Récit de 15 jours de voyage en nov. 2018
La vie n’est pas ce que l’on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s’en souvient »
Gabriel Garcia Marquez
Lorsque j’ai voyagé en 2013 à travers l’Amérique du Sud, chaque personne croisée me répétait la même chose : la Colombie est LE plus beau pays d’Amérique du Sud. Il m’a fallu attendre 5 ans pour retourner sur ce continent et pouvoir la visiter. Mais quel magnifique pays !
Les « à priori » sur la Colombie sont unanimes. « Mais pourquoi visiter un pays si dangereux ? ». Je t’arrête tout de suite. La Colombie est-elle plus dangereuse que Paris ? La Colombie a en effet connu des périodes noires dans son histoire avec le narco trafic et les guérillas, et les touristes ont été malheureusement parfois les cibles de ces conflits. Mais le pays a su sortir du conflit armé en signant un accord de paix avec les FARC en 2016. A t’-on senti de l’insécurité ? Pas une seule fois, même si nous faisions attention à nos affaires et à notre comportement.



Pour nous rendre en Colombie, nous avons voyagé sur Air France / KLM. Nous avons décidé d’atterrir à Bogotá (par vol direct) et de repartir de Carthagène sur la côte Caraïbe (le retour se faisant via Amsterdam). En terme de rapport qualité/prix, c’est l’un des meilleurs choix. Il y a bien sur des vols circulant via les US ou via le Panama, mais pour une si petite différence, le direct était bien meilleur.
De manière générale, le billet d’avion pour l’Amérique du Sud est souvent cher en haute saison, nous avons payé 850 euros. La meilleure période pour s’y rendre est l’hiver soit de novembre à avril. Mais le pays est divisé en 2 avec une partie haute en altitude dans le centre, et la côte Caraïbe où il fait souvent très beau, même en été.
Et pour la 1ère fois de ma vie, après des centaines de vols effectués, j’ai enfin eu le droit à un surclassement à l’aller ! Sièges plus larges, personnel au petit soin, dîner largement amélioré et champagne…que du bonheur pour commencer un voyage !
Jour 1 & 2 : La Gigantesca Bogota
Nous partons un samedi après-midi aux alentours de 17h. Comme précédemment dit, nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir être surclassé sur le vol direct vers Bogotá, le vol passe beaucoup plus vite. Nous arrivons dans la capitale à 22h, heure locale. Nous avions demandé à l’hôtel de venir nous chercher en taxi, surtout à cette heure tardive. Le taxi coûte environ 12€ pour environ 45 minutes de trajet.
Nous avons réservé l’hôtel en avance, le Casa Candilejas. Il est conseillé pour une première fois à Bogotá de se loger dans le quartier de la Candelaria, qui est le quartier historique de la ville et le quartier touristique où tu trouveras tous les logements et restaurants nécessaires.
Nous avions lu beaucoup de choses négatives sur Bogotá, à propos de la sécurité. Comme quoi il n’est pas conseillé de sortir la nuit tombée, qu’il faut prendre un taxi à chaque déplacement (le Lonely Planet est très alarmiste), voila pourquoi nous avons pris un hôtel dans ce quartier. Il est vrai que lorsque nous sommes arrivés en taxi, nous avons trouvé le quartier glauque dans le sens où les rues sont peu éclairées et désertes. C’est ce qu’on a ressenti le 1er jour. Pour autant nous n’avons pas vu d’insécurité et surtout nul besoin de prendre un taxi pour faire 500m.
Concernant cet hôtel, nous avons été dans l’ensemble satisfaits. Mais si je devais retourner à Bogota, je chercherais surement ailleurs.
2 bémols à noter : il faut sonner à chaque fois que vous voulez rentrer (mais il y a beaucoup d’hôtels/BB identiques dans Bogotá, car tout le monde ferme sa porte, sécurité oblige) donc en fonction de l’heure à laquelle tu rentres, ça peut durer plus ou moins longtemps ; il y a eu également un problème sur notre réservation, au lieu d’une chambre pour 2 le 1er soir, nous nous sommes retrouvés dans un dortoir (mais privatisé), comme il était tard, nous n’avons pas trop cherché à comprendre.
Nous nous levons donc le lendemain pour une journée de visite à Bogotá, après un solide petit-déjeuner pris sur la terrasse couverte de l’hôtel, et nous goûtons à la première spécialité, les tamales. Le tamal est un mélange d’aliments, ici au poulet, renfermé dans une feuille de bananier.

