devant, c’est fascinant.

Strokkur

Dernière étape du Cercle d’Or, ce sont les chutes de Gulfoss. Ces chutes (les « Chutes d’Or ») sont les plus connues d’Islande. Elles ne détiennent aucun record, mais leur visibilité et leur accès les rendent facilement visitables. Gulfoss est en fait la succession de 2 chutes de 21 et 11 m (soit 32m au total). Il faut bien se couvrir car le rejet de l’eau de ces cascades est assez fort.

Chutes de Gullfoss

Une fois la route du Cercle d’or terminée, nous décidons que nous ferons le tour de l’Islande dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Une chose est simple ici : il n’y a qu’une seule route qui fait le tour de l’île, la route n°1. Pas beaucoup de risques de se perdre…Nous passons par Sellfoss, pour racheter un duvet supplémentaire (la température descend à 5/6° la nuit) et où nous dînerons au Kaffi Krus (d’un burger et d’une pizza pour la modique somme de 40€, tiens c’est original!).

Aparté sur la cuisine, l’un de mes sujets les plus importants en voyage. Ici, tu ne trouveras jamais ni de la nourriture locale, ni de la bonne nourriture, ni de la nourriture bon marché. Tout est cher et tu te contenteras souvent de manger des burgers, des pizzas… Donc nous prendrons ce principe pour tout le séjour : 1 repas au restaurant (souvent le soir), le petit-déjeuner et le 2ème repas en pique-nique. L’achat idéal aura été de trouver une bouilloire qui se branche sur l’allume cigare, parfait pour les soupes et les thés.

Après diner, il fait encore jour, on se balade dans les villages d’Eyrarbakki et Stokkseyri, 2 villages en bord de mer. Nous dormirons ensuite dans un hameau à l’arrière de quelques maisons et à l’abri des regards.

Jour 2 : Côte Sud de l’Islande

Tu te poses peut-être la question : si nous dormons dans la voiture et en dehors des campings, comment faisons-nous pour nous doucher ? Et bien en Islande, la solution était toute trouvée. Les Islandais ont une culture du bain assez incroyable et les piscines sont suréquipées, pour la simple et bonne raison qu’ici tout fonctionne par géothermie. Le sol étant tellement chaud qu’il produit de l’eau chaude en abondance. Du coup, le moindre petit village a sa propre piscine. Mais quand je dis piscine, j’entends 2 ou 3 bassins pour nager, plusieurs jacuzzis chacun à sa propre température, des toboggans, des saunas et le tout à des heures hyper pratiques (comme 6h-22h) car ici c’est LEUR activité fétiche. Une autre chose à savoir sur les piscines c’est qu’ici tu devras te doucher avant et après, nu, et te savonner. Aucune gêne à avoir, c’est obligatoire, tout le monde le fait et ils sont très rigoureux là-dessus. L’eau étant quasi naturelle, sans chlore, il est nécessaire d’en préserver sa qualité.

Alors le 1er jour, en nous réveillant, nous sommes allés profiter de la piscine du village d’Hella, pour nous doucher bien sûr, mais aussi bien profiter des jacuzzis… pour un coût de 6 € par personne.

Nous reprenons la route n°1, en passant tout d’abord par la ferme de Keldur, une ferme typique d’Islande en tourbe (dont le toit est recouvert d’herbe à la manière des hobbits) ainsi que des chutes d’eau toutes proches. Le temps est très dégagé et nous voyons jusqu’aux volcans gelés.

Si le temps le permet, tu peux aller jusqu’à la piscine cachée de Selvallavalaug, une vraie piscine géothermale. Malheureusement le lit de la rivière étant trop haut, nous n’avons pas pu traverser pour l’atteindre.

Nous allons ensuite à Skogafoss. Cette cascade est assez  spectaculaire par sa hauteur (62m) et son débit. Elle fait face à l’océan. Tu peux monter à son sommet et de là partir en randonnée jusqu’au glacier, en remontant la rivière. Quant à Seljalandsfoss, autre cascade à moins de 10 minutes, elle est tout aussi impressionnante car tu peux passer derrière et subir la force du débit.

Seljalandsfoss
Skogafoss
Vik

Nous continuons notre chemin pour Vik, dernière étape de la journée, petite bourgade de la côte sud. Nous nous promenons dans le village, assez charmant, et prenons de la hauteur depuis le parvis de l’église pour pouvoir mieux l’admirer. Nous dînerons finalement dans ce qui ressemble au relais d’une station-service, N1 (dîner pas fameux).

Etant donné qu’il fait encore grand jour, nous nous rendons à Reynisfjara, à 5km de Vik. C’est une longue plage de sable noir frappée par des courants intenses, nous avons l’impression d’être sur une autre planète.  Les colonnes de basaltes qui se dressent en face de la mer la rendent enchanteresse. Face à toi, un pilier de lave se dresse dans la mer, c’est Dyrholaey, qui se compose en fait de plusieurs formations rocheuses, falaises et arches dans et en bord de mer.

Plage de sable noir de Reyjis

Nous avions prévu de nous poser sur un petit parking devant l’église de ce charmant village de Reynis, mais c’est sans compter sur une locale venue nous réveiller à 1h, nous avertissant que se garer pour dormir est interdit et qu’il faut aller au camping. Contre notre gré, nous nous rendons en direction du parking pour finalement dormir devant sans rentrer et sans payer.

