Egypte

Séjour de 7 jours en 2005 et 9 jours en 2021

Pays fascinant par son architecture antique connue à travers le monde entier, l’Egypte est pour de nombreux visiteurs, l’accomplissement d’un rêve. Certains s’imaginent déjà, j’en suis sure, face aux pyramides ou sur le toit d’un bateau filant sur le Nil au coucher du soleil.

Il est vrai que l’Egypte fascine depuis des milliers d’années (les Grecs et les Romains pratiquaient déjà une forme de tourisme dans le pays), mais son instabilité politique lui a fait perdre de nombreuses places dans le rang des destinations mondiales à visiter. Ces dernières années ont été marquées par le soulèvement populaire, les changements incessants de gouvernement, une inflation galopante à laquelle les touristes n’échappent pas et le terrorisme toujours actif dans le pays.

Toutefois, elle reste une destination incontournable dans une vie si on s’intéresse à l’Histoire ! Il suffit de citer des noms de pharaons, rois et reines pour se remémorer tout ce qu’on a appris à travers les livres ; mais il faudra compter sur la visite d’un pays où la misère est omniprésente et où indéniablement la sollicitation des touristes (et de leur argent) est continuelle.

Jour 1 : Arrivée au Caire

Notre vol arrive en début de soirée, depuis Amman, en Jordanie sur la compagnie Egyptair, une très bonne compagnie aérienne, malgré un retard considérable de 45 minutes.

Pour alléger notre voyage, nous avons fait appel à une agence locale pour nous aider dans nos déplacements et utiliser les services d’un guide au vu de la quantité d’informations à accumuler dans les prochains jours. C’est ainsi qu’à l’arrivée, un représentant de l’agence nous attend dans le hall d’accueil pour accomplir les formalités, et tant mieux, car rien n’est expliqué.

Bon à savoir donc, le visa en Egypte étant payant et réglable sur place, il faut commencer par se rendre au bureau de change et acheter ce fameux visa en cash (dollars ou euros acceptés, le coût en € à ce jour est de 22,5€) pour ensuite aller le présenter à la douane. Les formalités sont assez longues. Une fois sortis, nous retirons de l’argent et attendons le chauffeur qui nous emmènera à notre hôtel.

Le Caire est une ville gigantesque, qui s’est énormément étendue ces dernières années et qui connait un trafic immonde. Il nous faudra quasiment 1h30 pour arriver à Gizeh (banlieue du Caire où se trouve les pyramides) et la circulation est assez désagréable. Nous arrivons à l’hôtel autour de 22h et allons rapidement nous coucher. L’hôtel n’est pas le plus fantastique, il est assez vieillot mais fera l’affaire pour une nuit.

Jour 2 : Le Plateau de Gizeh

Après un rapide petit-déjeuner, nous attendons notre guide devant l’hôtel. Nous aurons l’avantage d’avoir une guide francophone ce qui simplifie largement la compréhension de l’histoire Egyptienne.

Nous nous rendons donc sur le plateau de Gizeh. C’est ici que se trouvent les 3 pyramides, celles de Kheops, Kephren et Mykerinos, pharaons de la 4ème dynastie, mais en réalité, il y a 9 pyramides (qui sont celles des femmes ou enfants des 3 pharaons cités précédemment). Ils régnèrent sur l’Ancien Empire entre 2550 et 2450 avant JC.

Il faudra compter 200 LE pour l’entrée sur le plateau (soit environ 11 €).

Les pyramides figurent à juste titre parmi l’un des sites les plus visités au monde. Tout comme Petra en Jordanie, elles font également partie des 7 merveilles du monde antique, encore en état. Elles sont magiques, que l’on soit à leurs pieds, ou que l’on s’éloigne pour admirer le panorama.

Lieu de repos des pharaons après leurs morts, c’est ici qu’ils étaient momifiés avec leurs biens les plus précieux pour les accompagner pour ce voyage dans l’au-delà. La civilisation égyptienne a toujours considéré la mort plus importante que la vie. Par ailleurs, il faut savoir que le Nil sépare l’Egypte Ancienne en 2 : d’un côté la rive des vivants et de l’autre la rive des morts. Ainsi tous les sites comme les pyramides de Gizeh, ou la vallée des rois et des reines vers Louxor ont été construits sur la rive ouest, là où le soleil se couche (et donc là où l’on rejoint la mort)

Kheops est la plus grande des pyramides, appelée le plus souvent « Grande Pyramide de Gizeh ». Elle mesure 137m de haut sur une base de 230m. Petit fait qui a toute son importance, si on s’approche de très près, on remarquera que chaque pierre à la base mesure plus d’1,5m sur 1,5m… Pour ceux qu’ils le souhaitent, l’intérieur de la pyramide de Kheops se visite mais c’est inutile car elle est vide. Par contre, le prix de ce supplément n’a rien de vide… il faudra débourser 23 € par personne en plus. C’est entre autres pour cela que les pyramides de Gizeh restent un grand mystère. Elles ont été plus que pillées et aucun corps ou vestige funéraire n’a jamais été retrouvé ici.