Nous commençons à appréhender Bogotá par nous-même, avant de nous rendre à 10h pour un tour gratuit de la ville, proposé par Beyond Colombia. Le tour dure près de 3h avec de belles explications sur le centre historique. Rendez-vous est pris devant le Musée de l’Or. Le tour est proposé tous les jours sans exception à 10h et 14h. Le guide va nous prévenir dès le début. Il fait gris à Bogota, mais la crème solaire est obligatoire. Il avait raison. Pendant le tour, il a plu, il a fait gris, nous avons vu du soleil et surtout nous avons cramé : Bogotá est à plus de 2000m d’altitude.
Le tour va nous permettre de voir les principaux attraits de ce centre colonial entièrement pavé : la Plaza Santander, la rue des Emeraudes, l’église San Francisco, l’église de Santa Clara, la rue des Chichas (cette fameuse bière au maïs), la Plazoleta Chorro de Quevado, le musée Botero, la Casa de la Moneda, la Plaza Bolivar avec la cathédrale, son capitole et son palais de justice, si tristement connu pour la prise d’otages provoqué par le M-19 en 1985, le théâtre Colon et le Centro Cultural Garcia Marquez.



Après ce tour, nous déjeunons près de la Plaza Bolivar, dans un restaurant appelé Puerta de la Catedral où nous goûtons au plat typique de Bogota, l’Ajiaco. L’Ajiaco et une soupe de pommes de terre, poulet, maïs, avocat … et crème. Il y a bien une chose à retenir de la cuisine colombienne : elle est grasse et lourde.



Aujourd’hui, dimanche, le Musée de l’Or est gratuit. Nous en profitons donc pour visiter ce musée, considéré comme l’un des musées les plus riches et intéressants d’Amérique du Sud. S’y trouvent plus de 50000 objets en or de toutes les périodes culturelles colombiennes.
Pour la fin de journée, nous décidons de nous rendre sur les hauteurs de Bogotá, le Cerro Montserrate, culminant à 3150m. Il est possible de monter à pied, mais ce n’est pas recommandé (quelques vols et agressions ont été recensés). Il existe donc un téléphérique et un funiculaire.
Au sommet, la vue sur la tentaculaire capitale de 1700m2 est exceptionnelle. On y trouve une église à la cime et une multitude de stands pour manger sur le pouce comme dans un marché.

Pour la fin de journée, nous retournons dans la Candelaria pour dîner à l’auberge Fatima.
Jour 3 : Zipaquira y Villa de Leyva
Pour cette journée au nord de Bogotá, nous avions tourné le problème dans tous les sens. Prendre les transports en commun nous aurait obligé à passer 2 jours pour voir cette partie de la Colombie et surtout à repasser par Bogotá.
Louer une voiture avec chauffeur était donc un bon compromis : nous arrivions à voir tous les sites en 1 journée, et nous n’avions pas la fatigue du voyage. Nous avons donc trouvé l’agence BGA Travel que je recommande chaudement car la journée a été géniale, et le fait que ce soit Bruno notre chauffeur, un Belge installé en Colombie, nous a bien aidé car Bruno n’a pas été un simple chauffeur mais un vrai guide. La journée nous a couté environ 110 €uros mais le confort et le gain de temps que cela nous a apporté n’avait pas de prix.
Après un solide petit-déjeuner composé cette fois-ci d’œufs et de tortillas, Bruno nous attend donc à 8h00. Il nous faut plus d’1h30 pour arriver à notre 1ère étape Zipaquira. Bogotá est malheureusement très engorgée.
Zipaquira est connue en Colombie pour sa cathédrale de Sel. Il n’existe que 3 cathédrales de sel dans le monde, les 2 autres étant en Pologne. Le site est en fait une cathédrale creusée dans des mines de sel, à l’intérieur. L’entrée était de 56000 COP (soit environ 14 €), pas donné pour la Colombie. Des audio guides en toutes les langues sont fournies. Une fois dans la mine, l’accès se fait tout d’abord par un chemin de croix du Christ, ses 14 petites chapelles et les différentes galeries de mines très profondes. Puis nous arrivons dans l’immense cathédrale et ses 3 nefs. Peut-on imaginer à 180m sous la terre un ensemble pouvant accueillir sur 75m de long une messe de 8400 personnes ? Il faut le voir pour le croire.

Nous nous baladons ensuite dans le centre historique de Zipaquira, sa plaza Mayor, sa cathédrale et ses petites maisons coloniales. Bruno nous fait profiter d’une de ses adresses pour goûter aux empanadas, clairement les meilleures de tout le voyage….

Nous avons une longue route pour arriver à Villa de Leyva, notre seconde étape. Après un tour de ville, nous sommes déposés sur la place principale. Comme il est l’heure du déjeuner, nous décidons de sortir de la ville pour trouver un petit restaurant très local Chez Jon. D’ailleurs pour le déjeuner, il est courant de demander « el menu del dia » ou « el corriente ». C’est en général un menu fixe avec entrée, plat, dessert et jus. Ici nous paierons 10000 COP avec une soupe de potiron, du riz sauté, des fraises et une nouveauté pour nous un jus de tomate de árbol, un fruit qui n’existe qu’ici.