Si tu veux voir des images de l’Islande, surtout de cette partie du pays, tu peux écouter et visionner le super clip de Bon Iver, Holocene.

Jour 3 : Les glaciers

Une partie de la matinée est consacrée à un arrêt au garage de Vik, avec un peu d’inquiétude, allons-nous repartir rapidement ? Depuis le 2ème jour, nous entendons un bruit de roulement dès qu’on accélère un peu, mais plus de peur que de mal, une pierre s’était coincée dans la calandre…

Nous passons par les glaciers Myrdalsjokull et Myrdalssandur. Tu peux les voir depuis la route  n°1 à travers les plaines que nous traversons à la sortie de Vik, plaines qui semblent désolées et qui ont été formées à la suite d’une succession d’irruptions volcaniques.

Nous faisons un détour par le canyon de Fjardrargljufur, d’une beauté incroyable quand le soleil rayonne à travers les falaises.

Puis passage par Kirkjubaejarklaustur (tellement imprononçable que les Islandais l’appellent Klaustur) c’est le 1er village après Vik, après avoir traversé le sandar. Le sandar c’est la plaine qui est formée par la fonte des calottes glaciaires. Ce village est parfait pour une pause, entre cascades et formations rocheuses en colonnes de basaltes à voir.

Nous nous arrêtons à Skaftafell qui est l’épicentre du Parc National du Vatnakojull, le volcan. Ici les chemins sont tout tracés avec plusieurs randonnées possibles. Nous nous dirigeons donc vers le glacier Skaftafellsjokull où nous pouvons être au pied, malheureusement tu constateras que celui-ci recule de plus en plus. Une 2nde randonnée nous emmène voir la cascade Svartifoss (la cascade noire), entourée de colonnes de basaltes noires.

Skaftafellsjokull
Svartifoss

Nous reprenons la route pour voir Hof et ses fermes et son église en tourbe, qui nous donne l’impression de sortir tout droit du Seigneur des anneaux.

Hof, église en tourbe

Puis nous arrivons finalement vers les fameux glaciers. Nous sommes impressionnés par la grandeur des lieux. Le premier, Fjallsarlon, est une petite lagune remplie d’icebergs. Quant au principal, Jokulsarlon nous en met plein les mirettes. La blancheur du lieu, le bleu de l’eau font de ce glacier un lieu intact et tellement photogénique.  Tu pourrais t’y préparer, mais une fois devant tu as le souffle coupé par la beauté du lieu.

Notre arrêt pour la soirée sera à Hofn. Hofn est un petit port de pêche avec un front de mer agréable Tu pourras goûter à la spécialité du coin, si ton porte-monnaie le permet, la langoustine. Pour la nuit, nous irons au camping municipal de Hofn. L’histoire raconte que nous n’avons jamais trouvé le gardien pour payer notre emplacement 😉

Jour 4 : Fjords de l’Est

Nous prenons notre petit déjeuner sur les hauteurs de la ville avant de nous rendre à la piscine municipale, moderne, très accueillante avec plusieurs toboggans

Nous avons une centaine de kilomètres avant d’entrer dans les Fjords de l’Est. Les Fjords sont une région très peu habitée et l’intérêt de les traverser est principalement pour découvrir les paysages, surtout si tu n’as jamais vu de fjords.

Nous avons plusieurs étapes dans la journée, mais le climat n’est décidément pas avec nous : Djupivogur, petit port de pêche, Berufjordur, Stodvarfjordur… La ville de Faskrudsfjordur, elle, a une histoire française puisqu’elle a été fondée par des marins de Paimpol à la fin du 19ème siècle. Pour se rappeler de ce passé, les noms des rues sont aussi en français.

Neskaupstadur est atteinte après la traversée d’un col (623m) tellement dans le brouillard que nous avançons à moins de 5km/h. Pour y arriver, on doit passer également par un tunnel à sens unique si long. Nous y faisons une pause, la ville est animée par un festival de métal.

Nous revenons sur nos pas pour terminer par Estafjordur & Reydarfjordur (reconnaissable à une immense fonderie venue s’installer ici). Puis nous prenons la route d’Egilsstadir, au bord de l’un des plus grands lacs d’Islande dont les rives méritent un petit détour.

Nous revenons sur nos pas pour dîner chez Salt et nous trouvons un emplacement dans une zone commerciale cachée derrière une banque.

Jour 5 : Fjords de l’Est et Lac Myvatn

Nous partons relativement tôt pour voir le dernier fjord et passer le col très embrumé de bon matin qui nous emmène à Seydisfjordur, ville charmante, départs et arrivées de ferries qui se rendent en Suède ou au Danemark. Les maisons sont toutes colorées, l’église est bleue, le tout autour d’une petite étendue d’eau. Si tu souhaites ne visiter qu’un seul village des fjords, choisis celui-ci.

Seydisfjordur

Nous avons ensuite 3h de route pour atteindre la région du Lac Myvatn. La région est connue pour ses sols volcaniques qui lui confère une atmosphère particulière.

Nous montons d’abord au majestueux cratère Viti. Ce cratère est large de 300m, nous découvrons au centre du cratère un lac d’un vert bleuté.

Leirhnjukur

Nous traversons Krafla la région volcanique. Nous nous promenons à travers les cratères de Leirhnjukur, encore en activité et potentiellement dangereux ; un chemin tracé te permet de marcher autour.

