Les Villes Impériales

Road trip de 9 jours en Mars 2024

Le Maroc compte 4 villes impériales : Fès, Meknès, Rabat et Marrakech. Etant donné que nous connaissions déjà Marrakech (et que la ville fait déjà l’objet d’un article du blog ici), nous n’avons visité que les 3 premières lors de ce voyage.

Pour comprendre l’histoire des villes impériales, c’est très simple. A chaque dynastie qui s’est nouvellement installée au Maroc, une ville a été choisie comme « capitale » : Fès en premier en 789 par le Sultan Moulay Idriss, puis Marrakech en 1062 par la dynastie des Almoravides, Meknès en 1672 par les Alaouites et enfin Rabat, capitale actuelle du Royaume. C’est donc à travers ces 3 villes que nous avons décidé de découvrir le Maroc autrement.

3 jours à Rabat

Rabat est notre première destination, après 3h de vol depuis Paris. Il était plus simple d’arriver à Rabat et de repartir de Fès afin de limiter la route inutile et donc de louer une voiture en aller simple, bien que ceci nous ait posé des problèmes (en effet le loueur Budget nous a facturé sur place des frais d’abandon supplémentaires alors qu’ils étaient inclus).

Pour l’avion, Transavia vole sur l’ensemble de ces villes, à des tarifs très corrects et permet des trajets multi-destinations (ce qu’Air France ne permet pas).

Nous avons choisi un appartement dans le quartier de l’Océan. Il est idéalement situé proche de la Médina (mais en dehors pour éviter la cohue), à quelques mètres de l’océan mais aussi proche d’un arrêt de tramway et d’un supermarché « Marjane ».

L’appartement se situe dans un immeuble moderne mais typiquement marocain avec garage pour notre voiture et bien équipé.

Nous consacrerons environ 3 jours à Rabat, la capitale administrative et politique du Maroc. La ville fut longtemps considérée comme de seconde zone. Mais le Maréchal Liautey en charge du protectorat en 1912 l’a choisi comme capitale et lui donne toute sa splendeur actuelle. Moins prisée que ses consœurs impériales, elle est de notre point de vue l’une des plus chaleureuses.

Restaurants :

Dotés d’un appartement où nous avons cuisiné, nous n’avons pas eu l’occasion de d’essayer de nombreux restaurants mais voici les adresses testées

Dar El Medina : l’un des meilleurs restaurants testés au Maroc avec un menu unique de 125 dirhams ! Le menu est composé de 3 petites entrées (zaalouk, tomates etc…) puis d’un couscous. Le couscous est délicieux car accompagné de sa tfaya, mélange d’oignons caramélisés et de raisins secs qui donnent un gout sucré à celui-ci.

Les stands de la Médina : il faut y venir en fin d’après-midi quand les gens sont de sortie. C’est toujours un plaisir de goûter aux pains et pâtisseries. Se fier à la longueur de la queue pour savoir lequel choisir est la meilleure solution.

Que voir ?

Kasbah des Oudayas

Passée la fameuse porte du même nom Bab Al Oudaya, on embarque dans un village au sein de la ville. Ici les bougainvilliers, le fer forgé et les façades bleues et blanches nous rappellent l’Andalousie. Edifiée au XIIème siècle sous la dynastie Almoravide, elle fut véritablement érigée en kasbah par les Almohades. C’est ici que s’installèrent des moines-soldats qui partaient en guerre sainte en Espagne contre les chrétiens, lieu qu’ils appelaient le Ribah (d’où le nom de la ville).

La Kasbah est un endroit idéal pour flâner. Avec ses ruelles pavées, ses chats se baladant ou se prélassant, le dédale nous mène jusqu’à la plateforme du sémaphore qui permet une vue parfaite sur l’océan, sur le fleuve Bouregreg ou encore sur Salé, la ville voisine.

Non loin de là, se trouve le Café Maure, véritable institution du quartier, et dont la vue est également imprenable. Le thé à la menthe est incontournable.

On termine la visite de la Kasbah par le Jardin des Andalous, un jardin de style hispano- mauresque, dont la création remonte à peine à 1920 (c’est l’architecte de Liautey qui en fut le concepteur), et situé au pied du Palais des Alaouites, dynastie royale toujours en place aujourd’hui. Le jardin permet une véritable pause dans le temps.

La Médina

Nous quittons la Kasbah des Oudayas pour rentrer dans la Médina de Rabat par la fameuse rue des Consuls, rue principale du souk.

Cette médina n’a rien à voir avec les autres villes impériales. Nous ne nous attendions pas à des souks aussi bien tenus et propres. Rénovés en 2019, l’endroit est clair et espacé ; et aucun rabatteur en vue. Fondée au 17ème siècle, la médina s’étale sur environ 1km. Nous découvrons en premier le souk des vêtements. Mais nous sommes vendredi et les horaires sont un peu différentes en ce jour de prière., l’activité y est calme. Mais en fin de journée, cela est bien différent et viennent s’ajouter des stands de pâtisserie et nourriture qui s’ouvrent petit à petit. La rue Souika est particulièrement animée à ce moment.

Il existe également quelques foundouks dans la médina qui sont des anciens caravansérails et où l’on peut rentrer.

L’ancienne médina de Rabat est protégée par de majestueux remparts et de grandes portes qui se fermaient autrefois pour protéger les habitants. Musulmans et juifs ont toujours cohabité, en atteste d’ailleurs l’ancien quartier juif du Mellah, en léger retrait de la médina mais toujours à l’intérieur des remparts. On reconnait plus loin Bab el Had qui marquait autrefois l’entrée principale de la ville.  

Tour Hassan 2

Très élégante du haut de ses 44m, la Tour Hassan 2 ressemble à la Koutoubia de Marrakech ou encore à la Giralda de Séville. Le lieu est rempli d’importance et de solennité, c’est l’endroit même où le roi Mohammed V déclaré l’indépendance en 1956 et où il a choisi son tombeau, le mausolée juste derrière. On rentre sur l’esplanade par des entrées gardées par des militaires à cheval. La tour Hassan 2 était le rêve du Sultan Yacoub El Mansour qui souhaitait construire la plus grande mosquée au monde (le projet ayant été arrêté à sa mort). Considérée comme une mosquée, les non-musulmans ne peuvent pas la visiter.

Mausolée Mohammed V

Juste en face de la Tour Hassan II, sous une multitude de tuiles vertes (rappel de la couleur du drapeau marocain, symbole de la royauté), et avec un gardien à chaque entrée ouverte, le mausolée est rempli de luxe et raffinement. De style arabo-andalou, il est le tombeau du roi Mohammed V, très aimé du peuple marocain, mais également de ses fils Hassan II, son successeur, et Moulay Abdallah, son deuxième fils.

Ville nouvelle de Rabat

Elle a vu le jour sous le protectorat français en 1912. On y trouve de nombreux musées comme celui de la Poste, le musée archéologique, le fameux musée d’art contemporain (musée Mohammed VI) ou encore le Palais Royal bien entendu (qui n’est pas malheureusement pas possible de visiter). La ville nouvelle est beaucoup plus architecturée, carrée tout comme le démontre la très rectiligne avenue Mohamed V.

On peut s’attarder sur la Cathédrale Saint Pierre. Construite en 1930, elle représente la partie catholique de Rabat, une ville qui a connu beaucoup de mélanges religieux (catholiques, juifs et musulmans ont longtemps cohabité ensemble). Dans un style art-déco, on y retrouve toutefois beaucoup de rappel à l’art oriental (zelliges, lanternes marocaines…).

Salé

De l’autre côté du fleuve Bouregreg, se trouve la ville de Salé. A quelques arrêts de tramway, nous descendons à l’arrêt Bab Lakmiss (arrêt suivant le pont Hassan 2), qui est aussi le nom de la porte de la médina de Salé. Petite particularité à savoir sur le tramway, lorsque les guérites sont fermées, seules les machines automatiques sont disponible et il faudra l’appoint en petite monnaie pour acheter un ticket.

Salé a une importance particulière puisque la ville a vu naitre et grandir ma grand-mère en 1936. Nous avons donc suivi sur recommandation quelques adresses données, même si aujourd’hui n’a surement rien à voir avec l’époque.

La médina de Salé est toute peinte d’ocre. Beaucoup plus traditionnelle et plus conservatrice, nous traversons les souks, avec beaucoup moins de touristes que Rabat. La médina dispose d’un souk des bijoux, un souk alimentaire et souk de vêtements. Nous découvrons la grande Mosquée de Salé, la Médersa des Mérinides, dont la cour est un véritable bijou (avec beaucoup de bois sculpté et de zelliges), ainsi que la Kissaria (souk couvert) qui est un vrai bonheur pour la chasse aux trouvailles.

Un peu plus loin, en bord d’océan, on longe le Bastion des Larmes et le cimetière musulman, assez incroyable à voir.

Une fois notre tour de ville terminée, nous descendons sur la plage de Salé qui a une vue imprenable sur la Kasbah des Oudayas. C’est une visite à ne pas manquer.

Nécropole de Chellah

Au moment de notre départ de Rabat, nous passons devant la Nécropole de Chellah. Située à l’extérieur des remparts de la ville, la nécropole est malheureusement fermée depuis le Covid, sans date de réouverture de prévue. Avec une vue très belle sur le fleuve, les promenades autour des fortifications sont de mises. En temps normal, il est donc possible de se balader à l’intérieur de la nécropole qui cache des tombeaux éparpillés sur des espaces verts. Véritable site archéologique depuis l’antiquité, le lieu mérite le détour si ouvert.

Tour Mohammed VI

On peut également parler en quelques lignes de la tour Mohammed VI. Cette tour immense, visible de chaque point de vue de Rabat (depuis la Kasbah ou de la Nécropole de Chellah) devait être la tour la plus haute d’Afrique. Mais pendant sa construction, elle a réussi à se faire doubler par un autre projet en Egypte ! La tour accueille tant des logements, que des bureaux ou hôtels (le projet de départ était d’être le siège de la BMCE, banque marocaine).

2 jours à Meknès

De Rabat, nous quittons la ville par une autoroute moderne qui nous mène en 2h à Meknès, autre ville impériale (l’autoroute est à péage, environ 40 dirham le trajet).

Notre logement à Meknès se situera à nouveau en dehors de la médina, mais sera toute proche. Pour des raisons pratiques et afin de garer la voiture, cela nous semble être le meilleur compromis. Proche de la gare routière, le logement est très grand, mais comme beaucoup de logements, il n’est pas chauffé (alors que les températures sont encore faibles à cette période). Difficile pour nous de se réchauffer !

Meknès est plus modeste en taille que les autres villes impériales. C’est une tribu berbère appelée Meknasi qui s’installa dans la région en premier. Moulay Ismail l’a choisi au 17ème siècle comme capitale marocaine.

Restaurants :

Aisha : ce restaurant est notre première découverte de Meknès. Perdu dans la médina, et pas facile à trouver, nous y avons très bien mangé : couscous et tajine kefta au menu. Une mention spéciale aux femmes en cuisine (déjeuner pour 205 dirham)

Beijjit : cet endroit est en fait une boucherie à quelques mètres de notre logement, recommandée par notre hôte. Dans la vitrine, nous choisissons la viande que l’un des bouchers nous fait cuire au feu de bois. Avec simplicité, on va même nous chercher quelques frites, tomates et échalotes pour agrémenter, le tout pour la modique somme de 80 dirham.

Que voir ?

La ville est divisée en 2 parties : la médina avec ses souks artisanaux, datant du 11ème siècle, et la Kasbah, la ville impériale, derrière ses immenses remparts.

Médina

C’est par la porte Bab El Khemiss (toute proche de notre logement) que nous entrons, son nom signifiant la porte heureuse. Derrière se cache le Mellah, l’ancien quartier juif, dont les murailles sont un peu plus hautes que celle de la Médina.

La médina cache plusieurs trésors : la grande Mosquée (non visitable), la mosquée Najjarine, le Palais El Mansour (palais des Idrissides) ou encore la Medersa Bou Inania, de style hispano-mauresque, l’école coranique aux 25 chambres.

Bien entendu, le passage par les souks de la médina est un incontournable. A travers les rues Sebahghine et la rue Nejjarine (qui elle est surtout couverte et regroupe les vendeurs de vêtements), on découvre un artisanat assez authentique. C’est sans compter également sur le marché couvert qui cache exclusivement des pâtisseries.

La Place el Hedim, quant à elle, à l’entrée de la Medina est souvent apparentée à la place Jemaa El Fna de Marrakech (en beaucoup plus petit) mais Meknès sous les travaux, nous n’avons pas pu profiter de celle-ci.

Plus au nord de la médina, on s’attarde également vers la Bab Jdid, la mosquée Berddouane et le souk de la ferronnerie.

Cité impériale

C’est la Porte Bab El Mansour qui marque l’entrée de la ville impériale, mais impossible de la voir, elle est cachée derrière des échafaudages. Cette porte est normalement l’une des plus impressionnantes du Maroc avec son architecture mauresque.

Il faut dire que de cette cité aux remparts, nous ne verrons pas grand-chose. De grands travaux ont été entrepris à Meknès et ne nous permettent quasiment pas de visiter. C’est une vraie déception, mais espérons que dans quelques années, la ville retrouvera ses galons. On nous propose toutefois de faire le tour des 25 kms de remparts en calèche !

Seule exception à ses travaux, le mausolée Moulay Ismail est le tombeau du sultan, fondateur de la ville et un des rares monuments à être ouvert aux non-musulmans. Il y a 4 à 5 pièces à visiter, dont une salle de prière dans le fond.

Moulay Ismail qui dirigea le pays entre 1672 et 1727 et est considéré comme le fondateur du Maroc moderne. Premier souverain de la dynastie Alaouite, il est celui qui a unifié le pays.

Dans ce que nous ne pouvons pas voir mais à noter pour de futures visites, il y a le bassin de l’Agdal (si tu connais le bassin de la Ménara à Marrakech, c’est sa copie conforme) et le Sahrij Souani, le grenier à grains qui permettait de conserver les réserves alimentaires du pays, ainsi que les écuries royales qui pouvaient accueillir jusqu’à 12 000 chevaux.

Dar Kbira

Pour ceux qui ont un peu de temps, le quartier Dar Kbira (« la grande maison ») se situe au nord de la ville impériale. Dar Kbira fut voulu par Moulay Ismail comme un dédale de ruelles qui sont les prémices de la ville impériale.

Volubilis

Situé à environ 40 minutes de Meknès, à 400m d’altitude et par des routes très agréables, Volubilis cache des ruines archéologiques d’une très belle conservation, les plus entretenues du Maroc. En effet, les fouilles montrent des traces de Carthaginois au 3ème siècle avant JC, puis des Romains. Lorsque les Romains quittent la ville au 3ème siècle, cela parachève le tout. La ville restera occupée toutefois jusqu’au tremblement de terre du milieu du 18ème siècle.

Après avoir payé nos entrées (70 dirhams par personne), nous suivons un parcours en boucle qui nous fait découvrir cette ancienne ville de 20 000 habitants, connue pour avoir été la réserve à lions du Colisée, et pour sa production d’huile d’olive.

Il y a de nombreux éléments immanquables dans cette ville, et le soleil brillant au dessus du site, avec toutes les fleurs qui émergent en ce printemps, rendent le site encore plus incroyable.

On peut découvrir le palais de Gordien, le forum ou la Basilique, près de la place du Capitole. Il y a encore de très belles mosaïques en état quasi impeccable, qu’on découvre en s’écartant de l’allée principale de temps à autre. Prenons exemple sur la Maison d’Hercule avec sa mosaïque au sol représentant les 12 travaux (10 des travaux sont intacts), tout comme la Maison de Vénus.

On termine sur un bel Arc de Triomphe, l’Arc de triomphe de Caracalla, construit en marbre en 212, et autrefois coiffé d’un char de bronze.

Moulay Idriss

Au retour de la visite de Volubilis, nous nous arrêtons dans le village de Moulay Idriss Zerhoun. La ville est très intéressante car perchée, entre 2 collines. Elle est la ville de naissance de Moulay Idriss, fondateur de Fès (à ne pas confondre avec Moulay Ismail, fondateur de Meknès) et arrière petit-fils de Mahomet. Vénéré comme le plus grand saint du Maroc, ce village est devenu un sanctuaire, un lieu de pèlerinage pour les musulmans.

La ville est agréable, très traditionnelle, mais les nombreuses marches nous arrêtent la (avec une poussette, pas très pratique). Le mausolée de Moulay Idriss est l’un des points intéressants, mais est réservé aux musulmans uniquement. Les terrasses panoramiques, qui permettent une vue sur le mausolée, sont peu indiquées, il faudra chercher un peu ou te faire aider des enfants !

3 jours à Fès 

Fès est une ville tourbillonnante. Il nous aura fallu presque 1h pour atteindre le centre-ville où il n’est pas facile non plus de se garer. La médina n’est évidemment pas conseillée pour les voitures, mais nous trouvons une place à quelques mètres de notre logement qui, bien que dans la médina, reste très proche des abords.

Notre logement est un appartement à forte influence marocaine. Nous ne voulions pas de riads à cause du bruit de résonance généré par les cours intérieures, mais cet appartement fonctionne tout comme. Le petit plus est sa terrasse sur le toit.

Restaurants :

Chez Glaoui : le restaurant propose un menu qui permet d’avoir un couscous royal, une soupe, un thé, et quelques pâtisseries, et il est installé tout proche de la porte avec une terrasse sur rue (165 dirham)

Boujloud : situé dans la rue Talaa Kebira, ce restaurant possède de nombreuses petites terrasses, à plusieurs étages, et la vue est top. Mais ce restaurant est plus cher que la moyenne et au final pas aussi bon (270 dirham pour une pastilla et un couscous).

Bouianania : ce restaurant est une belle découverte. Situé à la porte Bab Boujloud, le restaurant a un super toit terrasse sur lequel on peut manger. L’endroit est assez calme par rapport à l’ambiance de la porte. Nous sommes fidèles au couscous et prenons également au tajine citron. Nous y reviendrons pour un thé à la menthe notre dernier soir.

Bonus Hammam : toujours proche de la porte Bab Boujloud, le hammam Mernissi propose une pause dans le tumulte de la médina. Le personnel est très professionnel et le moment passé en bain chaud, aussi bien qu’en massage est très agréable.

Que voir ?

La médina ou Fès El Bali

La médina de Fès est une véritable aventure et un réel labyrinthe de ruelles. Inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco, les monuments qui s’y trouvent datent du 13ème et 15ème siècle environ, entamés sous le règne de Moulay Idriss .

Les tanneries

L’expérience de tanneries de cuir est inévitable à Fès. Dans le quartier Chouara, les commerçants qui ont vue sur les tanneries seront tous avenants à proposer une visite de leur boutique, afin de monter sur la terrasse et ainsi découvrir les tanneries. La visite est supposée être gratuite, mais un billet pour le commerçant est fortement apprécié, d’autant qu’il offrira un joli brin de menthe afin de masquer les odeurs très fortes du cuir travaillé. Il y a une autre tannerie visible proche de la porte Bab Debbagh.

Les Souks

Nombreux sont les souks de Fès, que chacun pourra apprécier à sa juste manière. Le souk Attarine regroupe les épices, le souk Jeld est spécialisé dans la maroquinerie et le souk Sejjarine pour les babouches. Proche du quartier des tanneurs, on va également retrouver les souks du henné et de la cosmétique. La Kissaria Al-Kifah en fait également partie (souk couvert). L’offre est d’ailleurs beaucoup abordable qu’à Marrakech et les vendeurs beaucoup moins insistants.

Mosquée Al Quaraouyne

Cette mosquée, bien que non visitable comme beaucoup d’autres, est toutefois visible à travers son porche. Pouvant accueillir jusqu’à 20 000 fidèles, elle fait également office d’université de théologie, l’une des plus anciennes du monde arabe, datant de 859.

Médersa Attarine

La médersa est une ancienne école coranique. Elle peut également accueillir les étudiants en tant qu’internes également. Il y a plusieurs medersas à Fès qui méritent un détour. Nous avons visité la Medersa Attarine, qui est toute petite, mais qui permet de voir son architecture, ses mosaïques (20 dirham l’entrée).

Les autres medersas de Fès se visitent également : la médersa Bou Inania est plus grande en taille, et la médersa Seffarine est la plus ancienne (elle date de 1280). Sauf si tu as beaucoup de temps et que tu peux toutes les visiter, il faudra faire un choix !

Bab Boujloud

La porte officielle d’entrée de Fès est la Bab Boujloud, datant du 13ème siècle. De couleur bleue et verte, les couleurs reprennent les codes de la ville et de l’islam. Elle est très animée car de nombreux restaurants se trouvent ici et les 2 rues commerçantes Talaa Sghira et Talaa Kbira commencent à cette porte.

Mausolée Moulay Idriss

Le mausolée est l’un des lieux les plus saints de Fès, un endroit où les habitants de Fès vont prier le vendredi et espérer avoir de la chance en touchant la tombe du fondateur de Fès, Moulay Idriss. Son tombeau y est recouvert de soie, offert par la corporation des tisseurs.

Place Seffarine

Cette magnifique place en triangle est un endroit où les artisans travaillent dehors principalement le cuivre. Cela résonne dans les oreilles dès qu’on aborde la place. Nombreux sont les objets qui sont travaillés : une théière, une marmite etc…

Musée Fondouk Nejjarine

Ce musée, situé sur la place Nejjarine du même nom, avec sa magnifique fontaine, est le musée de l’Artisanat et du Bois. On peut découvrir de nombreuses collections entre autres sur les armes ou les instruments de musique. Par ailleurs, le lieu est aussi un foundouk (un ancien caranvansérail).

Quartier des Andalous

Notre logement étant proche de celui-ci, nous profitons du quartier qui se situe de l’autre côté de la rive du fleuve. Le quartier est beaucoup plus calme car déserté par les touristes, mais l’architecture mauresque et les ruelles pittoresques sont tout aussi présentes que dans la médina. La mosquée des Andalous se situe en haut de quelques marches le long d’un souk.

En dehors des remparts, Fès El Jdid

Palais Royal

Plus ancien palais du Maroc, le palais Royal se situe sur la Place des Alaouites. Il est l’une des 7 résidences du roi du Maroc. Les visites ne sont pas autorisées, mais s’attarder sur l’esplanade devant permet de le découvrir de plus près. Le palais s’étend sur 80ha et fut bâti au 13ème siècle.

Jardin Jnan Sbil

Tout proche de la porte du même nom, on peut passer du temps dans le parc botanique Jnan Sbil, une véritable oasis lorsque l’on sort de la médina. Sur 7ha, il a été récemment rénové et se donne des airs d’Andalousie.

Le Mellah

Ancien quartier juif, et lieu très traditionnel de Fès, nous retrouvons également une architecture très typique, des souks encore plus traditionnels que dans la Médina. La rue Bou Ksissat est la plus intéressante de toutes.

Sefrou

Avant notre arrivée à Fès, nous décidons de faire un détour par Sefrou. Située à 800m d’altitude, la ville, très agréable, possède de très beaux remparts.

Elle fut dans le passé le refuge des juifs de la région. Ainsi, le mellah reste un quartier très important, tout comme la médina toute proche.

De ces villes impériales, on retiendra une architecture magnifique qui reflète vraiment le Maroc qu’on imaginait. Ce voyage peut complétement se faire en incluant Marrakech, ou en ne venant qu’un week-end (les compagnies desservant Fès, Marrakech ou Rabat très régulièrement).

Rabat a été notre coup de cœur de ce voyage, permettant des visites partagées entre la Médina et la ville nouvelle. Le Nord du Maroc nous attend pour un prochain voyage !

Les plus du voyage

  • des médinas plus calmes que Marrakech
  • une architecture arabo-mauresque magnifique
  • la nourriture marocaine toujours aussi fabuleuse

Les moins

  • le climat un peu froid la nuit et pluvieux au mois de mars

Aix-la-Chapelle

Week-end de 3 jours en décembre 2023

A la croisée de 3 pays (les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne), Aix-La-Chapelle ou Aachen en Allemand est une ville de taille moyenne qui mérite d’en profiter le temps d’un week-end. L’intérêt de la ville repose surtout sur l’histoire de Charles 1er ou Charlemagne, qui régna sur une grande partie de l’Europe et qui l’avait choisi comme « capitale de l’Empire Carolingien ». Et celui-ci a laissé nombre de vestiges dans la ville Allemande, dont la cathédrale est l’emblème.

Facile à visiter en 2/3 jours, et très accessible en train, Aix-la-Chapelle est aussi une ville d’eau, dans laquelle on peut trouver des thermes actifs ; de quoi passer un excellent week-end tant en termes de visite culturelle que de loisirs.

Y aller ?

Très accessible en train, Aix-la-Chapelle se situe sur la ligne Paris-Cologne, en Eurostar (ex-Thalys) après des arrêts courts à Bruxelles et Liège. La ville est atteignable en 3h15. Quant à la gare, elle se situe à environ 15 minutes à pied du centre-ville.

Où se loger ?

Nous avons choisi de séjourner 3 nuits au Novotel Aachen, qui offrait de grandes chambres avec un lit supplémentaire, un restaurant et une petite salle de jeux pour les enfants. La plupart des hôtels se trouvent dans le même quartier, à quelques minutes du centre-ville, derrière la gare routière. On ne garde pas un souvenir impérissable du quartier, mais tout est à proximité (restaurants simples, à emporter, supermarchés…). Le tarif était d’environ 120 euros par nuit.

Où manger ? Où boire un verre ?

La ville regorge de restaurants en tout genre, à des prix accessibles, et pour tout type de nourriture.  

Voici les restaurants que nous avons pu tester :

Curry Palast : comme son nom l’indique, restaurant idéal pour goûter à l’un des nombreux curry wurst de la carte ou d’une schnitzel, spécialités allemandes et autrichiennes

Restaurant Verano : un bon restaurant italien qui nous a bien dépanné pour prendre des plats à emporter, pâtes et pizzas de très bon gout

Asian today : proche de notre hôtel, ce restaurant asiatique propose de nombreux plats de pâtes et riz, pour la plupart à emporter

Leni Loves coffee : ce lieu est notre coup de cœur du week-end, un endroit mix entre café, brunch et pâtisseries, dans lequel les plats et formules valaient vraiment le coup.

Hanswurst : la saucisse sous toutes ses formes, et sous toutes ses appellations allemandes, saucisse de Munich à Berlin en passant par Frankfort, bref toutes les saucisses allemandes à disposition !

Boulangerie Nobis Printen : pour nos petits-déjeuners, une boulangerie qui offre de très bonnes brioches et viennoiseries. Pour ceux qui veulent gouter à la spécialité de la ville, les Printen, c’est ici qu’on pourra trouver les meilleurs, une confiserie qui mixe un pain d’épices et un biscuit.

Que voir ? que faire ?

La Cathédrale  

Comment passer à côté de ce lieu si extraordinaire, premier édifice allemand inscrit au patrimoine mondiale de l’Unesco et l’une des plus anciennes cathédrales d’Europe. Lieu de couronnement de 30 rois allemands, elle est surtout créée par Charlemagne dont il ne subsiste aujourd’hui en réalité que la chapelle palatine. 

Charlemagne lui-même ne fut pas couronné à Aix, mais à Noyon en 768, et à Rome en 800 (pour la couronne impériale). Mais de 936 à 1531, 30 monarques allemands se verront couronnés en ces lieux. 

Charlemagne y fait construire une image d’une Jérusalem céleste, un pont entre la terre et le ciel, à l’image qu’il souhaitait. C’est en 803 qu’elle sera achevée, et c’est ici que Charlemagne est enterré, l’église devient à ce moment un lieu de pèlerinage. 

On pénètre dans la cathédrale par un très beau porche. Mais c’est l’entrée dans l’octogone carolingien qui est impressionnante. Anciennement chapelle du palais royal, il est l’exemple type de la Renaissance Carolingienne. Inspirée de l’église de Ravenne, l’octogone de 2 étages comprend une galerie de 16 cotés. A l’étage caché du public, se trouve le trône royal (il est possible de le voir sur visite guidée). Quant au chœur gothique, il est lui inspiré de la Sainte Chapelle de Paris. 

Attention, bien que gratuite, la cathédrale est fermée les samedis et dimanches matin pour les services. 

Tout à côté, il est possible de visiter le trésor de la Cathédrale. On y trouvera quelques reliques de cette époque mais aussi le sarcophage dans lequel a été enterré Charlemagne, on encore un buste de l’empereur.  

Rathaus (ou hôtel de ville) 

Le magnifique Hôtel de ville datant du 14ème siècle a été plusieurs fois remanié, suite à des destructions et incendies. Mais c’est grâce à sa façade, donnant sur la place du marché que celui-ci resplendit. On y trouve les statues de plus de 50 souverains (dont 31 couronnés à Aix-la-Chapelle) qui entourent les 3 personnages centraux qui sont Charlemagne, Jésus-Christ et le Pape Leon II. L’hôtel de ville est accessible à tous, la visite coûte 6 €. Dans les salles du rez-de-chaussée, on peut visiter la salle du conseil, la salle blanche servant de salle des fêtes et la salle rouge qui est la salle de traité de paix qui a mis fin à la guerre de Succession. 