Nous retournons dans Villa de Leyva, considérée comme l’une des plus belles villes coloniales du pays, voir d’Amérique du Sud. Les rues sont pavées, les bâtiments sont blancs, d’autres avec des bas-reliefs, nous avons l’impression de vivre encore à l’époque coloniale. Certaines anciennes demeures sont d’ailleurs visitables car occupées aujourd’hui par des boutiques et des restaurants. Bien entendu, nous passons longuement par la Plaza Mayor, la plus grande place d’Amérique du Sud, de 120m par 120m et l’une des seules également à ne pas porter le nom de Bolivar.

Nous nous arrêtons sur le retour à Bocaya, lieu de mémoire pour les Colombiens car c’est le lieu de la dernière bataille menée par Bolivar pour le gain de l’indépendance contre l’Espagne.
De retour dans la Capitale, après 3h30 de longue route, nous dînerons dans un petit restaurant d’une picada, morceaux de viande à piquer, et d’arepas (galettes de maïs).
Jour 4 : Voyage vers le pays du café
Nous quittons Bogota très tôt car nous avons réservé un vol pour Armenia. Nous avons voyagé plusieurs fois par avion car en Colombie, les distances sont longues et je déconseille vivement les trajets en bus, nous n’en avons fait qu’un et avec le recul cela nous a pris trop de temps. Arrivés à l’aéroport, nous devons prendre un premier bus pour le centre-ville d’Arménia puis un second qui nous mènera à Salento, dans la Zona Cafetera. Il nous faut plus d’une fois demander notre chemin ou le bon bus car rien n’est indiqué. D’ailleurs, à Salento, le chauffeur ne marque pas l’arrêt et devons donc demander à nous arrêter alors que nous sommes déjà en sortie de ville.
Nous trouvons l’hôtel que nous avions réservé la veille, Ciudad de Segorbe. Ce joli petit hostel est situé dans le centre de Salento, nous avons une chambre qui donne sur un patio agréable, la chambre est un peu humide, il n’y a pas de vitres aux fenêtres d’ailleurs.

Salento est en altitude donc la ville est plus fraiche que le reste du pays, et souvent pluvieuse également.
Pour le déjeuner, nous trouvons par hasard un petit restaurant, Sabor Casero, qui ne paie pas de mine de l’extérieur, mais il se trouve qu’à l’arrière, le restaurant dispose d’un balcon où nous pouvons déjeuner d’une soupe, d’une truite (spécialité du coin, la région est connue pour son élevage) et d’un jus de goyave.
Malheureusement il pleut énormément. Nous décidons quand même de visiter les fincas de cafés des environs. Très simple pour s’y rendre, les 4×4 taxis attendent sur la place principale, et quand c’est plein on part. Il est aussi possible d’y aller à pied, en 45 minutes environ.

Nous décidons de ne pas nous rendre dans la principale finca, El Ocaso, qui est bien trop visitée et touristique. Nous allons donc à Don Elias, une finca biologique. La visite est intéressante mais nous avons l’impression qu’avec la pluie elle est un peu bâclée. Nous voyons les caféiers, et on nous explique le fonctionnement de la production. Mais ici, plus de production, tout est envoyé à Arménia. Evidemment, nous avons le droit à notre tasse de café. Pour redescendre à Salento, il faudra être patient et attendre la jeep retour qui se remplira de 14 personnes.
Il est bon de savoir que la Colombie est le 3ème exportateur de café au monde, avec des conditions climatiques idéales pour cultiver de l’arabica.



De retour à Salento, nous montons au mirador de la ville et nous baladons dans les rues, dont les maisons et les bâtiments sont typiquement paisas, qu’on peut traduire par « paysan ». En Colombie, une vraie différence est marquée entre les Paisas (les habitants de la région Paisa, donc de Medellín et de la Zona Cafetera) des autres régions du pays (Bogotá ou Cartagene par exemple). Nous en profitons bien sûr pour acheter du café. Nous dînerons dans un resto hyper sympathique appelé El Rincon de Lucy. Pour seulement 8000 COP, nous avons une soupe, une assiette complète avec arepas, chorizo, banane plantain, beignet, salade et un jus.



Jour 5 : Valle de Cocora
Nous nous rendons sur la place principale de Salento pour trouver un 4X4 collectif, en réalité des Jeep Willys, qui nous mèneront dans la Valle de Cocora. Les 4×4 pour la Vallée partent entre 8 et 9h pas plus tard.