Cratère Viti

A Hverir, tu marches sur un champ de solfatares duquel s’échappe des fumerolles dans tous les coins, c’est irréaliste. C’est un mélange de couleurs incroyables entre l’ocre du sol, le bleu de l’eau, le blanc des fumées, le gris de la boue… Chaque étape de cette journée aura été assez folle en surnaturel.

Nous prenons ensuite la rive droite du lac Bjarnarflag pour trouver la grotte Grotagja. Si tu ne connais pas cette grotte, c’est que tu es passé à côté de la saga Game Of Thrones ces dernières années (pour te rappeler, c’est l’endroit où Ygrid et Jon …). Tu rentres dans la grotte par un tout petit trou et tu découvres derrière une petite étendue d’eau d’un bleu magnifique.

L’arrêt suivant est aussi consacré à GoT saison 3, car nous nous baladons à Dimmuborgir, une forêt de pitons volcaniques parfois hauts de 10m.  C’est un phénomène géologique unique dans le monde.

Nous arrivons sur la rive sud du lac où nous découvrons à Skutustadagiga des pseudos-cratères, encore un phénomène rare, qui existe aussi sur Mars.  

Nous irons jusqu’à Husavik sur la côte Nord pour passer la soirée et dîner chez Gamli Baukur, en bord de port.

Si tu en à l’occasion et que tu as le budget, Husavik est le départ des excursions pour voir les baleines. J’ai personnellement déjà eu cette expérience en Argentine, je ne ressentais donc pas le besoin de le refaire ici (et puis nous allons en apercevoir quand même pendant le voyage…)

Port d’Husavik

Il fait encore grand jour, nous nous baladons sur les routes autour d’Husavik mais j’ai eu ici un mauvais souvenir. Je me suis littéralement fait attaquée par des oiseaux, des sternes artiques. Si tu connais le film d’Hitchcock, alors je suis sure que tu frissonnes. L’oiseau s’amuse à tourner de toi dans le ciel en poussant des cris ardents, puis plonge pour essayer de te piquer. J’ai dû courir jusqu’à la voiture et m’enfermer, l’oiseau a continué de nous poursuivre alors que nous avions déjà fait une centaine de mètres. La simple raison est que si tu te balades sans le savoir autour de nids, la mère est particulièrement féroce et te fera fuir….

Jour 6 : Côte Nord de l’Islande

Nous consacrons notre début de matinée à la piscine d’Husavik, où nous sommes totalement seuls, et où j’ai trouvé le courage de tester la méthode nordique des bains, c’est-à-dire l’alternance de bains chauds (35 à 40°) et froids (5°).

Nous nous dirigeons tout d’abord vers Asbyrgi qui est une gorge immense recouverte d’une forêt dans laquelle nous pouvons nous enfoncer et ainsi marcher au bord des parois de plus de 100m.

Nous prenons cette fois ci la route 86 et faisons un détour par Vesturdalur, qui est le départ de plusieurs randonnées à travers les colonnes de basalte, des falaises et des grottes. Prudence par ici, nous mettrons plus d’1h pour faire 25km sur cette route chaotique et non bitumée.

Avant d’arriver à Akureyri, la 2ème ville du pays, nous traversons les cascades les plus connues d’Islande : Dettifoss, Selfoss et Godafoss.

Dettifoss et Selfoss (les cascades les plus puissantes d’Europe) sont toutes les deux l’une dernière l’autre et un sentier te permet de marcher tout le long. Quant à Godafoss (littéralement la Cascade des Dieux), c’est l’une des plus photogéniques.

Nous dînerons dans cette petite ville charmante, Akureyri, dotée d’un port, d’une rue commerçante, au Akureyri Backpackers. C’est sur les hauteurs de la ville, sur le parking de l’université que nous garerons la voiture pour la nuit.

Jour 7 : Péninsule de Trollaskagi

Avant de quitter cette ville, nous en visitons le jardin tropical avec des espèces venues du monde entier, étonnant vu la proximité avec le cercle Polaire.

Cette journée est consacrée donc à la péninsule de Trollaskagi, la péninsule des Trolls. Il suffit simplement de quitter la route 1 pour la 82, qui fait une boucle sur la péninsule.

Nous passons par les charmants villages de Arskogssandur puis Dalmvik qui elle a son ferry pour la fameuse île de Grimsey. Si tu en as envie, c’est cette île que tu pourras te vanter d’avoir passé le fameux cercle polaire symbolique. A Olafsfjordur, nous sommes attirés par l’odeur qui se dégage d’un petit café. A notre grande surprise, ce café sert un déjeuner buffet à un prix très raisonnable. Nous constatons que déjeuner en Islande peut rentrer dans un petit budget si tu trouves ce genre de café. Le café s’appelle Kaffi Clara.

Siglufjordur

Nos arrêts suivants sont tout en couleur et sous un soleil magnifique. Siglufjordur avec ses anciens entrepôts de pêches réhabilités et Hofsos et sa magnifique piscine en bord de mer… La fin de la journée est consacrée à la visite de Glaumbaer, fermes traditionnelles en tourbe toute reliées ensemble par un couloir central.

Piscine d’Hofsos

Fermes de Glaumbaer

Nous terminons l’étape de la journée par Hvamnstangi en espérant voir des phoques, mais pas de chance nous n’en verrons aucun. Nous nous arrêtons pour la nuit en bord de lagune, l’un des plus beaux endroits que nous ayons trouvé.