Au dernier étage, tout en haut des escaliers d’Ark, se trouve la salle des cérémonies et des banquets. Elle est incroyablement grande avec ses 45m de long sur 19m de large (elle représente toute la surface de l’hôtel de ville au sol). C’est là où se tenaient principalement les banquets post-couronnement. Prend un petit temps de pause dans les escaliers où les fenêtres permettent une vue somptueuse sur la place et la cathédrale. 

Le Centre Charlemagne 

Ouvert en 2014, le centre Charlemagne reprend toute l’histoire de la ville depuis le Néolithique, jusqu’à aujourd’hui, en s’attardant plus longuement sur la période Carolingienne qui, elle, représente un moment important dans l’histoire de la ville. Moderne et interactif, le musée se visite en 1 à 2h de temps et les audioguides permettent une compréhension rapide. 

Par ailleurs, pour tout ce qui est en rapport avec Charlemagne, il suffit de suivre ses traces sur les pavés de la vieille ville (clous cuivrés à son monogramme) : un parcours supplémentaire qui permet de découvrir les incontournables de la ville et dont les détails sont disponibles à l’office de tourisme. 

Fortifications 

Des murs d’enceintes de la vieille ville, il ne reste malheureusement pas grand-chose. Toutefois, il est possible de se rendre aux 2 portes encore debout : la Pontter, au nord, datant du 17ème siècle, et la Marschiertor du 13ème siècle. 

Il est super agréable de s’attarder dans la rue qui rejoint la Pontter à la place du marché, et qui s’appelle la Ponterstrasse. Représentative du quartier estudiantin de la ville, on passe devant de nombreux bistrots et cafés, dans une belle rue pavée qui rend ce quartier d’Aix très charmant. 

Thermes et Fontaines 

Si Aix-la-Chapelle est autant connue, c’est aussi grâce à ses sources d’eau chaude que les Romains connaissaient déjà. En effet, ils les utilisaient dans le cadre de cures, ce qui a fortement permis à la ville de se développer. D’ailleurs, la ville doit son nom à cette eau bénéfique, puisque  Aachen dérive du latinaqua et du germain ahha. 

Pour en profiter, il faut se rendre aux Thermes Carolus. Avec des bassins intérieurs et extérieurs, les eaux chaudes sont prisées des touristes. Situé dans le quartier de Burtscheid, c’est un endroit très apprécié pour ses petits cafés ou restaurants chaleureux.  L’entrée des thermes est fixé entre 16 et 18 euros selon l’heure ou le jour de la semaine. 

Il y avait jadis 30 sources d’eau chaudes, mais 4 restent encore actives. Et c’est à travers plus de 60 fontaines que l’eau s’écoule, fontaines qui méritent un véritable détour. 

La plus connue est Elisenbrunnen, l’emblème de la ville dont la source d’eau chaude à 53° sort sous une rotonde entourée de ses arcades. 

Entre la cathédrale et l’hôtel de ville, se trouve Puppenbrunnen (la fontaine aux poupées) qui avec ses 5 bras articulés représente 5 symboles de la ville (la science, le carnaval, l’équitation, l’industrie et le textile). 

Vers la cathédrale également, on trouvera la fontaine aux moineaux (Moschebrunnen) et devant l’hôtel de ville, c’est la fontaine de Charlemagne (ou fontaine du marché) qui règne en maitre. D’ailleurs c’est seulement une réplique de Charlemagne qui la surplombe car en 1792, les Français partirent avec la statue comme butin de guerre. 

Enfin, devant le parc d’Elise, c’est la fontaine du Cycle de l’argent que l’on découvre. Cinq personnages se passent de l’argent de la main à la main pour représenter 5 qualités/défauts : la cupidité, l’avidité, la générosité, la mendicité et la pureté. 

Ludwig Forum Aachen 

Aux abords de la ville, le Ludwig Forum Aachen est un Musée d’art contemporain, fondation appartenant à Peter et Irene Ludwig. Comme indiqué, l’art qui prime est le contemporain avec beaucoup de pop’art, photographies réalistes etc…  

Couven Museum 

Si vous avez un petit peu de temps, le Couven Museum permet de découvrir la bourgeoisie de la ville au 18 et 19eme siècle, sur 3 étages différents. 

Grahaus 

Le premier hôtel de ville a été construit en 1260 sur le Fischmarkt. Le bâtiment a aussi servi de tribunal, de prison et d’archives de la ville, avant de devenir un établissement d’enseignement secondaire. 

Les Plus du voyage

  • une destination accessible en train
  • la ville se visite très facilement
  • une histoire enrichissante

Les Moins

  • la visite de la ville peut sembler rapide

En conclusion, Aix-la-Chapelle est un excellent choix de destination pour un court séjour (2 à 3 jours maximum) ou pour un voyage dans le cadre des visites de Liège (Belgique), Cologne (Allemagne) ou encore Maastricht (Pays-Bas). Accessible très facilement, la ville permet d’en apprendre beaucoup sur Charlemagne qui rend si fière la ville.   

Danemark

Après un début d’été caniculaire, il nous fallait une destination estivale au climat tempéré. Le Danemark était un choix parfait : une température entre 16 et 24°C et très peu de pluie durant l’été.

Pays des vikings, mais pas le plus visité des pays nordiques, le Danemark se coupe entre partie continentale à la pointe nord de l’Allemagne et une multitude d’îles. Le pays semble tout petit, mais il est en fait le 13ème plus grand pays au monde ! Et oui, car le Danemark comprend aussi les Iles Féroé et le Groenland. Beaucoup d’ailleurs ne le résume qu’à Copenhague alors qu’il y a tant de choses à visiter.

Ce qu’on peut retenir, c’est que c’est certainement l’un des pays les plus heureux au monde. Entre paysages à couper le souffle, facilité des déplacements, accueil chaleureux des habitants et leur goût pour le divertissement (le Danemark est le pays de Christian Hans Andersen et du Lego), nous sommes bien servis !

Jour 1 : Voyage et installation

Après une arrivée rapide l’aéroport, nous enregistrons sur Vueling qui, comparé à Air France, disposait de très bons horaires de vol (c’était sans compter sur un retard d’avion bien sûr). Le temps de vol vers Copenhague est assez court (moins de 2h) et c’est tant mieux. Bien entendu, dans ce petit pays pourtant étendu, nous décidons de louer une voiture, chez Hertz. Les loueurs sont tous disposés à quelques arrêts de navette des terminaux.

La première partie de notre séjour se passera à Copenhague. Nous choisissons de ne pas séjourner dans le centre-ville mais à 4 arrêts de métro seulement, dans la partie pavillonnaire de la ville. Notre arrêt de métro (Bella Center) n’est qu’à 7 /8 minutes à pied, et notre logement, trouvé sur AirBnb, est une jolie petite maison danoise, avec 3 chambres, jardin et de quoi jouer partout ! Après quelques courses, et une première amende (et oui, même sur le parking du supermarché, le disque est obligatoire !), nous profitons largement de cette maison et du repos qu’elle impose.

Jour 2 : Copenhague de long en large

Après une longue nuit de repos, nous quittons notre logement à l’assaut de la capitale. Il suffit de 20 minutes environ pour atteindre la station Kongens Nytorv, point central de la ville. Rien de plus simple que le métro de Copenhague : 4 lignes, dont 1 circulaire (ne pas se tromper de sens) et les 3 autres qui desservent les axes est-ouest et nord-sud. Pour avoir testé les 2 tarifs, le prix d’un ticket est de 3,20 € le trajet (oui oui !) et la journée illimitée de 11,50 €. Avis aux noctambules, le métro tourne toute la nuit.

Nous sortons donc à Kongens Nytorv qui est en danois la place des Rois, la plus grande place de la ville. Ayant pour modèle la place Vendôme à sa conception (on en est assez loin tout de même), elle fut construite par le Roi Christian V en 1670. On retrouve autour de la place le théâtre Royal, l’hôtel d’Angleterre ou encore les « Magasins du Nord ».

Tout à côté, se trouve le fameux canal Nyhavn. Le canal est LA carte postale de Copenhague, celles des maisons colorées au bord de l’eau. L’endroit, même le matin, est très charmant. C’est le même roi Christian V qui demanda sa construction pour rapprocher la ville de la mer. C’est bien entendu ici le soir qu’il faut venir pour chercher l’animation, même si à l’époque l’animation était plutôt pour servir les marins venus chercher plaisir.

Nous allons jusqu’au bout et profitons des quais pour se balader et découvrir sur la rive en face l’Opéra ou le quartier de Christianshavn.

Nous rentrons ensuite dans la rue commerçante Stroget. L’une des plus longues rues d’Europe est parfaite pour une séance shopping avec toutes les marques internationales et nationales, et de toute catégorie. Malgré tous les magasins, le quartier a gardé son charme et architecture d’antan.

Tout proche, nous passons devant la Nicholas Kirke, église devenue centre d’art contemporain et située à la croisée des canaux. Nous traversons sur l’île de Slotsholmen («l’îlot du château ») où se trouve le parlement ChristianBorg Slot (d’ailleurs le président Zelensky est présent ce jour). Ce château représente le centre du pouvoir depuis le 12ème siècle. Il y a d’autres bâtiments sur cette île comme le bureau du 1er ministre, la Cour Suprême, la bibliothèque royale (le fameux Black Diamond, l’un des symboles du renouveau de l’architecture danoise) et ses jardins, le musée des armées et les écuries royales toujours en fonctionnement.

Dans le quartier latin que nous traversons rapidement, nous goûtons à l’une des « spécialités » de Copenhague, le hot-dog. Et oui, les Danois sont friands de street-food et particulièrement le hot dog qu’ils agrémentent d’oignons frits (un peu comme chez Ikea, au final) et de sauce de leur choix. Il faut compter environ 6,5/7 euros pour le hot-dog chez DOP.

Puis nous allons à Rosenborg Slot, superbe château où l’on profite tout d’abord du parc. Résidence d’été du roi Christian IV qui le fit construire en 1606, aujourd’hui le château accueille les collections de la famille royale, entre autres les joyaux de la Couronne.

Comme il est l’heure du déjeuner et de la sieste, on en profite pour se balader dans les parcs environnants : celui du jardin botanique (et ses magnifiques serres), celui du KunstMuseum puis celui qui mène tout droit à Osterport.

D’Osterport, situé au nord-est de la ville, nous visitons le Kastellet. Cette citadelle de 1661 dans un état de conversation irréprochable est aujourd’hui une caserne militaire (on trouve ici la garde nationale et les services de renseignements de l’armée), même si on peut s’y balader librement.

Un petit chemin mène tout droit à la mer, et on tombe directement sur la fameuse petite sirène…Ne soyez pas surpris en la voyant, elle est en effet petite. Symbole de la ville depuis 1913, elle est bien sur inspirée du conte d’Andersen du même nom. Elle fut créée par Carl Jacobsen, fils du fondateur de la brasserie Carlsberg. En tout cas, elle reste bien sur incontournable et on le constate au nombre de touristes qui se pressent devant.

Nous terminons notre journée par la visite de l’église Saint Alban (unique église anglicane du Danemark) et la fontaine de la déesse Gefion devant celle-ci (Gefion représentant la fécondité dans la mythologie nordique).

Jour 3 : Norrebro, Osterbro et Christianhavn

Ce matin, nous décidons de visiter les banlieues de Copenhague, avant de prendre une pause pandriale à la maison. Nous nous rendons dans le quartier de Norrebro, considéré comme l’un des quartiers les plus cools au monde (classement du magazine Time-out). Ancien quartier ouvrier, puis quartier d’immigrés, il est aujourd’hui très multiculturel, apprécié également par les artistes et la jeunesse branchée.

Arrivés par la station Norrebros Runddel, nous commençons par le cimetière Assistens Kirkegade où sont enterrés des célébrités danoises comme Andersen. Le cimetière est plutôt de style anglophone (pierre tombale à même le sol), mais le parc est immense et on alterne entre recoins et grands espaces.

Puis on se balade dans ce quartier bobo où pullulent les cafés et restaurants et on traverse le parc Superkinen, assez original. Ce grand parc comprend 3 zones : la place rouge pour les activités culturelles, le Black square où l‘on joue au Backgammon et aux échecs et le Green Park, l‘aire de jeu.

Puis nous reprenons le métro pour le quartier d’Osterbro qui est à l’inverse le quartier chic de Copenhague. Le quartier est assez grand, car il contient une partie du port (où se situe la petite sirène). Entre magasins huppés, de bouche, ou grands espaces verts, il y a de quoi faire. C’est ici qu’on trouvera également le stade national de football.

Après quelques rues traversées, on déambule dans Brumleby. Ce quartier complétement enclavé, dont l’accès se fait par un portail singulier, est un ensemble de maisons mitoyennes de couleur blanche et jaune, construits pour des immigrés et ouvriers en 1854, lorsque l’épidémie de choléra avait atteint la capitale. Ces maisons avaient été construites pour accueillir des personnes vivant dans des environnements mauvais pour leurs santés. On assiste ici aux premiers logements sociaux du Danemark. Lorsqu’on passe ce portail, le bruit s’arrête et on a l’impression d’être à la campagne. En tout cas, c’est très appréciable de se promener ici.

Après une longue pause faite à notre maison, nous reprenons vers 15h30 cette fois ci en allant à Christiania, sur l’île de Christianshavn. Ce quartier communautaire est devenu libre et autogéré après que quelques résidents décidèrent d’occuper illégalement une base militaire en 1971. Pas d’impôts ici, alors la vie y est moins chère, et pas de règles, donc la drogue entre autres s’y vend (drogue douce, car le reste a tout de même été interdit après des dérives). La ville ferme les yeux pour le moment sur la gestion de ce quartier, même si depuis cet été (peu de temps après notre passage), une fusillade a eu lieu, et la mairie serre de plus en plus la vis (fermeture des vendeurs de hash etc…). Il n’existe pas réellement de risques à se balader ici mais les photos sont totalement interdites. Les maisons sont toutes colorées et il y règne une ambiance pro écolo!

Sur la même île, et tout à côté du quartier Christiania, nous y trouvons l’église en spirale, un des autres symboles de Copenhague (Vor Frelsers Kirke), autrement dit l’église Saint-Sauveur, facilement repérable. Elle se visite mais la réservation est impérative. C’est également l’une des meilleures vues de Copenhague du haut de ses 400 marches.

Sur cette île, on traverse beaucoup de canaux et les quais sont une agréable balade, d’ailleurs récemment aménagés (universités, espaces de coworking), ce qui contraste fortement avec Christiana. Ils nous permettent de voir Christianborg et le Black Diamond (la bibliothèque Royale). Nous terminons notre promenade en traversant le pont, déambulant vers la bibliothèque royale, le DAC (musée d’architecture) et toujours les canaux.

Notre dernier arrêt de la journée est le Radhus. Parmi les plus hauts bâtiments de la ville, l’hôtel de ville existe depuis 1905. L’architecture fait de nombreux rappels à l’histoire de la ville sur sa façade. Quant à l’intérieur, il est tout à fait possible d’entrer dans la grande salle intérieure, la salle des pas perdues magnifiquement éclairée grâce à sa verrière.

Jour 4 : Frederiskberg et Vesterbro

Pour cette dernière journée à Copenhague, nous débutons notre parcours à Frederiksberg, le quartier vert. Officiellement, Frederiksberg est une autre ville, mais elle est souvent considérée comme un quartier de Copenhague. Coin assez chic et huppé, on y trouve par exemple le Zoo de Copenhague, l’un des plus vieux d’Europe (connu d’ailleurs pour accueillir quelques espèces particulières comme les fameux pandas), le château de Frederiksberg (un ancien palais royal abandonné au détriment de l’armée et son école militaire) et un somptueux parc royal que nous visitons.

Nous descendons ensuite la Frederiks Allee, anciennement allée privée du roi pour se rendre de sa cour au parc. Nous découvrons de très belles petites rues adjacentes avec des boutiques et restaurants tout aussi charmants : un passage par la rue Værnedamsveje est obligatoire.

Une petite pluie nous arrête quelques instants et nous reprenons dans le quartier de Vesterbro à l’époque plus communautaire voire carrément mal famé (ancien « quartier rouge » de la capitale). La donne a totalement changé aujourd’hui et le quartier est devenu plutôt bobo branché. On découvre les anciens abattoirs qui ont bien été réhabilités depuis (en restaurants ou bars pour la plupart), cela rappelle le Meatpacking District à New York. Malheureusement fermée à notre époque, il est aussi possible de visiter l’usine de bières Carlsberg, dont l’origine est bien ici.

Nous allons ensuite aux Jardins de Tivoli, situés tout près du Radhus. C’est un célèbre parc d’attractions très ancien de Copenhague, datant de 1843. L’entrée est assez chère, mais il y a plusieurs niveaux pour ceux qui veulent faire des attractions ou non. Les jardins sont somptueux et les attractions nous ramènent dans un ancien temps. En y entrant, on découvre un monde féérique, de contes, tel que le raconte Andersen. Depuis son ouverture, plus de 300 millions de visiteurs ont testé le grand 8 toujours mécanique ou admiré les 400 000 fleurs en parterre.

Nous repassons par la place de l’hôtel de ville puis profitons du haut du quartier latin, en passant par Stroget, la rue commerçante traversée le premier jour, la place du vieux marché avec le Domhuset (cour de justice), l’église St Peter et la tour ronde (un vieil observatoire avec un télescope datant de 1929).

Après avoir gouté un sharwarma dans le quartier de Vesterbro, notre vrai stop déjeuner se fera à Gasoline, une ancienne station essence transformé en corner à burger en plein centre-ville (prix environ 6,5 € le burger).

Marmokirken est ensuite sur notre chemin. L’église de marbre est en forme de dôme de plus de 31 m de diamètre et 50m de haut. L’intérieur de celui-ci est peint des 12 apôtres.

Nous terminons notre visite de Copenhague, par une place circulaire à coté de Marmokirken, qui accueille Amalienborg, le palais de la famille royale pour la saison hivernale. Les gardes royaux sont ici et font des tours de la place, la relève ayant lieu à midi ; il y a en tout 4 palais autour de la place : un pour la reine, un pour le prince héritier et sa famille, un musée, et le dernier inhabité.

Jour 5 : Ferry vers le continent

Nous avons du mal à nous préparer pour quitter cette superbe ville de Copenhague mais nous nous dirigeons finalement vers Odden à la pointe de l’ile du Seeland pour prendre le ferry. La traversée est rapide (1H30) et le bateau est top, bien aménagé avec beaucoup de confort et même une aire de jeu pour enfants. Les compagnies ne sont pas du tout les mêmes selon le trajet que l’on souhaite réserver. Celui-ci était opéré par Molslinjen et nous a couté 73 € avec la voiture.

A l’arrivée à Aarhus, nous préférons nous rendre dans le sud de la ville pour une pause à Marselisborg. Nous gardons la visite de la ville pour le lendemain. Marselisborg Dyrehave est un parc de daims appartenant à la famille royale qui dispose d’une résidence d’été à côté. Les daims et cerfs se baladent librement au sein du parc et on peut même les nourrir, c’est assez impressionnant. N’ayant rien prévu, une Danoise nous donne gentiment des carottes pour les nourrir.

La plage étant juste à côté, nous en profitons. C’est là que se trouve l’Infinity Bridge, un ponton tout en rond et souvent pris en photo.

Notre maison pour les prochains jours se situent à Gjern à environ 40 minutes d’Aarhus ; la maison est fantastique, très tranquille et super confortable, dans un style complétement hygge. Pour ceux qui ne connaissent pas le Hygge, c’est un style de vie qui se définirait par le fait d’être heureux, d’avoir un sentiment de bien-être dans une atmosphère confortable.

Nous ressortons le soir dans Silkeborg, située à 15 minutes de notre logement. Silkeborg est connue pour être au centre de plusieurs lacs, ce qui rend la ville sereine attractive par ses activités nautiques, mais aussi ses quelques musées et son centre historique.

Jour 6 : Aarhus

Le programme du jour est la visite d’Aarhus, après quelques désagréments avec notre voiture (un pare-brise fissuré et un changement de voiture à la station la plus proche).

Nous nous garons proche de la gare mais le parking est assez cher dans les environs. Nous prenons notre déjeuner au Aarhus Street Food Market, ancien hangar de bus bondé aux heures de pointe. L’endroit est hyper sympa, très à la mode et nous prenons un fish &chips et un chicken korma, à des stands différents.

Nous profitons du beau temps pour déjà longer la mer. Nous passons par Dokk1 (la bibliothèque), les quais, sur lesquels il y a beaucoup d’animations lors de la pause déjeuner (beaucoup d’écoliers pratiquent leur sport à ce moment) et les nouveaux quartiers plus au nord, qui, après un bon 1/4 h de marche, nous amène dans un quartier très moderne en termes d’architecture. Certains bâtiments sont assez connus, comme l’Iceberg.

Après cela, et de retour dans le centre-ville, nous traversons quelques rues typiques du quartier latin, dont Graven et Klostergade, mais aussi l’église Klosterkirken et la très belle Mollestien. Mollestien est une rue pavée bordée de petites maisons colorées du 18ème siècle. La rue est très photographiée. Aarhus a le charme d’une ville d’antan puisqu’elle a été bâtie au 8ème siècle par les Vikings et a acquis de l’importance avec la révolution industrielle et son port.

Tout est très animé actuellement puisque c’est le Aarhus Festuge (la fête de la ville célébrée chaque année en août) et le Molle Parken accueille un concert. On trouvera pas mal de concerts en ville mais aussi plusieurs marchés ou food markets. Nous profitons d’une pause pour faire un tour au Kunsthal Park et à son musée d’art moderne.

Tout à côté se trouve le très connu ARoS KunstMuseum. Bon à 25€ l’entrée et peu de temps devant nous, nous y avons renoncé. Ce musée est toutefois l’un des plus grands musées d’art moderne d’Europe ; le bâtiment représente un cylindre dans un cube. L’une des œuvres les plus célèbres est celle de Ron Mueck et son Sculpture Boy de 4,5m de haut. Le musée date de 1859 mais ce n’est qu’en 2004 qu’il a été inauguré avec 10 étages supplémentaires. La fameuse œuvre de Olafur Eliasson, The Rainbow Panaroma sur le toit, en 2011, n’a fait que déployer la célébrité du musée. Cette passerelle colorée des 7 couleurs de l’arc en ciel permet un point de vue circulaire sur la ville. A noter que le musée est encore en pleine extension et qu’une nouvelle aile devrait voir le jour en 2025.

A quelques pas de ce musée, se trouve le Radhus, l’hôtel de ville. D’une architecture plutôt stricte, il faut savoir qu’il a été conçu par Arne Jacobsen, architecte et designer danois qui prônait plus le coté fonctionnel des choses. Parmi ses œuvres connues, on peut voir le SAS Hotel de Copenhague, le Parlement du Pakistan ou coté design le fauteuil Egg.

Nous retraversons le quartier latin sur le chemin du retour et faisons halte au grand magasin SAILING. Type Galeries Lafayettes Danoises, nous y allons surtout pour découvrir le superbe rooftop, ses différents escaliers, coins pour s’installer boire et un verre et ses panoramas !

Nous faisons également un passage par la Cathédrale, de 96m de haut et dont le saint patron Clément est celui des marins et le Kon Museum, l’un des seuls musées au monde sur le genre et l’égalité des sexes.

Jour 7 : Region des Lacs et Aalborg

Aujourd’hui est l’un des seuls jours de pluie, mais nous en profitons pour nous balader autour des lacs de Silkeborg. Nous faisons un tour du lac Almind So et celui de Vestre Sobad. Il y a peu de places pour se garer autour des lacs, mais il y a une centaine de chemins de randonnées à prendre. Nous en prenons un mais la pluie nous arrêtera rapidement. Les Danois eux ne sont pas arrêtés par cela pour pratiquer leur sport sur le lac (canoé ou kayak).

Nous filons à Aalborg, l’une des villes les plus importantes du nord du Danemark, qui sera notre base pour les prochains jours. Après nous être garés proche de la gare, nous déjeunons au Penny Lane Café. Ce petit café fait une formule brunch à l’assiette, et l’endroit hyper sympathique fait aussi boulangerie et boutique.

Aalborg a une situation particulière : elle se situe sur un fjord, le Limfjord, et relie la Baltique et la Mer du Nord, entre nombreuses collines et rivières. Sa création remonte à l’an 1000 avec l’installation d’une communauté viking. L’économie devint florissante avec la pêche au Moyen-âge puis avec la distillerie et les cimenteries plus récemment.

On peut tout d’abord y voir le Utzon Center. Nous ne l’avons pas trouvé si remarquable que cela, mais il est connu car son architecte (Jorn Utzon) est l’architecte de l’Opéra de Sydney. Aujourd’hui ce centre est un lieu culturel. Juste à côté on peut voir la Musikkens Hus, très ressemblante à l’Utzon.

Le centre historique est très intéressant car aussi très ancien. Le plus vieux bâtiment date de 1624 (la maison de Jens Bang) et beaucoup de ruelles sont pavées ; un petit détour par Hjelmerstald vaut vraiment le coup. Il y a également le château, qui est plutôt une vieille bâtisse mais date également de ce siècle.

Impossible aussi de la Cathédrale de la ville, luthérienne, bâtie en 1132. Et bien sûr, Aalborg étant une ville d’eau, une belle balade le long des quais s’impose.

Une fois notre visite de la ville effectuée, nous nous rendons dans notre petit chalet hygge a quelques minutes d’ici. On l’adore ! Il est décoré avec style, c’est très calme et le jardin est adorable !

Jour 8 : Parc National du Thy

Nous consacrons cette journée au Nord-Ouest du pays, sur la côte de la Mer du Nord. Ici, c’est le National Thy Park. Le Parc national est tout de même à 1h30 de route d’Aalborg.

Le Parc National du Thy est l’un des 4 parcs nationaux du Danemark et le premier en 2007 (hors Groenland) à avoir été choisi ; il est principalement constitué de landes, de dunes et de forêts. Après y avoir passé la journée, on constate que l’endroit est plutôt sauvage et assez calme également, en dehors de tout circuit touristique.

Nous ferons donc 3 arrêts dans la journée. Le premier est Stenbjerg, un village de pêcheurs sur la côte, où tout est situé sur une rue menant tout droit à la mer. Les environs sont magnifiques et pour ceux qui le souhaitent, il est possible de partir en mer avec les pêcheurs. Nous passons rapidement par Norre Vorupor, également situé sur la côte ; et enfin nous déjeunons et nous baladons à Klitmoller, que l’on appelle Cold Hawai, car c’est un lieu de surf très réputé… exception faite du jour où nous y sommes allés quand la mer était d’huile. Il y a toute une communauté qui vit, va et vient dans ce village afin de rencontrer les plus grosses vagues du Nord. Nous déjeunons chez Juliette, un petit restaurant français délicieux et très bien décoré !

Une fois rentrés dans notre superbe cabanon, nous allons nous balader en fin de journée à Nibe, situé à quelques minutes de notre logement. C’est là qu’on découvre un petit village totalement typique en bord de fjord avec des maisons rouges, comme on peut les voir dans le Nord de l’Europe !

Jour 9 : Nord Est du pays 

Cette journée est consacrée au nord du Danemark mais cette fois ci à l’est, à la découverte de la pointe septentrionale du Danemark continental. 

Avant cela nous nous arrêtons dans la banlieue d’Aalborg pour découvrir Lindholm Hoje. Cet endroit est un cimetière viking très important qui surplombe Aalborg. 700 tombes datant de l’âge de fer ont été découvertes au siècle dernier. Le site est assez impressionnant, au milieu d’une forêt ; il y a un petit musée à coté pour ceux qui veulent en savoir plus. 

Nous prenons la route vers Skagen, elle est un peu longue mais pas désagréable. Nous nous rendons tout d’abord à Grenen qui se situe la pointe. C’est ici que les deux mers (mer Baltique et mer du Nord) se rejoignent. Il y a beaucoup de monde qui souhaitent observer ce phénomène (et surtout se faire prendre en photo). Pour ceux qui ont le courage, la marche à pied le long de la plage est possible (il y a environ 1km à faire). Pour les autres, comme nous qui ont un enfant à porter, il y a un gros camion monté sur des chaines qui nous emmène directement au bout. C’est un petit coût supplémentaire qui évite bien des soucis ! 

La plage est plutôt sympa en soi, et c’est assez drôle d’observer ces 2 mers, qui se rencontrent sans jamais se « mélanger » ! Le même phénomène est visible à Gibraltar par exemple.  

Ensuite nous nous rendons dans la petite ville de Skagen, plutôt très mignonne et assez colorée (beaucoup de bâtiments sont en jaune ou blanc). La ville est assez typique, très attirante pour les artistes, il y a même des anciens rails qui la traversent, un port, et le centre est animé, on en profite pour pique-niquer.  

