Road trip de 16 jours en Février / Mars 2026
Coincée entre la mer de Chine et le Pacifique, l’île de Taïwan est une destination encore discrète… et pourtant incroyablement riche.
Longtemps façonnée par différentes influences (populations aborigènes, colonisation hollandaise, présence japonaise, puis refuge du gouvernement chinois après la guerre civile), l’île s’est construite une identité unique. Ici, les temples taoïstes côtoient les gratte-ciels futuristes, les marchés de nuit débordent de vie, et les montagnes couvertes de théiers plongent dans une mer souvent agitée.
Ce qui frappe immédiatement, c’est ce contraste permanent : une modernité ultra efficace (transports, propreté, sécurité), une culture profondément ancrée dans les traditions et une nature omniprésente, accessible en quelques kilomètres.
Pour ce voyage en février et mars 2026, nous avons choisi un itinéraire en boucle, entre villes, montagnes et littoral : Taipei la capitale, le Sun Moon Lake, une parenthèse paisible au cœur de l’île, Alishan et ses forêts millénaires, Kaohsiung, la ville portuaire moderne et créative, Tainan, le cœur historique et culturel de Taïwan et enfin le Nord de l’île avec entre autres Jiufen, Shifen et les villages suspendus dans le temps.
L’itinéraire était équilibré, réalisable en voiture, ce qui permet de voir les grandes facettes de Taïwan sans courir.
Jour 1 et 2 – Décollage en douceur depuis Paris
Le voyage commence en fin d’après-midi, la veille de notre départ en avion. Nous avons choisi de dormir à CDG car notre vol décolle à 11h00 et nécessite d’y être 3h avant. Nous n’avons qu’une seule idée en tête : démarrer l’aventure sans stress. Nous dormons donc à l’Holiday Inn Express Paris CDG Airport, accessible en quelques minutes avec le CDG Val. Il faut compter environ 125 € la nuit avec petit déjeuner inclus — un très bon rapport confort/prix pour une veille de long-courrier. La chambre est moderne, calme, parfaite et la vue sur les pistes est un plus !
Le lendemain, nous partons en direction de l’aéroport après un petit-déjeuner bien copieux. À 8h40, le comptoir d’EVA Air, la compagnie nationale Taïwanaise, est déjà bondé mais tout s’enchaine très vite.
Première immersion dans l’univers taïwanais version kawaii, EVA Air a une franchise avec Hello Kitty et tout est « brandé » : cartes d’embarquement Hello Kitty, étiquettes bagages Hello Kitty… et même l’avion entièrement décoré.


Nous embarquons vers 11h du matin pour environ 12 heures de vol. Le vol est long, forcément, et pas vraiment reposant. Mais entre les écrans, les repas et l’excitation du voyage, le temps passe finalement assez vite.
Jour 3 – Premiers pas à Taipei
Nous arrivons à l’aéroport Taoyuan de Taipei à 6h20 bien en avance sur l’heure prévue. Les formalités sont rapides : à 7h30, tout est déjà bouclé… sauf la voiture de location, disponible seulement à 9h.

Nous prenons notre mal en patience en explorant l’aéroport, très propre et bien organisé (comme souvent à Taïwan). Une fois la voiture récupérée, direction Taipei.
Nous avons loué la voiture sur Klook une application qui ressemble à GetyourGuide pour réserver tout type d’activité (dont la location de voiture), et qui fonctionne bien en Asie. La location chez Goodcars (loueur final) nous coûtera 670 euros pour 15 jours sur la base. Au-delà de ça, il faut rajouter un prix par kilomètre effectué qui inclut entre autres l’essence (on nous fournit des cartes pour aller dans des stations bien précises). Nous rajouterons donc à la fin du séjour 140 € supplémentaires. La prise en charge de la voiture s’est faite en self-service car nous étions en dehors des horaires d’ouvertures classiques.
La bonne surprise vient de la circulation très fluide, et la conduite assez simple. Rien à voir avec certaines grandes capitales asiatiques.
Nous arrivons à l’Ambience Hotel Taipei, l’hôtel a un parking, nous leur déposons nos valises… et nous repartons immédiatement à pied. Pas question de perdre une minute et surtout de se poser sous risque de tomber de fatigue.

Nous sommes à proximité immédiate du Huashan 1914 Creative Park. C’est un ancien site industriel (une fabrique de vin) reconnaissable à ses briques rouges et reconverti en espace culturel, avec des boutiques design, des arbres immenses, des cafés et une atmosphère créative hyper agréable.


Nous continuons à pied dans les rues résidentielles de Taipei — calmes, propres, presque paisibles — jusqu’à Yongkang Street, un spot incontournable pour manger. Ici, c’est un festival de saveurs et nous faisons un arrêt dans le parc à coté pour déguster nos trouvailles : un scallion pancake (crêpes aux oignons dans laquelle on rajoute jambon et fromage) chez Tian Jian Onion Pancakes (2.5 €), un jus d’ananas frais chez Mama Cane et un thé noir glacé chez Jin Fa Jia (1 €).






L’ambiance est simple, locale, vivante dans cette rue ! Impossible également de passer à côté de Din Tai Fung, institution mondiale du Xiao Long Bao, la ravioli Taïwanaise. A côté de Yongkang street, il y a une adresse à table et une adresse pour emporter. Mais la réputation des boutiques fait que les queues pour déjeuner sur place sont démentes. Nous préférons donc prendre quelques raviolis vapeur et des buns, que nous irons manger au Da’an Park.



Bien qu’en partie en travaux, le Da’an Forest park est appréciable pour une pause au vert. Il reste un vrai poumon au cœur de la ville avec son petit lac intérieur.
Nous enchaînons ensuite avec le Rongjin Gorgeous Time, allée commerciale construite sur le site d’une ancienne prison japonaise et transformée en lieu branché.

Puis nous terminons par le monumental Mémorial Tchang Kaï-chek. Les cerisiers sont en fleurs autour du site, et rendent la promenade sympathique. Avec son toit de céramique bleu et ses murs inclinés, le mémorial rend hommage à Tchang Kaï-chek, le dictateur controversé.