Jour 8 : Fjords de l’Ouest

Les côtes Islandaises sont très déchirées, c’est pourquoi tu trouves des fjords des 2 côtés de l’île. Les fjords de l’Ouest sur la carte, c’est l’espèce de main tordue qui se détache du reste de l’île. C’est la région la moins habitée, inaccessible en hiver. Nous en visiterons qu’une petite partie, la Côte du Standir ; en faire le tour prendrait facilement une à deux journées supplémentaires.

Holmavik sur notre route est un village avec une longue histoire de sorcellerie, tu peux y visiter le musée consacré à ce domaine. Toutefois, le point culminant de la journée pour nous est Drangsnes. En contrebas de la route, sur la digue, se trouvent 3 hot spots. Oui, en extérieur, libre à tous d’accès, alors qu’il ne fait pas plus de 10°C dehors. Un moment exquis.

Drangnes

Nous passons par Djupavuk et son ancienne conserverie de poisson fumé réhabilitée. Nous nous arrêtons ici prendre un chocolat chaud dans une auberge qui accueille de nombreux scientifiques. Nous tirons ensuite jusqu’à Nordufjordur, la dernière ville des fjords, de là nous devons faire demi-tour.

Si tu n’as pas beaucoup de temps, je te conseillerai presque de supprimer cette journée, nous avons fait beaucoup de route, pour retrouver des paysages assez ressemblants aux fjords de l’est. Par contre si tu as plus de temps, tu peux faire le tour de cette péninsule en prenant plus de temps. C’est ici aussi que nous apercevrons au détour d’un fjord une baleine…

Jour 9 : Péninsule de Snaefellsnes

La péninsule se situe au Nord de Reykjavik. D’ailleurs lorsque le temps le permet tu peux voir la capitale d’ici et inversement. Malheureusement ce n’était pas notre cas.

Nous nous rendons tout d’abord à Stykkisholmur,  bourgade principale de la péninsule avec ses baraquements tout en couleur. En reprenant la route tu reconnaîtras peut-être Kirkjufell, cette montagne à forme conique, vu dans le film « La vie rêvée de Walter Mitty ».

Kirkjufell
Nous traversons ensuite des champs de lave éteints depuis des années, Berserkjahraun. L’endroit est mystique.

Pour se rapprocher du parc national, tu dois traverser les villages d’Olafsvik et Rif. Arrivés dans le parc, nous ne verrons jamais le sommet de la montagne, sous la brume et la pluie. Nous nous baladons ensuite sur la plage de Dritvik et Djupalon, plages de sables noirs où tu peux aussi voir des débris de bateaux anciens échoués.  

Nous visitons Vatnshellir, un tunnel de lave vieux de 8000 ans qui a été creusé lors des irruptions par la lave. Nous descendons dans ce tunnel depuis la surface par un escalier à colimaçon 32m sous terre et nous découvrons un autre monde.

Nous nous arrêtons à Arnastapi puis à Raudfeldsgja qui est connue pour sa longue et profonde crevasse. Il faut se faufiler entre les parois pour pouvoir rentrer dedans.

Ce soir, nous avons un peu la flemme de chercher un endroit où dormir. Alors nous nous rendons au camping de Reykholt. A 22h, plus personne ne contrôle les entrées et sorties. Coût du camping : 0 €.

Jour 9 : Reykjavik

Notre vol étant à 1h du matin, nous avons une journée entière devant nous, pour profiter de Reykjavik et de ses alentours.

Nous visitons le site historique et archéologique de Reykholt, ce lieu est mentionné dans les sagas islandaises depuis le 13ème siècle. Nous continuons la route vers Barnafoss, la cascade des enfants. Une légende entoure cette cascade. Un jour de Noël, des enfants s’amusèrent au dessus de la cascade pourvue d’une arche de pierre, tombèrent et se noyèrent. Par vengeance, la mère des enfants fit détruire l’arche.

Avant d’arriver à Reykjavik, nous décidons qu’une dernière piscine serait le bon moment. Nous allons à celle de Borgarnes qui sera certainement l’une des meilleures du voyage.

Notre dernière étape est donc la capitale. Reykjavik n’est pas une grande ville. Nous nous garons vers Hallgrimskirkja, la cathédrale symbole qui domine le reste de la ville. Visiter l’église est gratuit, la montée au sommet coûte environ 8€. De là, nous descendons les rues commerçantes pour quelques achats, et une bière. Nous descendons jusqu’à la mer pour voir la Harpa, la récente salle de concert ouverte en 2011. Visiter Reykjavik nous occupe jusqu’à tard, avant donc de reprendre notre vol dans la nuit.

Voila le récit d’une belle aventure sur les routes (..enfin la route) islandaises, si tu as besoin de conseils et d’informations pour visiter ce magnifique pays, qui rentre surement dans mon top 3 des plus belles destinations, alors demande-moi !

Les plus du voyage

  • Des paysages extraordinaires à couper le souffle
  • Les piscines et jacuzzis partout
  • La gratuité de la plupart des sites naturels

Les moins

  • Les prix trop élevés, nous avons l’impressions sans cesse de se restreindre sur le budget
  • La nourriture, à ne pas retenir !

Liban

Récit de voyage de 5 jours, Octobre 2017

Nous ne vivons que pour découvrir la beauté, tout le reste n’est qu’attente

Khalil Gibran

Le Liban a toujours été pour moi un pays … énigmatique, attirant et effrayant à la fois.