Khephren (fils de Kheops) est la 2ème plus grande pyramide et c’est la seule qui conserve encore son revêtement sur le sommet.

Enfin Mykérinos (fils de Khephren), elle, mesure 66m de haut mais est tout aussi impressionnante.

Pour les admirer un peu plus, il est possible de s’éloigner et d’en observer le panorama, on voit alors les 3 pyramides principales en face de soi. Pour ceux qui le souhaitent, des promenades en dromadaire sont proposées pour un plus lointain panorama, là où l’on pourra voir les 9 pyramides en parfait alignement.

Nous nous rapprochons ensuite du grandissime Sphinx, de l’autre côté du plateau. Tête humaine sur un corps de lion, il mesure 73 m de long pour 20m de hauteur depuis le bout de ses pattes jusqu’à sa queue. Son nez mesure lui 1,70m. La tête (sauf le nez qui n’a jamais été retrouvé) est en meilleur état que le corps car celle-ci a été sculptée dans un seul bloc de calcaire, mais aussi parce que le corps a souvent été enseveli sous le sable qui a provoqué l’érosion de la pierre.

Il s’agirait de la représentation de Kheops, construit par son 2ème fils Djéféré aux alentours de l’an 2500 av JC, et aurait une fonction religieuse en tant que gardien du site du plateau de Gizeh. Il était autrefois paré de mille couleurs qui ont malheureusement disparu avec le temps.

La barbe du sphinx se trouve au British Museum ; quant au nez, il n’a pas été détruit par Obélix, mais par des mamelouks. Les pattes, elles, auraient été rajoutées par la suite par Thoutmosis IV.

Après la visite du plateau de Gizeh et un rapide tour dans un musée du papyrus (tu n’y échapperas pas si tu ne voyages pas en solo), nous nous rendons à Saqqarah, à environ 20km de Gizeh plus au sud, entouré d’un oasis de verdure. Le ticket d’entrée de Saqqarah est de 180LE.

Saqqarah fut la plus importante nécropole de la région de Memphis (la première capitale de l’Egypte) jusqu’à l’ère chrétienne. C’est ici que l’on considère la naissance de la 1ère pyramide, la pyramide de Djoser, construite par le célèbre Imhotep, lui-même 1er architecte de l’histoire. L’idée était de construire un mastaba et d’en superposer d’autres de taille décroissante, afin de rapprocher le souverain du ciel pour faciliter l’ascension.

Sur un site de plus de 9 hectares, la pyramide elle mesure 60m de haut sur 140m de long. Le site contient environ une quinzaine de monuments datant de différentes époques car tous les pharaons voulaient se faire enterrer ici. Saqqarah fut découverte par l’égyptologue français Jean-Philippe Lauer (ancien conservateur du musée du Caire) qui consacra sa vie au site (de son arrivée en 1926 à son décès en 2001).

C’est aussi l’occasion de découvrir un tombeau encore intact, celui de Ptahhotep II, vizir sous le règne du roi Isesi. Le tombeau étant peu visité, il est incroyablement bien conservé et même les couleurs sur les murs sont fortement visibles.

Sur le trajet du retour, nous nous arrêtons au Sakkarah restaurant, qui est une bonne cafétaria à touristes surtout quand le menu est à 200LE (soit 12€ par personne) avec grillades, riz, galettes et moutabal.

Au retour à l’hôtel, nous décidons de nous balader par nous-même, mais quelle aventure. Tout d’abord, les piétons ne sont pas bienvenus au Caire : pas de trottoirs, pas de passage piétons, c’est un peu « advienne que pourra ». Deuxièmement, les distances sont immenses et nous qui voulions aller marcher jusqu’aux pyramides (parce que nous séjournons à Gizeh), on se rend compte qu’on ne peut pas à pied traverser la 4-voies qui nous en sépare… La déception nous ramène à l’hôtel et nous profitons de la piscine avant d’être amené à la gare.

Notre aventure va continuer à Louxor et pour cela, on va prendre le train. Plusieurs solutions s’offrent à nous : l’avion bien entendu, plus rapide, mais c’est sans compter sur le long trajet pour se rendre à l’aéroport : le train pour touristes de nuit et en couchettes (quand même 80$ le trajet pour un trajet de 10h) ; et notre train, assis, mais prix divisé par 10.