Reprenant la route, nous allons cette fois à l’Eglise ensablée. Après quelques minutes de marche, nous découvrons un clocher dans le sol ! En effet, toute cette zone au nord repose sur des sables très mouvants. Autrement appelé Eglise Saint Laurent, elle a été bâtie au 14ème siècle afin d’être la plus grande église de la région. Le bâtiment a fermé en 1795 quand le sable devenait trop présent. Il est tout à fait possible de rentrer dans le clocher.

La dernière étape de la journée sera Rabjerg Mile qui est une dune mobile. Cette dune étant tellement mouvante que celle-ci ne se trouve même pas en bord de mer.  La dune représente environ 4millions de mètres cube et se déplace d’environ 15m par an. On a l’impression de marcher dans le désert  du Sahara ! 

Jour 10 : Retour à Aarhus

Notre séjour dans le nord étant terminé, nous repartons en direction de la Fionie ; mais comme nous avons beaucoup de route à faire, nous décidons de faire un stop à Aarhus qui se trouve à mi chemin. Une journée à Aarhus était bien trop courte à l’aller. Nous profitons donc de cette pause en chemin pour visiter Den Gamle By que nous n’avions pas pu voir lors de notre premier passage. C’est une vieille ville reconstituée, à ciel ouvert. 75 maisons issues de tout le pays ont été déplacées de leur site d’origine pour être remontées ici. C’est un vrai voyage dans le temps, plusieurs périodes sont représentées : 1864 avec sa boulangerie (où l’on peut acheter des spécialités de l’époque), la mairie ou quelques résidences luxueuses – 1927 et sa librairie ou son magasin de savons et parfums – 1974 avec quelques habitations typiques de l’époque et sa rue piétonne – et enfin 2014 pour l’époque la plus contemporaine.

Nous y passons plus de 2h et c’est le minimum. Chaque rue, chaque magasin, ou encore chaque maison/appartement peut etre visitée et c’est très réel. Il y a même de faux habitants / comédiens qui jouent leur rôle.

Après avoir pris un déjeuner rapide, nous reprenons notre route en direction d’Asperup, sur l’île de Fionie, où se trouve notre logement. Nous profitons de l’après-midi tranquillement, la plage n’est qu’à quelques minutes à pied.

Jour 12 : A l’est du continent

Malgré notre présence sur l’île de Fionie, nous consacrons cette journée à la partie continentale, en retraversant le pont qui nous mène en Jutland pour visiter les villes de Vejle, Kolding et Christiansfeld.

Velje est principalement connue pour son architecture moderne. Nous commençons sa visite en se mettant à distance afin d’avoir une vue générale sur la ville, de l’autre côté du fjord, dans le parc Skyttehushaven. C’est ainsi que nous découvrons les vagues, ou Bolgen en danois, un complexe résidentiel s’inspirant de l’opéra de Sydney de Utzon. Son architecte Henning Larsen (dont les principales œuvres sont l’Opéra de Copenhague ou le lycée Français de Hong-Kong) a aussi trouvé l’inspiration dans la géographie des lieux dont le fjord et les collines.

Décédé avant la fin de la construction, il a toutefois contribué au développement de ce quartier avec entre autres le Kayak Club ou le Fjordenhus, première œuvre réalisée entièrement par Olafur Eliasson, 4 cylindres flottant sur l’eau. Seul le rez-de-chaussée est ouvert au public.

Quant à Kolding, c’est l’une des plus anciennes villes du Danemark. Le centre est entièrement pavé, et on peut tomber sur quelques maisons médiévales et/ou à colombages datant du 16ème,, principalement sur la rue Helligkorsgade.

L’attraction principale, Koldinghus, est le château du 13ème siècle surplombant le lac Slotso, dont on peut faire le tour pour avoir les plus belles vues. Le château date de 1238 et a été plusieurs fois détruit par des incendies, mais sa restauration est impeccable.

Enfin, parmi les principaux points, on peut aussi noter de voir le Radhus ou la Nicholas Kirke. Nous prenons également le temps du déjeuner pour goûter aux fameuses « smorrebrod », spécialités danoises sous formes de tartines et c’est plutôt réussi au restaurant Valdemar.

Notre dernier arrêt sera à Christianfeld. Inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco, cette ville construite en 1773 sur un plan très rectiligne abrite une communauté Morave (une branche du courant luthérien allemand). Rien ne transparait réellement au cœur de la ville et les bâtiments officiels habités par les religieux ne se visitent pas. Ils prônent un urbanisme protestant, avec des maisons d’un étage maximum, jaunes, tous homogènes. L’unicité de la ville la rend remarquable.

Nous ne pouvons rentrer que dans l’église, qui n’en parait d’ailleurs pas une de l’extérieur mais peut contenir jusqu’à 1000 personnes. Quant au cimetière, où les hommes sont séparés des femmes, aucun signe distinctif, la sobriété règne devant Dieu.

Jour 12 : La Fionie

La Fionie est l’ile centrale au Danemark, entre la péninsule et le Seeland. Elle permet également de rejoindre de nombreux archipels au sud de l’île.

Nous commençons notre visite de l’île par Odense (Odense vient d’Odin, dieu viking), 3ème ville du pays et surtout LA ville de Christian Hans Andersen, l’auteur des contes qui ont bercé nos enfances. La ville a organisé un parcours à travers les pas du célèbre écrivain (le vilain petit canard, la petite sirène ou encore la reine des neiges, parmi les histoires les plus connues), en suivant les souliers imbriqués dans le sol. Les vieilles rues que nous traversons sont pleines de caractère et confère à Odense beaucoup de charme, on comprend l’inspiration d’Andersen. D’ailleurs, nombreuses de ces rues sont entièrement piétonnes.

Parmi les lieux qui lui sont consacrés, on peut visiter la maison où il est né (Paaskestræde), sa maison d’enfance, petite maison jaune faisant face au tout nouveau musée. Le musée Andersen, inauguré en 2021, retrace à la fois sa vie, son œuvre mais aussi le contexte historique de son époque avec des reconstitutions d’habitations, le tout de manière sensorielle et immersive.

Au delà d’Andersen, il y de nombreuses belles choses à voir comme le Radhus et sa place immense ou encore l’église Saint-Alban (ou Saint Knud en danois qui fut un roi canonisé dans cette même église) et Moentergarden, le musée de la ville, à ciel ouvert.

Pour notre 2ème arrêt sur l’île, nous avons choisi le château d’Egeskov. Nous pensions visiter un simple château et nous trouvons un parc immense avec de multitudes de choses à voir, un beau développement de la part des propriétaires qui ont su attirer plus de 200 000 visiteurs par an.

Quoi de plus beau que d’arriver et de tomber nez à nez avec un château sortant tout droit d’un conte, posé sur un lac et entouré de jardins magnifiques. Le château a été construit en 1554 sur des pilotis en chênes, au milieu du lac (Egeskov voulant dire forêt de chênes). Au total ce sont 66 pièces, 200 fenêtres et une grande partie du château encore habitée par les propriétaires actuels.

Quant au parc de 20ha, on peut tout simplement y découvrir un labyrinthe de haies, une grande aire de jeu, des musées (musée de la moto, de la voiture, musée de l’outdoor etc etc …). Nous profitons de ce magnifique endroit pour déjeuner sur l’une des aires. Attention, tout cela a un prix : 35 €uros par personne l’entrée.

Nous terminons notre journée par traverser le pont du Grand Belt, un pont suspendu de 7km (et cher ! 36 € la traversée !), qui nous amènera de nouveau sur l’ile de Seeland (île de Copenhague) où se trouve notre logement pour la dernière partie du séjour.

Jour 13 : Ile de Mon

Il n’est pas facile de faire des choix quand nous arrivons aux derniers jours. Sur l’île de Seeland, à part Copenhague, il y a une multitude de choses à faire. Nous décidons alors d’aller sur l’île de Mon, tout au sud de Seeland et accessible par un pont. Et quelle belle découverte nous faisons. L’île de Mon est pleine de charme avec ses falaises de craies, ses maisons authentiques, l’animation des villages…

Nous commençons par les falaises blanches de Mons Klint. Très faciles à trouver, elles sont accessibles à tous. En effet, il y a un très grand parking (prix à la journée donc autant en profiter) puis une multitude de chemins à prendre : certains contournent les falaises, d’autres descendent à leurs pieds et certains vont en forêt. Nous choisissons celui qui longe les falaises. Le point culminant est de 128m et il permet un panorama intéressant sur celles-ci et l’eau très claire en dessous (on appelle ces eaux les Caraïbes froides !).

Nous faisons un stop à Stege, la « capitale » de l’île et prenons notre déjeuner en terrasse sous un ciel bleu au Café Frederik VII. Véritable havre de paix, la petite ville est hyper sympathique, il y a même une fête médiévale au moment où nous y passons.  Le tour est rapide mais très agréable, il faut tout de même s’attarder sur son église avec son architecture singulière.

Dans un même style architectural, nous nous rendons à l’église d’Elmelund, une des plus anciennes du Danemark (11ème siècle). La décoration est fascinante, avec tant de détails (ce sont des scènes où l’on peut voir par exemple le jardin d’eden). Cela rappelle des fresques naïves Son décor extérieur est tout aussi incroyable. Les églises de Fanefjord et de Keldby peuvent être visitées à la place ou en complément de la première.

Le temps étant au beau fixe, nous terminons la journée, en profitant du jardin de la ferme où nous logeons.

Jour 14 : en route vers l’aéroport

Nous arrivons au dernier jour de notre voyage ! Nous devons reprendre notre vol à Copenhague en milieu d’après-midi. Nous décidons alors de faire 2 stops avant d’atteindre l’aéroport. Tout d’abord Koge sur la côte : cette petite ville entièrement pavée accueille une fête (encore oui) sur cette journée.  En effet, la ville date du Moyen-Age et conserve une atmosphère particulière avec de belles maisons du 16 et 17ème siècle. Parmi les immanquables, l’église de Koge, bâtie au 12ème siècle, est incroyablement préservée.

Notre arrêt suivant est Amager, qui est la quartier « plage et port » de Copenhague. Nous prenons notre pique-nique et profitons d’un magnifique temps pour ce dernier jour. Longtemps quartier détesté, il a fallu attendre les années 2000 pour obtenir une station de métro dans les parages. Nous traversons le port, puis le strandpark où nous nous baladons, où tout type de sport peut etre pratiqué : kite surf, kayak, planches. Beaucoup viennent aussi avec leur barbecue. Encore plus étonnant, nous tombons nez à nez avec un sauna remorque ambulant.

Ainsi s’achèvent nos 2 semaines au Danemark, une belle découverte pour ce petit pays d’Europe, mais avec tant de choses à voir. Pour ceux qui aiment les road-trips, rien de mieux qu’un itinéraire dans ce pays scandinave où les étapes se font très facilement.

Les plus du voyage

  • Peu de touristes même en pleine saison
  • Le pays est très « kids-friendly »
  • L’anglais est parlé par tous

Les moins

  • La vie très chère (musées, restaurants, hébergements…)
  • un climat tempéré l’été
  • Pas de culture gastronomique

Région de Castille

Road-trip de 9 jours en Mai 2023

Nouveau voyage, nouvelle destination ! Nous avons déjà visité l’Espagne un certain nombre de fois et il s’agissait pour nous de trouver une destination proche mais inconnue. Les régions de la Castilla La Mancha et Castilla y Léon sont accessibles depuis Madrid et il est donc très facile de rayonner autour.

Les 2 régions sont bien différentes, coupées au milieu par quelques montagnes et par la capitale, Madrid : au nord, la région de Castilla y Léon, qui s’étend jusqu’au Portugal ; au sud et à l’est de Madrid, Castilla La Mancha, où les empreintes de Don Quichotte sont fortes.

Les villes du royaume de Castille ont des attraits particuliers : alcazars, cathédrales, universités, palais des rois d’Espagne, de quoi s’occuper pendant les 9 jours de séjour.

Jour 1 : Départ vers l’Espagne

Cette première journée n’est qu’une journée de voyage, assez longue dans les faits. Avec un départ vers 10h en direction de l’aéroport, et un retard de plus de 2h  pour problème technique, nous arrivons vers Madrid autour de 18h.

Nous avons loué une voiture chez Firefly. A l’aéroport de Madrid, tous les loueurs sont situés au même endroit et tout est très bien indiqué. 

Nous avons choisi de loger les 3 premières nuits à Manzaneque un petit village au sud de Tolède pour pouvoir visiter la région facilement. Il nous faudra tout de même 1h15 depuis Madrid pour l’atteindre.

Jour 2 : le Cœur de La Mancha

Premier réveil dans ce petit Airbnb très typique de la région. Dans cette maison blanche où il fait bon vivre (quand il fait 30° dehors), nous trouvons tout ce qu’il faut pour le petit-déjeuner.

Nous allons aux Moulins de Consuegra. Cet ensemble de 12 moulins à vent, situé sur une colline et que l’on peut parcourir à pied sont parmi les moulins les mieux conservés d’Espagne. Datant du 16ème siècle, on les apparente à Don Quichotte et d’ailleurs chacun d’entre eux porte un nom de personnage de Cervantes. Il est possible de rentrer gratuitement dans certains d’entre eux.

A l’avant des moulins, il y a également un château, le château de Muela, d’origine musulmane, qui se visite également.

Nous nous arrêtons ensuite à Tembleque, village typique de la Mancha. Il est surtout connu pour sa Plaza Mayor, qui correspond en termes d’architecture, aux anciennes cours de comédies. En carrée, elle possède 2 étages superposant des arcades. On peut aussi y voir la bibliothèque ou la paroisse.

Puis, nous allons jusqu’à Aranjuez, résidence printanière de la famille royale. Nous déjeunerons à la Nueva Italiana, pour une vingtaine d’euros et quelques tapas.

Le palais est fermé le lundi mais les jardins, eux, sont ouverts. Ville située dans la Communauté de Madrid, la famille royale y passait tous ses printemps grâce à un climat tempéré et fertile, à la confluence de 2 fleuves. Aranjuez était sur le chemin de la résidence d’été située proche de Ségovie.         

Le palais Royal se situe sur la Plaza de las Armas. Construit sous Philippe II, il a souvent été remodelé mais il garde une façade plutôt unie. Seuls les appartements royaux se visitent.

Les jardins sont tout aussi intéressants. On peut aisément traverser les 3 jardins : le Jardin du Parterre, de la Isla et du Prince. Ils sont tous bordés par le Tage, un parcours très agréable, tantôt à travers quelques fontaines, tantôt croisant des statues grecques.

Jour 3 : Tolède, capitale de la Mancha

Cette journée est consacrée à la visite de Tolède. Tolède est une escapade souvent appréciée des madrilènes et des touristes car elle n’est située à qu’1h de la capitale espagnole.

Nous décidons dans un premier temps de la découvrir par la route des miradors qui la contourne. Il y a plusieurs stops et il est très facile de s’arrêter (il y a même des tireuses à bières installées dans l’attente des touristes…).

Par contre, dans le centre ville, il n’est pas facile de trouver où se garer, les rues sont escarpées et étroites. Il est fortement recommandé de se garer en dehors des murailles. D’autant plus que la ville a installé des escalators et des passerelles pour traverser ou monter aisément car la vieille ville est en hauteur.

Nous rentrons dans la ville par la Puerta del Cambron, une des plus anciennes de la ville. Jusqu’au 15ème siècle, elle était appelée Puerta de los Judios (porte des juifs) car juste derrière se trouve le quartier Juif, la Juderia. Tolède est souvent appelée la ville des 3 religions, une ville où le judaïsme, le catholicisme et l’islam ont longtemps cohabité. Dans ce quartier juif, on peut tout d’abord visiter le Monastère de los Reyes, un cadeau des Rois Catholiques en l’honneur de la bataille de Toro (1476) et juste derrière une très belle vue sur le Puente San Martin, célèbre pont datant du Moyen-Age, depuis le Mirador Santa Ana.

Les 2 synagogues les plus connues sont la Synagogue del Transito (cachant en son intérieur le musée séfarade) et celle de Santa Maria La Blanca, séparées seulement de quelques mètres l’une de l’autre.

On se promène ensuite dans les petites ruelles de Tolède. Sur notre chemin, nous découvrons énormément de monuments historiques : Iglesia de San Bartolomé, le couvent Santa Isabel de los Reyes (couvent dans lequel les nonnes fabriquent leurs pâtisseries et les vendent) ou encore l’Iglesia de San Lorenzo et de San Miguel.

Nous arrivons proche de l’Alcazar. Depuis le Mirador Parque, la vue sur le Tage et sur l’académie d’infanterie sur l’autre rive sont très dégagées. Nous sommes ici dans la partie la plus haute de la ville. Pour ceux qui le souhaiteraient, il est possible d’admirer la vue depuis la cafétéria de la bibliothèque située dans le bâtiment !

Forteresse visible de loin, l’Alcazar accueille aujourd’hui le musée de l’Armée. A l’origine simple palais wisigothique, puis siège du protectorat romain de la cité et enfin forteresse arabe, l’Alcázar a des origines diverses. Elle fut par la suite transformée sous le règne de Charles Quint puis du roi Alfonse VI.

Nous mangeons tout proche de l’Alcazar, au Santa Fe. A l’heure où nous déjeunons, les tables se vident du petit-déjeuner pour se remplir bien plus tard pour le déjeuner. Nous prenons quelques planches et des sandwichs.

On traverse la place Zocodover, place triangulaire et centre névralgique de la ville, lieu de rdv des habitants. De là, partent de nombreuses rues piétonnes et commerçantes telles que la Calle Comercio. Celle-ci nous amène tout droit d’ailleurs à la Cathédrale de Tolède. Comme beaucoup de cathédrales en Espagne, celle-ci trouve ses origines sur l’emplacement d’une ancienne mosquée. La première pierre est posée en 1226 mais sa construction a duré pendant 2 siècles. Véritable chef d’œuvre de l’art gothique, la cathédrale est située sur la Plaza del Ayuntamiento où l’hôtel de ville fait face à la cathédrale.

Nous clôturons cette journée avec la visite de l’église jésuite de San Ildefonso (il est possible de monter dans la tour de cette église et permet une vue exceptionnelle sur la ville) et du couvent Santa Clara.

En fin d’après-midi nous décidons de visiter la petite ville d’Orgaz, située à quelques minutes de notre logement. Celle-ci possède une cathédrale et un château à visiter mais la visite de la ville ne prend pas plus d’1h.

Jour 4 : Traversée vers Avila

Nous quittons notre petit village de Manzaneque vers 9h00 et faisons un premier stop à Guadamur pour son château, mais quel dommage qu’il soit complètement impossible de se garer ou d’en faire le tour à pied. Guadamur est une forteresse du 15ème siècle bâti sur une plus ancienne, arabe d’origine.

Nous allons ensuite vers las Barrancas de Burujon. Encore assez méconnues du grand public, las Barrancas sont un lieu naturel où les falaises sont apparentées au Colorado espagnol ou encore à la planète Mars. Même si la légende d’un géant ouvrant les falaises avec son trident fait partie des mœurs, il y a plus de chances que ce soit l’érosion qui ait créé ce lieu exceptionnel.

Un petit chemin avec de nombreux miradors est en cours de création, nul doute que d’ici quelques mois, ce lieu fera parti des passages touristiques.

Nous continuons notre route vers Avila. Nous prenons possession de notre appartement en ville hyper bien placé et très spacieux et nous prenons le temps d’aller déjeuner au Buen Yantar  pour goûter à la spécialité de la ville : le chuleton, côte de bœuf d’environ 700g mais dont la viande est élevée ici.

Après un peu de repos, nous partons à la découverte des murailles d’Avila. Les murailles en quelques chiffres, ce sont 88 grosses tours pour un périmètre d’environ 2516 mètres, 2500 créneaux et 9 portes. 

Celles-ci sont impressionnantes, que l’on soit en bas, dessus ou en les observant de loin. Nous choisissons de commencer à les parcourir en marchant dessus. Il y a un chemin de ronde d’environ 1700m (environ la moitié des murailles) et le parcours se fait en deux fois (tarif : 5e). La balade au coucher du soleil est particulièrement agréable.

Jour 5 : Ségovie

Nous partons ce matin pour Ségovie, située à environ 45 minutes d’Avila. Ségovie est une ville de la Castille qui mérite vraiment le détour.

Nous commençons la journée par faire le tour de la ville en voiture et la voir depuis ses miradors : l’église de Vera Cruz, très belle église romane gérée par l’Ordre de Malte, la Casa de la Moneda, magnifique palais du 16ème siècle, le monastère del Parral et le mirador de la Pradera de San Marcos avec une vue imprenable sur l’Alcazar.

Là aussi, il est très difficile de se garer, il y a peu de parkings aux abords de la ville et sommes obligés de nous garer proche de l’hôpital à environ 15 minutes à pied.

La ville historique se situe tout en hauteur et il faut donc monter un certain nombre de marches avant de l’atteindre ! Une fois arrivés, nous prenons un petit-déjeuner rapide au Café La Colonial avec churros, cafés et jus de fruits !  

Nous commençons la visite par la Juderia, le quartier juif (ou Aljama) ; la communauté juive était ici parmi la plus peuplée de Castille. Mais ils furent contraints de vivre dans une zone limitée, ce qui explique que le quartier juif n’est que sur 3, 4 rues tout au plus.

Quelques centaines de mètres plus loin, par la rue Calle del Marques de Arco ou encore la Plaza Mayor, nous arrivons à la Cathédrale, malheureusement fermée à ce moment. Construite à partir de 1525, la cathédrale de Segovie est la dernière cathédrale gothique réalisée en Espagne. On la surnomme Dame des Cathédrales pour sa hauteur et la profondeur de sa nef.

Nous rejoignons ensuite l’Alcazar à pied. Sa visite se divise en trois : les extérieurs, avec les douves, le pont-levis et le donjon, les intérieurs du château avec entre autres la chapelle et enfin la tour. Il est fortement recommandé de se rendre en haut de celle-ci pour admirer la splendide vue. Ce château fut érigé au 12ème siècle, une fois la ville conquise. Il fut aussi une prison d’état, collège royal d’Artillerie et aujourd’hui Archives Nationales Militaires.

Au retour, nous passons par la Plaza Mayor, l’église San Esteban et arrivons en haut du fameux Aqueduc romain, vestige de ce temps lointain. Véritable chef d’œuvre architecturale extrêmement bien conservé., le point culminant de cette construction est atteint sur la Plaza del Azoguejo avec 28,10 m de haut et un total de 167 arcs. Si l’on observe bien l’aqueduc, on remarquera que les blocs, dont certains pèsent 2 tonnes, tiennent ensemble sans ciment ou autre matériau.

Nous terminons notre journée à Segovie par un déjeuner tardif et nous choisissons la Oja Blanca, une taperia sur la Plaza Mayor et face à la cathédrale.

Jour 6 : San Lorenzo de Escorial et Avila

Nous allons ce jour visiter San Lorenzo de El Escorial qui se trouve dans la vallée de la Sierra de Guadarrama. D’ailleurs, nous préférons prendre la route de la Sierra plutôt que l’autoroute, bien plus dépaysante. San Lorenzo fait partie également des visites à la journée depuis Madrid car la ville n’est qu’à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

Le monastère de San Lorenzo est désormais classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco. C’est le roi Felipe II qui a décidé de sa construction en 1558 en l’honneur de son père décédé, afin de faire perdurer les mémoires de sa famille. Il a érigé ici ce qui est devenu le panthéon des rois d’Espagne depuis Charles Quint.

C’est une construction de grande valeur historique et architecturale composée de différents éléments comme la basilique, impressionnante par sa grandeur, ou encore la bibliothèque royale recensant de nombreuses œuvres magistrales. Mais il faut savoir que l’édifice accueille aussi une école privée. La visite dure environ 1h30 et elle coûte 12€.

Dans les sous-sols, on découvre également les panthéons des rois (tous ont leur sépulture ici depuis Charles Quint), mais aussi des princes et princesses . La visite se termine par le Palais des Autrichiens, celui des Bourbons et enfin la salle des batailles avec de très belles fresques des plus grandes batailles espagnoles.

Malheureusement les jardins ne se visitent pas mais la vue sur eux, avec le monastère dans le fond est très belle depuis le parc Adolfo Suarez.

Après la visite, nous faisons une pause au bar FloridaBlanca, ce qui permet un détour par le centre historique de San Lorenzo.

Pour ceux qui sont véhiculés et qui veulent pousser la visite, il est possible de se rendre dans la Vallée de Cuelgamuros (ou aussi surnommé Valle de los Caidos ou vallée des morts) où se trouve la plus grande croix chrétienne d’Europe, symbole des morts durant la guerre civile espagnole. Cet endroit reste toutefois très controversé puisque jusqu’à il y a quelques années, c’était l’endroit où le dictateur espagnol Franco était enterré.

A notre retour sur Avila, nous faisons un tour de la ville. Nous commençons par la très belle cathédrale que nous avions vu depuis les hauteurs des murailles (puisqu’elle est intégrée directement aux remparts) ; elle est l’une des premières de Castille, sa construction ayant commencé en 1091.

La Plaza Mayor ou aussi appelé Mercado Chico est la place principale de la ville, c’est une place fermée avec 4 entrées au chaque coin, et où les bars et restaurants installent leurs terrasses.

On peut aussi visiter beaucoup d’édifices liés à Sainte-Thérèse, puisqu’elle est le symbole de la ville. On trouvera le Couvent Santa Teresa qui est sa maison natale et dont les jardins sont élégants ou tout simplement les yemas de Santa Teresa (qui sont des pâtisseries, spécialités de la ville).

Avila est plutôt une ville tranquille dans laquelle on vadrouille simplement. Pour ceux qui veulent sortir des remparts, il y a un petit chemin qui mène au belvédère des Cuatro Postes, qui permet une magnifique vue sur la ville.

Nous terminons notre journée avec quelques tapas à la Bodeguita del Segundo au pied des murailles, avec bière, tinto de verano et quelques tostas.

Jour 7 : Salamanca

Après un petit tour matinal dans Avila, nous prenons la route en direction de Salamanca et prenons possession de notre appartement, qui se situe en dehors de la ville historique.

Arrivés vers midi, nous nous rendons dans le centre de Salamanque pour une première découverte. Les seuls parkings gratuits et disponibles sont situés de l’autre côté de la rivière.

Nous commençons notre tour par la Plaza Mayor, somptueuse place qui accueille l’hôtel de ville et sur lequel figure les médaillons de certains rois ou encore de Sainte-Thérèse et Cervantes, puis le Mercado de Abastos, marché couvert de la ville.  

Nous faisons une belle pause au bar appelé Tapas 3.0, probablement notre meilleur repas de tout le séjour avec le meilleur de toutes les tapas réunies (bières, croquetas, ensaladilla rusa, salmorejo albondigas).

Aujourd’hui, c’est jour de remises de diplômes de la faculté de médecine et les étudiants se promènent dans toute la ville avec leurs familles, les filles dans leurs plus belles robes et les garçons en costume-cravate. Il faut savoir que Salamanca est la ville qui accueille l’une des plus anciennes universités d’Europe (avec Bologne, Oxford, Cambridge et La Sorbonne).

Nous en profitons donc pour la visiter. On s’attarde d’abord sur sa façade, datant du 16ème siècle, et remplie de détails. La tradition veut que l’on cherche la petite grenouille posée sur un crâne humain et cachée dans le décor, ce qui garantirait succès aux examens !

Fondée en 1218, c’est un bâtiment en plan carré avec une cour intérieure et dans chaque galerie des salles de classe. Un superbe escalier en pierre mène à l’étage supérieure, toujours en forme de cloître. C’est d’ailleurs ici que l’on découvre la somptueuse bibliothèque de l’université avec plus de 160 000 recueils.

Autre point majeur de Salamanca, ce sont ces 2 cathédrales ! Et oui, chaque ville christianisée ne peut normalement n’en avoir qu’une. Mais la première étant devenue trop petite pour la taille de la ville, la construction d’une nouvelle était obligatoire. Nous avons mis du temps à comprendre, mais les 2 cathédrales sont en fait collées, très ressemblantes de l’extérieur et seul un passage à l’intérieur permet de comprendre que ce sont 2 édifices distincts : la cathédrale du 12ème siècle et celle du 16ème siècle.

L’ancienne cathédrale est de style roman et se distingue par sa tour. Mention spéciale à son retable qui est très imposant.  On peut aussi trouver dans celle-ci la chapelle San Martin, de superbes tombeaux et une fresque au plafond voûtée de Nicolas Florentino.

Quant à la nouvelle cathédrale, de style gothique tardif et baroque, elle est lieu de la vierge de l’Assomption. Elle dispose également d’un très bel arrière-chœur.

Nous terminons notre journée par la traversée du Pont Romain, nous permettant de retrouver notre véhicule. Ce pont, construit au 1er siècle sous l’empereur Trajan, fait partie de la voie romaine de la Plata (de l’argent) qui allait de Mérida à Astorga.

Jour 8 : Villages de montagne

Nous décidons de sortir de Salamanque pour aller visiter les quelques villages de montagne. Direction donc La Alberca, à 1000m d’altitude, dans la région de la Sierra de Francia, le premier village rural à être classé monument historique national.