Ancien leader du Kuomintang, le général a fui la Chine et le parti communiste en 1949 pour s’installer à Taïwan et diriger le pays d’une main de fer jusqu’à sa mort en 1975. Bien que l’évolution de l’île fut notable sous cette période, la loi martiale était de vigueur, de nombreux citoyens furent injustement emprisonnés et la culture et langue taïwanaise étaient proscrites.
Nous montons par l’intérieur jusqu’à la statue de Tchang, tournée vers la Chine, puis nous redescendons les 89 marches (âge de sa mort) et traversons la place (Liberty Square, afin de redorer le blason de la démocratie) et bordée par le National Theater Taipei et le National Concert Hall Taipei. L’architecture est impressionnante, chargée d’histoire — entre héritage chinois et identité taïwanaise. Nous assistons également à la relève de la garde qui a lieu toutes les heures.




Autour de 16h00, le jet lag nous rattrape brutalement. Nous rentrons à l’hôtel épuisés. Et ce soir, comme souvent à Taïwan, le dîner se règle simplement au 7-Eleven (épicerie) du coin : plat de poulet, riz, kimchi… rapide, bon, pas cher qu’on nous réchauffe directement sur place.
Nous découvrons ensuite notre chambre, très spacieuse, avec un lit très confortable et donnant sur la rue, mais finalement sans réellement de bruits extérieurs.
Jour 4 – Temples, histoire et street food à Taipei
Après un réveil vers 9h, nous descendons prendre notre petit-déjeuner typiquement taïwanais : salade de fruits, buns aux haricots rouges ou au sésame, riz frit… un mélange sucré-salé typiquement asiatique qui commence déjà à nous plaire.
Nous partons vers 10h en métro après avoir acheté une Easy Card. L’Easy Card s’achète en général dans les 7-11 ou autres épiceries du même genre et c’est une carte rechargeable utilisable dans les transports en communs ou dans certains magasins. Un trajet de métro coûte 1 €.
Le métro de Taipei est très clair et propre et tout y est écrit en anglais. Il y a également des rames réservées aux familles ce qui nous change du métro parisien.


Nous descendons au Longshan Temple (station de métro du même nom). L’ambiance est saisissante : beaucoup de monde, des volutes d’encens, des fidèles en prière… On est immédiatement plongés dans la spiritualité taïwanaise. Fondé en 1738, ce temple bouddhiste et taoïste est l’un des plus anciens de Taipei. Les habitants viennent y prier pour la santé, l’amour ou la réussite. Nous sommes sur un week-end avec un jour férié, les Taïwanais sont ici nombreux. Longshan est dédié à la déesse Guanyin, celle de la compassion.




Nous enchaînons avec le Bopiliao Historic Block, un charmant quartier de briques rouges restauré, avec ses bâtiments bas, ses galeries et ses petites expositions. Deux styles cohabitent : l’ère des Qing et l’ère japonaise L’endroit a un côté hors du temps.


Nous faisons ensuite une pause au Mémorial du 28 février, un lieu chargé d’histoire qui rend hommage aux victimes de la répression de 1947. Il y un beau parc mais aussi un musée qui rappelle tout ce qui s’est passé ce jour précis et la « terreur blanche » qui s’en est suivi pendant 40 ans. Nous sommes le 27 février et tout se met en place pour les célébrations du lendemain.

Juste derrière ce trouve le Palais présidentiel du pays. Ce quartier, plutôt quartier politique de la ville, est particulièrement calme en ces jours chômés.



Nous rejoignons Ximending, véritable cœur animé de Taipei. Enseignes lumineuses, boutiques de souvenirs, musique assourdissante, street food… une ambiance qui rappelle un peu Shibuya à Tokyo.





C’est ici qu’il faut faire le plein de souvenirs (comme un 7-11 100% Hello Kitty) mais aussi de shoppings car les grandes enseignes sont présentes.
On fait un arrêt au Wannian Commercial Building avant de trouver notre spot déjeuner, Lao Shandong Homemade Noodles, recommandé au Michelin. Ici, c’est simple et efficace : la fameuse soupe de bœuf, des dumplings et du porc avec riz et tofu, le tout pour moins de 10 €uros à 3.

Le centre commercial, l’un des plus vieux (1973) est un vrai labyrinthe, il nous a fallu du temps pour comprendre où se situait le restaurant (mais par principe les food courts sont toujours au -1, qu’on appelle aussi B pour Basement).
Juste après, petit plaisir obligatoire : un bubble tea, boisson nationale du pays, dans le food court — parfum fruit de la passion avec perles de tapioca.


Avant de quitter Ximending, nous rentrons dans la Red House, ancien et premier marché public construit par les Japonais qui est aujourd’hui un espace créatif avec des boutiques de designers locaux. L’ensemble est assez reconnaissable avec sa forme octogonale et ses briques rouges.

Puis direction le Pier 5, un quai aménagé avec quelques bars éphémères pour admirer la vue sur la Tamsui, avant de rejoindre Dihua Street et le Yongle Market.


Dihua Street est très pittoresque, les bâtiments sont d’époque avec fenêtres voutées et larges arcades. Il y a beaucoup de lanternes qui s’éclairent à la nuit tombée et qui donne à la rue une ambiance encore plus « taïwanaise ».


Ici, changement d’ambiance : herbes médicinales, fruits séchés, thés, des champignons… On découvre une autre facette de Taïwan, plus traditionnelle.








Quant au marché de Yongle, c’est une véritable caverne d’Ali Baba. On y trouve beaucoup de tissus, mais aussi beaucoup de nourriture locale.


La journée continue au Marché de nuit de Ningxia, notre premier marché de nuit. Nous arrivons à l’ouverture et les vendeurs se mettent tout juste en place, il est 17h00. Nous restons raisonnables pour ce soir et tentons les sweet potato balls, croustillantes et addictives.



Nous terminons la soirée avec 2 temples tout à côté : le Temple de Confucius et le Temple Bao’an, qui se font faces.
Fondé en 1760, Bao’an se compose d’un certain nombre de salles, toutes aussi colorées les unes que les autres. L’atmosphère y est magique, d’autant plus de nuit et quand le temple est vide. La divinité principale est ici Baosheng (‘qui protège la vie’).


Le temple de Confucius, lui, ne fait apparaitre aucune statue ou représentation, il est beaucoup plus sobre.



Jour 5 – Entre nature et skyline futuriste
Notre réveil est toujours aussi tardif et notre petit-déjeuner, toujours aussi varié.
Nous prenons le métro ce matin direction Elephant Mountain via la ligne bleue (terminus & direct depuis l’hôtel). Les lignes de métro portent la première lettre de la couleur en anglais (ligne BL pour Blue, R pour Red, Green pour vert etc…). Après 10 minutes de marche, on attaque la montée.
Xiangshan (ou Elephant Mountain) est un sommet avec plusieurs itinéraires de randonnée connu pour ses vues dégagées sur la tour 101. Pas la peine de monter tout en haut ; en une quinzaine de minutes, via le Xiangshan Trail, nous avons un premier point de vue magnifique sur la tour. Attention cependant, ça grimpe fort.