Nous redoutions le trajet et étions prêts à choisir une des autres options pour le retour, mais au final le trajet s’est plutôt bien passé. C’est évidemment un train de nuit, mais pas moins confortable qu’un avion. Le train fait tous les arrêts possibles et inimaginables, d’où les 10 heures de trajet…

C’est là que nous sommes contents aussi d’être passés par une agence. En effet, nous rendre à la gare, puis trouver le bon train et le bon quai relevait du parcours du combattant. Même réserver le ticket aurait été une galère (car réservable le jour J sur place uniquement…). Bref, la ponctualité n’étant pas qu’un problème français, le train arrivera vers 21h30 (alors que nous sommes à la gare depuis 19h).

Jour 3 : Découverte de Louxor

Nous arrivons en gare de Louxor vers 9h (1h30 en retard) et notre guide, Ali, qui nous accompagnera tout au long du séjour dans la Haute-Egypte, nous attend sur le quai.

Du coup, nous commençons les visites dans la foulée. Notre guide nous emmène sur le site de Karnak, l’un des temples les plus grandioses d’Egypte.

Situé au nord de la ville de Louxor, ce temple a été dressé en l’honneur de Khonsou, ancien dieu guerrier, Amon, le dieu de Thèbes (ancienne Louxor, capitale d’Egypte après la chute de Memphis) et Mout, la femme d’Amon, aux alentours de 1580 av JC. Chacun a sa propre enceinte mais seul celle d’Amon se visite. Il est ce qu’on appelle la demeure terrestre du dieu Amon. C’est un site complexe (car composé de plusieurs temples) où une trentaine de souverains rajoutèrent leur pierre à l’édifice au fil des années pour son élévation et son embellissement (dont la reine Hatchepsout ou encore les pharaons Ramsès 2 et 3). Cette « construction au fil du temps » durera 2000 ans. Son axe est perpendiculaire au fleuve et relie le Saint des Saints au Nil.

On rentre sur le site via une allée de 40 sphinx à tête de béliers, qui ont la forme d’Amon. Entre leurs pattes, se trouvent une figure de Ramsès 2, sous la forme d’Osiris Cette allée allait auparavant jusqu’au temple de Louxor et est en pleine reconstitution.

Ensuite, on traverse le 1er pylône. Cet immense bâtiment est le plus grand d’Egypte et l’entrée principale du temple, mais n’a jamais été terminé.

Juste derrière, se trouve la grande cour. On y trouve d’ailleurs la statue de Ramsès II, portant la coiffe de némès, juste avant l’entrée dans le 2ème pylône.

La salle la plus impressionnante est certainement la salle des colonnes ou salle hypostyle. Avec 134 colonnes debout, à ciel ouvert et sur 5000m2, elle évoque une forêt de papyrus géants en pierre ; les 12 plus grandes colonnes mesurent 21m de haut. Construite par Sethi 1er, à l’origine, la salle était couverte par un plafond. Beaucoup de scènes rapportent les exploits guerriers de Sethi et son successeur Ramsès II.

En avançant, on tombe sur le lac Sacré, le plus grand du genre, imaginé par Thoutmosis III. Il était utilisé par les prêtres pour les rituels. On trouve juste à côté le Scarabée, symbole de chance, autour duquel il faut tourner pour que cela fonctionne.

Après cette visite haute en couleurs, nous allons cette fois-ci vers le temple de Louxor, sur les rives du Nil ; beaucoup moins visité que Karnak, et beaucoup plus petit également (environ 260m sur 50m), il est toutefois très intéressant ! Et c’est agréable de le visiter avec si peu de monde.

Le temple de Louxor est lui aussi dédié au Dieu Amon et a été construit par Aménophis III et Ramsès II entre 1400 et 1000 avant JC. Même Alexandre Le Grand a apporté ses propres aménagements ! Le premier a construit la partie intérieure et le second l’enceinte extérieure, en ajoutant la façade, les colosses et les obélisques.

Officiellement, le temple de Louxor était le temple où l’on célébrait la nouvelle année, une sorte de dépendance de celui de Karnak, l’endroit où le Dieu Amon célébrait son mariage avec la déesse Mout. Il est donc le symbole de la fécondité.

A l’entrée du temple, on découvre le premier pylône, ajoutée par Ramsès 2, d’ailleurs 2 de ces statues sont assises devant. Si l’on s’intéresse de plus près à l’histoire, on notera que l’un des 2 obélisques à l’entrée est manquant. En effet, Mohamed Ali (ancien vice-roi d’Egypte) a offert à la France l’un des 2 obélisques se trouvant sur la place de la Concorde. Il se trouve que le 2ème avait été également offert, mais la France a renoncé à recevoir ce 2ème cadeau.

Au-delà du grand pylône, on traverse deux grandes cours à péristyle et la colonnade monumentale qui relie ces deux cours. Cette colonnade composée de 14 colonnes gigantesques mène dans la cour solaire d’Aménophis III et permet d’accéder à la salle hypostyle et au sanctuaire proprement dit.