Le clou du spectacle dans la Valle de Cocora, c’est de découvrir les palmiers de cire. Ces palmiers ont la capacité de vivre dans un climat plus froid et humide que la plupart des palmiers, mais ils sont aussi les plus hauts du monde. Certains atteignent 60m de haut.
2 possibilités s’offrent à toi, une fois arrivé à destination. Soit monter au pied des palmiers de cires, soit faire la longue boucle pour arriver de l’autre coté de la Vallée. Nous avions choisi la version n°2 pour un peu de difficulté. Il existe donc un chemin qui en fait le tour. Malheureusement le chemin est très boueux et nous n’avançons pas très vite.


Le chemin s’enfonce dans la forêt et nous montons jusqu’à Acaime où se trouve la Maison des Colibris. Nous avions été mis au courant de la spécialité du coin, el Chocolate con Queso, véridique morceau de fromage dans le chocolat chaud, une spécialité immonde….

La montée jusqu’à la finca La Montana au sommet continue et elle est difficile et pentue. Une fois arrivés ici, nous au sommet le plus haut et nous redescendons donc à travers le Bosque des palmiers

Sur le Bosque, le temps change très vite. Devant nous, des centaines de palmiers de cire, à la fois dans le soleil et le brouillard, cela rend le lieu très mystique.



De retour à notre point de départ, nous reprenons une jeep qui nous ramène à Salento, et pour déjeuner tardivement nous prendrons un jus et des empanadas sur la place principale. Nous consacrons notre après midi au shopping et à la balade dans Salento.
Puis nous nous lançons dans une tradition très typique de la région, le jeu du Tejo. Au bar « Los Amigos » nous tentons de comprendre les règles de ce jeu explosif. Le but est de lancer des pierres sur un carré de sable et viser des cibles pour faire le plus de points possible. Ce que tu ne sais pas, c’est que la cible est un mini explosif…qui réveille tout le bar dès que tu gagnes donc. En tout cas ce jeu nous a bien fait rire.
Nous dînerons finalement au Patio, d’un Burrito et d’un Patacon, un plat à base de bananes plantains frites.


Jour 6 : Une journée à oublier
Malheureusement, il n’y a pas grand-chose à dire sur cette journée perdue. Il y a 2 solutions pour se rendre à Medellín. Prendre un bus de Salento à Medellín. Ou prendre l’avion à Arménia (soit un bus de Salento à Armenia puis de Armenia à l’aéroport). Y ‘a-t-il une meilleure solution ? En tout cas, la notre n’a pas été idéale. Nous avions été prévenus des nombreux travaux sur la route, mais nous n’avions pas imaginé passer la journée sur la route au lieu des 4 heures annoncées… Arrivés à Medellín, à la station de bus, nous prenons un taxi sous une pluie battante à qui nous devrons expliquer le chemin de l’hostel avec Google Maps.
Nous avons choisi l’hôtel Black Pine, situé dans El Poblado. Comme à Bogotá, el Poblado est le quartier préféré des touristes : hostels, restaurants, bars et surtout sécurité sont les points importants pour ceux qui voyagent… Comme il est tard, nous dînerons dans un petit fast food, face à l’hôtel de 2 patacons et 2 jus.
Jour 7 : Medellin et la Comuna 13
Notre journée sera consacrée à Medellín. Depuis El Poblado, nous prenons le métro qui n’est qu’à 15 minutes de notre hôtel et qui va nous mener tout droit dans le centre. Il nous est facile de se repérer mais à l’entrée des policiers sont présents pour aider à trouver notre chemin. Il nous faudra un changement pour arriver à la station San Javier. Cette station est au pied de la Comuna 13 que nous avons décidé de visiter avec un guide. En attendant l’heure du tour, nous profitons de goûter un nouveau jus.
Medellín est décomposée en 6 zones et 16 différentes comunas. La Comuna 13 était il y a si peu le quartier le plus dangereux de Medellín. Mais la création d’un escalator mécanique de 385m en 2012 permit aux habitants d’être enfin intégrés à la ville (auparavant, il fallait grimper la colline à pied). Inversement, le gouvernement pouvait enfin remettre le pied dans un quartier qui était le siège du trafic de drogues et de la vente d’armes (le haut de la colline était la porte d’entrée et sortie sur la région d’Uraba). De plus, en 2002, l’opération Orion, qui consista à envoyer les paramilitaires « nettoyer le quartier » a laissé des traces vives. Aujourd’hui, la Comuna 13 est un lieu vivant mêlant habitants à artistes, et de nombreux projets communautaires tel que le street art. Plus d’infos ici sur Zippy Tours.

Nous commençons en bas de la station pour monter via les escalators et escaliers tout en haut de la colline. Nous découvrons également les graffitis de ce quartier. D’ailleurs ce jour, la rue est envahie par une compétition de descente de vélos acrobatique. En redescendant, nous trouvons un restaurant sympa au milieu de la Comuna 13, vue sur les escalators.