Nous redescendons et après un café à % Arabica, nous rejoignons le pied de la tour pour monter jusqu’au 89e étage. Les tickets peuvent se prendre directement dans l’immeuble au 4ème étage (attention à ne pas se perdre, la tour 101 comporte aussi beaucoup de bureaux et centres commerciaux) et le prix est de 16 €.
Cette tour en forme de bambou mesure 508m de haut, et elle est visible de partout dans Taipei. Il est possible de monter au 89ème étage pour une vue à 360° sur toute la ville, ou au 101ème étage pour prendre l’air sur la plate-forme. Attention également, le brouillard est souvent présent à Taipei et il se peut que le sommet soit dans les nuages, ce n’est donc pas la peine d’acheter son ticket trop en avance ! Impressionnant de voir Taipei s’étendre entre montagnes et buildings.



Nous déjeunons ensuite au food court de la tour (niveau -1) dans un restaurant coréen : porc, riz, kimchi, soupe, petits légumes… une pause efficace.
Nous continuons l’après-midi avec le 44 South Military Village, ancien village où ont été accueillis les militaires ayant fui le régime chinois à leur arrivée à Taiwan. Aujourd’hui, le lieu est un espace culturel et un marché est aussi présent le week-end.

Puis nous marchons vers le Mémorial Sun Yat-sen. Quelle symétrie pour le mémorial construit pour le père de la Chine moderne. L’endroit est actuellement fermé, mais son environnement avec son plan d’eau devant et la tour 101 dans le fond en font un lieu parfait pour une pause.

Le quartier de Xinyi District, lui, nous laisse plus mitigés : très moderne, très luxe, très centres commerciaux, très buildings et donc moins de charme. A part des enseignes internationales, et du monde partout, c’est tout ce que nous y trouvons.

Nous décidons ensuite de rentrer à l’hôtel pour une pause bien méritée pour mieux ressortir le soir.
À 17h30, direction le marché de nuit de Raohe. Le plus vieux marché de Taipei a une ambiance festive, il est très animé et il y a toujours du monde, il est donc recommandé d’y aller dès l’ouverture. Dans une simple rue en long et avec sa porte ornementée à l’entrée, on attaque les hostilités : pepper buns, jus de fruits frais, jus passion/ananas, dumplings, gua bao et donuts frits sucrés, le tout pour 7 ou 8 €uros.







On valide l’expérience à 100 % et visitons le temple de Ciyou se situant juste à l’entrée, sanctuaire du 18ème siècle avec des décorations sublimes.



Jour 6 – Direction Sun Moon Lake
Notre petit-déjeuner est plus tardif ce matin et plus fréquenté mais toujours aussi bon. Nous quittons Taipei en direction du Sun Moon Lake pour environ 2h45 de trajet.
Le Sun Moon Lake (lac du soleil et de la lune) doit son nom à sa forme de ses parties est et ouest, arrondie d’un côté et en croissant de l’autre. Situé à 760m d’altitude, c’est le plus grand lac de Taïwan. Beaucoup le parcourent à vélo à travers les collines, les plantations de thé et les temples, mais la piste cyclable ne fait pas le tour entier du lac.

Pour la première étape à notre arrivée, nous nous garons près du temple Wenwu. Le temple taoïste, qui est très facile d’accès, est gratuit. Dédié aux dieux de la littérature de la guerre, le temple est réparti sur plusieurs niveaux, richement décoré — et toujours avec une vue spectaculaire. Il prend exemple sur de nombreux temples du Nord de la Chine. La fréquentation y est très calme ce jour.






Nous poussons ensuite vers Ita Thao, le village qui se situe sur la rive droite du lac. Le lieu est sympathique et il y a plein de petites échoppes pour se sustenter. C’est d’ailleurs très animé. On craque pour une glace et deux mochis sésame et cacahuètes (1,50 € chacun). Nous profitons du soleil pour nous balader sur le port.




Nous rejoignons notre lieu de séjour, le 5Boat Hotel, qui est situé sur l’autre rive dans le village de Shuishe. Nous faisons une bonne pause car la chambre contient un certain nombre de jeux pour les enfants. La vue sur le lac est superbe et la chambre très agréable.




Nous ressortons diner chez Old Papa Black Tea. Au menu du jour : porc braisé et riz, nouilles sautées, tofu frit et œufs infusés au thé. Ce fut l’un des repas les moins chers de notre voyage avec un total de 6 €uros. Nous complétons simplement le repas avec quelques yaourts achetés au 7-Eleven.

Jour 6 – Journée autour du lac
Dans cet hôtel, le petit-déjeuner est inclus et il nous est livré dans la chambre : œufs, poulet, légumes, pommes de terre, pousses de bambou, cafés … un mélange surprenant mais très bon.
Nous commençons par le Maolan Mountain Trail. Il est difficile de se garer à proximité à cause d’un site militaire mais quelques escaliers suffisent pour accéder à de superbes points de vue sur les montagnes environnantes et surtout les magnifiques plantations de thé. L’atmosphère est légèrement brumeuse, presque mystique.


Nous testons ensuite la Sun Moon Lake Ropeway, histoire de pouvoir prendre l’un des seuls téléphériques de Taïwan. Malheureusement, ce téléphérique n’a pour but que d’atteindre le Formosan Aboriginal Culture Village. Ce parc est plus un parc d’attractions avec reconstitution de l’habitat et des modes de vie des aborigènes. Du coup, bien nous traversions des montagnes grâce à ce mode de transport, il n’y a aucun point de vue sur lequel nous pouvons nous arrêter et le prix est exagéré (10 € par personne).
Nous nous rattrapons avec quelques jolies photos de cerisiers en fleurs, très présents à cette période dans la région.



Il est possible d’aller à pied à Ita Thao depuis le départ du téléphérique ce qui évite de payer 2 fois le parking (le parking était en effet payant dans les 2 endroits). Nous y allons pour déjeuner et nous nous installons sur le port au soleil avec des plats de viandes grillées, achetés sur l’un des stands de la rue.