Il est temps de découvrir notre bateau de croisière pour les 4 prochains jours. Nous serons sur le M/S Champollion. Le bateau a récemment été rénové, les chambres sont petites mais très agréables. Les parties communes sont bien entretenues et le pont avec sa piscine est excellent pour cette après-midi justement où nous profiterons de baignade et soleil. Sur le bateau, les repas sont entièrement compris (hors boissons) et sont toujours très variés, un vrai plus dans ce pays.

Nous ressortons en fin d’après-midi, quand la chaleur baisse enfin (il fait 35°C!) pour visiter la ville de Louxor. Nous repassons par le temple vu ce matin, mais également le souk. Celui-ci est divisé en 2 : un souk assez aseptisé, rénové il y a peu, avec pergolas et allées larges et un second souk local pour l’achat de nourriture principalement.

Pour ceux qui voudraient un peu de luxe, il faut se rendre au Winter Palace, un magnifique palais du 19ème siècle transformé en hôtel, idéal pour boire un thé.

Jour 4 : Vallée des Rois et des Reines

En Egypte, il faut se lever tôt ! Tout d’abord parce que le soleil se lève tôt (autour de 5h en octobre). Mais aussi parce que la chaleur est prenante dès 9h du matin. La plupart des excursions commencent autour de 7h.

Depuis notre cabine, nous avons vu les montgolfières s’élever dans les airs aux alentours de 4/5h du matin. La visite de la vallée des rois et des reines par le ciel est assez populaire et permet de se rendre compte de l’étendue des sites de l’autre côté du Nil. La chaleur rend l’atmosphère brumeuse le matin, difficile de dire si la visibilité est bonne.

Nous nous y rendrons en voiture ! Il y a peu de ponts qui traversent le Nil, nous sommes obligés de faire un long détour. La vallée des Rois se cache derrière les montagnes thébaines.

D’extérieur, cela ne ressemble rien, une simple montagne qui semble creusée comme une carrière. Toutefois, ce sont bien des tombes, enfouies comme des grottes, qu’il faut voir. Le ticket permet d’en visiter 3, au choix selon ce qui est ouvert (240 livres l’entrée) ! Libre à celui qui souhaite en visiter plus et donc à rajouter des suppléments !

Les pharaons à l’époque de la Nouvelle Egypte (ou Nouvel Empire entre 1539 et 1075 avant JC) pensaient qu’en construisant leur sanctuaire sous terre et à l’abri de tous, ils éviteraient le pillage de leurs tombes. C’est donc une soixantaine de tombes que l’on peut trouver ici, dont le tout premier Thoutmosis I et le dernier Ramsès IX. Le site fut choisi car la plus haute des montagnes a la forme d’une pyramide.

Malheureusement, aucune tombe de la vallée de rois n’a été retrouvée intacte, sauf celle de Toutankhamon, découverte par Howard Carter, célèbre archéologue anglais en 1922. Du coup, le trésor fut tel que l’on estime normal de facturer l’entrée de sa tombe 2 fois plus chère que les autres. Erreur si tu fais cela, tout le trésor de Toutankhamon a été déplacé au musée du Caire, c’est donc une tombe vide que tu découvriras…

Il faut noter que certaines tombes ont été creusées jusqu’à 200m de profondeur mais avec une architecture simple, un simple couloir en pente descendante qui s’élargit pour attendre la sépulture, d’autres abritent une ou deux antichambres supplémentaires.

Nous visitons donc les tombes de Ramsès IX, Merenptah et Ramsès III. Evidemment, il y aura toujours une liste des tombes les plus belles à visiter, mais il faudra jongler avec les contraintes des fermetures pour rénovation et des fouilles en cours. Attention également, par protection des peintures à l’intérieur, il fait une chaleur effroyable à l’intérieur.

Ramsès IX est l’avant dernier roi de la 20è dynastie, sa tombe est très connue pour ses décorations faisant référence aux livres rituels (livre de la terre, etc) et son plafond astrologique, en référence à Nout, la déesse du ciel. Sa momie a été retrouvée à Deir Al Bahari en 1881.

La tombe de Merenptah (fils de Ramsès II) est la 2ème plus grande de la vallée des rois, elle est également connue pour ses peintures en excellent état de conservation. On y trouve aussi le sarcophage du pharaon au milieu de la chambre funéraire.

Enfin, celle de Ramsès III est la plus grande que l’on peut trouver. Son entrée est d’ailleurs très visible comparée à d’autres, avec pour objectif de montrer sa richesse. Toutefois au vu de sa situation en pied de colline, elle est très souvent soumise aux crues.

Passage obligé si vous êtes accompagné d’un guide, vous serez amené dans le quartier des artisans pour admirer les poteries en albâtre et autres objets de décorations (attention, pour la plupart importés…).