Après 45 minutes de route depuis Salamanca, nous nous baladons dans le village dont le nom signifie « piscine » (un dépôt d’eau était utilisé par les Arabes pour stocker l’eau du village). Tout le centre-ville se révèle être traditionnel avec des rues pavées et des combinaisons de pierres et bois.

La Plaza Mayor, en forme de carré, est entourée d’arcades et colonnes et est bien sûr situé au centre. On peut également rentrer dans l’Ermita de Saint Antoine, qui est l’église du village. La balade est très sympathique, nous achetons la spécialité du coin, le hornazo, une sorte de pain fourré au chorizo ou jambon.

Nous faisons une pause déjeuner au bar La Nogal qui a une belle terrasse à l’entrée de la ville pour une bière et quelques bocadillos.

Nous faisons également une balade dans le village de Mogarraz. Le style de ce village médiéval de montagne est totalement le même qu’à La Alberca, en bois et en pierres. Mais Mogarraz a une particularité supplémentaire, celle de revivre au temps des habitants à travers une exposition permanente.

En effet, sur les maisons de chaque habitant, sont affichées leurs propres photos d’identité datant des années 60. A l’époque où les pièces d’identité sont devenues obligatoires en Espagne, un habitant décida de photographier tous ses voisins pour leur éviter d’aller jusqu’à Salamanque pour cette démarche. Florencio Maillo, artiste originaire de la ville, pris l’initiative de les afficher sur leurs maisons respectives.

Notre dernier arrêt se fait au Mirador del Portillo qui permet de voir la vallée et la Sierra de Francia.

Nous consacrons notre après-midi à un quartier moins connu de Salamanque, le Barrio del Oeste. Ce quartier est connu pour son street-art et pour son concours permettant aux jeunes de pouvoir peindre les nombreuses portes de garages. Ce concours a permis au quartier en plein déclin de reprendre vie. Les œuvres de street-art se sont au fur et à mesure étendues aux façades d’immeubles.

Jour 9 : Salamanca

Nous reprenons notre visite de Salamanque pour voir tout ce que nous n’avons pas pu voir les premiers jours. Salamanque n’est pas une petite ville et au final, il y a beaucoup à faire.

Nous commençons par la Casa de las Conchas. Cette maison d’art gothique, construite à partir du 15ème siècle, est particulière grâce à ces 300 coquillages qui recouvrent la façade. C’est aujourd’hui la bibliothèque publique de Salamanque (il est possible de rentrer dans le cloitre intérieur).

En face, se trouve l’Eglise de la Clerencia. Avec un immense cloître à 3 niveaux, elle est aujourd’hui le siège de l’Université Pontificale de Salamanque. Une partie de cette église est encore privée, accueillant les religieux qui y vivent.

Tout proche, on découvre cette magnifique fresque qu’est le Cielo de Salamanca. Il faut rentrer dans une salle accessible depuis le Patio des las Escuelas pour découvrir, après s’être habitué à la pénombre à cette peinture au plafond représentant les signes du zodiaque, œuvre de Gallego.

On ne loupe pas le Couvent de los Duenos, ce monastère dominicain de style mauresque, à ne pas louper pour son très beau cloître avec vue sur la cathédrale. Juste en face, on peut découvrir le couvent de San Esteban, lui aussi dominicain.

Notre pause déjeuner se fera à Tapas 2.0, grande sœur de celui-ci testé il y a 2 jours.

Nous passons notre après midi dans le jardin Calixte et Mélibée. Ce magnifique jardin dispose d’une vue exceptionnelle sur les cathédrales d’un coté et sur le couvent San Esteban de l’autre. Il tire son nom d’une tragi-comédie La Celestine, œuvre de l’espagnol Fernando de Rojas, dont les 2 héros sont Calixte et Mélibée. Il se situe dans un recoin, derrière les cathédrales, au dessus des anciennes murailles de la ville.

Enfin, le palacio de la Salina, situé proche de la Plaza Mayor, accueille aujourd’hui le siège de la députation provinciale de Salamanque.

Jour 10 : En route pour l’aéroport

Et voila notre dernier jour dans ces belles régions de Castille. Notre avion étant l’après midi, nous nous rendons au centre d’exposition de Madrid pour découvrir l’exposition Formula 1 . Il s’agit de la première exposition internationale avec expérience immersive sur ce sport. La quasi-totalité des écuries présentes aujourd’hui en F1 ont participé en prêtant ou donnant de nombreux objets ou matériaux liés aux voitures : cela va du simple casque de pilote, au baquet, à l’unité de puissance ou encore la voiture elle-même. Les pièces sont assez exceptionnelles, et les vidéos retraçant également l’histoire sont plutôt bien faites.

Régions peu visitées dans le cadre d’un voyage qui leur est consacré, les grandes villes comme Tolède et Salamanque font souvent l’objet d’escapades à la journée. Mais elles méritent vraiment un détour car en dehors de ces villes, existent de beaux villages et une campagne environnante très agréable, en dehors du flux de voyageurs.

Les plus du voyage

  • La variété des tapas
  • l’architecture et le mélange de cultures
  • voyage facile dans un pays proche de la France

Les moins

  • les horaires décalés de repas, pas adaptés pour un enfant en bas-âge
  • moins dépaysant

Les Pouilles

Séjour d’une semaine en octobre 2022

Voilà le résumé de notre premier voyage à 3 ! Bébé, à cette occasion, prend pour la première fois l’avion et nous avons décidé de choisir une destination simple et assez proche pour ne pas subir trop de transports !

Les Pouilles, cette région d’Italie située dans le talon de la botte, nous faisaient envie depuis longtemps ! La douceur du sud en octobre et l’envie de bien manger nous ont convaincu. La région est bordée par la mer Adriatique d’un côté et la mer Ionienne de l’autre et les 2 mers ne sont parfois séparées que de quelques kilomètres. Tantôt plages, tantôt falaises, les côtes sont facilement explorables. Mais les villes et villages des terres sont tout aussi fascinants, entre trulli (maisons coniques), façades blanches et architecture baroque.

Jour 1 : Départ pour les Pouilles

Partis vers 12h30 en taxi (et oui, c’est toute une organisation de voyager avec un bébé et les transports en commun deviennent difficiles), nous arrivons à l’aéroport en 40 minutes. L’enregistrement sur Air France se fait rapidement tout comme l’embarquement. Bébé dort au décollage et restera très calme, ce qui est très rassurant.

Nous arrivons autour de 17h à Bari. Nous prenons notre véhicule chez le loueur Goldcar qui n’est pas à l’intérieur de l’aéroport. La location pour une semaine pour une Opel Crossland nous aura coûter environ 200 €, siège auto inclus.

Nous avons fait le choix de ne pas nous arrêter à Bari et partons vers notre destination, Martina Franca. Cette ville, au cœur des villages de trulli, nous permet de naviguer en étoile et de pouvoir rentrer dans notre logement très facilement en journée pour ne pas charger nos visites.

Nous en prenons possession autour de 19h30, la journée a été longue ! Mais le logement et l’accueil sont formidables. Natalia, qui possède ce trullo, vit habituellement à Bari et passe ses week-ends ici. Connaissant notre heure d’arrivée tardive, elle nous a laissé un frigo plein et nous prodigue des conseils sur la région. Le Trullo 22 possède un salon avec cuisine équipée puis une chambre sous le cône du trullo. On le recommande à 100%.

Jour 2 : Locorotondo, Cisternino et Martina Franca

Après quelques petites courses pour remplir le frigo, nous nous rendons tout d’abord dans le village de Locorotondo. La vue depuis le lungomare (qui signifie « esplanade sur la mer », même si la mer est … lointaine) ou le parc Villa Comunale est dégagée sur les plaines environnantes et on aperçoit les trulli des alentours qui pointent ; le village est perché à 400m. Sa particularité est ses façades blanchies, mais aussi son plan circulaire et on le surnomme l’escargot. Le plus simple est de se balader dans ses rues très agréables, entre soleil et ombre. Il ne faut pas rater la place centrale Piazza Vittorio Emanuele, et les quelques belles églises telles que la Chiesa della Madonna del Soccorso, Chiesa Maria SS Addolorata ou Madre di San Giorgio Martire. Le palazzo Morelli ne se visite pas mais est remarquable par son porche d’entrée baroque.

Nous passons ensuite à Cisternino, un autre petit village de la vallée d’Itria, très charmant. Le village médiéval est composé de maisons blanches et cours intérieures. Tout comme Locorotondo, il faut partir à la découverte des petites rues et des édifices tels que la Tour de l’horloge, le Palais Episcopal ou encore le Palais du gouverneur. Là aussi, 3 terrasses panoramiques nous permettent de voir toute la campagne environnante. La spécialité de Cisternino sont les boucheries-restaurants qui proposent de la viande cuite au barbecue, à tester sans hésiter !

On profite au détour d’une ruelle de s’arrêter à Meta, un petit bar qui propose des puccia (sandwiches locaux) et des spritz (total addition : 18 €).

Après une pause postprandiale, nous visitons la ville dans laquelle nous logeons, Martina Franca. C’est une ville beaucoup plus grande mais son centre historique est sympathique. La plupart des édifices se situent sur 2 rues principales. Pour un dimanche, la ville est très animée et à l’instar des deux premiers villages visités ce jour.

Martina Franca aurait été créée par des habitants de Tarente fuyant les attaques sarrasines au 10ème siècle et il fut à l’époque accordé des avantages fiscaux aux habitants d’où le nom de « Franca ».

On entre dans la ville par la porte di Santo Stefano pour arriver sur la Piazza Roma et son Palazzo Ducale. Le palais accueille aujourd’hui l’hôtel de ville et un musée.

La première rue principale, la Via Vittorio Emanuele mène à la Piazza Plebiscito, son église San Martino et la Tour de l’Horloge.

En continuant, on traverse le quartier appelé Lama qui est la partie basse de la ville. Il ne faut pas louper non plus la Piazza XX Settembre avec ses nombreux bars et restaurants.

Quant à la Piazza Maria Immacolata, elle est absolument à voir avec sa forme semi-circulaire et ses arches.

Jour 3 : Alberobello & Tarente

Nous commençons la journée par la visite d’Alberobello, village immanquable de la Vallée d’Itria. C’est une véritable concentration de trulli, ces maisons typiques en forme de cônes et fabriquées en chaux. Leur origine remonte à la préhistoire, mais ils permettaient également au 15ème siècle d’éviter l’impôt sur l’habitation, étant donné que les trulli sont démontables rapidement. Le bourg en compte pas moins de 1 400, ce qui lui a valu d’être classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Il est impossible de se garer en ville et les parkings aux abords sont payants.

Faisant partie des plus beaux villages du sud de l’Italie, il y a 2 quartiers à visiter, le Rione Monti et le Rione Ai Piccola. Le premier est le quartier touristique par excellence et beaucoup de trulli ont été transformés en commerces, hôtels ou restaurants. Quant au 2ème, le quartier est beaucoup plus authentique et certains trulli sont encore habités.

Beaucoup vont visiter le Trullo Sovrano, qui est le plus grand de tous, ou encore l’église San Antonio située dans un trullo, et assez unique à voir !

Après la visite d’Alberobello, nous allons dans le petit village de Noci, qu’on nous avait recommandé mais à l’heure du déjeuner, il est extrêmement calme. Toutefois la balade une fois de plus dans les petites ruelles est très agréable ! Nous déjeunons à Dama avec des pasta alla salsiccia et une pizza capocollo (charcuterie typique de la ville).

En fin d’après-midi, nous nous rendons à Tarente, sur la côte Ionienne, à environ 35 minutes de notre lieu de séjour. Tarente fait partie des guides touristiques, mais nous n’avions pas lu grand-chose dessus. Nous rentrons dans la ville par le centre historique et on découvre que celui-ci est totalement délabré et pas entretenu. Il n’y a strictement personne qui y vit et les bâtiments sont à l’abandon, sauf quelques exceptions de commerces et de restaurants. Pourtant son centre historique situé sur une ile coincée entre la mer Ionienne et une mer intérieure (Mar Piccolo) parait majestueux. Mais la grande proximité de sa raffinerie et son aciérie a fait fuir les habitants, Tarente étant souvent considérée comme la ville la plus polluée d’Europe. Toutefois, cela donne un charme particulier à la Citta Vecchia et certains monuments comme le temple dorique, le duomo Sant Cataldo sont bel et bien visibles.

Lorsque nous traversons le pont et arrivons dans le Borgo Nuovo, tout est complétement différent. Les habitants sont venus se réfugier dans cette partie de la ville, l’ambiance est totalement autre et ressemble à n’importe quelle autre ville.  

Entre les deux, se situe le château Aragonais, que l’on peut visiter. Construit sur un ancien bastion militaire, la forme représente une sorte de scorpion, avec 5 tours qui assuraient la défense de la ville. 

Jour 4 : Monopoli e Polignano a Mare

Nous partons ce matin à Monopoli, jolie petite ville en bord de la mer Adriatique cette fois-ci. Nous nous garons un peu loin mais gratuitement. Seul le centre historique vaut réellement le coup, on s’y perd et s’y reperd et c’est sympa. Le charme est réellement présent.

On peut profiter pleinement de la vieille ville avec ses murs fortifiés, son château en bord de mer et ses grands bâtiments blanchis à la chaux. Le port vaut également le détour, on peut l’atteindre en passant une grande fenêtre ouverte, le Porto Antico, ancien mur de défense de la ville, depuis la très belle place XX Settembre.

Au port, il ne faut pas manquer la photo idéale du séjour. Les gozzo, ces bateaux traditionnels à rames bleus, donnent au port un atout indéniable.

Le château de Monopoli quant à lui a été construit par Charles Quint au 16ème siècle. Construit sur un promontoire, il était à l’origine séparé de la cité médiévale. Le château est devenu plus tard une prison ; il accueille désormais des expositions !

Bien entendu, impossible de louper les multiples églises dont la cathédrale Santa Maria della Madia avec son clocher de plus de 60m de haut.

Nous nous rendons ensuite à Polignano a Mare, plus petite que Monopoli et à seulement 15 minutes de voiture, mais tout aussi charmante. Polignano est la ville de Domenico Modugno, chanteur de la célèbre chanson Volare dont les paroles de la chanson sont installées dans la rue principale

Nous nous garons à nouveau hors centre-ville historique, à proximité de la gare ferroviaire. Nous déjeunons à La Pescaria, appartenant à une chaine de restaurants dont le thème est bien sûr le poisson ! Nous prenons un tartare, un fish & chips et 2 spritz pour 30 €.

La ville a été construite sur un promontoire et tous les environs sont des falaises, ce qui rend le paysage, depuis les hauteurs, magnifique ! Il y a d’ailleurs plein de belvédères où l’on peut observer la mer. La particularité de Polignano est aussi ses grottes dont certaines sont aménagées en restaurants !

La rue principale est pavée, bordée de nombreux restaurants et magasins. L’idéal est clairement de flâner dans les rues et de découvrir la ville. La petite place principale Piazza dell’Orologio est remplie de cafés, les maisons autour sont souvent toutes blanches.

En passant par le Ponte Borbonico, on découvre la plage la plus célèbre de Polignano, Lama Monchile.

Jour 5 : Direction le Sud

Nous quittons la région des trullis pour nous diriger vers le sud des Pouilles. Sur notre chemin, nous allons nous arrêter dans la ville d’Ostuni, surnommée la ville blanche. Elle est perchée sur un promontoire et elle est en forme d’escargot !

On arpente donc les petites ruelles du centre historique, les différents passages et les escaliers. La promenade nous conduit tout en haut où l’on découvre les 2 bâtiments principaux que sont la cathédrale d’Ostuni et le palais épiscopal. On aura donc un magnifique panorama à 360° sur la campagne et les alentours d’Ostuni.

Nous en partons vers midi et allons à Carpignano Salentino où se trouve notre second logement, Tre Volte Belle, sympa et assez grand, malheureusement sur la rue. Le village est tellement calme que nous peinons à trouver à manger !

Nous repartons en fin d’après-midi en direction la côte adriatique et voyons Roca Vecchia et la Grotta della Poesia. Alors qu’il n’y a personne, il est très difficile de trouver une place à proximité. Le point négatif est que la Grotta della poesia est un accès payant, alors que la visite ne dure pas plus de 15 minutes. La grotte est en fait une belle piscine naturelle, grotte à ciel ouvert, creusée dans la mer pendant des siècles.

A quelques kilomètres, nous nous arrêtons également à Torre del Orso. Cette grande plage permet de faire une longue promenade au bord de l’eau. On peut photographier les faraglioni qui s’y trouvent, qui sont les 2 rochers photogéniques. Enfin, l’arrêt suivant est la Torre Sant Andrea, dont le site est tout à fait ressemblant au précédent avec ces rochers en bord de plage.

Pour le dîner du soir, nous allons dans notre village à Osteria del Sole. Nous partageons des antipasti (croquetas, aubergines, poivrons, jambon Mozza, encornets) suivi d’une pasta alla contadina et escalope veau parmesan roquette tomate.

Jour 6 : Lecce, capitale du sud

Nous partons à la visite de Lecce, la capitale du sud des Pouilles. Pas aussi connue que les autres célèbres villes italiennes, Lecce est un véritable musée à ciel ouvert, riche de superbes chefs d’œuvres architecturaux, provenant de plusieurs époques (romaine, normande, byzantine etc). Il faut savoir que la ville détient plus de 40 églises et clairement on s’y perd….

Il est possible de rentrer dans le centre historique par 3 portes principales : Porta Napoli, Porta Rudiae et Porta San Biagio.

Nous commençons notre balade en goutant à la spécialité de la ville : le pasticcio, chez Natale, pâtisserie succulente à base de crème pâtissière.

Au centre de la ville, se trouve la magnifique Piazza del Duomo. Le duomo est aussi appelé Cathédrale Santa Maria Assunta. Cette place, quasiment fermée, est chargée de monuments car nous trouvons aussi le Palais du Séminaire, le Palais Episcopal et le Campanile.

Plus loin la Basilique Santa Croce a une façade plutôt imposante avec de nombreux détails dessus (personnages, animaux etc …).

A Lecce, on peut aussi trouver un bel amphithéâtre romain. Il a été partiellement enfoui dans le passé et des fouilles permettent encore de le découvrir.

Tout proche, la Piazza Sant’Oronzo dont le style hétéroclite dénote sur le reste de la ville, est un lieu très animé le soir.

En dehors des murs même de la ville, le château Charles V a été construit sur les ruines d’un château normand et qui se visite mais aussi le Parc Comunale où nous avons profité d’une pause.

Nous déjeunons à la fin de notre visite chez Joyce (avec des bombette -paupiettes de veau- et de la parmigiana) et nous nous baladons dans les petites rues à l’ombre de Lecce.

Dans l’après-midi, nous nous rendons dans les petits villages autour de Carpignagno Salentino. En effet, dans le Salento, ils ont la particularité d’avoir des origines grecques. La langue ici est encore un ancien dialecte grec.

A Corigliano d’Otranto, le village a une riche histoire. On peut découvrir le Château des Monti, château du 16ème siècle, l’église Saint Nicolas de Myra ou encore l’Arco Lucchetti. Il y a peu d’âmes qui vivent dans ces villages, oubliés des circuits, mais cela leur donne un air charmant.

Jour 7 : Côte Ionienne et Adriatique

Nous retournons ce matin sur la côte Ionienne avec la visite de Gallipoli. Entourée par une eau étincelante, la « belle ville » en grec, se reflète sur l’eau. Nous commençons par la visite des environs car il est possible d’avoir une très belle vue sur la ville. En se rapprochant, on découvre que Gallipoli est entourée de murailles. Le centre historique est d’ailleurs un ilot séparé de la ville moderne.

Le port de pêche, très vivant, est l’endroit par lequel nous arrivons, au pied des murailles. La plage, au pied également, permet une pause entre 2 balades !

Il est d’ailleurs possible de faire le tour de la ville sur le lungomare ou Passegiata, ce que les Italiens adorent faire en fin de journée. Nous nous y arrêterons pour déjeuner un bon plat de pates à la Trattoria Le Bistrot. Devant la mer et autour des murailles, se dresse l’église Saint François d’Assise.

A l’entrée de la ville, il y a également un château, le château d’Angioino (le château des Angevins). Complètement rénové, on y rentre par le Mercato et fait la jonction avec la ville moderne.

Et pour la vieille ville, quel meilleur conseil que de tout simplement flâner dans les ruelles, devant les maisons blanches ou les nombreux restaurants à poissons. La cathédrale Sant’Agata, en son centre, est de style baroque et est non sans rappeler Lecce.

Nous nous rendons dans l’après-midi à Otranto (nous changeons encore de côte !). Ici nous sommes à la pointe du talon de la botte. On appelle Otrante la porte de l’Orient. La ville est très agréable pour les familles, grâce à la proximité de belles plages. La côte albanaise en face n’est qu’à 70kms.

Son château du 15ème siècle s’impose dans le centre historique et permet de gagner les hauteurs. En franchissant les murailles et le pont levis, on entre dans la vieille ville. Par ailleurs, il est possible de monter encore plus haut sur les tours de guet.  

Il faudra bien sûr découvrir la cathédrale dont les mosaïques au sol sont incroyables. On est rapidement enchanté par les petites ruelles. La principale est le Corso Garibaldi, bordée de nombreuses boutiques. Au détour des rues, nous découvrons quelques petites églises byzantines.

En redescendant, on découvre le port, et un bord de mer très espacé, qui permet la promenade du soir pour les Italiens : glaciers, restaurants, parc, etc…tout y est pour satisfaire tout le monde.

Jour 8 : Matera

Notre dernier jour dans les Pouilles sera consacré à la route du retour, mais aussi à la magnifique ville de Matera. Matera n’est techniquement pas dans les Pouilles, mais dans la région du Basilicate. Très ancienne ville (occupée depuis la préhistoire), elle est connue pour ses maisons troglodytes creusées dans la montagne et ses nombreuses églises rupestres.

Les « sassi », ces maisons troglodytes, ont pourtant eu très mauvaise réputation. Ces logements étaient jugés insalubres et les habitants les ont quittés dans les années 50. Ils ont depuis été réhabilités et sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Pour les voir, il faut principalement déambuler dans les rues de Matera, et ses différentes collines ! Il faut donc être prêt à passer sa journée à monter et descendre les milliers de marches. L’avantage c’est qu’on ne trouve absolument aucune voiture !

Quant aux églises rupestres, on en dénombre plus de 150. On doit leur existence aux communautés monastiques. Elles ont été creusées entre le 8ème et le 12ème siècle dans la roche et il est important de rentrer dedans pour voir le contraste entre le raffinement de l’intérieur et le côté épuré de la façade. La plus visitée est l’église San Pietro Caveoso car elle se situe en hauteur et permet une vue exceptionnelle sur la ville et sur les sassi.

Autre immanquable à visiter, le Duomo, qui est aussi la cathédrale, a été construit entre 1230 et 1270 dans un style roman assez épuré.

Il est aussi possible de faire une pause sur la Piazza Veneto, qui permet un admirable point de vue et est considérée comme la Passeggiata du soir.

Pour la beauté de la ville, Matera a servi de lieux de tournage pour de nombreux films célèbres : La Passion du Christ de Mel Gibson en 2004 ainsi que Ben Hur en 2016 et Wonder Woman en 2017. Matera est à environ 45 minutes de l’aéroport de Bari, il est donc temps de quitter cette belle région des Pouilles

On retiendra des Pouilles un séjour très simple, où grâce à un véhicule personnel, on peut visiter la région facilement en une semaine, et où comme habituellement en Italie, on mange très bien. Même si chaque ville, chaque lieu à sa petite particularité, on notera que les paysages et l’architecture sont assez ressemblants dans toute la région. Evidemment, il semble important d’ajouter que le séjour fut agréable en basse saison, mais que des sites très connus comme Alberobello sont pris d’assaut surtout l’été.

Les plus du voyage

  • Architecture baroque très présente
  • les sassi et les trulli, architecture typique
  • bien entendu, la nourriture italienne

Les moins

  • petite région dont on en fait rapidement le tour

Péninsule du Yucatan

18 jours sur la pointe orientale du Mexique

En cette période de Covid, il était difficile de trouver une destination où les entrées dans un pays sont simples. Le Mexique est l’un des rares pays à n’avoir jamais imposé de tests, qui plus est, il fallait trouver une belle destination chaude en ce mois de janvier. Le Mexique était donc tout trouvé.

La péninsule du Yucatan (qui regroupe en réalité 3 états : le Yucatan, le Quintana-Roo et Campeche) se situe sur la pointe est du Mexique, bordée par la Mer des Caraïbes d’un côté et le Golfe du Mexique de l’autre. Ici se côtoient temples mayas, réserves naturelles, villes coloniales et stations balnéaires aux eaux translucides.

Ce voyage est donc un véritable mélange de plusieurs styles de vacances, qui peuvent convenir à tous les voyageurs. Nous avons fait le choix de quasiment éviter les stations balnéaires connues pour jeter notre dévolu sur des parties plus intimes et des sites plus reculés. Voici donc une idée de notre itinéraire ci-dessous.

Jour 1 : Jour de voyage

Notre départ s’effectue de Paris à Cancun, via Miami dans l’après-midi. Nous avons choisi American Airlines qui présentait le meilleur tarif et le voyage est quasiment royal, l’avion est vide, ce qui fait passer bien plus rapidement le trajet. L’escale à Miami est un peu longue mais raisonnable. Le second trajet est beaucoup plus rempli. On comprend à ce moment que Cancun est un lieu très américanisé ; en même temps la station balnéaire n’est qu’à 2h de Miami, une destination toute trouvée au soleil pour ceux qui le cherchent en hiver.

En arrivant, nous somme attendus par le représentant de notre loueur de voiture (CityCar) qui nous amène à quelques minutes en voiture de l’aéroport pour récupérer notre voiture, une Chevrolet Aveo. Il est désormais minuit quand nous arrivons à l’hôtel Los Giraflores. Nous l’avions choisi car il est l’un des seuls dans la zone de Cancun-ville qui ouvre 24h/24h. Mais en plus de cela, il est super bien localisé, en retrait de la rue, dans une zone résidentielle et très calme. Le prix de la nuit est à peine de 30 €.

Cancun est divisé en 2 parties : la ville de Cancun, peu touristique (mais en même temps il y a peu de choses à visiter ici) et la « zona hotelera » qui est une bande de terre giratoire sur le front de mer avec tous les hôtels, souvent de luxe ou complexes all-inclusive. A chacun de faire son choix, selon son envie !

Jour 2 : De Cancun à Tulum

La lueur du jour et le décalage horaire nous réveillent tôt. Nous sortons dans Cancun-ville pour retirer de l’argent et aller prendre notre petit-déjeuner chez 100% Natural, une belle adresse découverte pour de bons jus de fruits frais et un repas solide.

Comme annoncé plus haut, il n’y a peu de choses à voir à Cancun, nous faisons un tour rapide et prenons la voiture pour commencer notre périple vers le sud. Nous nous arrêtons tout d’abord à Playa del Carmen. Playa del Carmen, à environ 1h de Cancun, est l’une des 3 stations balnéaires connues du Mexique. Notre but n’est pas de s’arrêter longuement parce qu’à part aller à la plage, il n’y a pas grand-chose. Et la ville nous donne raison : une longue plage de sable fin et une grande rue piétonne très touristique avec des tonnes de restaurants et d’hôtels. C’est aussi l’une des seules villes où on aura vu un parking payant en ville de tout le séjour (10 pesos l’heure, soit 0,50 centimes).

C’est par contre dans le Pueblo de Playa del Carmen (plus au nord) que nous déjeunerons, un petit restaurant appelé Pozoleria Mi Abuelita et on goûte à nos premières spécialités :  les chilaquiles qui sont des tortillas/chips triangles nappées de sauce et de poulet et des enchiladas, galettes fourrées également recouvertes de sauce.

Nous reprenons la route pour aller en direction de Tulum et décidons de nous arrêter à Akumal, lieu de prédilection des tortues. Malheureusement, le trop plein de monde nous fait faire demi-tour, nous déciderons d’y retourner plus tard dans le séjour.

Nous allons donc à notre hôtel à Tulum, le Scarlette. Nous avons choisi volontairement un hôtel un peu en dehors de la ville, pour sa tranquillité et c’est bien ce que l’on trouve. Ce petit hôtel familial a de grandes chambres et un restaurant (petit déjeuner inclus mais très limité). Le coût est de 50€ la nuit. La plupart des hôtels se trouvent plutôt à Tulum Plage.

Nous décidons d’ailleurs de voir de plus près ces plages. Mais sans que nous le sachions, il n’y a pas de plage publique…Toutes les plages appartiennent forcément à un restaurant ou à un hôtel, alors à moins d’y séjourner ou d’y boire un verre, c’est impossible. Même notre choix d’y prendre un verre s’avère un mauvais plan : minimum de conso assez élevé pour y entrer, mais en plus c’est l’heure des bouchons (un peu comme la route des plages à St Tropez…).