Il est certain que ce pays a une mauvaise réputation, niveau stabilité politique. Quand on annonce « on part au Liban », on te répond « ah bon mais ce n’est pas dangereux ? » (J’avoue celle-ci on me l’a faite dans d’autres pays).

Mais je ne peux que chaudement te le recommander. En 2017, après pas mal de recherches sur la sécurité, nous décidons d’y aller, mais aussi de traverser les zones « rouges », celles que le ministère des Affaires Etrangères ne recommande pas (plus d’infos par ici). Malgré une petite frayeur à Saida, que je raconte plus bas, nous n’avons jamais ressenti ni insécurité, ni violence. Les Libanais sont des gens respectueux et chaleureux qui ne souhaitent qu’une chose, faire avancer leur pays et redorer leur blason.

A l’heure où j’écris, des nouvelles tensions sont apparues (oct. 2019) particulièrement à Beyrouth, et je ne saurais te dire si tu peux te déplacer facilement ou non, j’aurais simplement tendance à te dire « sois prudent et profite», le Liban est un très beau pays qui mérite qu’on le visite.

Nous avons voyagé sur 2 compagnies différentes pour nous rendre au Liban : un vol direct à l’aller un vendredi soir avec feu Aigle Azur, et un retour avec escale à Istanbul le mercredi avec Pegasus…Sache que la plupart des horaires de vols au Liban sont de nuits (arrivée 1h, départ 2h du matin).

Comme très habituellement, nous avions réservé une voiture de location sur BSP Autos et nous continuons à réserver sur cette plateforme car nous n’avons jamais eu de problème…Cette fois encore, c’est une Yaris qui nous attend (le loueur final était City Car et la location pour 4 jours nous a coûté 87 €)

J’en profite de parler voiture pour ouvrir une parenthèse sur la conduite au Liban. Sache que pour conduire ici, il faut être un conducteur aguerri et vaillant. La conduite est dirons-nous…chaotique. Pour faire court, il n’y aucun code de la route ici, et c’est la loi du plus fort qui l’emporte…D’ailleurs, je n’ai pas pris le volant une seule fois, et même en tant que passagère, mon cœur a du faire à peu près 1000 bonds. J’ai vu des gens griller les feux, doubler dans des virages en pleine montagne et provoquer des accidents 100m plus haut, j’en ai aussi vu prendre le rond-point en sens inverse car la 1ère sortie à gauche est la plus proche de leur destination. Attention également aux distances : le Liban est un petit pays mais tu feras de la route : bouchons sur toute la Côte, accidents et routes plutôt moyennes dans l’intérieur du pays. C’est l’un des pires pays en terme de conduite.

Question climat, fin octobre, nous avons tout eu : du très beau temps sur la côte, mais aussi froid en passant les montagnes, et de la pluie battante sur Beyrouth. Octobre reste un mois très agréable pour visiter.

Voici ci-dessous une idée du trajet que nous avons effectué.

Jour 1 : Côte Libanaise, Jounieh, Byblos et Batroun

Après les formalités de douanes (très longues) et de location, il est déjà 2h du matin, et nous avions décidé de ne pas nous arrêter à Beyrouth et d’aller directement à Jounieh, banlieue balnéaire de Beyrouth. La ville n’est qu’à 27km de la capitale, mais il nous a fallu 1h pour comprendre la conduite du Liban, trouver la bonne sortie et chercher l’hôtel parmi le peu d’indications données.

Nous avions réservé le Monte Mare Hotel, un petit hôtel 4**** en bord de mer. A cette période de l’année, il n’y a quasi personne (constat fait dans tout le Liban) mais nous sommes accueillis comme des rois malgré l’heure, et c’est de là que nous comprenons la générosité des Libanais. Le prix était d’environ 50 €, la chambre agréable, petit déjeuner servi à table avec des boissons chaudes et froides, galettes, légumes, fromages libanais.

Baie de Jounieh
Baie de Jounieh
Notre Dame de Harissa, Jounieh

A Jounieh, petite cité côtière située en bas d’un promontoire, l’endroit incontournable c’est Notre Dame De Harissa ou  Notre Dame du Liban (Harissa étant ici le nom de la montagne) avec sa statue de la Vierge qui surplombe toute la baie ainsi que son église moderne en contrebas.

La vue sur la baie est superbe et très dégagée. On aperçoit Beyrouth au loin. Nous sommes montés en voiture, mais il existe un téléphérique que tu peux emprunter.

Juste à coté de la vierge se trouve la Cathédrale orthodoxe St Paul qui se visite

Pour les Libanais, c’est un lieu de pèlerinage, car cette vierge est la protectrice du pays, elle est d’ailleurs tournée en direction de Beyrouth.

Au Liban, il y a plusieurs confessions qui cohabitent : l’église Maronite pour les Catholiques, des Chiites et des Sunnites pour les Musulmans, mais aussi une part de Druzes et d’Orthodoxes, d’où un mélange de cultures et sites religieux tout aussi différents à visiter lors de ton séjour ici.

Théâtre Romain de Byblos

La 2ème étape de la journée est Byblos ou Jbeil en arabe – tu trouveras souvent différents noms pour chaque ville qu’ils soient en arable, français, grec ou même biblique -.

Byblos est réputée pour son site archéologique en bord de mer ce qui lui confère une atmosphère particulière. Fondée en 7000 avant JC, ce qui fait d’elle l’une des plus anciennes cités du monde, elle a surtout été un centre névralgique sous l’Egypte Antique, grâce à sa position sur la mer.