Nous reprenons la voiture pour la Ci’en Pagoda. Après un tout petit parking où seules quelques voitures peuvent se garer, il y a 570 marches pour accéder au pied de la pagode… sans compter celles à l’intérieur de celle-ci. L’effort est largement récompensé par la vue panoramique sur le lac. Cette pagode a été érigée en 1969 par Tchang Kaï-Chek en l’honneur de sa mère.




En se rapprochant à nouveau du lac, il y a deux temples très différents, Xuanguang Temple puis plus bas le Xuanzuang Temple, plus petit, plus calme, posé au bord de l’eau et qui relate l’histoire du pèlerin Xuanzuang et de son trajet à travers l’Inde.



Nous rentrons à l’hôtel et vers 17h00 nous ressortons diner à nouveau chez Old Papa Black Tea. En effet, à Taïwan, mis à part Taipei, il faut aller manger tôt car les restaurants ferment à 20h maximum.
Nous terminons notre séjour au Sun Moon Lake par une promenade de début de soirée à Shuishe et le long de ce beau lac.


Jour 8 – Pluie, thé et montagnes embrumées
Nous nous réveillons ce matin sous la pluie. Une vraie pluie, continue, qui change complètement l’ambiance du Sun Moon Lake. Heureusement nous quittons cette région. Notre petit déjeuner toujours aussi bon : sandwichs, salade de pommes de terre, fruits… puis nous plions nos bagages.
Avant de quitter totalement le Sun Moon Lake, nous décidons de visiter une plantation de thé, la Hohocha Tea Factory. Nous y découvrons tout le processus de fabrication du thé taïwanais — de la feuille à la tasse. La visite se termine par une dégustation avec du thé, un biscuit et un œuf tous deux infusés au thé (surprenant mais très bon). L’entrée est de 2 € par personne.



Puis nous partons en direction des montagnes au centre de l’île… sous la brume.
Après 2h30 de route, nous arrivons à Shizhuo. Mais entre pluie et brouillard, impossible de profiter des paysages. Nous déjeunons même dans la voiture, puis nous partons toutefois faire le Sakura Trail pour voir les cerisiers. La balade est courte mais agréable malgré la météo. Et les cerisiers en fleurs sont magnifiques.




Nous rejoignons notre B&B, un peu plus bas en altitude mais toujours dans la ville de Shizhuo, une vraie pépite ! Le B&B se situe dans une plantation de thé et depuis la salle de déjeuner, nous avons vue sur la fabrique qui transforme les feuilles en thé.
Quant à la chambre, elle a été décorée avec des inspirations japonaises : table japonaise, futons, kimono etc…auquel on rajoute une dégustation de thé oolong fabriqué ici, avec tout le matériel pour le faire dans dans la chambre directement. L’ambiance est apaisante, presque hors du temps.

Nous ressortons vers 17h30 pour dîner chez Ping An Quick Stir Fry, un restaurant très simple mais très bon où nous prenons du riz, une omelette au basilic, soupe aux boulettes et du porc en sauce ; un repas généreux, parfait après cette journée humide.


Jour 9 – Alishan, entre forêts millénaires et brume mystique
Nous petit-déjeunons vers 8h dans la grande salle du B&B : une assiette bien complète avec légumes, œufs, dinde, frites et nuggets.


Nous prenons la route pour rejoindre le mythique Parc national d’Alishan vers 10h. Après 45 minutes de routes tortueuses (mais très correctes), nous arrivons à l’entrée, située à 2000m d’altitude. L’entrée est de 8 € par adulte + 2,50 € de parking.
Après avoir visité la somptueuse poste d’Alishan, nous nous dirigeons vers la gare pour prendre le petit train forestier jusqu’à la gare de Zhaoping (ticket 2.50 €). Ce train est une vraie institution : construit à l’époque japonaise, il serpente à travers les forêts de cyprès. Mais petite déception : impossible de monter au sommet à la gare de Zhushan. Le train pour le lever du soleil (l’expérience iconique d’Alishan) ne circule qu’une fois par jour… et il faut réserver en avance.



Nous descendons à Zhaoping et nous commençons notre exploration à pied. Le parc est absolument magique. Il n’y a pas de sens pour le visiter, il suffit de se rendre aux points que nous souhaitons voir.
Il y a tout d’abord les Sister Ponds, deux petits étangs entourés de cyprès, très photogéniques, ainsi que le Magnolia Garden, plus discret avec toutes ses fleurs déjà écloses mais agréable au printemps.



Plus central et proche d’une aire de repos où l’on peut aussi déjeuner, nous visitons le Temple Shouzhen, temple taoïste niché dans la forêt. De là, part un chemin en boucle afin de découvrir les arbres géants de Xianglin Sacred Tree, le cœur spirituel du parc.


Sur ce chemin, on peut découvrir le Giant Tree Trail où se trouvent des cyprès millénaires impressionnants, la Shenyi Waterfall, le Cypress Forest Trail, l’un des plus beaux chemins et l’Arch Bridge Alishan, le pont typique, très photogénique.




L’atmosphère est unique : brume, silence, arbres gigantesques… on a vraiment l’impression d’être dans un décor de film.
Nous terminons notre tour par le musée du parc et le Temple Ciyun qui est un temple bouddhiste.



Nous redescendons à pied sur 1 km environ, jusqu’à l’entrée du parc, une belle balade en forêt pour clôturer la visite.

En rentrant à Shizhuo, nous faisons un tour à travers les belles plantations de thés sur les divers chemins de randonnées du village (Mist Trail, Tea Trail, Sakura Trail…).



Pour le dîner, nous choisissons de le prendre au même restaurant qu’hier et à emporter.
Jour 10 – Du plus grand Bouddha de Taïwan à Kaohsiung
Nous nous régalons à nouveau à notre B&B à l’heure du petit-déjeuner et nous prenons ensuite la route vers le Monastère Fo Guang Shan, qui abrite le plus grand Bouddha de Taïwan.

Sur 30 hectares, même sous une petite brume, le lieu impressionne. Le complexe est immense (monastère, universités, temples bouddhiques et lieux funéraires). Après avoir traversé une arche, puis un hall immense (plutôt peuplé de restaurants et cafés), nous arrivons sur une allée bordée de 8 pagodes (chaque pagode abrite des expositions ou salles de mariage).



Au bout de l’allée, un nouveau hall est à traverser et il faut monter quelques étages pour arriver sur l’esplanade où se trouve le buddha. Fo Guang Shan est un des centres majeurs du bouddhisme moderne. Le site est à la fois religieux, éducatif et touristique.