Nous prenons ensuite le fameux Metrocable (téléphérique) qui nous emmène sur une autre colline. Nous avons une magnifique vue sur la ville. Mais pas de chance pour nous, lors de notre redescente, le téléphérique est arrêté pour causes d’oranges qui guettent (en effet d’en haut, nous voyions les éclairs). Nous devons donc finir à pied. Son surnom de « Ville de l’éternel printemps » lui va si bien. Il pleut souvent sur la ville. Au départ, nous n’étions pas très rassurés, le téléphérique nous a arrêté dans un quartier inconnu dont nous ne connaissions pas la réputation.

Au final, nous arrivons petit à petit dans le centre et nous décidons de visiter le très beau Museo Casa de la Memoria, musée qui retrace l’histoire de la Colombie, plus particulièrement, de la terreur qui régnait à Medellín entre 1970 et les années 2000.
Le Musée est entièrement interactif mais aussi gratuit.
De retour dans El Poblado, nous dînerons Coréen finalement pour changer.

Jour 8 : El Peñol y Guatapé
Nous nous levons très tôt pour nous rendre au terminal de bus El Caribe qui est très éloigné de l’hôtel et du coup nous loupons le petit déjeuner. Il faut environ 2h pour arriver à El Peñol, nous devons d’ailleurs demander au bus de bien nous arrêter, sans quoi il continue.
El Peñol aussi appelé La Piedra est ce fameux rocher de granit haut de 200m. Nous sommes déposés bien en bas de ce rocher, nous avons une petite marche avant d’arriver à son pied.


L’entrée est payante, environ 18000 COP et il faudra 650 marches à flanc du rocher pour arriver a son sommet. De là, la vue est simplement splendide. Des vues sur des dizaines de petits lacs artificiels créés un jour par une inondation involontaire et l’ensemble de la région de Guatapé s’offrent à nous.

Nous décidons ensuite de marcher jusque dans le centre de Guatapé ce qui représente environ 1h de marche le long de la route, mais il est aussi possible de prendre des tuks-tuks. Nous déjeunons d’un corriente à 12000 COP sur le Malecon, l’avenue qui longe la mer.
Guatapé est un beau village aux 1000 couleurs et dont les bâtiments sont recouverts de fresques et bas-reliefs représentant des animaux, des êtres humains ou bien encore la profession de la personne y vivant. Certains maintenant affichent aussi leur passion et à nous d’imaginer l’origine. En Colombien cela s’appelle des « zocalos ». Le village n’est pas très grand, mais il est très agréable de s’y promener, nous nous rendons également sur les hauteurs de la ville et faisons une pause pour regarder un match d’ultimate, un jeu de frisbee très officiel.



Nous rentrons tranquillement vers Medellín et nous arrêtons pour dîner dans Manila, ce quartier qui fait face à El Poblado. Nous goûtons enfin à la Bandeja Paisa, la spécialité de la région Paisa, un peu à contre cœur. C’est un plat mélangeant…riz, viande hachée, œufs frits, bananes plantains, chorizo, haricots, tomates, avocats…un plat bien lourd rien qu’à la liste des ingrédients.
Jour 9 : La Candelaria de Medellín
Ce matin est consacré au centre historique de Medellín, appelé aussi la Candelaria. Nous prenons le métro à nouveau à El Poblado pour descendre cette fois-ci à Albujaira pour faire un tour complet qui nous était proposé par le guide, nous passons donc par le centre d’affaires, le quartier administratif, la Plaza Cisneros, la tour Coltejer (aujourd’hui centre commercial), l’ancienne gare ferroviaire puis la plazoleta de las Esculturas avec ses 23 fameuses statues de Fernando Botero, le célèbre artiste Colombien (dont la Gorda) ainsi que le Musée d’Antioquia et le Centre Culture Rafael Uribe Uribe. Nous trouvons un petit restaurant appelé El Fogon Paisa avec un super menu à 8000 COP seulement.




Nous rentrons à l’hôtel pour récupérer nos affaires car nous avons un vol en fin d’après-midi pour Santa Marta sur la côte Caraïbe. Par simplicité, nous prenons un taxi pour aller à l’aéroport. Le vol pour Santa Marta ne nous a pas coûté cher, environ 40€, via Viva Air, une low-cost colombienne. Par contre, chose à savoir, il faut absolument imprimer la carte d’embarquement ce que nous n’avions pas fait, la compagnie facturant en surplus son impression. Il nous reste 15 minutes à peine pour trouver dans l’aéroport quelqu’un qui nous l’imprimera.
Arrivés à Santa Marta, nous décidons une fois de plus de prendre un taxi pour nous rendre à notre hostel. Il existe des bus, cependant il est déjà environ 18h30 et il fait nuit. Pour ne pas perdre plus de temps, un taxi pour environ 10€ nous mènera à notre hébergement, le Cacao Hostel, certainement l’un des meilleurs que nous ayons trouvé en Colombie.
Nous ne sommes pas tout à fait dans le centre ville, il faut environ marcher 15 minutes. Nous ne verrons ce centre que de nuit, mais quasiment tout est rassemblé sur une ou deux rues maximum.
Jour 10 & 11 : Parque Nacional de Tayrona
Nous quittons ce sympathique hostel qui va garder nos valises jusqu’au lendemain pour trouver le bus qui nous emmènera à Tayrona. Pas de station de bus dans cette ville, nous devons attendre à un angle de rue.