Il se dit aussi que c’est à Byblos que l’alphabet moderne que l’on utilise aujourd’hui serait né. La ville a été successivement occupée par les Phéniciens, les Grecs, les Romains et les Ottomans.

L’entrée du site archéologique n’est pas très chère. Le site est assez large et on se balade entre chaque partie : le château du temps des croisades, les vestiges de temples, les sarcophages et le théâtre romain. On essuiera une bonne pluie pendant la visite, pour autant il fait toujours très bon.

Après la visite, nous nous baladons dans le souk entièrement restauré de Byblos et nous arrêtons manger chez « Rock » pour notre premier repas libanais : chawarmas (sorte de kebab en galette fine) et soujouks (saucisses de bœuf).

Notre 3ème étape de la journée est la ville de Batroun. Située 16km plus au nord de Byblos et toujours sur la côte, Batroun est surtout connue pour ses remparts phéniciens. C’est une petite ville aux ruelles étroites (et non pavées) ce qui rend la conduite difficile. Le plus simple est de garer la voiture et de visiter à pied : Mur Phénicien, Eglise de la Mer, Eglise Saint Georges (orthodoxe), Cathédrale Saint Etienne (maronite) et souk ancien nous occupent une bonne partie de l’après-midi.

La spécialité de Batroun, c’est la limonade maison. Plein de petits commerces la proposent, n’hésite pas à rentrer dans celui qui te plaira le plus. Au Liban, beaucoup de commerces sont fermés entre 12/13h et 16h. Prends-y garde.

Eglise St Etienne, Batroun
Notre Dame de la Mer, Batroun

Nous décidons de nous rendre pour la nuit à Bcharré, et passer par la Vallée de Qadisha, mais le GPS va nous compliquer la tâche. Comme je l’ai dit plus haut, les routes sont difficiles au Liban, celle indiquée par Google Maps n’est apparemment pas correcte, et à une station essence, les gérants nous disent qu’il faut faire demi-tour pour prendre une autre route un peu plus au nord.

On attaque donc la route de la vallée de Qadisha vers l’intérieur du pays tardivement pour atteindre Bcharré, le village le plus important de la région et le plus au fond de la vallée.

La vallée de Qadisha, c’est la vallée sainte, lieu de nombreux monastère et églises. Région entièrement chrétienne, les paysages y sont majestueux. La plupart des monastères sont des grottes construites à flanc de montagne pour les ermites et les moines qui venaient s’y réfugier.

Quant à Bcharré, la ville a des airs de village des Alpes, entourés de montagnes et chalets en bois. C’est ici qu’est né le poète Khalil Gibran, dont le musée se visite.

Dans la ville, nous trouvons un petit B&B appelé Bauhaus Hotel tenu par le coiffeur Tony juste en dessous. A l’époque, ce B&B est un peu en construction et avec quelques difficultés, nous négocions une chambre à 80 dollars. Un peu cher j’avoue mais la ville est dépourvue d’hôtels ouverts à cette période (il fait froid en altitude).

Sur conseil de Tony, nous nous rendons au River Roc, restaurant de l’autre côté de la ville. Nous serons quasiment les seuls clients. Ambiance étrange mais toujours sympathique, les gérants sont scotchés à leur télé qui diffuse une messe apparemment importante…

En tout cas, nous dinerons d’un excellent taboulé, d’un fatouk (salade de saison) et de brochettes de chiche taouk et kefta pour 20€ à 2.

Jour 2 : Vallée de Qadisha et Plaine de la Beqaa

Nous nous rendons tout d’abord dans Bcharré, pour le petit-déjeuner. Il est 9h et les gens sont à la Messe. Nous trouvons un petit restaurant où nous aurons des omelettes et du pain, le tout cuit dans un four traditionnel, un délice. Les étrangers se font rares par ici, les Libanais sont au petit soin.

Route de la Vallée de Qadisha

Nous partons visiter quelques sites de la Vallée, tout d’abord le couvent Mar Elisha, puis l’ermitage Mar Elisha (Deir Mar Elisha), construit dans la roche, à flanc de montagne.

C’est un ermitage construit par des moines syriens, le tout est très impressionnant. Il faut descendre au fond de la vallée, puis remonter pour y accéder.

Ermitage Mar Elisha

Beaucoup d’autres monastères ne sont accessibles que par chemin, si tu aimes randonner et qu’il fait  beau, c’est un bon moyen de découvrir la vallée.

Nous remontons la route à travers la montagne pour arriver aux “Cedars”, station de ski avec 6 remontées. Evidemment, pas de neige encore, mais seulement des quads qui remontent la montagne.

C’est ici que se trouve l’une des réserves naturelles de forêts de cèdres, le fameux symbole du Liban.

Je ne te cache pas ma déception quand je découvre la si petite taille de la réserve. Quelle tristesse de constater qu’il reste une centaine de cèdres tout au plus. D’ailleurs, le constat est encore plus flagrant quand on prend de la hauteur. La foret des cèdres est une tache dans la vallée de Qadisha.

Foret des cèdres et vallée de Qadisha

Il est temps de traverser le col et de se retrouver dans la Plaine de la Beqaa.

Parenthèse historique, la plaine de la Beqaa est un peu l’arrière-cour du Hezbollah. Au cours de la révolution Iranienne de 1979, des chiites libanais partisans de la révolution y forment leur propre groupe de combattants pour lutter contre Israël, c’est de là qu’est né le groupe armé toujours très présent aujourd’hui.