La route de Tulum plage continue vers la réserve naturelle de Sian Ka’an, que je déconseille également car la route est en très mauvais état et impraticable (trous dans la chaussée assez importants). Nous avons tenté de l’emprunter mais malheureusement le peu de kilomètres effectué ne nous a pas permis de voir quoi que ce soit…

Jour 3 : Site archéologique de Coba

Ce matin, après un petit-déjeuner rapide à l’hôtel (les petits-déjeuners inclus dans les hôtels sont très souvent basiques voire déroutants…), nous allons à Coba, à 45km de Tulum. Nous avions une grosse incertitude sur l’ouverture, car sur le site officiel du gouvernement, il est noté que le site est fermé. Mais il est bien ouvert ! Il s’agirait d’une petite guerre entre gouvernement fédéral et local…

Après avoir réglé nos entrées (100 MX le site) et le parking (70MX – d’ailleurs pour les éviter, il est facile de se garer dans le village gratuitement et marcher 5 minutes), nous rentrons à travers une forêt dense.

Coba fut l’un des sites mayas les plus importants de son époque (son apogée est située entre 800 et 1100) et est caractérisé par son immense réseau de sacbes, des chemins sacrés qui relient les différents sites entre eux. Littéralement, Coba signifie « passage à gué » en maya, dû aux nombreux lacs qui entourent le site. Il est toutefois resté longtemps inexploré de par la jungle dense qui l’entoure qui a rendu son accès difficile. Il est possible de louer un vélo pour ceux qui souhaitent visiter les monuments éparpillés mais c’est largement faisable à pied.

Le site n’est pas le plus réputé du Yucatan (souvent préféré par Chichen Itza et Tulum) mais il fait partie des mieux conservés. Il y a plusieurs groupes de monuments : l’église, par exemple, est une pyramide à 9 degrés, de 24m de haut. Le jeu de pelote est typique des sites archéologiques, on le distingue souvent par un anneau accroché sur l’une des 2 parois qui se font face.

Los Conjuntos Pinturos sont plutôt des restes d’autels avec de nombreuses peintures murales. On retrouve facilement le style de Teotihuacan, ce qui prouve l’importance du site de Coba.

Le Xaibe est un temple rond, qui en réalité signifie « croisement des chemins ».

Quant à la grande pyramide, la pyramide de Nohoch Mul, elle est la 2ème plus grande du Yucatan ! Elle mesure 42m et compte 7 niveaux. Malheureusement, depuis le Covid, elle ne s’escalade plus…

Proche de Coba, il existe des cenotes que nous allons tester pour la première fois. Le cenote est en général un puits d’eau, parfois couvert comme une grotte, parfois découvert comme une retenue d’eau. Ils se sont formés il y a des milliers d’années lorsque les plafonds des réseaux souterrains se sont effondrés. Les cenotes ont une connotation sacrée pour les Mayas, un lieu où reposeraient les esprits des dieux.

Nous avons choisi Tamkach Ha qui est en souterrain. Une fois changés, nous descendons l’escalier en colimaçon qui nous mène quelques mètres plus bas. Le lieu est désert et les masques et tubas ici seront bien utiles. Quant à Multum Ha, à quelques mètres d’ici, il est tout aussi saisissant. Il faut compter 9 € pour la visite de 2 cenotes.

Nous déjeunons dans un petit restaurant dans le village de Coba, appelé le Cocodrillo. Nous découvrons une première spécialité, le Cochinita Pibil (porc grillé au charbon) avec de très bons jus.

Nous repartons en direction de Tulum, puis d’Akumal, qui est l’endroit parfait pour voir les tortues. C’est une petite station balnéaire où les eaux sont chaudes et entourées d’un récif corallien, ce qui favorise la vue des animaux. Avec un peu de chance, nous arrivons après 17h et le parking est gratuit et surtout disponible. Par contre il faut négocier sévère pour passer, car oui, aucun endroit ne laisse passer sur la plage sans consommer (hôtel, restaurant etc).

Si tu le souhaites, il est possible de plonger avec moniteur mais honnêtement, il suffit de suivre ces mêmes groupes. S’ils stagnent dans l’eau, c’est qu’ils sont au-dessus d’une tortue ! Malgré un temps un peu couvert, il ne sera pas difficile d’en trouver ! Et c’est incroyable de nager et de voir une tortue d’1m nous passer en dessous, quand elle ne décide pas de remonter à la surface. Malheureusement il n’y a pas de photo sous-marine de ce moment, mais ce fut incroyable !

Pour la fin de journée, nous irons dans Tulum Pueblo, la partie plus sympathique de Tulum, moins « fancy », mais quand même touristique où tout se situe sur une même avenue centrale. Nous profitons de la soirée pour un apéro à Don Cafeto : guacamole, tacos dorados et thé glacé (ici les tapas sont appelés des antofritos).

Jour 4 : Ruines de Tulum & Réserve de Siaan Kaan

On se lève à nouveau très tôt pour visiter les fameuses ruines de Tulum. Elles sont certainement les plus visitées de la région car elles ne se situent qu’à quelques minutes de la célèbre plage. Et en effet, nous sommes là avant l’ouverture, et la queue est déjà longue. Depuis le parking (payant à 100 pesos), il faut environ marcher 750m. Attention, le site ne se paye qu’en cash (170 pesos). Heureusement le site est très étendu, donc on ne ressent pas cette quantité de monde présente.

Ancienne cité du monde maya, elle aurait été établie autour de 564 et choisie pour son emplacement stratégique comme un port. Mais ce n’est qu’en 1250 qu’elle atteint son apogée et les principaux vestiges datent de cette période. Moins étendu que certains sites (environ 6km de long), le site a le bel avantage d’être sur l’eau ce qui lui donne une certaine prestance, c’est d’ailleurs l’un des seuls sites mayas au monde à avoir cette situation. La plupart des monuments sont plutôt spirituels et l’on distingue bien l’ancienne muraille qui ferme la cité. Quant à la plage, celle-ci est fermée pour 2 raisons : le covid et la naissance des tortues que l’on protège !

On peut voir plusieurs sites comme la Casa de Cenote ou le fameux temple du vent, que nous avons tous en tête vu le décor carte postale qu’il représente. D’autres monuments sont en excellent état comme El Castillo, l’un des vestiges les mieux entretenus !

Après cela, nous rentrons à l’hôtel récupérer nos affaires et nous allons au cenote qui se trouve juste à côté, le Car Wash, ou alors appelé Aktun Ha. C’est parce qu’il a été aménagé sur un ancien lavoir de taxis qu’il est ainsi surnommé. C’est aussi au final un cenote assez cher (environ 9 € par personne). Celui-ci est ouvert complétement comme un bassin. L’eau est très fraiche mais les fonds sont géniaux. On peut voir plein de poissons, de vie marine, mais aussi un mini crocodile qui se cache dans les feuillages. Il est même possible pour les plongeurs en bouteille de passer dans un autre cenote, grâce à des tunnels souterrains et noyés. On en profite pour pique-niquer dans ce bel endroit et reprenons notre route vers le sud.

Nous nous arrêtons à Muyill, qui est le point d’entrée de la réserve Sian Ka’an. Il y a 3 possibilités pour visiter la réserve : visite du site archéologique de Muyil, faire le chemin de la lagune, ou la visiter en bateau également (respectivement 65/50/1000 pesos). La 3ème étant un peu hors de prix, nous décidons de faire les 2 premières.

Le site archéologique est très mystique, pas très grand certes, mais avec une belle pyramide (el Castillo) en son centre. Il semble perdu au milieu de la jungle et ses 9 écosystèmes. C’est un site très ancien, occupé depuis 2000 avant JC.

Quant au sentier, il se trouve à l’arrière du site, c’est un chemin bien tracé. Il y a une tour de guet qui s’escalade sur 4 étages avec une échelle et avec une excellente vue sur la lagune, la jungle et la réserve.

Nous reprenons la route direction Bacalar (environ 2h de route très droite) pour aller à notre hôtel, le Aldea 19, un hôtel tout neuf qui a ouvert il y a un mois. Il est le meilleur choix pour se retrouver en bord de lagune et en profiter, avec ponton et transat. La chambre est bien aménagée également (prix de 2 nuits : 3600 pesos). On profite des derniers instants du soleil qui se couche.

On ressortira dans le village un peu plus tard, en faisant un tour le long de la lagune puis vers la place principale. D’ailleurs, pour le conseil de dernière minute, il faut absolument retirer de l’argent avant d’arriver à Bacalar, car il n’y a pas de distributeur qui fonctionne. Nous dinerons à Antojitos Orizaba : tacos poulet, tostadas de chorizo et papa et jus de mangue.

Jour 5 : Cenotes et Laguna de Bacalar

Quoi de mieux que de commencer la journée avec un magnifique lever de soleil sur la lagune avant de prendre le petit-déjeuner sur la terrasse. Bacalar est une ville beaucoup plus reposante que les stations balnéaires visitées auparavant ! C’est notre coup de cœur du séjour.

Nous nous rendons tout d’abord pour la matinée dans le petit village de Xul-Ha. Ce village est le dernier en bord de lagune, et est très calme.  Son nom signifie d’ailleurs en maya « là où l’eau se termine » ; contrairement aux rapides qui sont un peu plus au nord, que nous ne verrons jamais car un restaurant barre la route et sans consommer ou sans faire des activités (kayak etc), il est impossible de les voir de plus près !

Nous nous rendons ensuite au premier cenote que l’on souhaite tester, le Cenote Azul. A un prix plus que raisonnable (35 pesos soit 1,5€), nous accédons à un lac fermé. Contrairement à son nom « bleu », le cenote est très sombre, c’est d’ailleurs l’un des plus profonds avec 90m de profondeur. Le lieu ressemble une base de loisirs plutôt agréable et c’est excellent pour nager.

Puis nous allons au Cenote Cocoalitos, un second cenote, totalement différent (à 50 pesos l’entrée). Ici, on a plutôt les pieds dans l’eau, on peut marcher ainsi assez loin au soleil. On observe aussi le phénomène des stomalites (estromalitos), des petits monticules de roches crées par des bactéries il y a 3500 ans (il est d’ailleurs interdit de marcher dessus). L’eau est translucide et très chaude, le lieu est paradisiaque, un vrai plaisir !

Après avoir déjeuné chez Enamora, dans le centre. nous profitons de notre après-midi pour nous reposer vers la lagune à l’hôtel, et nous ressortirons plus tard le soir pour diner à la Taqueria Trompo de K’los (petit bouiboui) avec burrito, enchiladas et tacos. C’est aussi l’occasion de voir de plus près le fort de San Felipe qui présente l’histoire de la ville.

Jour 6 : Bacalar

Ce matin, c’est plutôt brouillard sur la lagune, mais l’avantage du climat tropical est que rien ne dure très longtemps ici. On souhaite visiter la lagune par l’eau ce matin mais on hésite entre faire du kayak ou un tour de bateau. Il se trouve que le kayak ici est plus cher (600 pesos les 3h) mais aussi ne nous permet pas d’aller partout sur la lagune. En 3h aller-retour, il ne serait possible que d’aller au Canal des Pirates… Alors le bateau s’impose à nous (250 pesos/pers). On part vers 10h30/11H sur un bateau de 10 personnes.

45km, c’est la longueur de la lagune au 7 couleurs. La lagune de Bacalar renferme quelques iles et des cenotes! Le bateau passe d’abord voir le Cenote Negro qui s’appelle ainsi car on voit une large différence de couleur d’eau entre le cenote très profond (90m) donc noir, et l’eau de la réserve, bleue. On passe également par Cocoalitos que nous avons vu hier, même si les bateaux ne peuvent pas réellement s’en approcher.

Enfin le capitaine nous amène dans 2 endroits où l’on va pouvoir descendre du bateau : Isla de los Aves, l’île des oiseaux où environ 15 espèces d’oiseaux occupent les lieux pour leur nidation et le Canal de los piratas où l’eau arrive aux genoux. L’eau est turquoise et magnifique et le soleil tape ! Le canal de los pirates fut un haut lieu d’affrontements entre pirates et certains biens connus comme Francis Drake sont passés par ici.

Nous irons déjeuner à Mi Burrito Bacalar, un food truck situé sur une petite place à l’ombre avec 2 superbes burritos bien remplis (chorizo huevo & pollo) faits dans des feuilles de bananiers (135 le burrito).

Nous profitons d’une après-midi plus tranquille à l’hôtel avant de prendre la route en direction de Xpujil car nous préférons rester en bord de mer et n’arriver qu’à la tombée de la nuit. IL faut 2h pour y arriver, mais ce que nous avions oublié c’est qu’il y a 1h de décalage horaire et arrivons 1h trop tôt!

Notre hôtel, Villa Calakmul, est simple mais sympathique et le prix n’est que de 480 pesos (22€). On en profite pour faire un tour dans le village, essayer de faire quelques courses pour un déjeuner le lendemain car nous savons que nous ne trouverons rien à Calakmul, notre étape suivante. La nuit tombée, nous allons diner à Sazon de Veracruzano où nous avons pris jus de fraise, bières, pechuga de pollo et chuleta grillado.

Jour 7 : Ruines de Calakmul

Nous partons de l’hôtel vers 7h pour prendre de l’essence et nous faire un très bon petit déjeuner à Ma’alobkin. Il y a environ 50 minutes de route pour atteindre l’entrée de la réserve qui se trouve à quelques mètres de la route principale. Ici, nous payons 2 droits d’entrée (de la réserve et du gouvernement, 320 pesos les deux).

A partir de là, la route rentre dans la jungle et dure environ 60km pour atteindre le site archéologique. La première partie, environ 20km est plutôt bonne, puis la deuxième partie est limitée à 30km /heure car la route est plus abimée mais aussi car beaucoup d’animaux peuvent potentiellement traverser. Nous nous acquittons d’un nouveau droit d’entrée au bout, de 85 pesos.

Inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco, le site de Calakmul est l’un des incontournables du Yucatan, mais au vu de son éloignement, il se mérite ! Le site se situe dans une réserve qui est partagé avec le Guatemala. Il existerait depuis 550 avant JC, mais son apogée fut atteinte entre 250 et 900 après JC. C’est l’un des sites avec le plus de stèles retrouvées (environ 6500). Elle a aussi été longtemps la rivale de la fameuse Tikal au Guatemala. Le site a été découvert en 1931, mais aucune excavation n’a commencé avant 1982.

En entrant, on découvre quelques cabanas avec des explications sur le site. Il est également indiqué que nous avons le choix entre 3 routes : corta, media et larga. Sauf qu’en temps de COVID, (et c’est le problème sur de nombreux sites archéologiques), seul la ruta corta est ouverte.

On traverse tout d’abord le « Grupo Noroeste », un peu à part, ce qui nous permet d’éviter de nombreux touristes. C’est avant tout un ensemble d’habitations et de quelques stèles. C’est ici que l’on commence à entendre puis à voir les singes qui se baladent dans les arbres.

Nous nous rendons ensuite vers la Gran Plaza, considérée comme la place centrale de Calakmul. Nous découvrons plusieurs structures, la Estructura VIII par exemple. Puis on monte sur la pyramide I, qui est déjà plutôt élevée, mais qui nous donne une vue sur la plus grande du site, la Estructura II. Une fois en haut, nous avons une vue magnifique sur la réserve. Attention, en pleine journée, les escaliers sont rudes, les marches très inégales et il faut chaud. Ces deux pyramides sont vraiment très impressionnantes et quelle immensité que de se retrouver au sommet !

La route se ferme sur Chiik’ Naab, un complexe de 68 structures, qui semble avoir été choisi pour les célébrations.

Une fois sortis de la réserve, nous allons prendre notre logement pour la nuit, Cabanas Calakmul, pas le meilleur depuis notre arrivée. La cabane est très simple, pas donnée et on entend même la route principale. Mais nous arrêter dormir à Calakmul était impératif, car il y a au moins 3h de route pour atteindre notre étape suivante.

Finalement, comme il faut s’occuper pour la fin de journée, nous nous rendons à un spot où des milliers de chauves-souris sortent de leur grotte à la tombée de la nuit, à seulement quelques kilomètres d’ici. On est toutefois très surpris car il y a du monde et pas que des curieux. La « visite » est devenue business, et des locaux attendent pour nous faire payer l’entrée (arnaque ou pas, on ne le saura pas). Le coût est de 150 pesos par personne. Le guide nous amène donc à environ 150m du parking jusqu’à un trou que l’on appelle « el volcan » parce que l’endroit fait penser à un cratère. Nous sommes arrivés tôt, la nuit ne tombe qu’à 17h15. C’est donc petit à petit que l’on voit quelques chauves-souris qui prennent leur envol. Au début, on ne saisit pas vraiment l’intérêt et on ne sait pas à quoi véritablement s’attendre. Mais lorsque la nuit tombe, c‘est une nuée de chauves-souris qui sortent du volcan et qui partent vers le nord (elles sont 3 millions pour être exact !), c’est vraiment très impressionnant.

Les chauves-souris jouaient un rôle important dans le monde maya, elles représentaient la mort. Ce phénomène n’existe que dans 2 endroits dans le monde : ici et en Malaisie ! Les chauves-souris étant aveugles, beaucoup buttent sur nous ou passent à quelques centimètres…

Nous retournons à nos Cabanas. Etant donné qu’il n’y a pas de village réellement, nous dinons à l’hôtel mais le service est extrêmement long (plus de 45’) pour des quesadillas et des fajitas.

Jour 8 : Edzna & Campeche

Après un bon petit-déjeuner (une belle omelette et du miel maison), nous partons en direction de Campeche mais via Edzna à mi-parcours. La route est simple quoiqu’un peu perdue, il nous faudra 2h pour atteindre ce nouveau site archéologique. Il n’y a pas grand monde et c’est agréable. Edzna n’est pas très grand, mais cela permet de découvrir une architecture très différente. En effet, la ville était également plus avancée que certaines autres grâce à un système hydraulique complexe.

Son apogée se situe entre 600 et 1000 et elle a accueilli jusqu’à 25 000 habitants. Ici, on peut découvrir une immense place centrale qui est entourée de plusieurs bâtiments : la Casa Grande, dédiée à l’administration, le temple des masques avec de magnifiques masques en stuc en excellent état, une plateforme et la grande Acropole.

Le plus important est résolument la grande pyramide ; en montant quelques marches on découvre une autre place avec le temple aux 5 étages de 31m de haut. C’est en 1450 qu’elle sera totalement abandonnée. Il faut compter 65 pesos pour l’entrée.

On reprend la route et en arrivant à Campeche, nous faisons quelques courses pour pique-niquer sur le toit du fort San Miguel. En effet, Campeche est une ville fortifiée et le fort San Felipe est l’un des 6 forts extérieurs de la ville. Ce fort avait été construit au 18ème siècle pour contrer des attaques anglaises qui n’auront jamais eu lieu.

On se rend à notre hôtel  Francis Drake , simple et correct pour 60 € la nuit. Après un peu de repos, nous allons découvrir cette ville, particulièrement calme, peut-être parce que nous sommes dimanche.

Comme précédemment cité, la ville est fortifiée, ainsi l’intérêt principal est de voir l’ensemble de ses murailles. Port important du Yucatan, il était obligatoire pour la ville de se protéger principalement des pirates ! Parmi les 2 forts les plus importants, on peut s’arrêter au Baluarte San Francisco et au Baluarte San Juan.

Toutes les rues de Campeche sont mignonnes et colorées ce qui rend la balade agréable. On tombe sur la Plaza de Independencia. Ici, on retrouve la ville coloniale typique, avec des locaux qui se reposent sur la place, et la cathédrale qui nous fait face, la cathédrale de la Purisima Concepción, de style baroque. On fait une pause à Chocol’Ha, car en fin de journée, à l’heure de l’apéritif, c’est plutôt un chocolat chaud que l’on boit.

Nous terminons notre promenade sur le Malecon, grande avenue située le long de la mer.

Nous dinerons au Bastion de Campeche, où nous tenterons la spécialité de Pan de Cazon, qui ressemble dans les faits à des lasagnes, des galettes superposées, avec du thon et des tomates.

Jour 9 : Uxmal

Notre hôtel fournissant un petit déjeuner, nous en profitons avant de partir en direction de Uxmal, autre site archéologique, mais c’est sans compter sur un gps qui va nous fera passer par une route improbable…

Arrivés à Uxmal, nous sommes très surpris par les tarifs pratiqués : 80 pesos de parking, 466 d’entrée, l’une des plus chères de tous les sites visités (excepté Chichen Itza qui sera la plus élevée). Le site en vaut toutefois vraiment le coup. Ici, tout est très réglementé : pas de nourriture, pas de sac avec soi, en gros on doit se contenter de bouteille d’eau et le téléphone à la main…

Le chemin pour visiter le site est tracé. Il s’agit donc de passer d’abord par la Pyramide des devins (advinino), superbe haute pyramide restaurée par les mayas (la seule pyramide ronde du Mexique). Seul le temple le plus haut n’a pas résisté.

Puis on rentre dans le Quadrilago de las mongas, son rôle n’est pas tout à fait défini (était-ce un palais ou un lieu militaire ?). Il y a entre autres beaucoup d’éléments décoratifs (on retrouve le Chac, ce visage du dieu de la pluie). Sur l’un des 4 cotés, se trouve le Palacio del Gobernador, long de 100m.

Pour sortir de ce quadrilatère, on passe sous une arche et découvre derrière un terrain immense avec jeu de pelote. Sur ce terrain, on traverse également le Grupo de Cementerio et après quelques marches, la Casa de las Tortugas.

On termine par la grande pyramide, la pièce principale du site. On quitte Uxmal pour Merida, nous n’avons finalement pas le courage de visiter un autre site, car la région en déborde…En effet, pour ceux qui le souhaitent, la Ruta Puuc regroupe les sites d’intérêts majeurs des environs comme Kabah, Labna etc…

Nous prenons possession de notre chambre au Doralba Inn de Mérida vers 15h et nous nous posons quelques instants pour profiter de la piscine et du patio. La chambre est très spacieuse et l’hôtel possède un parking, pratique dans Mérida où il est compliqué de circuler et stationner.

Nous commençons notre balade de Mérida vers 17h, quand l’animation commence enfin. En effet, comme toutes les villes latines, les après-midis sont généralement calmes !

Sur la place principale, il y a d’ailleurs un marché avec plein de food trucks et de vendeurs artisanaux qui se tient tous les dimanches.

La place principale est entourée entre autres de la Cathédrale San Ildefonso, la plus vieille cathédrale du Mexique, datant de 1561, et dont le petit jardin extérieur est relaxant. Il y a aussi la Casa de Montejo, plus vieille maison de la ville construit par Francisco Montejo, le fondateur de la ville et le Pasaje de la Revolucion, un passage couvert bordant la cathédrale. Enfin ne manque pas le Palais du gouverneur où on peut monter au 2ème étage et admirer la vue sur la place.

Un peu plus au nord de la place, on découvre le quartier de Santa Lucia, sa place animée, ses sièges qui permettent de se regarder et le couvent Iglesia de Jesus.

On s’éloigne un petit peu du centre pour découvrir le Paseo de Montejo, qui est une grande avenue avec les plus belles demeures de la ville comme le Palacio Canton, aujourd’hui musée régional d’anthropologie.

S’il y a toutefois une chose à retenir de Merida, ce sont les maisons et rues colorées qui sont l’essence même de la ville. Balade-toi au fil des rues, c’est ce qu’il y a de mieux (la calle 64 est le meilleur exemple).

Nous dinerons ce soir à El Campiche avec una sopa de lima (poulet citron), un cochinita pibil (porc effiloché) et des quesadillas jamon/queso et guacamole.

Jour 10 : Celestun et Cenotes

Nous partons en direction de Celestun qui se trouve en bord de mer, à environ 2h30 de Mérida et une seule route y mène.

Le village est très tranquille et vit au rythme des pêcheurs et des touristes. Evidemment pour faire un tour de bateau, il suffit de se balader sur la plage ou dans les rues, et on t’alpaguera très rapidement. Nous prenons notre temps et faisons un tour sur la plage et les environs tout d’abord.

Finalement, nous cédons pour un tour en bateau pour visiter la réserve naturelle de la biosphère, qui est le point d’attraction principal de Celestun. En effet, la réserve est le point de rencontre de l’eau salée du Golfe du Mexique et l’eau douce de la lagune ce qui crée un écosystème riche. A savoir que les prix pratiqués sont les mêmes partout entre chaque pêcheur (700 pesos pour 2 à cette période).

Nous commençons le tour vers 10h30/11H, le bateau se dirige vers le sud le long de la plage et il faut un certain temps pour arriver à l’entrée de la lagune. Le tour est aussi l’occasion de voir des oiseaux (plus de 300 espèces sont présentes ici), des flamants roses saumons (la plus grosse colonie du Mexique, on en compte plus de 25 000), des crocodiles et la mangrove également.

Le bateau passe d’abord par le canal des oiseaux où ceux-ci sont stationnés sur leurs rochers, puis à travers la lagune où sont posés les flamands et enfin nous rentrons dans un tunnel de mangrove, long d’1 km environ. Nous faisons un petit arrêt autour d’un cenote à l’intérieur, l’Ojo de Agua, où l’on peut se baigner si on le souhaite (mais bon, les crocodiles ne sont jamais loin !).

Sitôt sortis, nous quittons Celestun pour nous rendre dans 2 cenotes au sud de Merida, nous n’arriverons que vers 15h30 et sommes prévenus que les cenotes ferment vers 17h00.

Ces 2 cenotes sont situés à San Antonio Mulix, ils sont un peu perdus sur un chemin qui part de la route principale mais cela les rend assez cachés et peu visités. D’ailleurs, ce sont certainement les plus beaux et les plus sympathiques de tous les cenotes que nous avons faits et que nous ferons. Ils sont également protégés par la communauté locale puisque la route qui y mène est fermée et des gardes vérifient les accès.

Le 1er cenote, Xbatun, est ouvert, au milieu d’un cratère, l’eau y est excellente et encore une fois les fonds lacustres très intéressants. L’endroit est assez ombragé et la végétation qui l’entoure rend le lieu très exotique. La fin d’après-midi est propice à être seuls ici.

Le 2ème, Dzonbacal, se situe 5 minutes plus loin et est situé dans une grotte. Il est peu profond mais tout aussi intéressant et moins visité que le premier.

Au retour, nous nous arrêtons dans la petite ville de Cacao sur le chemin, village désert mais très photogénique.

De retour à Merida, nous mangerons sur la Plaza principal et tenons à goûter à une nouvelle spécialité, le Relleno Negro (du porc cuisiné avec beaucoup d’épices, mais pas fameux à notre goût). En dessert, nous cédons comme les Méridiens à une de leur autre spécialité, la marquesita, une crêpe gaufrée normalement constituée de chocolat et fromage crémeux.

Jour 11 : d’Izamal à Rio Lagartos

Avant de quitter Merida, nous allons faire un tour dans le plus grand marché de la ville, le marché de San Lucas De Galvez. Comme dans tous les marchés d’Amérique Latine, ici tout se vend, et on pourrait y passer des heures.

Nous prenons la direction d’Izamal, la Ciudad Amarilla. C’est une charmante ville coloniale toute recouverte de jaune et qui tend de plus en plus à être connue. Izamal, qui signifie « rosée qui descend du ciel », fut un lieu pèlerinage entre le 9ème et le 11ème siècle. D’ailleurs, 7 pyramides furent construites ici.

Si la ville est repeinte de jaune, l’origine de cette coutume est en fait un peu obscure. On ne sait pas si cela viendrait de la venue de Jean-Paul II en 1993 qui obligea les habitants à repeindre leurs maisons par souci de propreté et d’harmonie ou si cela survint après diverses épidémies de moustiques, le jaune pouvant les repousser…

Nous allons tout d’abord visiter le Couvent Saint Antoine de Padoue, lieu central de la ville, avec ses magnifiques arches et sa cour intérieure. Il fut construit au 16ème siècle sur les restes du temple maya principal. Petite fierté pour la ville, c’est le 2ème plus grand atrium au monde, après celui du Vatican !

Puis nous faisons un bon tour de ville à pied. Rien de mieux que ses ruelles photogéniques, la ville cache aussi de nombreuses petites chapelles comme la Capilla de los Indios ou celle de San Ildefonso et plein de bâtiments coloniaux.

Mais l’un des points forts de la ville est la présence de pyramides ! Bien que manquant de rénovation, les 7 pyramides ont l’avantage d’être présentes en centre-ville et de se visiter gratuitement ! Izamal est en effet un lieu archéologique encore peu connu.

La plus impressionnante est Kinich Kakmo (environ 30m de hauteur) composée de 2 pyramides superposées. D’ici d’ailleurs, la vue sur la ville est à perte de vue. Les autres pyramides, comme Iztamatul ou Kabul sont un peu moins visibles mais on peut en faire le tour.

Après avoir déjeuner à Muuil (poulet grillé, riz et sopa de lima), nous allons à Rio Lagartos sur la côte nord du Golfe du Mexique où nous passerons la nuit. Rio Lagartos se situe au nord de Valladolid, c’est un agréable port de pêche en bord de lagune également et situé dans une réserve naturelle. Notre hôtel le Perico Marinero est vraiment au bord de l’eau et le village de Rio Lagartos prête vraiment au repos car il est extrêmement calme.