Nous rejoignons ensuite Kaohsiung, qui n’est plus qu’à environ 30 minutes de voiture.
Kaohsiung est une ville portuaire majeure, plus particulièrement avec l’exportation de matières premières vers le Japon. Ce fut également une base industrielle et navale importante, bombardée pendant la seconde guerre mondiale.
Nous nous garons près de l’étang du Lotus (Lotus Pond), lac artificiel au nord de la ville (il y a un parking payant et une passerelle qui permet de traverser en toute tranquillité la rue passante jusqu’aux temples).


Nous visitons les célèbres Pagodes du Dragon et du Tigre. Hautes de 7 étages, les 2 pagodes, côte à côte, représentent comme leurs noms l’indiquent un dragon et un tigre et sont reliées par un pont. La tradition est de rentrer par la gueule du dragon et de sortir par celle du tigre pour attirer la chance. Il est possible de monter tout en haut des pagodes.




Nous continuons vers les Pavillons du Printemps et de l’Automne. Ce sont 2 tours octogonales dédiées au dieu de la guerre, Guandi.

Le lac est assez grand et il est possible d’en faire le tour, car il y a plus d’une vingtaine de temples à voir (temple du dieu de la ville, temple de la Résidence Céleste…).
Nous décidons de nous rendre à notre hôtel, le Voyage by Cosmos car il propose entre autres un tea time gratuit avec café, bière, gâteaux… Puis nous ressortons en soirée, pour découvrir Kaohsiung de nuit.
Nous traversons tout d’abord le quartier Shinkuchan Shopping District. Beaucoup de magasins, vendant des vêtements et chaussures streetwear, sont regroupés sur quelques rues ici.

Puis nous passons à travers le Nanhua Night Market qui est également plus dédié au shopping bien que nous puissions y acheter à manger. Nous tenterons des boulettes à la poudre de crevette (le goût était très particulier) pour patienter jusqu’au dîner.



Nous nous retrouvons à la station de métro Formosa, où se situe le Dome of Light : une œuvre spectaculaire conçu par l’Italien Quagliata, en verre coloré (4500 pour être exact) qui nous illumine de toutes les couleurs alors que nous sommes à l’intérieur.


Enfin pour terminer notre belle journée et pour se rassasier nous nous rendons au marché de nuit de Liuhe : nous picorons d’un stand à l’autre avec boulettes, des saucisses de porc, des saucisses de riz, des dumplings et un gâteau au chocolat (le tout pour seulement 8€).





Jour 11 – Ambiance portuaire à Kaohsiung
Notre petit-déjeuner est à nouveau servi en chambre et avons opté pour 2 options différentes dans cet hôtel plus standardisé : une version taïwanaise avec riz, porc, légumes et une version plus occidentale avec croissant, omelette et fruits.

Ce matin, nous décidons de commencer par l’île de Cijin qui est face à Kaohsiung, le long de la côte. Nous prenons le tram jusqu’à la station de Hamasen, puis marchons jusqu’au Gushan Ferry Pier. Le ferry pour Cijin Island coûte 30 TWD (soit 0.80 cts), mais petite particularité, la carte bancaire est refusée, et les billets aussi… Heureusement il y a une machine dans la salle d’attente du ferry pour changer les billets en pièces.




La traversée en bateau ne dure que 5 minutes. L’île peut se visiter à pied pour une première partie ou alors à vélo (il y a quelques vélo ou rosalies à louer vers le port).


Nous visitons tout d’abord le Temple Tianhou de Cijin. Erigé en 1673, il est même inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Nous montons également à l’ancien fort de Cijin en hauteur. La vue sur l’île et sur Kaohsiung est superbe, on découvre la plage et toutes les immeubles colorés. A côté de l’ancien fort, se situe le phare de Cijin.



Après être redescendus, nous continuons jusqu’à la plage de sable noir, sauvage, venteuse, très différente des plages tropicales classiques, puis dans les petites ruelles à la recherche des maisons colorées.




Nous traversons également le marché aux poissons, très local. Nous sommes happés par l’odeur désagréable du poisson qui sèche à travers les allées (et par cette chaleur…).


Avant de retraverser, nous nous arrêtons près du port pour goûter à l’une des spécialités de Taïwan, le « shaved ice ». C’est une glace râpée (ici glace au lait) avec fruits (cela se fait beaucoup avec de la mangue mais ce n’est pas la saison) et du pudding (le pudding ressemble en fait au flamby). C’est assez particulier mais c’est ultra rafraichissant (3 € la glace).

Nous retraversons du côté terre ferme et nous nous baladons le long de la mer dans les anciens entrepôts réhabilités. Au Pier-2 Art Center, de nombreuses boutiques, restaurants, magasins de souvenirs, salles de concerts ou encore expositions ont poussés et il est plaisant de passer d’un entrepôt à l’autre entrecoupés par une allée bordée par le tram et des œuvres de street art qui trouvent leur place ici.





Le KW2 Warehouse prolonge le Pier-2 Art Center jusqu’au fameux KMC, le Kaohsiung Music Center, salle de concert dont l’architecture représente les coraux et des fossiles de crustacés.




Après une longue pause à l’hôtel, nous repartons dans le quartier de Yancheng District, connu pour ses restaurants et marchés locaux.

Le quartier a connu son apogée lorsqu’il servait de marché noir de produits étrangers (la loi martiale appliquée à l’époque a poussé le marché noir à se développer grâce aux marins très voyageurs). Il y a beaucoup de galeries marchandes et de marchés intérieurs où flâner dans ce quartier comme la Ginza Shopping Arcade ou encore la Dagouding Old Street..





Finalement, nous dînerons tout proche de l’hôtel chez Mos Burger, une chaine de burger de Taiwan, avec entre autres des burgers à la galette de riz.

Jour 12 — Tainan, découverte d’Anping
Avant de partir quitter Kaohsiung, nous faisons un saut au supermarché du coin pour acheter quelques spécialités locales : pineapple cakes (les incontournables gâteaux à l’ananas de Taïwan) et du thé oolong entre autres.
Puis nous partons en direction de Tainan, à 1h de Kaohsiung. Tainan est la plus ancienne ville de Taïwan mais aussi l’ancienne capitale de l’île entre 1683 et 1887. La ville a gardé son charme traditionnel avec ses temples, ses vieilles maisons et son quartier Anping, le berceau historique de Tainan, au nord de la ville.
C’est ici que l’histoire de Taïwan moderne commence, avec les premières installations coloniales hollandaises au 17ème siècle et leur arrivée dans le fort de Zeelandia.
Nous commençons par explorer Yenping Street, une rue commerçante animée et qui abritait un marché, ou encore Xiaozhong Street, avec son ambiance plus locale, de la street food, jeux de rue…








Nous visitons la Tait & Co. Merchant House, cette ancienne maison de marchand transformée en musée, qui permet de mieux comprendre le commerce international à l’époque coloniale et reconstitue également le passé de familles chinoises, aborigènes, hollandaises, etc…



L’entrée inclut également celle de la surprenante Anping Tree House, où les racines de banians ont littéralement englouti une ancienne maison commerciale. L’entrée combinée des deux est fixée à 3.8€.