A Baalbek, ville principale de la Plaine, et sur l’ensemble de la route qui descend du col jusqu’à cette ville, l’ambiance est … électrique : divers contrôles de passeports avant d’arriver, drapeau du Hezbollah omniprésent, et à la sortie du temple, on nous vend même des mugs à leur effigie.

Pour autant, Baalbek est à mes yeux LE site incontournable du Liban.

Appelé également en grec Héliopolis (cité du soleil), la cité a été fondée par les Phéniciens mais a connu son âge d’or à l’époque romaine. Ce sont les vestiges romains les mieux conservés de toute la région : temple de Bacchus, temple de Jupiter, temple de Venus, cour hexagonale. De quoi flâner des heures, nous y resterons d’ailleurs jusqu’au coucher du soleil ce qui en fait des souvenirs magnifiques.

Malgré un site archéologique somptueux, l’atmosphère de la ville ne nous donne pas envie de rester, l’étape pour dormir sera donc Zahlé, déjà en dehors de la plaine de la Beqaa, ce qui n’empêchera pas les nombreux check-points sur le trajet (frontière libano-syrienne à seulement quelques kms).

Baalbek
Temple de Bacchus, Baalbek

A Zahlé, tout se passe dans 2 rues perpendiculaires, après avoir essayé un ou deux hôtels, nous tentons l’hôtel Chtaura qu’on négociera pour 90 dollars avec petit déjeuner.

Le temps de se reposer, nous repartons chercher à dîner. On s’arrête tout d’abord à Berdwani qui est une zone en bord de canal, mais il est dimanche et tard, la plupart des restaurants sont fermés. Finalement sur la route principale nous nous arrêtons dans un restaurant assez voyant de loin, « la Tour ». On y mangera de l’houmous, des galettes de viande au yaourt, des keftas. Il est difficile de se faire comprendre ici mais la propriétaire parle très bien français et prend le temps de nous expliquer tous les plats (les Libanais sont moitié anglophones, moitié francophones). Tout est commandable en ½ portion. Elle nous offre en dessert avec la générosité qu’on leur connait, thés, gâteaux au chocolat, fruits et laits caillés.

Jour 3 : Anjar et retour sur la côte sud

Moins connue que Baalbek, Zalhé est une ville également située à la frontière Syrienne, et juste à côté d’un site archéologique nommé Anjar.

A l’inverse de Baalbek, Anjar est l’ancien site d’une ancienne dynastie islamique, les Omeyyades, fondée au 7ème siècle. Le site est très bien entretenu. On n’y croisera pas âme qui vive.

Anjar, site des Omeyyades

L’étape suivante est Saida, située sur la côte Sud du pays. Saida ou Sidon est une ville plaisante en bord de mer. Mais tout commence par une mauvaise impression : alors que nous sommes garés et déjà un peu éloignés le long de la corniche, 2 personnes postés devant notre voiture nous font des grands signes. On se retourne plusieurs fois, et ayant un pressentiment nous y retournons. Les 2 personnes nous parlent en arabe, nous ne comprenons pas. Par précaution, nous reprenons la voiture, car il y a toutes nos affaires à l’intérieur…Après ça, on mettra plus de 45 minutes à trouver une place en ville.

A Sidon, tu peux commencer ta visite par le souk, traditionnel et très impressionnant car c’est un vrai labyrinthe.

Sidon a été la capitale de la Phénicie pendant l’antiquité, mais comme beaucoup de villes du Liban, elle a été successivement occupée par les grecs, les romains etc.

Le Château de la Mer est comme son nom l’indique une forteresse du 13ème siècle construite par les Croisés et posée sur la mer, seul un ponton de pierres permet d’y accéder. Le château se visite mais il n’est pas très grand, il est plus sympathique de l’observer de l’extérieur. C’est l’un des seuls sites payants de la ville.

Château de la Mer, Sidon

Quant au Khan Al Franj, la traduction est « le caravansérail des Français ». Le caravansérail en orient est une sorte d’hôtel de passage pour les marchands venant de tout horizon, généralement sur 2 étages (les chevaux en rez de chaussée et les hommes en étages) avec une cour intérieure.

Souk de Sidon

Notre 3ème arrêt de la journée sera à Tyr (ou Sur en arabe), l’une des villes les plus au sud du Liban. La ville est sous haute tension car elle est à la frontière avec Israël, et les tirs de roquette entre les 2 pays sont fréquents. Comme à Beyrouth, les marques de la guerre civile sont fortes. C’est aussi le siège de l’UMIFIL, les Forces Intérimaires des Nations Unis, d’où la représentation militaire de différents pays très présente (nous croisons des militaires de République Dominicaine).

Malgré cette réputation, les vestiges de la cité ancienne n’attendent que toi.  Le site archéologique en bord de mer est en excellent état, et là encore le coucher de soleil est magnifique. C’est un incontournable de la ville.

La Hara, le quartier chrétien, également en bord de mer, te permettra de découvrir le charme de cette ville. Maisons coquettes et colorées, ruelles fleuries et intactes, on a presque l’impression d’être dans un autre monde.

Vestiges de Tyr
Tyr

Pour la nuit, nous décidons de reprendre la route et d’aller à nouveau vers l’intérieur des terres à Deir Al Qamar car quelques sites seront à visiter le lendemain, et surtout nous sommes près de Beyrouth pour la dernière journée.