L’un des temples les plus importants dans la vallée des Reines cette fois est celui d’Hatshepsout. Creusé au pied des falaises des montagnes thébaines, on découvre une merveille commandée par la reine elle-même, l’une des seules reines d’Egypte, qui a volé le siège de son beau-fils Thoutmosis III qu’elle jugeait trop jeune pour régner. Thoutmosis III ayant pris sa succession, il détruisit tout ce qui concernant sa belle-mère. Ainsi, il existe peu de traces d’Hatshepsout. C’est sa succession de terrasses et sa vue sur la vallée qui a fait de lui la renommée du site.

Le temple se compose de 3 terrasses. Rien ne subsiste sur la 1ère. Sur la 2ème terrasse, on peut voir une petite chapelle dédiée à Hathor, la déesse vache, mais aussi des salles dédiées à l’histoire des parents d’Hatshepsout.

Enfin, la 3ème terrasse et son défilé de colonnes cache derrière une cour intérieure et la salle funéraire dédié à son père.

Nous faisons un passage par les Colosses de Memnon, seul vestige pouvant se voir gratuitement ! Ce sont 2 statues d’Aménophis III, situés à l’entrée de son temple, dont il ne reste pas de traces. Chaque statue mesure 14m de haut sur un pied de 4m. La légende raconte qu’un son mystérieux était émis de l’un des deux colosses à chaque lever de soleil. Scientifiquement parlant, cela serait dû à l’air qui passait à travers les pores de la pierre dès que le soleil arrivait…

Nous retournons ensuite sur le bateau en début d’après-midi pour entamer notre navigation direction le sud. L’après-midi est relax en bord de piscine.

Nous traversons l’écluse d’Esna autour de 19h. Heureusement qu’il y a peu de bateaux sur le Nil en ce moment, il faut parfois jusqu’à 12h pour la passer quand il y a embouteillage.

Jour 5 : Navigation vers Edfou et Kom Ombo

Lever comme tous les matins aux aurores pour profiter du peu de fraicheur, notre bateau a déjà accosté et descendons autour de 6h30.

Le temple d’Edfou est situé à environ 5 km de la rive, nous devons donc y aller en calèche avec notre guide. Ancienne capitale, Edfou doit sa renommée en son temple dédié au dieu Faucon Horus. Il est le second plus grand temple d’Egypte après Karnak mais également l’un des mieux conservés, d’où sa réputation de joyau architectural.

Le temple remonte à 237 avant JC et ne fut terminé qu’en 57. Ce sont les Grecs qui entamèrent sa construction, fascinés par la civilisation égyptienne (l’Egypte était sous occupation grecque à ce moment)

Sa construction est limpide : un pylône, une cour, 2 salles hypostyles et des chapelles. Ici, tout est encore debout. Il fut découvert par Mariette en 1859 alors qu’il était recouvert d’habitations.

Le temple est aussi très richement décoré, beaucoup de reliefs sont consacrés aux dieux mais à toute l’histoire du Dieu Horus. D’ailleurs sa statue en granit gris git à l’entrée de la première salle.

Horus est le fils posthume d’Osiris et d’Isis. Seth tua son frère Osiris et le découpa en de nombreux morceaux de façon à disséminer son corps dans toute l’Egypte. C’est Isis qui rassembla tous les morceaux du corps. Son mari devint alors le dieu des morts et leur fils Horus naquit. Horus fit le choix de venger son père, qui finit par gagner et devint le premier des pharaons. Les rois d’Égypte sont considérés comme les incarnations du dieu Horus qui est leur protecteur. Le temple racontant la mort de Seth par Horus, il est considéré comme le temple de la vengeance.

De retour sur le bateau, nous reprenons la navigation direction le sud. Kom Ombo n’est pas très loin mais à la vitesse d’un bateau de croisière, nous arrivons autour de 17h, à la nuit tombée. A cette arrivée si proche d’Assouan, nous constatons la pollution créée par tous ces bateaux de croisières au vu du nuage noir au-dessus de nos têtes…

Cote pratique, le temple de Kom Ombo sur la rive des vivants est à 2 minutes à pied du quai ! Le temple est bien isolé du village, ce qui lui confère une très belle atmosphère particulière.

Kom Ombo est aussi un temple de la période gréco-romaine, il est dédié à deux divinités Horus et Sobek. Sobek est le dieu crocodile, dieu de la fertilité. Provoquant trop souvent la peur (le Nil était à l’époque infesté de crocodiles), il a été associé au bien aimé Horus. C’est donc un temple totalement symétrique sur le plan architectural (2 allées parallèles et non pas qu’une seule centrale, 2 sanctuaires, 2 antichambres). Si l’on constate qu’il manque quelques pierres à l’édifice, c’est parce que malheureusement le temple a servi de carrière dans le passé.