Il nous amène tout droit à l’entrée du parc de Tayrona, à El Zaino. El Parque de Tayrona est l’un des parcs nationaux de Colombie et certainement l’un des plus prisés. Il faut savoir que 12% du territoire Colombien est occupé par les parcs nationaux. Pour le résumer, c’est la rencontre de la forêt et de la jungle, la Sierra Nevada, avec une altitude allant jusqu’à 900m avec la mer des Caraïbes, ses eaux cristallines et sa température avoisinant les 30 degrés. La région était habitée par le peuple des Taironas dont nous pouvons encore voir les vestiges. A noter, le parc ferme ponctuellement 3 fois dans l’année, les indigènes souhaitant nettoyer spirituellement le parc. Il ne faut donc pas oublier en entrant ici que nous sommes sur un lieu sacré.
Il y a évidemment un droit d’entrée à payer sur place d’environ 60000 COP. On nous saute dessus à l’entrée car nous devons réserver nos places de camping pour ce soir. En effet certaines personnes viennent à Tayrona à la journée, mais ce n’est pas intéressant car il est difficile de faire l’aller retour en si peu de temps. Les campings eux ne sont pas réservables à l’avance mais sont pris d’assaut pendant la journée. Donc soit il faut s’y rendre de suite quand tu rentres dans le parc, soit tu le réserves à l’entrée. Nous savions déjà plus ou moins dans quelle partie du parc nous souhaitions rester et choisissons donc le camping San Pedro pour 60000 COP la tente de 2 personnes.

De l’entrée, il y a environ 3 km de marche avant d’entrer véritablement dans le parc. Il est possible de faire cette partie en navette et c’est ce que nous avons fait pour ne pas perdre trop de temps (3000 COP).
La balade commence véritablement à la descente de cette navette. Nous passons de chemins en bord de mer à des chemins dans la jungle, en passant par Canaveral et Arrecifes. Nous décidons de passer par notre camping pour laisser quelques affaires et être plus léger. Le camping est situé sur une grande plaine au pied d’une colline mais ça sera le seul coté glamour. Les tentes sont collées les unes aux autres…


Nous continuons notre chemin jusqu’aux plages paradisiaques de la Piscina et Cabo San Juan. Nous alternons entre plages et marches le long de la côte. Nous dînerons au restaurant du camping. Extinction des feux est faite à 22h pour l’ensemble du camp.


Nous nous réveillons assez tôt pour pouvoir profiter de marcher à la fraîche. Nous ne prenons pas de petit-déjeuner au camping mais sur notre chemin, nous tombons sur una Panaderia, qui fait des pains au chocolat tout droit sortis du four.
Nous nous arrêtons à nouveau à Cabo San Juan pour nous baigner. Il y a moins de monde que la veille et c’est agréable. Puis nous partons en direction de El Pueblito, ancien village des indigènes Taironas perdu au milieu des montagnes. Il nous faudra quasiment 2h de grosse montée et d’escalades de pierres. El Pueblito est un village avec des anciennes terrasses et des fondations de maisons. Il est à voir si tu décides de ne pas te rendre à la Ciudad Perdida. Cependant, j’ai récemment lu que les indiens auraient obtenu sa fermeture au public, information à vérifier donc.

La descente est plus soft mais assez longue. Nous croisons quelques Taironas sur le chemin. Nous arrivons à El Calabazo, en étant lessivés de notre marche (partis 8h, arrivés 14h). Nous nous arrêtons dans un restaurant en bord de route, en attendant de stopper un bus qui voudra bien nous prendre pour repartir sur Santa Marta.
Nous faisons un détour à l’hostel chercher nos sacs et reprendre rapidement un autre bus cette fois-ci pour Minca.
Jour 11 & 12 : Minca
Minca n’est pas encore vraiment sur les guides, mais cela faisait un bout de temps que je lisais des articles dessus. Minca est un village de montagne perdu en hauteur, à 600m d’altitude, dans la jungle de la Sierra Nevada.
Nous prenons donc un bus pour nous rendre dans ce village à environ 45 minutes de Santa Marta et qui nous dépose dans le centre. Pour autant, pour se rendre dans les hôtels disséminés un peu partout dans la jungle, il faut prendre une moto taxi. Un très mauvais moment à passer avec le sac de 70L sur le dos sur une route en mauvais état.