Nous n’avons pas d’intérêt de refaire du bateau, car nous retrouverions les mêmes choses qu’à Celestun (mangroves, flamants roses, etc). Du coup c’est repos et piscine !  Nous dinerons à la Mojarrita, situé sur le bord de mer également. Ce restaurant, tenu par un seul monsieur, pêcheur le matin, cuisinier et serveur à la fois est le coup de cœur du séjour!

Cette escapade, même si nous n’avons pas fait d’activités en particulier fut un temps idéal de repos, Rio Lagartos est vraiment à découvrir…

Jour 12 : Valladolid et Cenotes

Nous partons ce matin à Las Coloradas, un peu plus loin dans la réserve de Rio Lagartos. Las Coloradas se situent à environ 20km sur une route cul-de-sac. Le village est connu pour ses mines de sel et son lac rose ; en effet le soleil reflétant sur le sel donne une couleur rosée à l’eau. Pour cela, il faut y être idéalement à midi quand le soleil est à son summum. L’entrée autour du lac rose est payante, mais en toute honnêteté, il n’y en a aucun besoin, on observe le lac depuis son entrée.

Au retour, nous nous arrêtons sur la très belle plage de Cancunito, plage de sable fin déserte.

Après cela, direction Valladolid. Afin de profiter de l’après-midi, nous irons tout d’abord voir des cenotes, ceux de Samula et Xkeken (ou Dzitnup), distants de quelques minutes à pied. Toutefois, ce sont certainement les moins intéressants que nous ayons pu faire, et que l’on recommande donc le moins. Le tarif est de 125 pesos par personne. Mais déjà, il faut rajouter un supplément obligatoire pour un gilet de sauvetage…savoir nager et porter un gilet pour un lac peu profond c’est un peu dommage, mais surtout on ne peut pas explorer les fonds. Et puis, on a l’impression d’etre à Disneyland avec des allées entières de vendeurs de babioles entre les 2 cenotes, beaucoup de contrôles inutiles etc etc,

Toutefois, l’intérieur des cenotes reste exceptionnel. Les 2 sont des grottes souterraines avec des puits de lumière, malheureusement aucune photo ne rendra la beauté des lieux comme nous l’avons vu.

En fin d’après-midi, nous nous rendons dans le centre-ville de Valladolid et nous nous arrêtons à notre point de chute pour les 2 prochains jours, l’hôtel Recuerdos. Situé dans le quartier de la Candelaria, en plein centre-ville, le Recuerdos est très agréable, avec des chambres spacieuses. Une petite piscine à l’abri des regards se trouve à l’arrière-cour.

Avant de visiter la ville, la faim nous appelle et nous nous arrêtons à Nena Nena, un café situé dans un ancien garage. La carte est simple mais composée de spécialités et le service est excellent !

Il s’avère qu’aujourd’hui c’est la chandeleur, et ce n’est pas qu’un jour de crêpes, mais une journée à connotation religieuse. De plus, nous sommes dans le quartier de la Candelaria, c’est donc tout naturel que des célébrations soient faites dans l’église du même nom. Sur la place, devant la chapelle, les habitants sont rassemblés pour prier et chacun apporte des bougies ou des fleurs.

Nous visitons ensuite le centre de Valladolid. La ville a été fondée au 16ème siècle et à la suite nombreuses batailles entres les mayas et les Espagnols, elle a été surnommée la ville héroïque.

Nous commençons par l’église San Servacio (seule église de la région a être tournée vers le nord), donnant sur le Parque Central, grand lieu de rassemblement des habitants, mais aussi l’hôtel Meson de Marques et le Palacio Municipal (hôtel de ville), tous les plus anciens bâtiments de la ville. Certains disposent d’arches coloniales.

Nous allons jusqu’au Cenote Zaci, seul cenote en ville mais celui-ci est actuellement fermé.

Nous terminons la journée avec un petit restaurant appelé Carpe Diem à l’arrière de San Servacio pour quelques tacos et empanadas !

Jour 13 : Chichen Itza, merveille du monde

Ce matin, c’est départ pour Chichen Itza, l’une des 7 merveilles du monde moderne ! Nous partons à 7h15, ce qui est un timing parfait car le site ouvre à 8h, et il y a d’ailleurs déjà du monde.

Après être passés par la case « billetterie » (parking 80, ticket fédéral 486, ticket de l’état du Yucatan 170 pesos), on se fait recaler au contrôle pour de la nourriture dans le sac… Finalement, nous sommes à 8h30 sur le site, il est important de ne pas y être plus tard si tu souhaites de bonnes photos car à quelques minutes près, les groupes de touristes débarquent par centaines et commencent tous par la fameuse pyramide ! Cela nous permet aussi donc de visiter le reste du site pendant que le monde s’agglutine sur l’attrait principal du site…Le site est assez grand et il y a de quoi visiter pendant environ 3h. Ce sont vraiment les meilleures heures, car même au fur et à mesure que l’on avance dans la matinée, en plus des touristes, ce sont les vendeurs ambulants qui s’installent et cela devient particulièrement pénible.

On commence donc par visiter El Castillo, LA pyramide de Chichen Itza, celle qu’on voit en photo partout ! Appelée également temple de Kukulkan (le dieu serpent à plumes), la pyramide est un emblème ; haute de 30m, on peut l’atteindre après 91 marches (il est interdit d’y monter toutefois).

Fort heureusement, Chichen Itza ne se résume pas à la pyramide mais s’étend sur 300ha au total ! Sa fondation remonte bien entendu à la période maya, Chichen Itza signifiant « au bord du puits de Itzaes » (il y a 5 cenotes autour du site). Ce qui fait la renommée du site est bien sur son excellente préservation, la ville n’ayant jamais été abandonnée !

En s’éloignant un peu, on découvre bien d’autres sites tout aussi intéressants. Le « groupe des mille colonnes » est comme son nom l’indique une lignée de colonnes représentant toutes une tête de serpent à plumes, elles servaient à l’époque à soutenir une belle galerie.

Le temple de Xtoloc se trouve tout à coté du cenote du même nom, il fut probablement utilisé à des fins religieuses.

La plateforme de Venus est une plateforme carrée avec des escaliers de chaque côté. Elle était originellement en couleur. Représentant une scène, c’est ici que les mayas s’adonnaient à des rituels ou cérémonies en public.

Le Caracol est aussi appelé l’Observatoire, c’est le 2ème site le plus connu de Chichen Itza ressemblant à un escargot ! C’est d’ici que les mayas étudiaient les astres. Il est très rare de trouver des bâtiments à forme ronde chez les Mayas.

Juste après, se trouve la Iglesia, dont les détails sont stupéfiants. C’est un bâtiment carré, avec une pièce voutée. Le dieu Chaac est représenté sous plusieurs formes. Quant à l’Osario, cette ancienne pyramide, est en fait la tombe du grand prêtre.

En basculant de l’autre côté du site, nous découvrons le temple du jaguar et le jeu de pelote, le plus grand découvert à ce jour, avec une acoustique qui résonne de part et d’autre du terrain. Nous terminons par la plateforme des tigres et des cranes.

Une fois sortis, nous mangeons rapidement sur le parking et nous repartons en direction de Valladolid pour visiter d’autres cenotes. On mise sur le cenote de la Hacienda Oxman. Il est très joli, situé dans une hacienda, tenue par une famille où tout est aménagé autour (restaurant, etc), mais on trouve que c’est beaucoup trop artificiel, une fois de plus. Le prix est de 150 MX pour le cenote uniquement mais certains payent plus pour rester autour de la piscine ou déjeuner.

Le cenote en lui-même est plutôt sympathique, à moitié grotte, à moitié ouvert. On le découvre tout d’abord d’en haut comme un énorme trou, puis on descend par un escalier jusqu’à hauteur d’eau. Il est équipé d’une tyrolienne pour ceux qui veulent s’amuser, mais à nouveau le gilet est obligatoire ; l’eau est bonne, mais pas assez pour rester des heures…

De retour à Valladolid, nous prenons notre déjeuner à Burrito Mi Amor avec comme à Bacalar des burritos améliorés et profitons de la piscine de l’hôtel. Nous partons ensuite en direction du sud de la ville. La Calle de los Frailes est une rue piétonne toute colorée et très photogénique, une promenade très agréable qui nous emmène vers le Couvent Saint Bernard. Cet ancien couvent du 16ème siècle, fondé par les Franciscains, est entourée d’une belle place de verdure. C’est ici qu’aurait commencer la mission évangélisatrice de la péninsule.

Pour dîner, nous testons le marché couvert de la ville. C’est très simple, mais c’est là qu’on trouve le meilleur rapport qualité/prix.

Jour 14 : Retour vers Cancun

On se lève un peu plus tard et après avoir fait un dernier tour dans Valladolid, nous allons prendre notre petit-déjeuner à Canto Encanto. Nous avons toutefois 3h de route pour atteindre Cancun et 1h de décalage horaire. Tout roule parfaitement sauf l’entrée de Cancun.

Nous prenons possession de notre chambre au même hôtel que le 1er soir et nous allons faire notre test covid (obligatoire pour rentrer en France à cette période).

Etant donné le magnifique temps, nous décidons d’aller voir de plus près les plages de Cancun et nous nous arrêtons à Playa Delfines. L’eau est excellente, les vagues parfaites, le sable fin. On comprend ceux qui viennent ici pour le farniente, même si les hôtels ne donnent pas très envie. En effet, la Zona Hotelera de Cancun est situé sur une bande de terre sur le front de mer et est composée d’une seule route, avec les hôtels face à la mer. Cela fait très « resort », mais l’on sait que Cancun est chérit par de nombreux américains cherchant le soleil (à cette période, il y a un vol toutes les 2 minutes en direction des Etats-Unis).

Nous dinerons à la Taqueria El Poblado pour quelques tacos faits maison et minute pour ce que nous pensons être notre dernier soir à Cancun.  

Jour 15 à 17 : Cancun forever…et oui !

Après avoir pris à nouveau un petit déjeuner à 100% natural proche de l’hôtel, nous pensons terminer notre séjour en rendant notre voiture. Victimes d’une arnaque à ce moment, c’est pour cela que nous ne recommanderons pas le loueur que nous avions choisi. En effet, lors de la vérification de la voiture, le loueur ne trouve plus la roue de secours… Sauf que personne n’a eu notre clé de voiture en main, mis à part le loueur que nous avons quitté des yeux quelques minutes ! Une arnaque bien ficelée qui nous coûtera la caution (heureusement que nous avons les assurances de carte bancaire !).

Avec cette mauvaise note, nous arrivons en colère à l’aéroport, mais ce n’est pas tout…Après les pluies tropicales de la nuit dernière, l’accès à l’aéroport est difficile. Mais à quoi bon, puisqu’après 3h de queue à l’enregistrement, nous apprendrons que notre vol est reporté puis finalement annulé.

Nous serons transportés 8h plus tard dans un hôtel…de la Zona Hotelera ! Face à ce retard, le fait de séjourner à l’hôtel Seadust Cancun Resort en formule tout-inclus jusqu’à notre réel départ (soit 2 jours plus tard) sera notre consolation.  Au vu des 48h qui nous attendent, autant profiter de l’hôtel, de la chambre avec jacuzzi, vue sur mer, et de tous les restaurants all inclusive compris avec boissons, et même les bars.

Nous repartirons le mardi, non sans quelques problèmes (vol à nouveau annulé pour finalement partir le soir seulement…). Fort heureusement, American Airlines nous dédommagera pour cela…

La péninsule du Yucatan n’était au départ pas notre destination de prédilection. Mais à cette période, elle s’est avérée un choix judicieux : un climat parfait, un séjour abordable et en temps de covid, des restrictions plutôt limités.

La péninsule allie plusieurs types de tourisme et ravira beaucoup de monde : les plages sont effet magnifiques, les sites mayas en parfait état de conservation et les villes coloniales méritent, elles, un détour pour flâner à travers des maisonnettes colorées, typiques des Caraïbes !

Les plus du voyage

  • un climat parfait en janvier
  • les sites mayas parfaitement conservés
  • les cenotes, une particularité du Yucatan

Les moins

  • nourriture souvent répétitive
  • attention à la sécurité et aux petites arnaques

Egypte

Séjour de 7 jours en 2005 et 9 jours en 2021

Pays fascinant par son architecture antique connue à travers le monde entier, l’Egypte est pour de nombreux visiteurs, l’accomplissement d’un rêve. Certains s’imaginent déjà, j’en suis sure, face aux pyramides ou sur le toit d’un bateau filant sur le Nil au coucher du soleil.

Il est vrai que l’Egypte fascine depuis des milliers d’années (les Grecs et les Romains pratiquaient déjà une forme de tourisme dans le pays), mais son instabilité politique lui a fait perdre de nombreuses places dans le rang des destinations mondiales à visiter. Ces dernières années ont été marquées par le soulèvement populaire, les changements incessants de gouvernement, une inflation galopante à laquelle les touristes n’échappent pas et le terrorisme toujours actif dans le pays.

Toutefois, elle reste une destination incontournable dans une vie si on s’intéresse à l’Histoire ! Il suffit de citer des noms de pharaons, rois et reines pour se remémorer tout ce qu’on a appris à travers les livres ; mais il faudra compter sur la visite d’un pays où la misère est omniprésente et où indéniablement la sollicitation des touristes (et de leur argent) est continuelle.

Jour 1 : Arrivée au Caire

Notre vol arrive en début de soirée, depuis Amman, en Jordanie sur la compagnie Egyptair, une très bonne compagnie aérienne, malgré un retard considérable de 45 minutes.

Pour alléger notre voyage, nous avons fait appel à une agence locale pour nous aider dans nos déplacements et utiliser les services d’un guide au vu de la quantité d’informations à accumuler dans les prochains jours. C’est ainsi qu’à l’arrivée, un représentant de l’agence nous attend dans le hall d’accueil pour accomplir les formalités, et tant mieux, car rien n’est expliqué.

Bon à savoir donc, le visa en Egypte étant payant et réglable sur place, il faut commencer par se rendre au bureau de change et acheter ce fameux visa en cash (dollars ou euros acceptés, le coût en € à ce jour est de 22,5€) pour ensuite aller le présenter à la douane. Les formalités sont assez longues. Une fois sortis, nous retirons de l’argent et attendons le chauffeur qui nous emmènera à notre hôtel.

Le Caire est une ville gigantesque, qui s’est énormément étendue ces dernières années et qui connait un trafic immonde. Il nous faudra quasiment 1h30 pour arriver à Gizeh (banlieue du Caire où se trouve les pyramides) et la circulation est assez désagréable. Nous arrivons à l’hôtel autour de 22h et allons rapidement nous coucher. L’hôtel n’est pas le plus fantastique, il est assez vieillot mais fera l’affaire pour une nuit.

Jour 2 : Le Plateau de Gizeh

Après un rapide petit-déjeuner, nous attendons notre guide devant l’hôtel. Nous aurons l’avantage d’avoir une guide francophone ce qui simplifie largement la compréhension de l’histoire Egyptienne.

Nous nous rendons donc sur le plateau de Gizeh. C’est ici que se trouvent les 3 pyramides, celles de Kheops, Kephren et Mykerinos, pharaons de la 4ème dynastie, mais en réalité, il y a 9 pyramides (qui sont celles des femmes ou enfants des 3 pharaons cités précédemment). Ils régnèrent sur l’Ancien Empire entre 2550 et 2450 avant JC.

Il faudra compter 200 LE pour l’entrée sur le plateau (soit environ 11 €).

Les pyramides figurent à juste titre parmi l’un des sites les plus visités au monde. Tout comme Petra en Jordanie, elles font également partie des 7 merveilles du monde antique, encore en état. Elles sont magiques, que l’on soit à leurs pieds, ou que l’on s’éloigne pour admirer le panorama.

Lieu de repos des pharaons après leurs morts, c’est ici qu’ils étaient momifiés avec leurs biens les plus précieux pour les accompagner pour ce voyage dans l’au-delà. La civilisation égyptienne a toujours considéré la mort plus importante que la vie. Par ailleurs, il faut savoir que le Nil sépare l’Egypte Ancienne en 2 : d’un côté la rive des vivants et de l’autre la rive des morts. Ainsi tous les sites comme les pyramides de Gizeh, ou la vallée des rois et des reines vers Louxor ont été construits sur la rive ouest, là où le soleil se couche (et donc là où l’on rejoint la mort)

Kheops est la plus grande des pyramides, appelée le plus souvent « Grande Pyramide de Gizeh ». Elle mesure 137m de haut sur une base de 230m. Petit fait qui a toute son importance, si on s’approche de très près, on remarquera que chaque pierre à la base mesure plus d’1,5m sur 1,5m… Pour ceux qu’ils le souhaitent, l’intérieur de la pyramide de Kheops se visite mais c’est inutile car elle est vide. Par contre, le prix de ce supplément n’a rien de vide… il faudra débourser 23 € par personne en plus. C’est entre autres pour cela que les pyramides de Gizeh restent un grand mystère. Elles ont été plus que pillées et aucun corps ou vestige funéraire n’a jamais été retrouvé ici.

Khephren (fils de Kheops) est la 2ème plus grande pyramide et c’est la seule qui conserve encore son revêtement sur le sommet.

Enfin Mykérinos (fils de Khephren), elle, mesure 66m de haut mais est tout aussi impressionnante.

Pour les admirer un peu plus, il est possible de s’éloigner et d’en observer le panorama, on voit alors les 3 pyramides principales en face de soi. Pour ceux qui le souhaitent, des promenades en dromadaire sont proposées pour un plus lointain panorama, là où l’on pourra voir les 9 pyramides en parfait alignement.

Nous nous rapprochons ensuite du grandissime Sphinx, de l’autre côté du plateau. Tête humaine sur un corps de lion, il mesure 73 m de long pour 20m de hauteur depuis le bout de ses pattes jusqu’à sa queue. Son nez mesure lui 1,70m. La tête (sauf le nez qui n’a jamais été retrouvé) est en meilleur état que le corps car celle-ci a été sculptée dans un seul bloc de calcaire, mais aussi parce que le corps a souvent été enseveli sous le sable qui a provoqué l’érosion de la pierre.

Il s’agirait de la représentation de Kheops, construit par son 2ème fils Djéféré aux alentours de l’an 2500 av JC, et aurait une fonction religieuse en tant que gardien du site du plateau de Gizeh. Il était autrefois paré de mille couleurs qui ont malheureusement disparu avec le temps.

La barbe du sphinx se trouve au British Museum ; quant au nez, il n’a pas été détruit par Obélix, mais par des mamelouks. Les pattes, elles, auraient été rajoutées par la suite par Thoutmosis IV.

Après la visite du plateau de Gizeh et un rapide tour dans un musée du papyrus (tu n’y échapperas pas si tu ne voyages pas en solo), nous nous rendons à Saqqarah, à environ 20km de Gizeh plus au sud, entouré d’un oasis de verdure. Le ticket d’entrée de Saqqarah est de 180LE.

Saqqarah fut la plus importante nécropole de la région de Memphis (la première capitale de l’Egypte) jusqu’à l’ère chrétienne. C’est ici que l’on considère la naissance de la 1ère pyramide, la pyramide de Djoser, construite par le célèbre Imhotep, lui-même 1er architecte de l’histoire. L’idée était de construire un mastaba et d’en superposer d’autres de taille décroissante, afin de rapprocher le souverain du ciel pour faciliter l’ascension.

Sur un site de plus de 9 hectares, la pyramide elle mesure 60m de haut sur 140m de long. Le site contient environ une quinzaine de monuments datant de différentes époques car tous les pharaons voulaient se faire enterrer ici. Saqqarah fut découverte par l’égyptologue français Jean-Philippe Lauer (ancien conservateur du musée du Caire) qui consacra sa vie au site (de son arrivée en 1926 à son décès en 2001).

C’est aussi l’occasion de découvrir un tombeau encore intact, celui de Ptahhotep II, vizir sous le règne du roi Isesi. Le tombeau étant peu visité, il est incroyablement bien conservé et même les couleurs sur les murs sont fortement visibles.

Sur le trajet du retour, nous nous arrêtons au Sakkarah restaurant, qui est une bonne cafétaria à touristes surtout quand le menu est à 200LE (soit 12€ par personne) avec grillades, riz, galettes et moutabal.

Au retour à l’hôtel, nous décidons de nous balader par nous-même, mais quelle aventure. Tout d’abord, les piétons ne sont pas bienvenus au Caire : pas de trottoirs, pas de passage piétons, c’est un peu « advienne que pourra ». Deuxièmement, les distances sont immenses et nous qui voulions aller marcher jusqu’aux pyramides (parce que nous séjournons à Gizeh), on se rend compte qu’on ne peut pas à pied traverser la 4-voies qui nous en sépare… La déception nous ramène à l’hôtel et nous profitons de la piscine avant d’être amené à la gare.

Notre aventure va continuer à Louxor et pour cela, on va prendre le train. Plusieurs solutions s’offrent à nous : l’avion bien entendu, plus rapide, mais c’est sans compter sur le long trajet pour se rendre à l’aéroport : le train pour touristes de nuit et en couchettes (quand même 80$ le trajet pour un trajet de 10h) ; et notre train, assis, mais prix divisé par 10.

Nous redoutions le trajet et étions prêts à choisir une des autres options pour le retour, mais au final le trajet s’est plutôt bien passé. C’est évidemment un train de nuit, mais pas moins confortable qu’un avion. Le train fait tous les arrêts possibles et inimaginables, d’où les 10 heures de trajet…

C’est là que nous sommes contents aussi d’être passés par une agence. En effet, nous rendre à la gare, puis trouver le bon train et le bon quai relevait du parcours du combattant. Même réserver le ticket aurait été une galère (car réservable le jour J sur place uniquement…). Bref, la ponctualité n’étant pas qu’un problème français, le train arrivera vers 21h30 (alors que nous sommes à la gare depuis 19h).

Jour 3 : Découverte de Louxor

Nous arrivons en gare de Louxor vers 9h (1h30 en retard) et notre guide, Ali, qui nous accompagnera tout au long du séjour dans la Haute-Egypte, nous attend sur le quai.

Du coup, nous commençons les visites dans la foulée. Notre guide nous emmène sur le site de Karnak, l’un des temples les plus grandioses d’Egypte.

Situé au nord de la ville de Louxor, ce temple a été dressé en l’honneur de Khonsou, ancien dieu guerrier, Amon, le dieu de Thèbes (ancienne Louxor, capitale d’Egypte après la chute de Memphis) et Mout, la femme d’Amon, aux alentours de 1580 av JC. Chacun a sa propre enceinte mais seul celle d’Amon se visite. Il est ce qu’on appelle la demeure terrestre du dieu Amon. C’est un site complexe (car composé de plusieurs temples) où une trentaine de souverains rajoutèrent leur pierre à l’édifice au fil des années pour son élévation et son embellissement (dont la reine Hatchepsout ou encore les pharaons Ramsès 2 et 3). Cette « construction au fil du temps » durera 2000 ans. Son axe est perpendiculaire au fleuve et relie le Saint des Saints au Nil.

On rentre sur le site via une allée de 40 sphinx à tête de béliers, qui ont la forme d’Amon. Entre leurs pattes, se trouvent une figure de Ramsès 2, sous la forme d’Osiris Cette allée allait auparavant jusqu’au temple de Louxor et est en pleine reconstitution.

Ensuite, on traverse le 1er pylône. Cet immense bâtiment est le plus grand d’Egypte et l’entrée principale du temple, mais n’a jamais été terminé.

Juste derrière, se trouve la grande cour. On y trouve d’ailleurs la statue de Ramsès II, portant la coiffe de némès, juste avant l’entrée dans le 2ème pylône.

La salle la plus impressionnante est certainement la salle des colonnes ou salle hypostyle. Avec 134 colonnes debout, à ciel ouvert et sur 5000m2, elle évoque une forêt de papyrus géants en pierre ; les 12 plus grandes colonnes mesurent 21m de haut. Construite par Sethi 1er, à l’origine, la salle était couverte par un plafond. Beaucoup de scènes rapportent les exploits guerriers de Sethi et son successeur Ramsès II.

En avançant, on tombe sur le lac Sacré, le plus grand du genre, imaginé par Thoutmosis III. Il était utilisé par les prêtres pour les rituels. On trouve juste à côté le Scarabée, symbole de chance, autour duquel il faut tourner pour que cela fonctionne.

Après cette visite haute en couleurs, nous allons cette fois-ci vers le temple de Louxor, sur les rives du Nil ; beaucoup moins visité que Karnak, et beaucoup plus petit également (environ 260m sur 50m), il est toutefois très intéressant ! Et c’est agréable de le visiter avec si peu de monde.

Le temple de Louxor est lui aussi dédié au Dieu Amon et a été construit par Aménophis III et Ramsès II entre 1400 et 1000 avant JC. Même Alexandre Le Grand a apporté ses propres aménagements ! Le premier a construit la partie intérieure et le second l’enceinte extérieure, en ajoutant la façade, les colosses et les obélisques.

Officiellement, le temple de Louxor était le temple où l’on célébrait la nouvelle année, une sorte de dépendance de celui de Karnak, l’endroit où le Dieu Amon célébrait son mariage avec la déesse Mout. Il est donc le symbole de la fécondité.

A l’entrée du temple, on découvre le premier pylône, ajoutée par Ramsès 2, d’ailleurs 2 de ces statues sont assises devant. Si l’on s’intéresse de plus près à l’histoire, on notera que l’un des 2 obélisques à l’entrée est manquant. En effet, Mohamed Ali (ancien vice-roi d’Egypte) a offert à la France l’un des 2 obélisques se trouvant sur la place de la Concorde. Il se trouve que le 2ème avait été également offert, mais la France a renoncé à recevoir ce 2ème cadeau.

Au-delà du grand pylône, on traverse deux grandes cours à péristyle et la colonnade monumentale qui relie ces deux cours. Cette colonnade composée de 14 colonnes gigantesques mène dans la cour solaire d’Aménophis III et permet d’accéder à la salle hypostyle et au sanctuaire proprement dit.

Il est temps de découvrir notre bateau de croisière pour les 4 prochains jours. Nous serons sur le M/S Champollion. Le bateau a récemment été rénové, les chambres sont petites mais très agréables. Les parties communes sont bien entretenues et le pont avec sa piscine est excellent pour cette après-midi justement où nous profiterons de baignade et soleil. Sur le bateau, les repas sont entièrement compris (hors boissons) et sont toujours très variés, un vrai plus dans ce pays.

Nous ressortons en fin d’après-midi, quand la chaleur baisse enfin (il fait 35°C!) pour visiter la ville de Louxor. Nous repassons par le temple vu ce matin, mais également le souk. Celui-ci est divisé en 2 : un souk assez aseptisé, rénové il y a peu, avec pergolas et allées larges et un second souk local pour l’achat de nourriture principalement.

Pour ceux qui voudraient un peu de luxe, il faut se rendre au Winter Palace, un magnifique palais du 19ème siècle transformé en hôtel, idéal pour boire un thé.

Jour 4 : Vallée des Rois et des Reines

En Egypte, il faut se lever tôt ! Tout d’abord parce que le soleil se lève tôt (autour de 5h en octobre). Mais aussi parce que la chaleur est prenante dès 9h du matin. La plupart des excursions commencent autour de 7h.

Depuis notre cabine, nous avons vu les montgolfières s’élever dans les airs aux alentours de 4/5h du matin. La visite de la vallée des rois et des reines par le ciel est assez populaire et permet de se rendre compte de l’étendue des sites de l’autre côté du Nil. La chaleur rend l’atmosphère brumeuse le matin, difficile de dire si la visibilité est bonne.

Nous nous y rendrons en voiture ! Il y a peu de ponts qui traversent le Nil, nous sommes obligés de faire un long détour. La vallée des Rois se cache derrière les montagnes thébaines.

D’extérieur, cela ne ressemble rien, une simple montagne qui semble creusée comme une carrière. Toutefois, ce sont bien des tombes, enfouies comme des grottes, qu’il faut voir. Le ticket permet d’en visiter 3, au choix selon ce qui est ouvert (240 livres l’entrée) ! Libre à celui qui souhaite en visiter plus et donc à rajouter des suppléments !

Les pharaons à l’époque de la Nouvelle Egypte (ou Nouvel Empire entre 1539 et 1075 avant JC) pensaient qu’en construisant leur sanctuaire sous terre et à l’abri de tous, ils éviteraient le pillage de leurs tombes. C’est donc une soixantaine de tombes que l’on peut trouver ici, dont le tout premier Thoutmosis I et le dernier Ramsès IX. Le site fut choisi car la plus haute des montagnes a la forme d’une pyramide.

Malheureusement, aucune tombe de la vallée de rois n’a été retrouvée intacte, sauf celle de Toutankhamon, découverte par Howard Carter, célèbre archéologue anglais en 1922. Du coup, le trésor fut tel que l’on estime normal de facturer l’entrée de sa tombe 2 fois plus chère que les autres. Erreur si tu fais cela, tout le trésor de Toutankhamon a été déplacé au musée du Caire, c’est donc une tombe vide que tu découvriras…

Il faut noter que certaines tombes ont été creusées jusqu’à 200m de profondeur mais avec une architecture simple, un simple couloir en pente descendante qui s’élargit pour attendre la sépulture, d’autres abritent une ou deux antichambres supplémentaires.