Parmi les particularités du temple, on va pouvoir trouver un nilomètre, immense puit avec des escaliers qui permettait de prévoir la montée des eaux ; ou encore sur les murs entourant la salle hypostyle, des gravures d’instruments chirurgicaux, très réalistes et d’actualité même !

En contre bas, se visite le musée du Crocodile, avec des trouvailles de l’animal momifié. Le musée relate la vénération et la peur de l’animal

Jour 6 : Arrivée sur Assouan

Notre bateau étant arrivé à Assouan, dans la nuit, nous sommes tout frais pour visiter les alentours.

La plupart des autres voyageurs sont partis pour la visite d’Abou Simbel. Nous ne l’avons pas faite cette fois-ci, mais je suis personnellement déjà allé à Abou Simbel lors de mon premier voyage et je recommande d’y faire un tour.

Abou Simbel se situe toutefois à 290 km d’Assouan et les excursions proposées sont souvent un aller-retour express (départ 4h du matin pour un retour à 13H avec 2 à 3h sur place, dur dur !).

C’est toutefois l’un des sites les plus impressionnants d’Egypte à quelques kilomètres du Soudan. Le site a connu un véritable renouveau grâce au sauvetage fait par l’Unesco. En effet, tout comme le temple de Philae, à la création du barrage d’Assouan, ce temple était voué à être noyé. L’Unesco a donc décidé de le démonter pierre par pierre pour le surélever de 60m ; ce sont au total 1000 blocs de 15 tonnes qui ont été déplacés !

Le temple d’Abou Simbel est le temple de Ramsès 2, s’étant lui-même déifié ! Les 4 colosses à l’entrée le démontrent bien. Sur la paroi, il est possible de découvrir la plupart des batailles menées par Ramsès 2. Abou Simbel se compose également d’un second temple, le temple d’Hathor, dédiée à la favorite de Ramsès 2, Néfertari.

Temple de Nefertari

Pour notre part, nous visitons donc les alentours d’Assouan. Nous partons à la découverte du Haut Barrage. D’ailleurs, on traverse (sans arrêter puisque c’est interdit) l’ancien barrage qui fut à une époque le plus grand du monde. Mais l’explosion démographique en Egypte (+ 100 millions de personnes en 100 ans !!) a poussé le gouvernement a trouvé une autre source d’énergie et donc à construire le fameux Haut Barrage, non sans conséquences.

C’est Nasser, l’instigateur de ce chef d’œuvre technique qui tenta tout d’abord de négocier avec les Américains pour le financement. Mais lorsqu’ils refusèrent, alors Nasser nationalisa le Canal de Suez ! C’est donc avec les Soviétiques que Nasser s’entendit, d’où un monument à la gloire de l’Urss, trônant à l’entrée du barrage !

111m de hauteur, presque 4km de long, il atteint 980m de large dans sa partie basse. Le Lac Nasser que le barrage a créé est aujourd’hui, le 2eme plus grand lac artificiel au monde.

Même s’il permet aujourd’hui d’alimenter suffisamment en électricité le pays, il a malheureusement causé de nombreux dégâts : disparations de nombreux temples engloutis dans les eaux, même si l’Unesco a sauvé les plus importants ; déportation de la population nubienne qui vivait sur ces terres ; baisse du niveau du Nil ce qui a provoqué l’envahissement de la mer Méditerranée dans le delta et donc des problèmes d’agriculture avec le sel…Pour la simple vue sur le barrage, il faudra débourser 100LE. Business is Business !

Nous filons au temple de Philae, l’un des temples qui fut sauvé par l’Unesco également. Nous arrivons sur un quai et de là il faut prendre un petit bateau à moteur qui nous déposera sur l’ile du temple !

Il faut dire que le temple de Philae avait déjà été en partie noyé par le premier barrage jusqu’à une bonne hauteur, les touristes de l’époque le visitaient en bateau. A la construction du haut barrage, il fut décidé de son déplacement sur une autre ile et cela prit 8 ans au total !!

Le temple de Philae fut construit au 3ème siècle avant JC, en l’honneur d’Isis, la déesse universelle de l’amour. C’est ici qu’elle aurait récupéré les restes de son mari Osiris pour les reformer. Après l’embarcadère, on découvre une grande esplanade avec des portiques. Derrière se trouve le fameux temple d’Isis. Ses représentations en gravure sur les murs sont nombreuses.

On remarque d’autres passages sur l’île par les romains, les coptes ou encore les troupes de Napoléon qui ont laissé quelques « graffitis » sur les murs ! Sur la droite du temple, on trouvera le kiosque de Trajan, qui au bord de l’eau, se marie bien avec le décor.

Au retour, nous profitons du déjeuner et du bateau avant de ne ressortir qu’un peu plus tard. Nous visitons le souk d’Assouan. Comme à Louxor, il a connu un petit lifting. Sur toute une longue artère, et dans quelques rues perpendiculaires, il faut privilégier la fin de journée, c’est le seul moment où le marché sera vivant !