Nous passons ensuite par le célèbre mur de Totoro, fameux personnage de Miyazaki, avant de rejoindre le Fort Zeelandia. Construit par les Hollandais au 17ème siècle, ce fort est l’un des symboles de la présence européenne à Taïwan.



Nous profitons d’un moment pour acheter un Bubble tea (au prix de 1.90 EUR), l’un des meilleurs du séjour, avec perles de tapioca et sucre brun.


Nous finissons par Gubao Street, rue tout aussi commerçante que les premières. L’ambiance un samedi après-midi est très joviale.



Nous rejoignons ensuite notre maison dans le North District — une ancienne demeure typique de Tainan, pleine de charme. La maison sur 2 étages est une maison traversante avec jardin à l’avant, atelier à l’arrière, et elle est redécorée avec soins. Un vrai coup de coeur pour ce voyage.



Nous ressortons tout proche de la maison pour le dîner chez Dan Wa House, un restaurant type wok, où l’on choisit ses ingrédients et on se les fait cuire par le chef : nouilles au sésame noir et viandes et légumes cuits à la demande (10 € pour l’ensemble de la table).


Tainan est très connue pour son ambiance de nuit. La soirée se termine entre Guohua Street et Shennong Street. Les rues sont soigneusement décorées et illuminées à la tombée de la nuit et attirent beaucoup de monde.



Shennong Street était auparavant au cœur des canaux et de l’ancienne zone portuaire (canaux qui ont disparu depuis). Les bateaux s’arrêtaient à l’arrière des échoppes pour décharger les cargaisons. Deux temples marquent l’entrée et la sortie de la rue. Lanternes, petites échoppes, ambiance chaleureuse… Tainan montre ici son visage le plus poétique.





Jour 13 — Temples, culture et douceur de vivre à Tainan
Pour le petit déjeuner, nous sortons nous servir en viennoiseries et pain chez Pu Jei, boulangerie locale et en café chez Cama Cafe (pour 8 € le tout).


Nous en profitons également pour traverser le Yamuliao Market qui donne envie de tout manger malgré l’heure matinale. D’ailleurs, le marché est bien rempli à cette heure-ci.



Nous prenons ensuite direction du Fort Provintia (Chihkan Tower). C’est ici que fut poser la première pierre par les Hollandais en 1653. Seulement quelques murs de fondations subsistent derrière le temple du Dieu de la Mer et d’un pavillon, du 19ème siècle.




Puis nous faisons le tour des temples tout autour, Tainan étant considérée comme la capitale spirituelle de Taïwan, avec une concentration impressionnante de temples.
Nous commençons par le Grand Temple de Mazu, un sanctuaire dédié aux parents de Mazu et ancienne demeure impériale de la dynastie Qing. Le temple du Dieu de la Guerre est juste à côté. Fondé en 1690, il est l’un des plus vieux dédié à Guandi.


Sur notre chemin dans les rues de Tainan, nous croisons également un cinéma à l’ancienne dont les affiches sont peintes en façade.

Nous faisons un détour par le Hayashi Département Store, ancien grand magasin construit en 1932 sous l’occupation japonaise. Un vieil ascenseur avec son aiguille indiquant les étages ainsi que sa terrasse au 5ème étage font sensation lors de notre visite. Le bâtiment a servi de base anti-aérienne durant la 2nde guerre mondiale. Aujourd’hui, on y trouve plutôt des articles de niche (soit traditionnels, soit de créateurs).



En face du magasin, se trouve la Land Bank, construite en 1928, dans un style de temple grec, dans l’un des quartiers les plus aisés de Tainan.

Après quelques minutes de marche, nous arrivons ensuite au Temple de Confucius, le plus ancien de Taïwan. Fondé en 1665, il symbolise l’importance de l’éducation et de la pensée confucéenne dans la culture taïwanaise. Les jardins du temple sont tout aussi splendides que les différentes cours que nous traversons.




La pause est ensuite bien méritée, nous déjeunons dans un restaurant de pot-au- feu japonais 保哥黑輪 (ou oden), délicieux et rapide (5 € le déjeuner) dans une rue ombragée et commerçante.


Nous poursuivons avec le temple Dongyue, temple dans lequel les fidèles ont pour habitude de se rendre pour converser avec les morts à travers des médiums, puis le temple du Dieu de la ville avec ses 2 boucliers géants qui jugent des bonnes et mauvaises actions des gens à l’entrée.


Nous ressortons le soir pour nous balader entre Guohua Street, rue très animée avec ses nombreux restaurants et échoppes de rue, ainsi qu’à travers le Ximen Market et Bao’an Road.



Pour dîner, nous nous arrêtons à divers endroits, entre autres à Fuqian Rd Chen Ji pour des baos, et chez Fong Jian Jian pour des gyoza délicieuses et faites maison.



Nous profitons pour terminer de la nuit qui tombe tôt pour se balader dans la belle rue des lanternes, Shennong Street.



Jour 14 – Entre Lukang et Jiufen
Nous quittons notre belle maison de Tainan tranquillement, nous avons beaucoup de route à faire aujourd’hui et avons choisi la ville de Lukang comme pause stratégique sur notre chemin. Avant d’y arriver, nous traversons quelques marais salants.

Lukang est une ville pleine de charme. Signifiant « port de cerf » car elle était bordée de prairies, la ville est connue pour son centre touristique à commencer par sa rue piétonne, qui a plus l’allure d’une ruelle, avec ses bâtiments bas de taille, restaurants et boutiques.






Nous visitons les différents temples. Le temple de Mazu, ou Tianhou, temple Taoïste du 18ème siècle, attire beaucoup de monde. Nous assistons entre autres à une procession avec feu d’artifices et musiques à l’entrée. Mazu, désignée comme l’impératrice céleste, est souvent mis à l’honneur dans cette ville. Tantôt déesse des marins et voyageurs, tantôt déesse de la fertilité, elle serait à l’origine du départ des Hollandais de l’île.