Nous visitons donc les tombes de Ramsès IX, Merenptah et Ramsès III. Evidemment, il y aura toujours une liste des tombes les plus belles à visiter, mais il faudra jongler avec les contraintes des fermetures pour rénovation et des fouilles en cours. Attention également, par protection des peintures à l’intérieur, il fait une chaleur effroyable à l’intérieur.

Ramsès IX est l’avant dernier roi de la 20è dynastie, sa tombe est très connue pour ses décorations faisant référence aux livres rituels (livre de la terre, etc) et son plafond astrologique, en référence à Nout, la déesse du ciel. Sa momie a été retrouvée à Deir Al Bahari en 1881.

La tombe de Merenptah (fils de Ramsès II) est la 2ème plus grande de la vallée des rois, elle est également connue pour ses peintures en excellent état de conservation. On y trouve aussi le sarcophage du pharaon au milieu de la chambre funéraire.

Enfin, celle de Ramsès III est la plus grande que l’on peut trouver. Son entrée est d’ailleurs très visible comparée à d’autres, avec pour objectif de montrer sa richesse. Toutefois au vu de sa situation en pied de colline, elle est très souvent soumise aux crues.

Passage obligé si vous êtes accompagné d’un guide, vous serez amené dans le quartier des artisans pour admirer les poteries en albâtre et autres objets de décorations (attention, pour la plupart importés…).

L’un des temples les plus importants dans la vallée des Reines cette fois est celui d’Hatshepsout. Creusé au pied des falaises des montagnes thébaines, on découvre une merveille commandée par la reine elle-même, l’une des seules reines d’Egypte, qui a volé le siège de son beau-fils Thoutmosis III qu’elle jugeait trop jeune pour régner. Thoutmosis III ayant pris sa succession, il détruisit tout ce qui concernant sa belle-mère. Ainsi, il existe peu de traces d’Hatshepsout. C’est sa succession de terrasses et sa vue sur la vallée qui a fait de lui la renommée du site.

Le temple se compose de 3 terrasses. Rien ne subsiste sur la 1ère. Sur la 2ème terrasse, on peut voir une petite chapelle dédiée à Hathor, la déesse vache, mais aussi des salles dédiées à l’histoire des parents d’Hatshepsout.

Enfin, la 3ème terrasse et son défilé de colonnes cache derrière une cour intérieure et la salle funéraire dédié à son père.

Nous faisons un passage par les Colosses de Memnon, seul vestige pouvant se voir gratuitement ! Ce sont 2 statues d’Aménophis III, situés à l’entrée de son temple, dont il ne reste pas de traces. Chaque statue mesure 14m de haut sur un pied de 4m. La légende raconte qu’un son mystérieux était émis de l’un des deux colosses à chaque lever de soleil. Scientifiquement parlant, cela serait dû à l’air qui passait à travers les pores de la pierre dès que le soleil arrivait…

Nous retournons ensuite sur le bateau en début d’après-midi pour entamer notre navigation direction le sud. L’après-midi est relax en bord de piscine.

Nous traversons l’écluse d’Esna autour de 19h. Heureusement qu’il y a peu de bateaux sur le Nil en ce moment, il faut parfois jusqu’à 12h pour la passer quand il y a embouteillage.

Jour 5 : Navigation vers Edfou et Kom Ombo

Lever comme tous les matins aux aurores pour profiter du peu de fraicheur, notre bateau a déjà accosté et descendons autour de 6h30.

Le temple d’Edfou est situé à environ 5 km de la rive, nous devons donc y aller en calèche avec notre guide. Ancienne capitale, Edfou doit sa renommée en son temple dédié au dieu Faucon Horus. Il est le second plus grand temple d’Egypte après Karnak mais également l’un des mieux conservés, d’où sa réputation de joyau architectural.

Le temple remonte à 237 avant JC et ne fut terminé qu’en 57. Ce sont les Grecs qui entamèrent sa construction, fascinés par la civilisation égyptienne (l’Egypte était sous occupation grecque à ce moment)

Sa construction est limpide : un pylône, une cour, 2 salles hypostyles et des chapelles. Ici, tout est encore debout. Il fut découvert par Mariette en 1859 alors qu’il était recouvert d’habitations.

Le temple est aussi très richement décoré, beaucoup de reliefs sont consacrés aux dieux mais à toute l’histoire du Dieu Horus. D’ailleurs sa statue en granit gris git à l’entrée de la première salle.

Horus est le fils posthume d’Osiris et d’Isis. Seth tua son frère Osiris et le découpa en de nombreux morceaux de façon à disséminer son corps dans toute l’Egypte. C’est Isis qui rassembla tous les morceaux du corps. Son mari devint alors le dieu des morts et leur fils Horus naquit. Horus fit le choix de venger son père, qui finit par gagner et devint le premier des pharaons. Les rois d’Égypte sont considérés comme les incarnations du dieu Horus qui est leur protecteur. Le temple racontant la mort de Seth par Horus, il est considéré comme le temple de la vengeance.

De retour sur le bateau, nous reprenons la navigation direction le sud. Kom Ombo n’est pas très loin mais à la vitesse d’un bateau de croisière, nous arrivons autour de 17h, à la nuit tombée. A cette arrivée si proche d’Assouan, nous constatons la pollution créée par tous ces bateaux de croisières au vu du nuage noir au-dessus de nos têtes…

Cote pratique, le temple de Kom Ombo sur la rive des vivants est à 2 minutes à pied du quai ! Le temple est bien isolé du village, ce qui lui confère une très belle atmosphère particulière.

Kom Ombo est aussi un temple de la période gréco-romaine, il est dédié à deux divinités Horus et Sobek. Sobek est le dieu crocodile, dieu de la fertilité. Provoquant trop souvent la peur (le Nil était à l’époque infesté de crocodiles), il a été associé au bien aimé Horus. C’est donc un temple totalement symétrique sur le plan architectural (2 allées parallèles et non pas qu’une seule centrale, 2 sanctuaires, 2 antichambres). Si l’on constate qu’il manque quelques pierres à l’édifice, c’est parce que malheureusement le temple a servi de carrière dans le passé.

Parmi les particularités du temple, on va pouvoir trouver un nilomètre, immense puit avec des escaliers qui permettait de prévoir la montée des eaux ; ou encore sur les murs entourant la salle hypostyle, des gravures d’instruments chirurgicaux, très réalistes et d’actualité même !

En contre bas, se visite le musée du Crocodile, avec des trouvailles de l’animal momifié. Le musée relate la vénération et la peur de l’animal

Jour 6 : Arrivée sur Assouan

Notre bateau étant arrivé à Assouan, dans la nuit, nous sommes tout frais pour visiter les alentours.

La plupart des autres voyageurs sont partis pour la visite d’Abou Simbel. Nous ne l’avons pas faite cette fois-ci, mais je suis personnellement déjà allé à Abou Simbel lors de mon premier voyage et je recommande d’y faire un tour.

Abou Simbel se situe toutefois à 290 km d’Assouan et les excursions proposées sont souvent un aller-retour express (départ 4h du matin pour un retour à 13H avec 2 à 3h sur place, dur dur !).

C’est toutefois l’un des sites les plus impressionnants d’Egypte à quelques kilomètres du Soudan. Le site a connu un véritable renouveau grâce au sauvetage fait par l’Unesco. En effet, tout comme le temple de Philae, à la création du barrage d’Assouan, ce temple était voué à être noyé. L’Unesco a donc décidé de le démonter pierre par pierre pour le surélever de 60m ; ce sont au total 1000 blocs de 15 tonnes qui ont été déplacés !

Le temple d’Abou Simbel est le temple de Ramsès 2, s’étant lui-même déifié ! Les 4 colosses à l’entrée le démontrent bien. Sur la paroi, il est possible de découvrir la plupart des batailles menées par Ramsès 2. Abou Simbel se compose également d’un second temple, le temple d’Hathor, dédiée à la favorite de Ramsès 2, Néfertari.

Temple de Nefertari

Pour notre part, nous visitons donc les alentours d’Assouan. Nous partons à la découverte du Haut Barrage. D’ailleurs, on traverse (sans arrêter puisque c’est interdit) l’ancien barrage qui fut à une époque le plus grand du monde. Mais l’explosion démographique en Egypte (+ 100 millions de personnes en 100 ans !!) a poussé le gouvernement a trouvé une autre source d’énergie et donc à construire le fameux Haut Barrage, non sans conséquences.

C’est Nasser, l’instigateur de ce chef d’œuvre technique qui tenta tout d’abord de négocier avec les Américains pour le financement. Mais lorsqu’ils refusèrent, alors Nasser nationalisa le Canal de Suez ! C’est donc avec les Soviétiques que Nasser s’entendit, d’où un monument à la gloire de l’Urss, trônant à l’entrée du barrage !

111m de hauteur, presque 4km de long, il atteint 980m de large dans sa partie basse. Le Lac Nasser que le barrage a créé est aujourd’hui, le 2eme plus grand lac artificiel au monde.

Même s’il permet aujourd’hui d’alimenter suffisamment en électricité le pays, il a malheureusement causé de nombreux dégâts : disparations de nombreux temples engloutis dans les eaux, même si l’Unesco a sauvé les plus importants ; déportation de la population nubienne qui vivait sur ces terres ; baisse du niveau du Nil ce qui a provoqué l’envahissement de la mer Méditerranée dans le delta et donc des problèmes d’agriculture avec le sel…Pour la simple vue sur le barrage, il faudra débourser 100LE. Business is Business !

Nous filons au temple de Philae, l’un des temples qui fut sauvé par l’Unesco également. Nous arrivons sur un quai et de là il faut prendre un petit bateau à moteur qui nous déposera sur l’ile du temple !

Il faut dire que le temple de Philae avait déjà été en partie noyé par le premier barrage jusqu’à une bonne hauteur, les touristes de l’époque le visitaient en bateau. A la construction du haut barrage, il fut décidé de son déplacement sur une autre ile et cela prit 8 ans au total !!

Le temple de Philae fut construit au 3ème siècle avant JC, en l’honneur d’Isis, la déesse universelle de l’amour. C’est ici qu’elle aurait récupéré les restes de son mari Osiris pour les reformer. Après l’embarcadère, on découvre une grande esplanade avec des portiques. Derrière se trouve le fameux temple d’Isis. Ses représentations en gravure sur les murs sont nombreuses.

On remarque d’autres passages sur l’île par les romains, les coptes ou encore les troupes de Napoléon qui ont laissé quelques « graffitis » sur les murs ! Sur la droite du temple, on trouvera le kiosque de Trajan, qui au bord de l’eau, se marie bien avec le décor.

Au retour, nous profitons du déjeuner et du bateau avant de ne ressortir qu’un peu plus tard. Nous visitons le souk d’Assouan. Comme à Louxor, il a connu un petit lifting. Sur toute une longue artère, et dans quelques rues perpendiculaires, il faut privilégier la fin de journée, c’est le seul moment où le marché sera vivant !

Pendant la petite visite d’Assouan, certains iront au Musée de la Nubie, qui relate plutôt bien la vie de la région et de ses habitants. D’autres iront profiter d’un verre ou d’un thé au Old Cataract Hotel, superbe palace de la ville, réputée pour sa magnifique terrasse sur le Nil au coucher du soleil et pour avoir été l’un des lieux de tournage de « Mort Sur le Nil » d’Agatha Christie.

Jour 7 : Assouan

Pour notre dernier jour à Assouan, avant de reprendre le train en fin de journée, nous décidons de visiter par nous-mêmes les îles qui se trouvent sur le Nil, entre les deux rives.

Pour se rendre sur l’île Eléphantine, il faut déjà trouver l’embarcadère, pas vraiment indiqué. La plupart des Egyptiens trainant sur les quais proposeront des traversées privées ou des balades en felouque. Il faut compter 5LE pour la traversée en bac, ou 80LE la felouque…

Sur l’île, encore 3000 nubiens vivent dans les maisonnettes très colorées. Très différentes de ce qu’on peut trouver normalement en Egypte, ces maisons rappellent plutôt l’habitat africain, les gens venant plutôt de l’extrême sud de l’Egypte voire du Soudan ! Sur l’île, il y a 2 petits villages et entre, la nature exubérante. Il existe également une zone archéologique au sud avec les ruines du temple de Satet ou encore celles du temple de Khnoum.

Les vues sur les autres îles sont très belles, il faudra à nouveau traverser pour se rendre sur l’île aux fleurs, l’ile de Saluga ou l’ile de Sehel.

De retour à Assouan, nous allons déjeuner à Pizza Bitti, proche de la gare puis nous profitons de la piscine pour notre tout dernier moment sur le bateau. Notre train nous ramenant au Caire est à 18h, et nous sommes donc partis pour 13h de train…

Jour 8 : Visite de la capitale

A l’arrivée à la gare du Caire, personne ne nous attend malheureusement, encore une incompréhension entre l’agence et nous (qui était certain que notre train arrivait plus tôt, mais en Egypte, les trains n’ont pas vraiment d’heures d’arrivée !).

Après 1h de perdue, nous nous rendons à notre hôtel déposer les bagages (pas de nom d’hôtel cité, il était trop horrible…). Puis nous commençons la visite du Caire. C’est tout d’abord au Musée Egyptien du Caire que nous allons, situé sur la place Midan El Tahrir (ou plus communément appelé place de la libération car elle est le symbole de la révolution de 2011).

Petite déception pour le musée qui en ce moment est en train de se vider. En effet, le gouvernement a prévu l’ouverture d’un musée international à Gizeh, le Grand Musée Egyptien, dans lequel la plupart des pièces importantes de l’Egypte Ancienne seront rapatriés. Nous le visitons donc au moment où les transferts de pièces ont commencé (toutefois à la lecture de leur site internet, on note aujourd’hui une ouverture à Novembre 2022…).

Le musée du Caire (un peu vieillot du coup car ouvert depuis 1902 sans jamais avoir été rénové) regroupe plusieurs sections sur 2 étages.

Au rez de chaussée, on peut découvrir entre autres :

-La copie de la pierre de Rosette (la vraie se trouvant au British Museum)

-Des statues du dieu Amon et Mout, partiellement reconstituées

-La salle consacrée à Akhenaton, celui qu’on appelle le pharaon dissident. On retrouve d’ailleurs bien les différences de cultes. En effet, Akhenaton, durant son règne, abandonna le culte d’Amon pour celui d’Aton, le dieu soleil (les différences se voient sur les statues à visages plus allongés, ventres arrondis). On y trouve également un magnifique buste de Néfertiti, son épouse

-La statue de Ramses II, appelé l’usurpateur

-Le sol du palais d’Akhenaton de Tell Al Amarna, décoré de motifs végétaux et de canards

Au 1er étage, on trouvera plutôt les momies royales dont celle de Hatshepsout, mais bien entendu également toutes les trouvailles de la tombe de Toutankhamon.

En effet, l’archéologue Howard Carter a découvert en 1922 cette tombe avec un trésor inestimable à l’intérieur, totalement intact. C’est 3850 objets qui ont été recensés dont les statues en bois qui siégeaient à l’entrée de la tombe, son trône, des objets personnels comme ses sandales, des sarcophages, des chars, et bien sur son masque funéraire posé sur sa momie.

Toutankhamon est une manne financière pour l’Egypte… Entre la visite du musée (normalement, la salle Toutankhamon est en supplément mais avec le changement de musée, et les pièces manquantes, le supplément a été supprimé), sa tombe dans la vallée des rois (la plus chère !) ou encore les prêts de pièces dans le monde entier pour diverses expositions, cela représente plusieurs millions par an pour l’Egypte.

Sur l’étage on trouve également le plus long papyrus ou encore de nombreux vestiges de la salle funéraire de Thuya et Syha (beaux-parents de Sethi 1er).

Pour la pause déjeuner, nous nous rapprochons du Vieux Caire et déjeunerons à El Khan, restaurant de grillades.

Le quartier du Vieux Caire, le plus ancien de la ville, était anciennement entouré de murailles. Il n’en subsiste que quelques restes. C’est un quartier piéton, extrêmement surveillé par la police, au vu des nombreux attentats perpétrés ces dernières décennies. Le quartier est réputé pour avoir accueilli la Sainte Famille lors de leur exode en Egypte et fuit le roi Mérode 1er.

On peut visiter tout d’abord l’église El Moallaqah, la fameuse église suspendue datant du 4ème siècle (car elle a été bâtie sur les fondations romaines, en hauteur). C’est une très belle église par laquelle on entre tout d’abord dans une cour ouverte. Le dôme de l’église représente une coque de bateau retourné qui est l’arche de Noé (c’est la seule église copte sans réel dôme). L’intérieur est plutôt décoré avec de nombreuses icones.

Non loin de là, on peut aussi voir la synagogue Ben Ezra (fermée au moment de notre visite), et le musée national de l’ancienne civilisation égyptienne, qui accueillera très prochainement l’ensemble des momies royales du Musée du Caire. Enfin, pour ceux qui s’intéressent à l’histoire chrétienne, le musée copte est une vraie mine d’informations.

Nous reprenons la voiture pour aller visiter cette fois la Citadelle. On traverse pour s’y rendre ce qu’on appelle « la Cité des morts». En effet, des deux cotés de la route, vit une population très pauvre et grandissante qui a installé des campements de fortunes sur d’anciennes nécropoles, une vingtaine, datant de 640 et parfois distantes de plusieurs kilomètres.

La citadelle a été bâtie par Salah Ed Din pour se protéger des croisés en 1176. Par la suite, elle est devenue la résidence officielle des souverains. C’est la mosquée Mohamed Ali la plus visible sur la citadelle. C’est d’ailleurs ici aussi une copie de la basilique Sainte Sophie d’Istanbul. Elle est entièrement couverte de dalles d’albâtre et abrite la tombe de Mohamed Ali.

Sur la citadelle se trouvent également le Palais Gawhara et la mosquée Al Nasir.

La vue depuis l’esplanade est splendide, on peut voir tout le Caire jusqu’aux pyramides de Gizeh, mais également la mosquée Hassan II et la mosquée Er Rifai.

Après un peu de repos (journée chargée et nuit dans le train), nous allons dîner chez Zooba dans le quartier de Zamalek (le plus proche quartier animé).

Zamalek de nuit

Je le précise une nouvelle fois ici, il faut savoir que le Caire n’est pas fait pour les piétons ; pour nous rendre au restaurant, nous avons dû traverser une quadruple voie, prendre un pont non piéton, traverser des tunnels qui ne menaient jamais à la bonne sortie etc… C’est honnêtement une ville dangereuse à ce niveau, débordée de voitures dans tous les sens qui ne respectent pas le piéton, pas recommandable du tout.

Jour 9 : Zamalek

Ce dernier jour sans visite particulière nous permet le matin de visiter le quartier de Zamalek qui est le quartier huppé, souvent habité par des expatriés ou des ambassades et situé sur l’île de Gezira. Le cadre permet une ambiance moins grouillante, certainement moins typique également. Nous déjeuner à nouveau Chez Zooba que nous avons beaucoup aimé la veille.

Nous passerons l’après midi au Barcelo Hotel, un hôtel de qualité avec piscine sur le toit (si seulement nous avions pu séjourner…) et ferons notre ultime dîner au Café safari 2000, en face de l’hôtel.

Et c’est ici que se termine ce voyage en Egypte, le second pour moi. Ce sont de magnifiques souvenirs des temples, des pyramides, du Nil, de toute cette beauté que seule l’Egypte possède. Malgré cela, les cotés négatifs entachent une partie de ce voyage… C’est donc en toute connaissance de cause que je t’invite à te rendre dans ce pays qui reste unique au monde.

Les plus du voyage

  • une architecture unique au monde
  • une conservation des monuments exceptionnelle

Les moins

  • Le prix de tous les billets du à l’inflation galopante, au prix d’un ticket d’un musée en France)
  • Les égyptiens, collants, fatigants, être un touriste en Egypte n’est pas de tout repos

Jordanie

Séjour de 8 jours dans le royaume hachémite

Le Royaume Hachémite de Jordanie est un havre de paix au milieu d’une zone sinistrée. Entouré de voisins tels que la Syrie, l’Irak ou Israël, le pays fait partie des meilleurs « success stories » du Proche-Orient. Son histoire, vieille de plusieurs milliers d’années, et ses paysages exceptionnels font de ce pays une destination incontournable.

Comment ne pas arpenter la magnifique Petra, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, racontant l’histoire du peuple Nabatéen, ou encore ne pas découvrir le Wadi Rum, désert de tradition bédouine, où l’on s’arrête le temps de profiter de la vie ; sans oublier – et c’est rare – l’extrême gentillesse des jordaniens qui marque tous les voyageurs passant par ici. Voici le récit d’une semaine dans ce pays coup de cœur.

Jour 1 : Un pied dans le pays

La Jordanie a toujours été un pays cher en termes de transport avec des billets d’avions avoisinant régulièrement les 600 /700 €uros (pour 5h d’avion). Crise du Covid oblige, la donne a un peu changé, et des billets plus abordables sont désormais disponibles (entre 300 et 400€). C’est donc sur Air Austrian (avec une courte escale à Vienne) que nous voyagerons. Pour ceux qui sont tentés, Ryanair dessert Amman tout l’hiver à des prix dérisoires (moins de 50€ l’aller), de quoi découvrir la Jordanie à tout petit prix.

En ce qui concerne les formalités, on rentre en Jordanie avec un passeport et un visa. Le visa coûte environ 40$, mais il est bien plus intéressant de se munir du Jordan Pass (par ici les infos). Le Jordan pass inclut le visa pour le pays, mais aussi l’entrée dans de nombreux sites tels que Petra, Jerash, le Wadi Rum et bien d’autres encore. Le prix du pass dépend du nombre de jours que tu souhaites passer à Petra (les tarifs varient entre 99 et 106 $) et honnêtement il est plus qu’intéressant.

Les formalités en 2021 sont un peu plus complexes : vaccination double, test pcr et assurance couvrant des éventuels frais d’hospitalisation en cas de covid (la nôtre : Globe Traveller). Et il faut prendre son temps, leurs vérifications sont assez longues.

Pour naviguer en Jordanie, rien de tel qu’une location de voiture. La conduite reste sportive et non recommandée la nuit (les gens roulent lentement, parfois sans phares), mais cela reste accessible pour de nombreuses personnes. De plus, de nombreux endroits ne seront pas desservis par les transports en commun. Le meilleur deal pour la location de voiture était chez Dollar, qui a un comptoir à l’arrivée, et des voitures très correctes.

Après toute une journée dans l’avion, nous arrivons quasiment de nuit. Pour une première étape, il est donc important de rester proche de l’aéroport. Certains font le choix d’Amman, la capitale. Nous décidons de séjourner à Madaba (qui est aussi un point de visite) plus au sud, et sur la route de notre étape du lendemain.

Madaba depuis le Tell Madaba Hotel

Nous séjournons au Tell Madaba Hotel, le meilleur hôtel que nous ayons fait en Jordanie : une chambre grande, confortable et silencieuse, un petit-déjeuner excellent et un accueil irréprochable qui commence dès l’arrivée avec un thé et des petits gâteaux. La propriétaire nous fera même jusqu’à notre pique-nique du lendemain sans nous faire payer.

Pour cette première soirée, nous suivons les recommandations de notre hôtel et nous rendons au restaurant Adonis avec bien sur des plats typiquement jordaniens (saucisses, houmous, labneh -fromage à tartiner – et la spécialité d’ici le sajiet, plat d’agneau et oignons) pour un total de 20JOD (23 €). La ville n’est pas très grande et très calme à cette heure tardive, nous en profitons pour repérer ce que nous visiterons le lendemain.

Jour 2 : La Route du Roi

Après une bonne nuit pour rattraper le sommeil et un petit-déjeuner composé de fruits, œufs, et quelques spécialités jordaniennes (baklava, feuilletés salés), nous visitons Madaba et ces quelques églises.

Madaba, situé à 850m d’altitude est une ville très chrétienne par rapport au reste du pays. Ancienne cité moabite, elle est citée de nombreuses fois dans la bible. Véritable musée à ciel ouvert, il se découvre encore beaucoup de choses de nos jours.     

Nous commençons par le sanctuaire Saint-Jean-Baptiste. Eglise depuis 1883, c’est entre autres pour ses souterrains que l’on s’y rend. Dans les sous-sols, on découvre des mosaïques, des tunnels pavés ou encore un puit de 13m de profondeur datant de 1000 av JC. Il s’agirait des ruines d’un ancien château byzantin. Ne manque pas la montée dans le clocher avec une superbe vue sur la ville (attention les dernières marches sont des échelles).

Madaba dispose également de 2 parcs archéologiques : ici on découvre des ensembles de mosaïques exceptionnels. Dans le premier, on peut voir les vestiges de l’église de la Vierge (abritée sous un bâtiment) ou encore celle de l’Acropole de Ma’in. On marche également la voie romaine traversant à l’époque la ville (le Cardo).

Plus loin, le 2ème site archéologique est appelé le Palais Brulé où l’on trouvera de belles mosaïques du 6ème siècle. Les archéologues ont trouvé des cendres sur le site laissant penser que les anciennes églises ont brulées puis ont été abandonnées d’où le nom laissé ; on retrouve les restes de la voie romaine et de l’église des martyrs.

L’église Saint Georges fait l’objet des curieux pour la région. C’est dans cette église grecque-orthodoxe qu’on retrouve la plus ancienne carte de la Palestine en mosaïque sur le sol. Elle fut redécouverte au 19ème siècle et mesurait à l’origine 16m x 6m. L’ensemble des sites tel que Bethléem, Jérusalem ou encore la Mer Morte (soit plus de 130 sites bibliques) sont représentés.

Notre road-trip nous fait quitter Madaba et nous entraine vers le Mont Nebo (entrée 3JD non incluse dans le Jordan Pass). C’est ici que Moïse serait mort après que Dieu lui a eu montré la Terre Promise depuis ce sommet (pas le plus haut de Jordanie par ailleurs) d’où la vue en effet sur la vallée, la Mer Morte et le Jourdain. C’est non loin de là qu’il aurait fait jaillir l’eau en frappant le sol de son bâton (la source est visible à quelques kilomètres).

Le site n’est pas exceptionnel, cela repose sur la légende biblique. On peut toutefois voir près de la terrasse panoramique une sculpture représentant le serpent d’Airain (le bâton de Moïse transformé en serpent par Dieu) ou encore la basilique du prophète, construite en l’honneur de Moïse.

On se dirige ensuite vers le site d’Umm Er Rasas, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. L’endroit est un peu isolé, il y a très peu de villages autour ou autres attractions à visiter, il faut donc être prêt à faire un peu de route pour s’y rendre.

Le site est en visite libre, inclus dans le Jordan Pass, cela permet de partir à la découverte des ruines d’un village entier, où subsiste principalement une dizaine d’églises. La plus belle d’entre elles est l’Eglise Saint-Etienne dont le sol en mosaïque est très bien conservé. Il représente les 10 villes les plus importantes de la région telles que Jérusalem, Amman ou Madaba.

Nous descendons vers le Sud par la fameuse Route du Roi. Celle-ci est plus longue mais plus intéressante car des stops sont possibles et les paysages bien plus jolis. Pour les pressés il est possible de prendre la route du Désert, qui ressemble plutôt à une autoroute.

Les paysages sont assez changeants et au détour d’un virage, nous tombons sur le Wadi Mujib. Wadi signifie vallée en arabe et c’est très souvent apparenté à un canyon où coule une rivière et dont les parois autour sont aussi hautes que des falaises. Après plusieurs arrêts pour la vue sur l’ensemble, nous descendons les 1000m de dénivelé en quelques minutes (de 900m d’altitude à -100m en dessous du niveau de la mer).

Notre arrêt suivant est Kerak, ville connue pour sa citadelle. A 1500m d’altitude, son château est visible de loin. Attention c’est un peu compliqué d’y accéder en voiture (les rues de la citadelle sont très serrées).

La citadelle a été construite par les Croisés et un certain Payen Le Bouteiller en 1142. Le site a ensuite été occupé par le redoutable Renaud de Chatillon qui terrorisait la région du haut de son sommet. Ce n’est qu’en 1187 qu’elle passera aux mains des Ayyoubides. Il faut absolument se promener dans les nombreux souterrains, tous accessibles.

Peu avant d’arriver à Petra, nous nous arrêtons pour le panorama sur la réserve de Dana. Cette réserve biosphérique est un paradis pour les randonneurs. Loin du tumulte des villes, la réserve héberge une biodiversité exceptionnelle où se côtoient 4 écosystèmes différents (ne l’oublions pas, la Jordanie se trouve à la croisée de 3 continents).

En réalité, pour ceux qui peuvent, il faudrait consacrer 2 jours à cette Route du Désert, pour passer du temps dans la réserve ainsi qu’à Shawbak, 2 points que nous n’avons pas eu le temps de réellement voir.