Pendant la petite visite d’Assouan, certains iront au Musée de la Nubie, qui relate plutôt bien la vie de la région et de ses habitants. D’autres iront profiter d’un verre ou d’un thé au Old Cataract Hotel, superbe palace de la ville, réputée pour sa magnifique terrasse sur le Nil au coucher du soleil et pour avoir été l’un des lieux de tournage de « Mort Sur le Nil » d’Agatha Christie.

Jour 7 : Assouan

Pour notre dernier jour à Assouan, avant de reprendre le train en fin de journée, nous décidons de visiter par nous-mêmes les îles qui se trouvent sur le Nil, entre les deux rives.

Pour se rendre sur l’île Eléphantine, il faut déjà trouver l’embarcadère, pas vraiment indiqué. La plupart des Egyptiens trainant sur les quais proposeront des traversées privées ou des balades en felouque. Il faut compter 5LE pour la traversée en bac, ou 80LE la felouque…

Sur l’île, encore 3000 nubiens vivent dans les maisonnettes très colorées. Très différentes de ce qu’on peut trouver normalement en Egypte, ces maisons rappellent plutôt l’habitat africain, les gens venant plutôt de l’extrême sud de l’Egypte voire du Soudan ! Sur l’île, il y a 2 petits villages et entre, la nature exubérante. Il existe également une zone archéologique au sud avec les ruines du temple de Satet ou encore celles du temple de Khnoum.

Les vues sur les autres îles sont très belles, il faudra à nouveau traverser pour se rendre sur l’île aux fleurs, l’ile de Saluga ou l’ile de Sehel.

De retour à Assouan, nous allons déjeuner à Pizza Bitti, proche de la gare puis nous profitons de la piscine pour notre tout dernier moment sur le bateau. Notre train nous ramenant au Caire est à 18h, et nous sommes donc partis pour 13h de train…

Jour 8 : Visite de la capitale

A l’arrivée à la gare du Caire, personne ne nous attend malheureusement, encore une incompréhension entre l’agence et nous (qui était certain que notre train arrivait plus tôt, mais en Egypte, les trains n’ont pas vraiment d’heures d’arrivée !).

Après 1h de perdue, nous nous rendons à notre hôtel déposer les bagages (pas de nom d’hôtel cité, il était trop horrible…). Puis nous commençons la visite du Caire. C’est tout d’abord au Musée Egyptien du Caire que nous allons, situé sur la place Midan El Tahrir (ou plus communément appelé place de la libération car elle est le symbole de la révolution de 2011).

Petite déception pour le musée qui en ce moment est en train de se vider. En effet, le gouvernement a prévu l’ouverture d’un musée international à Gizeh, le Grand Musée Egyptien, dans lequel la plupart des pièces importantes de l’Egypte Ancienne seront rapatriés. Nous le visitons donc au moment où les transferts de pièces ont commencé (toutefois à la lecture de leur site internet, on note aujourd’hui une ouverture à Novembre 2022…).

Le musée du Caire (un peu vieillot du coup car ouvert depuis 1902 sans jamais avoir été rénové) regroupe plusieurs sections sur 2 étages.

Au rez de chaussée, on peut découvrir entre autres :

-La copie de la pierre de Rosette (la vraie se trouvant au British Museum)

-Des statues du dieu Amon et Mout, partiellement reconstituées

-La salle consacrée à Akhenaton, celui qu’on appelle le pharaon dissident. On retrouve d’ailleurs bien les différences de cultes. En effet, Akhenaton, durant son règne, abandonna le culte d’Amon pour celui d’Aton, le dieu soleil (les différences se voient sur les statues à visages plus allongés, ventres arrondis). On y trouve également un magnifique buste de Néfertiti, son épouse

-La statue de Ramses II, appelé l’usurpateur

-Le sol du palais d’Akhenaton de Tell Al Amarna, décoré de motifs végétaux et de canards

Au 1er étage, on trouvera plutôt les momies royales dont celle de Hatshepsout, mais bien entendu également toutes les trouvailles de la tombe de Toutankhamon.

En effet, l’archéologue Howard Carter a découvert en 1922 cette tombe avec un trésor inestimable à l’intérieur, totalement intact. C’est 3850 objets qui ont été recensés dont les statues en bois qui siégeaient à l’entrée de la tombe, son trône, des objets personnels comme ses sandales, des sarcophages, des chars, et bien sur son masque funéraire posé sur sa momie.

Toutankhamon est une manne financière pour l’Egypte… Entre la visite du musée (normalement, la salle Toutankhamon est en supplément mais avec le changement de musée, et les pièces manquantes, le supplément a été supprimé), sa tombe dans la vallée des rois (la plus chère !) ou encore les prêts de pièces dans le monde entier pour diverses expositions, cela représente plusieurs millions par an pour l’Egypte.