Juste à côté, se trouve le temple du Dieu de la ville dont les fidèles sont surtout les commerçants du quartier, venant prier contre les vols de marchandises.


Avant de repartir, nous grignotons des baos au porc chez un commerçant de la rue Zhongshan Rd et faisons un arrêt plus long chez Shining Ting pour du riz au porc braisé et des nouilles au sésame noir.




Nous terminons par le Temple de Longshan, légèrement excentré. Ce temple a la particularité d’être entièrement en bois, sans clous — un chef-d’œuvre d’architecture traditionnelle. Il paraît plus simple et sobre, mais cela lui confère un charme authentique.



Il nous faut encore 2h30 de route pour arriver à Jiufen, dans le nord du pays. Il pleut, la brume s’installe… mais ça rend l’endroit encore plus magique. La région du Nord (au nord de la capitale) est souvent soumise à des conditions météorologiques changeantes.
Après nous être garés et être montés à pied à travers les nombreuses marches de Jiufen, nous nous installons dans notre logement Windsor Vanilla Garden B&B.
Nous décidons de ressortir, mais bien trop tôt par rapport à ce qui est recommandé. Jiufen connait une recrudescence de touristes venant de Taipei, et à des heures bien précises : le matin à partir de 11h, ou entre 17 et 19h quand la nuit est déjà tombée.

Sa notoriété provient probablement de l’engouement pour le dessin animé « Le Voyage de Chihiro » de Miyazaki où Jishan Street est représentée.


A 18h, les rues sont bondées et il est très difficile de circuler. On retentera notre chance plus tard et décidons donc de s’acheter à manger : porc braisé, sticks de fromage et une fameuse soupe de taro avec perles de tapioca.


C’est seulement quand les touristes sont partis, que la magie opère et les photos parlent d’elles-mêmes. Les lanternes rouges, la brume, les ruelles… Jiufen retrouve enfin son âme. Ne manque pas Shuqi Street avec son escalier pentu et sa fameuse maison de thé A-Mei teahouse.




Jour 15 — Pluie, sources chaudes et ambiance portuaire à Keelung
Nous nous réveillons sous une pluie battante, le genre de météo qui change complètement le programme… mais pas forcément en mal.
Le petit déjeuner est livré dans une petite boîte adorable : edamame, omelette, crêpes, fruits…parfait pour commencer la journée en douceur.

Nous décidons de prendre la direction de Beitou, le quartier thermal en banlieue de Taipei. Nombreux sont les habitants de Taipei qu’y se rendent dans cette ville, accessible en métro, pour profiter des sources d’eau chaudes.
La ville est organisée tout autour des sources qui se visitent (on peut en faire le tour) et il possible de se balader le long de la rivière qui fulmine.


Tous les établissements autour proposent aussi des bains ou des accès aux thermes. Nous avons choisi une chambre privée dans un hôtel où se trouve un onsen, un bain japonais d’où l’eau thermale sort directement. C’est très relaxant et c’est une expérience typiquement taïwanaise, surtout avec les enfants. Nous avions réservé sur Klook, à l’hôtel Spring City Resort et avons payé 50 € pour 2h environ. L’hôtel a plein d’autres offres et possibilités ; il peut être intéressant de s’y rendre sans réservation.

Après ce moment de détente, nous nous baladons dans la Beitou Thermal Valley. La rivière fume littéralement, avec ses eaux turquoises chargées en soufre. L’ambiance est presque irréelle, surtout sous la pluie.


Vers 14h30, nous prenons la direction de Keelung, ville portuaire souvent délaissée… et pourtant pleine de caractère. Beaucoup de vestiges de la préhistoire s’y trouvent, ainsi que des vieux forts et des bunkers.

Notre premier arrêt rapide (avant fermeture imminente) est au temple de la Grotte des Fées, située juste à côté du port industriel. Cette grotte a été creusée dans la roche, avec une atmosphère assez mystique, par des pêcheurs qui cherchaient refuge, un temple pour prier.



Mais Keelung est très connu pour son marché de nuit Miaokou. Bien entendu, on y trouve de tout et l’animation ne commence pas réellement avant 18h. Ce marché trouve son origine dans des stands de nourriture qui s’étaient placés devant le temple pour servir les fidèles.
Depuis, il s’est bien développé et on y mange plus particulièrement du poisson, puisque les stands se servent dans le marché de poissons voisin de Kanzaiding. Ici, on vient manger le poisson dès que la pêche est récoltée, à …2 ou 3h du matin. Bien entendu, les stands sont bondés, même à cette heure-ci.





Pour notre part, ce sera quelques brochettes de poulet pané et un take-away dans une chaîne de restauration japonaise Sukiya où l’on teste un curry japonais et un riz au poulet.


Jour 16 — Entre mines, villages et lanternes sur la Pingxi Line
Une nouvelle fois, notre petit-déjeuner nous est livré en chambre avec des sandwiches, des patates douces, du bambou, de la papaye…encore une belle variété.

Nous partons à la découverte des environs de Jiufen en commençant par Jinguashi. Le premier stop se fait en bord de mer pour découvrir la Yin Yang Sea, où la mer se divise en deux couleurs — résultat des minéraux issus de l’exploitation minière. Le contraste est saisissant. C’est toutefois en prenant de la hauteur que l’on observe bien le phénomène.


Nous passons près de l’ancienne fonderie (appelée aussi fonderie des 13 niveaux car 13 niveaux descendent jusqu’au niveau de la mer) et des vestiges industriels, témoins de l’époque où la région était un centre majeur d’extraction d’or, ainsi que de la cascade d’Or (cascade Huangjin) qui tient son nom de la couleur miel des roches due aux dépôts de pyrites dans l’eau.



Dans le centre-ville de Jinguashi, nous explorons les anciennes mines (principalement de l’extérieur), qui donnent une atmosphère un peu hors du temps. Le site a été réhabilité pour devenir touristique sous le nom de Gold Ecological Park.





Il y est possible de visiter les dortoirs, les ateliers, un tunnel de mine ainsi que le soi-disant plus gros lingot d’or du monde.
Nous reprenons notre chemin vers Houtong, cet ancien village minier (comme toute la vallée) reconverti… en paradis pour les chats. Bien qu’amenés ici au départ pour faire fuir les rats, les chats, pour la plupart errants, ont été sauvés par les villageois restants. Ils sont partout sur les toits, dans les ruelles, dans les boutiques. Nous prenons le temps de nous balader et nous faisons une pause au Hide and Seek Café Houtong.