J’avais choisi un hostel qui paraissait top, Las Colores de la Sierra. Nous avons été extrêmement déçus.
Tout ce qui était proposé sur le papier n’était pas disponible : quad, yoga etc.
De plus l’hostel est tellement loin du centre que nous devons y dîner les 2 soirs. Résultat : une pizza décongelée et des pâtes…
Par contre, il est vrai que le lieu est sympathique : petite piscine mais très froide, mirador avec hamacs et vue sur la vallée, parfait pour le coucher de soleil de ce soir.
Nous sommes aussi déçus de la chambre, assez humide.
Il faut savoir qu’il faisait 35° degrés à Santa Marta sur la côte et pas plus de 20° ici.
Le lendemain, après plusieurs propositions faites par l’hostel, mais toutes aussi payantes et chères les unes que les autres, nous décidons de faire le tour de la jungle. Ce qui devait nous prendre 6h en prendra 8, au total 27km parcourus dans la journée.
Le tour commence par monter au sommet de la jungle à Los Pinos, puis nous redescendons à travers les champs de caféiers pour arriver à la Cascade Marinha devant laquelle nous pouvons nous reposer dans des hamacs en l’admirant. Nous passons par le centre-ville de Minca ou nous déjeunerons puis nous remontons doucement à notre hostel en passant par Pozo Azules, des piscines naturelles. On a l’impression de ne jamais voir la fin de notre trajet..


Heureusement, les jeux de fléchettes et de cartes nous occupent assez bien le soir même à l’hôtel. Minca, même si ce n’est finalement pas un coup de cœur, nous aura permis de voir la Sierra Nevada de plus près mais aussi de se REPOSER !
Jour 13 : En route vers Cartagène
La première partie de la journée est consacrée à la route pour aller à Cartagena mais la journée va se transformer en longue journée d’attente. Tout d’abord, il nous faut retourner dans le centre de Minca, avec les moto-taxis qu’on va attendre un moment. Puis nous prenons un bus qui nous doit ramener dans le centre de Minca. Nous négocions avec le chauffeur pour qu’il nous dépose non pas dans le centre-ville mais au terminal de bus (moyennant une petite rallonge, nous étions tous dans le même cas dans le bus). En arrivant au terminal, nous nous faisons happés par des bus qui nous proposent le trajet en direct. Mais ce sont en fait des collectivos, les collectivos eux s’arrêtent partout où le client demande à descendre ou à monter. Le trajet va durer 6h au lieu des 4h prévus. En plus de ça, le chauffeur va se faire arrêter par la police pour excès de vitesse, et il va aussi faire intervenir la police car il s’est pris un petit éclat sur le pare-brise. Et à ça, il faut encore rajouter les bouchons en arrivant à Cartagena, notre taxi mettra plus d’1h à arriver à notre hôtel.
Nous avons choisi l’Intercontinental Cartagena, un super hôtel situé à Bocagrande, la partie hôtelière de la ville. L’hôtel est immense, nous avons une belle vue sur la baie depuis la chambre et une belle piscine à rebord avec vue sur la mer. D’ailleurs, 2 cocktails nous sont offerts (un daiquiri maracuja – mon parfum préféré) par l’hôte, bien mérités.


En fin d’après-midi, nous nous baladons dans la vieille ville, Cartagena de Indias, qu’on appelle ainsi pour la différencier de Cartagena en Espagne. Cartagena, c’est évidemment la belle des Caraïbes. Durant le voyage, nous avions eu des sons de cloches différents, certaines personnes la peignaient comme une ville trop touristique et pleine de côtés négatifs. J’ai personnellement adoré cette ville. En arrivant sur la côte Caraïbe, tu sentiras tout de suite la différence : différence de climat, de personnes, d’allure etc etc…
La vieille ville, elle, est inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco, c’est un véritable labyrinthe de rues pavées et de bougainvilliers qui colorent les façades des maisons. C’est l’endroit pour flâner le soir comme la journée, un petite préférence pour le soir toutefois, après que les croisiéristes soient rentrés sur leur bateau. C’est aussi un véritable écrin, la circulation étant quasiment interdite à l’intérieur. De plus, à cette époque de l’année, tout est décoré pour Noël.


Nous trouvons un petit restaurant, le Puente Forte où nous goûtons aussi au jus appelé le Lulo qui est un fruit ressemblant à un citron orange, que nous trouvons qu’en Colombie à nouveau.