Sur l’étage on trouve également le plus long papyrus ou encore de nombreux vestiges de la salle funéraire de Thuya et Syha (beaux-parents de Sethi 1er).

Pour la pause déjeuner, nous nous rapprochons du Vieux Caire et déjeunerons à El Khan, restaurant de grillades.

Le quartier du Vieux Caire, le plus ancien de la ville, était anciennement entouré de murailles. Il n’en subsiste que quelques restes. C’est un quartier piéton, extrêmement surveillé par la police, au vu des nombreux attentats perpétrés ces dernières décennies. Le quartier est réputé pour avoir accueilli la Sainte Famille lors de leur exode en Egypte et fuit le roi Mérode 1er.

On peut visiter tout d’abord l’église El Moallaqah, la fameuse église suspendue datant du 4ème siècle (car elle a été bâtie sur les fondations romaines, en hauteur). C’est une très belle église par laquelle on entre tout d’abord dans une cour ouverte. Le dôme de l’église représente une coque de bateau retourné qui est l’arche de Noé (c’est la seule église copte sans réel dôme). L’intérieur est plutôt décoré avec de nombreuses icones.

Non loin de là, on peut aussi voir la synagogue Ben Ezra (fermée au moment de notre visite), et le musée national de l’ancienne civilisation égyptienne, qui accueillera très prochainement l’ensemble des momies royales du Musée du Caire. Enfin, pour ceux qui s’intéressent à l’histoire chrétienne, le musée copte est une vraie mine d’informations.

Nous reprenons la voiture pour aller visiter cette fois la Citadelle. On traverse pour s’y rendre ce qu’on appelle « la Cité des morts». En effet, des deux cotés de la route, vit une population très pauvre et grandissante qui a installé des campements de fortunes sur d’anciennes nécropoles, une vingtaine, datant de 640 et parfois distantes de plusieurs kilomètres.

La citadelle a été bâtie par Salah Ed Din pour se protéger des croisés en 1176. Par la suite, elle est devenue la résidence officielle des souverains. C’est la mosquée Mohamed Ali la plus visible sur la citadelle. C’est d’ailleurs ici aussi une copie de la basilique Sainte Sophie d’Istanbul. Elle est entièrement couverte de dalles d’albâtre et abrite la tombe de Mohamed Ali.

Sur la citadelle se trouvent également le Palais Gawhara et la mosquée Al Nasir.

La vue depuis l’esplanade est splendide, on peut voir tout le Caire jusqu’aux pyramides de Gizeh, mais également la mosquée Hassan II et la mosquée Er Rifai.

Après un peu de repos (journée chargée et nuit dans le train), nous allons dîner chez Zooba dans le quartier de Zamalek (le plus proche quartier animé).

Zamalek de nuit

Je le précise une nouvelle fois ici, il faut savoir que le Caire n’est pas fait pour les piétons ; pour nous rendre au restaurant, nous avons dû traverser une quadruple voie, prendre un pont non piéton, traverser des tunnels qui ne menaient jamais à la bonne sortie etc… C’est honnêtement une ville dangereuse à ce niveau, débordée de voitures dans tous les sens qui ne respectent pas le piéton, pas recommandable du tout.

Jour 9 : Zamalek

Ce dernier jour sans visite particulière nous permet le matin de visiter le quartier de Zamalek qui est le quartier huppé, souvent habité par des expatriés ou des ambassades et situé sur l’île de Gezira. Le cadre permet une ambiance moins grouillante, certainement moins typique également. Nous déjeuner à nouveau Chez Zooba que nous avons beaucoup aimé la veille.

Nous passerons l’après midi au Barcelo Hotel, un hôtel de qualité avec piscine sur le toit (si seulement nous avions pu séjourner…) et ferons notre ultime dîner au Café safari 2000, en face de l’hôtel.

Et c’est ici que se termine ce voyage en Egypte, le second pour moi. Ce sont de magnifiques souvenirs des temples, des pyramides, du Nil, de toute cette beauté que seule l’Egypte possède. Malgré cela, les cotés négatifs entachent une partie de ce voyage… C’est donc en toute connaissance de cause que je t’invite à te rendre dans ce pays qui reste unique au monde.

Les plus du voyage

  • une architecture unique au monde
  • une conservation des monuments exceptionnelle

Les moins

  • Le prix de tous les billets du à l’inflation galopante, au prix d’un ticket d’un musée en France)
  • Les égyptiens, collants, fatigants, être un touriste en Egypte n’est pas de tout repos

Publié par Gaelle T

Voyageuse dans l'âme, aventurière maintenant chevronnée, je continue ma route sur les chemins de traverse du monde...

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