Nous continuons le long de la Pingxi Line, cette ligne de train de 13km qui traverse la gorge, depuis que des gisements de charbons ont été trouvés en 1907 (la ligne estdevenue uniquement touristique depuis 1992). C’est une véritable aventure pour ceux qui décident de prendre le train.
Nous passons donc dans le village de Jingtong, terminus de cette ligne de la Pingxi Branch Rail Line. Le village est traversé par les rails et la gare très bien conservée est extrêmement charmante tout en ayant gardé une authenticité remarquable avec des wagons, des vieux entrepôts etc….





Notre dernier stop de la journée sera consacré à Shifen. Shifen est tout d’abord connu pour ses cascades. La balade pour les atteindre forme une boucle agréable, tout d’abord un chemin le long de la route, puis des escaliers descendant vers la cascade (où se trouvent par ailleurs plusieurs boutiques et stands de nourriture) et enfin un sentier le long de la rivière et en traversant des ponts suspendus sur le retour.





La cascade est impressionnante, souvent surnommée le “Niagara de Taïwan” (la cascade est la plus large de Taiwan, avec 40 m de long).
Nous rejoignons ensuite le centre de Shifen, construit le long des rails. Ici, tout le monde vient pour une chose : lâcher une lanterne dans le ciel et nous finissons par nous laisser tenter (5 € le lancer).
Il s’agit dans un premier temps d’écrire ses vœux à la peinture noire sur la lanterne. Il est possible d’écrire sur ses 4 faces tout ce que l’on souhaite. Les lanternes ont différentes couleurs en fonction du thème que l’on veut se souhaiter : le rouge représente la santé et la paix, le jaune l’argent et la prospérité, le bleu le domaine professionnel, l’orange pour l’amour et le mariage, le violet pour les études et enfin le rose pour la joie et le bonheur.



Puis nous la laissons s’envoler au-dessus des rails avec l’aide d’un local pour pouvoir allumer le feu en son centre. C’est un moment simple… mais vraiment marquant.

Par ailleurs le village étant traversé par les rails, plus d’une fois nous devons laisser place aux trains qui passent.


Nous en profitons également pour goûter dans les stands proposés à la saucisse de porc (2€ la brochette) et à la glace au sésame et à la cacahuète dans une crêpe (1,50 €).



De retour à Jiufen, nous dînons au restaurant chez Jie Jiao Restaurant avec du riz au porc braisé (certainement notre coup de cœur du voyage en plat tellement nous en avons mangé), du magret de canard, de l’edamame et des xiao long bao.




Jour 17 — Derniers instants sur l’île
Et voilà, nous profitons de nos derniers instants sur cette magnifique île.
Comme nous avons la journée entière devant nous avant de nous rendre à l’aéroport, nous prenons tout d’abord le temps de visiter Jiufen de jour. L’ambiance est complétement différente. Il est encore tôt, les hordes de touristes ne sont donc pas encore présentes, mais les lanternes sont éteintes pour la journée.


Jiufen, l’ancienne ville minière été aussi surnommée « Little Shanghai » tellement elle fut prospère à l’époque japonaise.


Nous allons vers le site de Yehliu Geopark. Nous ne nous attendions pas à autant de monde, mais il semble que le site soit reconnu et surtout proche de la capitale.
Cette péninsule qui s’avance dans la mer attire le monde avec ses étonnantes formations rocheuses. On peut reconnaître le soulier de la fée, ou bien plus connu la tête de la reine (qui ressemble au buste de Nefertiti). Le parc permet de se balader librement à travers les roches. Nous atteignons la première moitié de la péninsule, la deuxième n’étant accessible que par escaliers.





Nous traversons ensuite le Parc National de Yangmingshan qui représente une montagne entre Taipei et la côte Nord du pays.
Dans le parc national de plus de 11 000 km2, on trouve plus particulièrement des randonnées à faire (rien de très court toutefois), des points de vue et la chaîne de volcans de Tatun. Seul côté négatif, la plupart des stops sont payants (ou du moins le parking pour s’y arrêter). Il est possible de s’arrêter vers Xiaoyoukeng pour voir les fumerolles, ou alors rencontrer les buffles d’eau sur le chemin de Jinbaoli. Attention la brume et le froid sont bien présents sur les hauteurs. Nous faisons également un stop à la Yangminshan Flower Clock, un très beau jardin fleuri.





Notre avion ne partant qu’à 23h, nous tentons de nous rendre dans la banlieue de Taipei pour dîner, dans la ville de Bali, réputée pour son front de mer, ses pistes cyclables et ses mangroves. Malheureusement, c’était raté pour nous ; tout d’abord parce qu’à cette heure-ci les bouchons sur la route sont affolants, mais aussi parce que Bali est une ville qui vit le jour et qu’aucun restaurant n’est ouvert à notre arrivée vers 17-18h.. Nous trouvons quand même un petit restaurant qui nous accueille pour grignoter.

Puis nous nous dirigeons vers l’aéroport où nous rendons notre voiture et nous embarquons pour un vol de nuit à direction de Paris.
Il est difficile de résumer Taïwan en quelques lignes. Ce n’est pas une destination “carte postale” classique. Ce n’est pas non plus un pays que l’on comprend immédiatement. Et c’est justement ce qui la rend si attachante. Ce qu’on retient avant tout, c’est cette impression d’équilibre : entre modernité et traditions, entre villes dynamiques et nature apaisante, entre organisation parfaite et spontanéité du quotidien.
Faut-il aller à Taïwan ? Oui — mille fois oui. On vient à Taïwan pour se perdre dans ses rues, goûter au million de spécialités ou encore accepter de ne pas tout comprendre. On vient pour découvrir Jiufen et ses lanternes, les forêts millénaires d’Alishan ou encore la trépidante Taipei et la richesse culturelle de Tainan.
C’est un voyage subtil, progressif… qui laisse une empreinte durable. Et une chose est sûre, on repart avec l’envie d’y revenir pour en découvrir encore plus.
Les plus du voyage
- La sécurité permanente
- La nourriture, omniprésente et délicieuse
- La diversité des paysages sur de courtes distances
Les moins
- Une météo parfois capricieuse
- Certains lieux très touristiques (Jiufen, Ximending à Taipei, Yehliu…)