Jour 14 & 15 : Isla Mucura
Nous nous sommes levés très tôt ce matin car nous décidons de nous rendre 24h sur une île paradisiaque autour de Cartagena. Certaines îles sont à 1h de bateau, la nôtre, Isla Mucura, se trouve à 2h environ en speed boat. Nous nous rendons donc au port situé à l’entrée de la ville historique. Attention, il est interdit de prendre des valises ou backpacks. Il faut voyager léger sur ces îles.
Après 2h de navigation, nous arrivons sur notre île. Le bateau semble faire plusieurs arrêts sur plusieurs îles mais nous sommes les seuls et les premiers à descendre à notre hôtel. Attention quant au choix de ton hôtel : il y en a certains sur lesquels il y a fête 24h/24 et le nôtre où il n’y a strictement rien à faire… Il doit certainement y avoir des possibilités intermédiaires mais en terme de prix, c’est ce que nous avions trouvé de mieux en dernière minute.

En attendant le lieu, Hôtel Punta Norte, est tout simplement magique. Les chambres sont sur pilotis, on partage cette île avec une petite famille déjà présente donc chacun profite de sa plage personnelle…A noter également, ici il n’y a ni eau potable, ni électricité, pas de wifi et de distributeurs d’argent.

L’Isla Tintinpan, sur laquelle se situe notre hôtel, fait partie de l’archipel de San Bernardo. Il est difficile de se déplacer sur cette île car la mangrove envahit le peu de terre, il est donc conseillé de rester à son hôtel ou de se déplacer en bateau.
Donc nos 24h se résument à beaucoup de repos, de plages, de lectures, entrecoupés de déjeuners et dîners préparés par les personnes travaillant ici : nous goûtons bien sûr aux poissons (sierras et pagres) agrémentés de riz coco (et oui ce sont les Caraïbes).

Le soir, nous partons faire une excursion sur le bateau du propriétaire pour voir les planctons fluorescents. Au départ, le bateau navigue dans le noir, sans que nous ne comprenions rien. Puis le pécheur nous dit de nous mettre en maillot de bain et de sauter à l’eau, pas rassurés du tout, l’eau est sombre. Et c’est là que la magie commence, à chaque mouvement de nos mains et pieds, les planctons commencent à s’illuminer…un moment vraiment inoubliable.
Nous quittons l’île le lendemain matin vers 11h après avoir encore bien profité de la plage.
Jour 15 & 16: Derniers instants à Cartagena
En arrivant à Cartagena, nous retournons séjourner au même hôtel et nous déposons nos valises, nous avons encore une bonne ½ journée devant nous pour visiter toute la ville.
La vielle ville de Cartagena est incroyable. Elle est divisée en trois quartiers : El Centro, San Diego et Getsemani. Nous rentrons dans les remparts par la porte de l’Horloge, celle-ci reliant El Centro à Getsemani.

Que de belles choses à voir ici, le Palais de l’Inquisition, l’un des plus beaux bâtiments de la ville, le Couvent San Pedro Claver, l’église Santo Domingo, le théâtre Herredia, tout en rose, la Plaza de los Coches, la Cathédrale Santa Catalina, las Bovedas, qui sont les boutiques sous les arcades des murailles (des anciens entrepôts à munitions). Nous marchons également sur le haut des murailles et allons jusqu’au Château de San Felipe de Barajas. Nous avons également la chance d’assister à un mariage typiquement caribéen.
Mais le plus beau à voir, ce sont bien les bougainvilliers en fleurs qui couvrent les maisons déjà elles-mêmes colorées. A ne pas manquer dans Cartagena, las Palenqueras, ces femmes habillées de leurs robes jaunes et portant leur panier de fruits sur la tête.
Nous dînons dans Getsemani, près de la Plaza de Trinidad, un quartier plus populaire qu’El Centro, accompagné de 2 mojitos.
Le lendemain, notre avion étant à 14h00 au départ de l’aéroport de Cartagena, nous consacrons notre matinée à du repos au bord de la piscine et à un déjeuner dans Bocagrande.
Il est dur de rentrer après un tel voyage. La Colombie est un pays si beau et si varié que cela nous a vraiment dépaysé. Comme je l’ai mentionné au début, il est difficile de tout voir en 15 jours, nous avons vu les principaux sites, mais si nous avions pu faire le trek de la Ciudad Perdida (qui prend 5 jours) ou aller à Cali, la ville de la Salsa, cela aurait été parfait. Mais chaque chose a malheureusement une fin.
Les plus du voyage
- Des paysages variés : mer, montagne, jungle, ville
- Un très bon climat : un peu de pluie, mais bon dans l’ensemble
- Un pays très abordable en terme de prix
Les moins
- Les transports : en bus beaucoup trop longs
- La nourriture très grasse et finalement peu variée















































































































































