Le choix de l’hôtel est excellent, le Deir Al Oumara, un hôtel avec une cour archée et vue sur les montagnes du Chouf avec 10/10 sur le petit-déjeuner gargantuesque.

Nous irons dîner dans un restaurant sur les hauteurs appelé le Country Gate, je crois que nous serons les seuls clients de la soirée (encore !)

Jour 4 : Bettedine, Chouf et Beyrouth

Dernière journée avant de reprendre l’avion à 2h du matin. Mais nous avons encore plein de choses à faire avant d’aller à Beyrouth.

Nous commençons par visiter le palais de Bettedine. Bettedine signifie la Maison de Dieu. Résidence d’été du président libanais, le palais a été construit en 1788 pour l’Emir Bachir Chehab 2 et sa construction a duré 20 ans. Cour décorée de sculptures et de boiseries, appartements privés, salle de réception, tout fait de ce palais un incontournable au Liban. C’est l’élégance à l’orientale, un palais raffiné somptueux dont on ne peut pas passer à côté sans rentrer.

Nous repassons par le petit village de Deir Al Qamar (Monastère de la Lune en arabe), charmant village de la région, avant de nous rendre à la 2ème réserve de cèdres du Liban, Al Chouf.

La réserve peut se visiter à pied ou en voiture, c’est une boucle toute tracée à l’intérieur. Un garde est posté à l’entrée pour faire payer le droit de passage. Le temps est tellement brumeux que cela donne une ambiance magique. C’est un endroit encore une fois inévitable si tu souhaites voir les derniers cèdres du Liban.

Al Shouf Biosphere Reserve

Cette fois ci, direction Beyrouth.

Nous avions prévu une grande après-midi à Beyrouth et cela nous a suffi. Si toi aussi tu souhaites visiter le Liban, je te conseille pas plus d’une journée à Beyrouth car il y a tant de choses à visiter autour.

Sais-tu d’abord que Beyrouth est surnommée la Petite Parisienne ou encore le Paris du Moyen-Orient ? Beyrouth, de tout le Proche et Moyen Orient est surement la ville la plus occidentale de tous. Elle a entre autre, comme Paris, la culture du café en plein air.

Beyrouth est une ville cosmopolite, qui aujourd’hui se reconstruit encore. Je suis marquée par les centaines de traces de balles sur les murs des maisons et des appartements…Jusqu’en 2006, le Liban vivait sa guerre civile.

Le contraste entre un quartier rénové à l’européenne…
…et un immeuble dont les traces de balles sont encore visibles

Nous commençons par nous rendre au cœur de Beyrouth où se trouve 3 lieux de cultes sur une même place : la mosquée Al Amin, la cathédrale grecque orthodoxe Saint George et la Cathédrale maronite Saint Georges. Quelle belle image que ces 3 lieux saints sur la même place.

La cathédrale est l’un des bâtiments les plus anciens de Beyrouth, datant de 1767, elle est en fait un musée qui abrite les ruines d’une église byzantine découverte après le bombardement de la cathédrale en 1975.

La mosquée Al Amin est une mosquée récente (2006) qui rayonne par son dôme bleu. C’est ici que Rafiq Hariri, ancien premier ministre assassiné est enterré, elle est d’ailleurs communément appelé Mosquée Hariri (en tant que non musulman tu peux la visiter, on te prête de quoi te changer convenablement pour entrer).

Quant à la cathédrale Maronite, elle est inspirée de la Cathédrale Santa Maria Maggiore de Rome.

Cathédrale St Georges et Mosquée Al Amin

Nous passons la première partie de l’après-midi dans les quartiers de Gemmazyeh et Mar Michael. Ces 2 quartiers plutôt tendances, centralisés sur la Rue Gouraud sont les lieux de nombreux restaurants, bars et cafés, galeries d’arts et boutiques. Cela ressemble à un quartier typiquement occidental, bohème et hispter à la sauce orientale.

Nous nous promenons ensuite dans le quartier d’Hamra, qui est le quartier étudiant, tu y trouveras de nombreux fast-foods libanais, cafés et hostels, le tout face à l’Université Américaine de Beyrouth (UAB) dans laquelle tu peux entrer. Cette université est l’une des plus réputées d’Orient et a été fondée en 1866.

Nous terminons notre tour de Beyrouth par la fameuse Corniche de nuit. C’est un endroit réputé pour les promenades et la détente. Elle s’étend de la Marina Saint Georges, le Saint Tropez de Beyrouth où se succèdent bateaux de luxe et yachts club, jusqu’au fameux Rocher au pigeons, cette arche naturelle au milieu de la mer.

Marina St Georges
Pigeon Rocks

Ici s’achève le récit de 4 jours de découverte dans ce pays. J’espère que cet article t’aura donné envie d’aller au Liban. A mes yeux, c’est un pays magnifique qui a tellement à donner, et qui tient tête à sa mauvaise réputation faisant fuir les touristes par le charme de ses habitants et la beauté de ses sites anciens.

 

Les plus du voyage

  • Un voyage solitaire : nous ne croiserons quasiment aucun touriste sur les routes
  • Baalbek : un des plus beaux vestiges romains de cette planète
  • Incontestablement la cuisine !!

Les moins

  • Beaucoup d’endroits fermés et peu de choix pour les hôtels / restaurants dès que l’on quitte la côte et dès lors que nous sommes en basse saison
  • La conduite …