Notre arrivée à Petra se fera de nuit et nous nous rendons directement à notre hôtel, le Venus Hotel. Fruit du hasard, c’est probablement l’hôtel le plus proche de la porte d’entrée de la fameuse cité mystérieuse. L’hôtel et le personnel sont sympathiques, extrêmement conciliants (tarif 62 JOD les 2 nuits soit 77 €).

Après quelques courses pour le pique-nique de demain, nous dinerons chez « Reem Beladi », un repas fort copieux accompagné de mezze offertes par la maison (houmous, muttabal) puis suivis de keftas et mensaf, le plat national fait d’agneau cuit dans une sauce yaourt fermenté (18 JOD). Un délice !

Jour 3 : la mystique Petra

Petra est certainement l’un des plus beaux sites du Moyen-Orient, connu dans le monde entier pour être l’une des 7 nouvelles merveilles du monde. Citée fondée par les Edomites au 8ème siècle avant JC, puis longuement occupée par les Nabatéens, elle est une merveille tant naturelle qu’architecturale. Son apogée se situe autour de 50 après JC, quand le site se situait au milieu des routes commerciales. Mais l’abandon de ces routes et plusieurs séismes l’endorment et ce n’est qu’en 1812 qu’un explorateur suisse Burckhardt la redécouvre, même si les bédouins en ont toujours connu l’existence.

Petra a fait rêver et fait encore rêver. Nombreuses sont les représentations dans les livres ou les films (le plus célèbre étant Indiana Jones) et tout le monde a au moins vu Petra représentée quelque part.

Il est impératif de se rendre à Petra aux heures les moins chaudes. Force est de constater que c’est aussi à ces heures qu’il y a le moins de monde. C’est donc à 7h que nous entamons notre entrée sur le site. Si tu as bien compris, l’entrée est incluse dans le Jordan Pass. Il est recommandé de le faire en 2 jours car le site est immense, et tout visiter en une journée serait harassant.

La route pour entrer dans la cité est longue et ne se fait qu’à pied. On commence par traverser une petite vallée appelé Vallée de Djinn (ou Gaia) où l’on observe de nombreux tombeaux dans cette nécropole nabatéenne.

Puis l’entrée se fait à travers le Siq, ce long canyon de 1,2 km parfois pas plus grand qu’un couloir mais haut de plus de 100m. Le soleil se reflète sur le grès dès les premières lueurs et le jeu d’effets de soleil et de lumière est magnifique.

C’est au détour de l’un de ces virages que l’on tombera sur le Khazneh.

Le Khazneh ou communément appelé le Trésor a été taillé à même le grès dans les falaises. Il est le monument le plus connu de Petra. Cette imposante structure de 40m de haut et 28m de large aurait été le tombeau de l’un des rois. Mais rien n’a jamais été trouvé à l’intérieur. Les façades sont ornées dans un style très particulier, unique aux Nabatéens, mais reprenant des codes des égyptiens, romains ou des mésopotamiens.

La meilleure heure pour arriver au trésor est avant 9h car c’est bien là qu’on prendra les plus belles photos sans personne. Mais c’est entre 10h et 11h qu’il est éclairé par le soleil.

Mais fort heureusement la visite de Petra ne se limite pas au Khazneh. Elle continue dans ce qu’on appelle la « Rue des Façades ». Comme son nom l’indique, nous traversons une allée avec des portes et des tombeaux sur notre gauche. Les sites sont extrêmement bien conservés.

D’ailleurs si ceux de la rue des façades sont des tombeaux de princesses et de rois, nous découvrons un tout petit peu plus loin ceux des citoyens lambdas de l’ancienne cité.

Le site de Petra étant immense, on décide de se rendre à l’opposé du site, au Monastère (ou Deir). Le monastère est totalement caché derrière une colline qu’il faut grimper et la visite se mérite après quelques 822 marches taillées dans la roche. Il faut bien 1h-1h30 depuis le centre de Petra pour l’atteindre. Le monastère ressemble en tout point au Khazneh, à la différence que celui-ci est bien un lieu de culte et non un tombeau. Tout autour du monastère, il est possible de grimper sur différents points de vue et d’avoir une vue plus reculée. Le lieu invite au repos, car très peu de personnes viennent si loin.

En redescendant, nous avons encore l’occasion de découvrir une multitude de sites.

Le théâtre romain, proche de la Rue des Façades, n’est en fait pas un théâtre romain, mais bien nabatéen ! Il a longtemps été enfoui sous le sable et est donc assez abimé. Mais il montre bien au vu du nombre de gradins l’importance de la ville à l’époque !

Entre le monastère et le théâtre, on marche sur la rue des Colonnades. Cette rue était anciennement bordée de colonnes dont il ne reste que quelques ruines. Cette rue mène au Qasr-Al-Bint, la cour sacrée (qui est aussi le centre de la ville de Pétra), le seul monument de Petra à ne pas avoir été taillé dans la roche. Lieu de culte le plus important, il est consacré à Dushara, dieu principal des Nabatéens.

Le long de la rue des colonnades, il suffit de grimper quelques marches pour voir l’ancien temple mais aussi le tombeau du lion ailé et l’église byzantine.

La chaleur est telle qu’avant de partir une pause pour les pieds et la soif est nécessaire (il ne faut pas oublier que le retour est conditionné par la traversée du Siq, 1.2km, et les blocs de Djinn, 700m) avec un très bon jus citron-menthe !

Notre faim s’étant aiguisée tout au long de la journée, nous ferons un petit encas avec le meilleur shawarma jamais gouté, mais aussi le plus vieux de Petra, chez Reem, datant de 1975, et à tout petit prix (1.60 €).

Puis nous dinerons chez Beit avec un seul plat, le maqlouba, plat à base d’aubergines, de riz et de poulet ! A Petra, les restaurants sont très généreux et notre seul et unique plat à partager arrive avec plein de mezze comme du houmous, du fatoush (salade de crudités), du mouttabal (caviar d’aubergines) ainsi qu’un thé et un gâteau en guise de dessert !

Jour 4 : Petra, la suite

C’est parti pour une 2ème journée sur le site de Petra. Nous nous laissons une petite ½heure supplémentaire pour dormir et partons vers 8h (il est vrai que le site le matin est plutôt désert donc tout arrivée avant 9h est très favorable).

Une fois à nouveau éblouis par la beauté du Siq et du Khazneh, nous décidons d’emprunter le Al Khubtha Trail. Ce chemin grimpant permet d’accéder à l’une des seules vues du Trésor depuis le haut. Il attaque par un certain nombre de marches puis par la traversée d’un wadi. Attention cette vue se négocie ! En effet un bédouin a installé sa tente devant la vue et oblige à la consommation d’un thé ou d’un café pour la voir ! Mais il est vrai que la vue en-dessous est assez exceptionnelle ! Pour avoir le trésor ensoleillé ici, c’est le matin uniquement.

Dans notre redescente, nous nous arrêtons devant les différentes tombes royales. 4 tombes se succèdent, la tombe de l’Urne, la tombe de la Soie (et sa couleur très ocre, souvent appelée tombe arc-en-ciel), la tombe Corinthienne et enfin celle de Sextus Florentinus, un gouverneur romain de la province. Ces tombes immenses, comme la rue des façades, sont toutes différentes les unes des autres.

Puis nous allons escalader la montagne d’en face, le Haut lieu du Sacrifice ! Cet immense plateau en haut de la colline était en effet un lieu de culte où les prêtres utilisaient ce lieu principalement pour sacrifier des animaux. La montée est rude mais courte.

Le chemin de retour se fait sur l’autre flanc de montagne, à travers des vallées, beaucoup plus calme et moins visité. On peut apercevoir des obélisques dédiés aux dieux nabatéens, ou encore des temples, des tricliniums et des tombeaux (la tombe du jardin ou le tombeau du soldat romain) mais aussi de simples maisons désormais occupés par les bédouins du coin.

Après avoir emprunter ces 2 chemins afin de compléter notre visite de Petra, il est l’heure de quitter ce merveilleux endroit afin de se rendre dans le désert de Wadi Rum.

Le désert de Wadi Rum se trouve à 1h30-1h45 de route de Petra. C’est un désert comportant tant des étendues de sables que des canyons ou des arches naturelles. La plupart des formes ont été créées par l’érosion. Quelques familles de bédouins vivent encore dans le désert même si leur vie a bien évolué ces dernières années. Ce sont d’ailleurs ces familles qui font l’accueil et les visites du Wadi Rum.

Entre sable magnifique aux nombreuses couleurs (rouge, ocre, jaune) et falaises immenses aux formes uniques, le Wadi Rum est un décor de cinéma très plébiscité pour son paysage lunaire (Seul sur Mars, Star Wars…).

Il faut tout d’abord montrer patte blanche pour entrer. En effet, l’entrée est payante (sauf si Jordan Pass). Puis notre guide Radi que nous avions réservé quelques jours auparavant vient nous récupérer à l’entrée du village en 4*4. Il est bédouin, guide mais aussi propriétaire du camp Wadi Rum Nature Tours où il nous emmène. Il y a des dizaines de camps dans le désert, et il sera difficile de juger si l’un est meilleur que l’autre mais le notre a été extra du début à la fin.

Radi a été très flexible sur nos horaires et notre choix de visites. La plupart d’entre elles commence le matin à 9h, puis tu passes la nuit au camp et on te ramène le lendemain matin. Nous avions demandé à faire le contraire : passer la nuit puis faire la visite le lendemain, ce qui n’a pas posé problème.

Le camp se situe à environ 30 minutes de 4*4 du village, il est au bord d’une falaise à l’ombre quand le soleil tape. Il y a une vingtaine de tentes de 2 personnes et une tente commune où se prennent les repas. A l’extérieur, des tapis bédouins sont installés et on nous invite à prendre le thé et des gâteaux pendant que le soleil se couche.

Nous ne serons que 4 ce soir sur le camp avec le guide, nous dinons sous la tente de caviar d’aubergines, salade, labneh, boulettes d’agneau et brochettes de poulet, le tout cuit sous zarb, (cuit sous le sable). Après le traditionnel thé, nous allons nous balader sous le ciel éclairé d’étoiles.

Jour 5 : Une journée dans le désert

Après une excellente nuit, sans aucun bruit dans le désert, et un petit-déjeuner traditionnel (houmous forever et compagnie…) nous partons à la découverte de ce désert avec notre guide. La jeep est un pick up ouvert avec des banquettes extérieures et un auvent pour être protégé du soleil !

Le Wadi Rum est extrêmement célèbre pour avoir vu Lawrence d’Arabie et ces nombreuses batailles. Officier britannique, T.E Lawrence s’est imposé au fil des années comme chef de guérilla auprès des rebelles arabes luttant contre les Ottomans pendant la 1èr guerre mondiale. Ces récits ont été rapportés dans sa propre autobiographie « les 7 piliers de la sagesse ».

Nous commençons par nous rendre à la source de Lawrence, qui est en fait le lieu principal de tournage du film Lawrence d’Arabie, le film aux 7 oscars. Cette source d’eau perchée au milieu de la montagne était auparavant la seule source d’eau sur laquelle les bédouins venaient se réapprovisionner.

Le guide nous emmène par la suite sur la dune Al Hasany. C’est l’une des seules véritables dunes de sables du désert sur laquelle il est possible bien entendu de grimper (bon courage, la montée dans le sable mouvant est rude !).

Puis nous nous rendons dans le Siq Kazhali ou le canyon de Khazali. Cette fissure profonde et étroite de la montagne contient de nombreuses écritures anciennes, qu’elles soient nabatéennes ou arabes. Nous verrons d’autres canyons dans la journée.

Nous partons à la découverte de Little Rock Bridge ou Burdah (petite sœur de Rock Bridge que nous verrons plus tard), une arche très facile d’ascension et très photogénique !

Pour la pause déjeuner, le guide nous emmène dans un coin du désert sous une tente bédouin (son cousin !). La tente est couverte et des tapis sont installés au sol, le tout devant un feu préparé. Nous déjeunerons et nous nous reposerons sur les tapis avec un délicieux repas (ratatouille, thon, muttabal, houmous, labneh, jus fruits, gâteau et thé pour terminer).

Après déjeuner nous traverserons le canyon de Burrah, plutôt long et traversable de part en part. D’ailleurs le guide nous dépose et nous récupère de l’autre côté une fois traversé. Il nous conduit directement à l’arche d’Um Frough ou Rock Bridge ! Pour le coup, un peu d’escalade est nécessaire et sans vertige si possible, une fois que l’on se retrouve au milieu de l’arche à plusieurs mètres de hauteur. La formation de cette roche est dû à l’érosion et le vent, au fil des années.

Notre dernière étape du désert sera de se rendre devant le Mushroom Rock, son nom se réfère bien entendu à sa forme.

Après cette journée harassante mais palpitante, notre guide nous ramène vers le village et reprenons notre voiture direction Aqaba.

Aqaba, capitale du sud, n’est à qu’1h du désert. Elle est divisée en 2 zones, la zone centre-ville et la zone des plages (qui sont séparées de 12km). Nous avons choisi de séjourner au Red Sea Dive Center, dans le quartier des plages. Etrangement, la zone est plutôt calme, encore beaucoup en construction, alors que nous nous attendions à voir des complexes etc…Aqaba étant la ville pour pratiquer la plongée sous-marine. Jour de semaine oblige, nous sommes même seuls dans l’hôtel, le réceptionniste nous confirmera que la vraie saison ne commence qu’en novembre.

L’hôtel est très sympathique, avec des terrasses sur les toits, pour pouvoir avoir une superbe vue sur la mer Rouge (et donc le coucher du soleil !), une chambre spacieuse, et une piscine (dans laquelle certains font leur baptême de plongée).

Nous nous rendons dans Aqaba et découvrons une toute autre ambiance. Il y a du monde, beaucoup de commerces. On décide alors de prendre un jus de fruits frais en terrasse puis d’aller chercher des shawarmas pour les manger sur la Corniche, qui s’avère être « the place to be » en soirée. Les plages sont remplies, il y a de la musique, des familles se baladant, alors que nous n’avions pas vu autant de monde dans le centre-ville !

Jour 6 : Entre Mer Rouge et Mer Morte

Après un solide petit-déjeuner (assez européanisé ce qui nous change du houmous !), nous louons du matériel à l’hôtel qui dispose d’un centre de plongée, afin de tester le snorkeling et les différents spots d’Aqaba. Tout le matériel est prêté (de la combinaison, au masque, tuba et palmes) et l’hôtel nous explique où nous rendre. Le seul inconvénient de cet hôtel serait qu’il est plus loin que certains autres de la plage.

Il y a une vingtaine de spots qui peuvent être vus (toutefois pas tous en snorkeling). Nous ferons donc le Jardin Japonais et le Nouveau Canyon.

Le jardin Japonais est a à peine quelques mètres du rivage et possède un gros avantage, une corde tirée qu’il suffit de suivre pour arriver au bon endroit. Les profondeurs sont pleines de coraux de toutes les couleurs, et beaucoup de variétés de poissons y nagent. Toutes les conditions sont réunies pour une plongée masque-tuba facile, sauf peut-être la chaleur de l’eau un peu trop froide à notre goût.

Nous reprenons la voiture pour aller 1km plus loin pour le Canyon. Le début de plongée ressemble beaucoup au Jardin Japonais, mais c’est plus pour le tank que nous sommes là. Toutefois il faut le trouver car il n’est pas indiqué. Ce « tank » est un vrai tank, fabriqué aux Etats Unis puis acheté par la Jordanie pour son armée dans les années 60. C’est en 1998 qu’il a été coulé par le Roi Abdullah pour en faire un spot de plongée ! Il est situé à environ 6m de profondeur et a accumulé beaucoup de vie marine (coraux durs et mous entre autres). C’est aussi l’occasion de voir certains types de poissons (poissons lions) et des murènes. L’eau est tellement claire que c’est fabuleux.

Nous quittons Aqaba après ces plongées matinales pour nous diriger vers la mer Morte. La route est assez longue et soporifique… Mis à part les guerites qui longent la route, les barbelés et les militaires suréquipés (avec mitraillette sur le toit de la voiture) qui surveillent la frontière israélienne à quelques mètres, on trouve le temps long.

On s’arrêtera en bord de route pour acheter 2 sandwichs dans le seul village que l’on va croiser. Notre autre unique arrêt sera l’abord de la Mer Morte quand nous la voyons enfin. La mer semble tout à fait normale mais ce sont ses rivages qui sont frappants, ils sont blancs à cause du sel et très marqués, de différentes couleurs.

Près du Wadi Mujib, nous nous arrêtons également car la végétation a gardé ses droits et c’est un peu le seul endroit où il y a de la verdure. C’est le même wadi que l’on a vu d’en haut sur la Route du Roi : rappelons que le wadi est une faille, aux allures de canyon et que celle-ci va de la Mer Morte à -410m à plus de 900m de l’autre côté. Pour ceux qui le souhaitent, il est possible de s’aventurer depuis ce point dans le Wadi, mais il faut compter environ ½ journée de marche et de canyoning.

Nous nous dirigeons vers la zone des hôtels, seul véritable endroit où l’on peut se baigner. En effet il n’y a pas de plages publiques en bord de Mer Morte, et il est interdit de se baigner dans les zones non autorisées, mais nous avons vu des personnes le faire. Nous avons choisi le Dead Sea Spa Hotel, duquel nous sommes vraiment contents. Le resort a plusieurs piscines agréables, des restaurants, et notre chambre spacieuse donne sur la Mer Morte.

Pour cette fin de journée, on décide d’aller voir la Mer de plus près, même si le soleil est sur le point de se coucher. Le coucher de soleil et la baignade à cette heure-ci se révéleront idéals. La Mer Morte perdant d’1m par an, il s’avère qu’il faut marcher environ 15minutes pour l’atteindre. En effet, il y a des années, l’hôtel était construit au bord. On constate donc les méfaits de la surexploitation de cette eau précieuse, la rétrécissant de plus d’1/3 de sa surface originelle.

Cette mer, située à 400m en dessous du vrai niveau de la mer, est un véritable phénomène qui en fait le point le plus bas de la terre. Cela ressemble plus à un lac salé de 65km de long et 18km de large (en face c’est Israël et la Cisjordanie) et surtout elle contient 6 fois plus de sel qu’un océan. On l’appelle Mer Morte tout simplement car aucun organisme n’y survit (ce qui ne s’avère pas tout à fait vrai, car dans les profondeurs, certains micros-organismes sont arrivés à se développer).

La baignade dans la Mer Morte est plus que…surprenante. Ce phénomène de flottaison est véritable et on se sent comme un bouchon de liège dans l’eau, toujours en train de flotter. Et si l’on essaye de se retourner, on est toujours ramené sur le dos…De plus, l’eau est particulièrement huileuse et chaude, ce qui donne une sensation grasse sur la peau une fois dehors.

Bien entendu, il ne faut pas toucher ses yeux, et il faut faire attention à toutes les petites coupures, car évidemment le sel, ça pique ! De la boue est aussi mise à disposition, rien de mieux que de tenter un bain de boue à laisser sécher au soleil. Que de bienfaits pour la peau, car l’eau est chargée en minéraux !

Cependant, le coin n’est pas du tout habité. A part une dizaine d’hôtels, on tombe sur un tout petit mall (Samarah Mall) avec quelques restaurants. C’est donc là que nous irons diner (Rovers Retuns Pub, pub anglais, mais les frites ça change du houmous !)

Jour 7 : Jerash

Après le petit-déjeuner de l’hôtel, nous passons notre matinée à profiter de la piscine de l’hôtel et de quelques nouveaux essais de baignades dans la Mer Morte.

Nous quittons l’hôtel autour de 12h, pour tout d’abord aller au Dead Sea Panorama Complex, qui est le point de vue sur la Mer Morte. Cette visite n’est vraiment pas indispensable. Payante, elle permet en effet d’avoir une belle vue, mais on peut retrouver la même vue quelques mètres plus bas. Le centre donne quelques explications, mais il a 30 ans et n’a surement jamais été rénové ou mis à jour… (tarif 2 JOD).

Nous reprenons notre chemin pour aller vers Jerash, ville située à environ 40km au nord d’Amman. La route est assez longue et voir même bien chargée, mais nous sommes vendredi jour de week-end. Dans cette ville, on ressentira ces sollicitations oppressantes que l’on retrouve dans certains pays arabes, que nous n’avions pas encore eu depuis le début du séjour sauf très légèrement à Petra.

Je n’avais jamais entendu parlé de Jerash auparavant. C’est une ville fondée au 4ème siècle avant JC, à priori par Alexandre le Grand. Faisant partie de la Décapole (ensemble de villes proches qui partagent des intérêts communs politico-commerciaux), elle avait une prospérité importante. Moins connue qu’Amman, elle est pourtant un site incontournable car les ruines romaines font partie des plus grandes de l’Orient, mais aussi des mieux conservées.

A Jerash, on rentre tout d’abord par l’Arche d’Hadrien, principal accès aux vestiges de la ville. Impressionnant par ses dimensions (13m de haut, 37m de large), il donne directement sur le Cardo Maximus.

Le Cardo Maximus, justement, est ce qu’on pourrait appeler l’allée des Colonnes. Longue de 800m, avec plus de 200 colonnes, la plupart en excellent état, l’allée était anciennement l’artère principale de la ville romaine. Comme tout Cardo Maximus de toute ville de cette période, elle est tracée d’est en ouest.

Dès lors, sur notre gauche, on découvre l’hippodrome. Quasiment intact, il est lui aussi incroyable par sa taille et ses 245m de long, dans lequel on pouvait accueillir 15000 spectateurs.

Autre point intéressant, la place ovale ou forum. Elle est l’une des plus belles réalisations et en excellent état. Ses dimensions saisissantes (90 x 80m) font d’elle un élément de visite à ne pas manquer.

Quant au temple d’Artemis, il fut construit en 150 après JC en hommage évidemment à la déesse du même nom, protectrice de la ville. Il était le lieu spirituel de la ville, là où les sacrifices étaient effectués.

Il y a également 2 théâtres dans l’enceinte de Jerash. Le théâtre du Nord a été créé par Marc-Aurèle et peut accueillir environ 14 rangées de sièges. Quant au théâtre du Sud, il date de l’époque de l’empereur Domitien et pouvait accueillir 5000 spectateurs. Pour ceux qui ont encore un peu le temps, des restes d’églises byzantines se trouvent sur le haut du site, ou il est aussi possible de marcher jusqu’à la porte Nord et le Tétrapyle.

Incontournable en Jordanie, et se situant a à peine quelques kilomètres de la capitale, c’est un site qu’il faut absolument visiter.

Pour la fin de journée, et de séjour, nous nous rendons à Amman. Nous avons réservé l’hôtel Celino à quelques kilomètres du centre. A Amman, il est quasiment impossible de réserver un hôtel dans le centre quand on a une voiture (peu de parkings etc) car seul le centre-ville est piéton. Les autres alentours sont inaccessibles à pied et la voiture est indispensable (il est impossible de marcher, pas de trottoir etc…). L’hôtel est toutefois calme, dans une impasse, et la chambre spacieuse.

Pour retourner dans le centre-ville, nous nous garons toutefois facilement aux abords. On en profite pour faire un tour général et allons diner à Al Quds, restaurant cantine très typique, avec des spécialités simples. Nous goûtons à la kefta et au puff pastry (sorte de tourte de riz et légumes) le tout pour à peine 12€.

Pour le reste de la soirée, nous allons sur Rainbow street. Tout le monde vous parlera de cette rue de la capitale, la rue pour sortir de toute évidence ! Partant du centre historique et allant sur les hauteurs, elle regroupe petites boutiques de quartier, restaurants et bars où picorer. L’ambiance est totalement différente du reste de la ville, quasi occidentale, mais c’est un must see. Si tu aimes les falafels, rend toi à Al Quds (même restaurant que dans le centre-ville mais celui-ci ne fait que des falafels !).

Jour 8 : Visite de la Capitale

Nous consacrons notre dernier jour à la capitale et commençons par la Citadelle d’Amman. Situé sur les hauteurs du centre historique, sur l’une des 7 collines, c’est le principal site à visiter. Amman a été habitée depuis des millénaires et occupée par plusieurs civilisations (Perses, Grecs, Romains, Byzantins etc…). C’est un véritable voyage dans le temps, un doux mélange architectural car à l’intérieur de cette citadelle, aucun mur ne sépare les différents monuments des différentes époques.

Derrière un mur d’enceinte de 1700m de long, on trouve des temples, des églises, des mosaïques. Parmi les sites à voir sur la Citadelle, il y a le temple d’Hercule. Construit par Marc-Aurèle au 2nd siècle avant JC, les colonnes du temple sont quasi intactes.

Un peu plus loin, le palais Omeyyade a lui été construit par la dynastie du même nom (dynastie qui rayonnait jusqu’en Syrie) au 8ème siècle. Il servait sans doute à l’époque de résidence pour un émir ou un gouverneur

Ne loupe évidemment pas le panorama qui s’offre sur la ville, on peut même apercevoir le théâtre romain en contrebas. Après être passé par le square des hachémites, nous visitons justement ce théâtre. Il forme avec l’Odéon juste à côté un ensemble archéologique remarquable. Il aurait été construit autour de 138 après JC pour célébrer la venue de l’empereur Hadrien et contient environ 6000 places. A l’époque, les premières places étaient réservées à l’aristocratie, les suivantes aux soldats et enfin les dernières à la plèbe.

Il y a bien d’autres sites romains dans cette ville. On découvre un peu plus loin les restes du Forum mais aussi le Nymphéum, ancienne fontaine publique. Celle-ci avait apparemment une taille de 600m2 à son apogée.

Puis on se balade dans les souks d’Amman. Il y a évidemment les souks des fruits et légumes, les souks de la quincaillerie, mais aussi le souk de l’or avec tous ces bijoux et le souk de la femme (attention lingerie affriolante au rdv !).

Nous profitons d’une pause dans le quartier pour 2 jus et un shawarma dans une petite rue perpendiculaire de King Faysal Street.

Puis pour le reste de l’après-midi, nous nous baladerons à nouveau dans Rainbow Street et testerons cette fois-ci un nouveau shawarma chez Reem avant de quitter la Jordanie définitivement pour l’Egypte, prochaine destination à raconter par ici !

Les plus du voyage

  • des sites antiques incroyables (Petra, Jerash)
  • une biodiversité magique (mer morte, désert etc…)
  • la bienveillance des jordaniens qui parlent d’ailleurs très bien anglais

Les moins

  • conduite un peu difficile

Ukraine

Séjour de 8 jours en juillet 2021

L’Ukraine, pays existant depuis 1991, a longtemps peiné à gagner son indépendance. Après des heurts en 2004 et en 2014, puis après l’annexion récente de la Crimée, le pays est toujours sous tension de par ses relations avec la Russie.  

Toutefois, l’Ukraine est un pays très ouvert au tourisme, surtout avec les Européens. Les organisations de l’Eurovision (c’est depuis l’Eurovision 2005 qu’il n’existe plus de visa pour aller en Ukraine) puis de l’Euro de football en 2012 ont mis le pays sur le devant de la scène européenne. 

La variété des paysages fait de l’Ukraine une belle destination. Entre la mer Noire, les Carpathes, ou encore le fleuve Dniepr, il y a de quoi visiter ; sans oublier les nombreux sites religieux orthodoxes. 

L’Ukraine est un pays immense, il sera difficile de tout visiter. Pour une première visite, nous nous sommes consacrés à sa capitale Kiev, à Lviv proche de la frontière polonaise et enfin au site de Tchernobyl. 

Depuis la France, seuls les vols organisés par Air France sont directs, il faudra forcément transiter pour limiter le coût du voyage (Allemagne, Suisse et Pologne principalement).

Kiev 

On considère souvent la capitale de l’Ukraine comme une métropole Européenne, une ville d’affaires moderne. Cependant, Kiev est aussi un berceau de l’histoire ukrainienne, une ville avec de nombreux musées et galeries, de belles rues étroites, des sites religieux historiques et des quartiers sympathiques.  

Se déplacer ? 

Depuis l’aéroport, il y a 2 possibilités : depuis l’Euro 2012, un train a été aménagé entre l’aéroport et la gare principale pour 100Krn par personne (3,20 €). Sinon je conseille vivement Uber ou Bolt qui fonctionnent très bien pour des prix très raisonnables, de 10€ à 18€ le trajet (ne t’attend pas à une marque de politesse quelconque des chauffeurs par contre ). L’aéroport est à environ 40-50 minutes du centre-ville. 

Kiev est une ville très dense (plus de 3 millions d’habitants) mais le centre-ville est visitable à pied. Le métro n’est donc pas forcément utile pour une desserte fine du centre mais tu l’utiliseras sans doute pour visiter les quartiers de Podil ou Sainte-Laure des Catacombes. Le trajet est plus qu’abordable, 8 krn (soit 0,30 cts) le trajet. 

Quand bien même, sa beauté justifie à elle seule une visite. La construction du 3ème métro de l’Urss a commencé en 1960 dans un pur style soviétique, à l’exemple de celui de Moscou. Il est l’un des plus profonds du monde (la station Arselnalna est à 105m sous terre, et il faut plusieurs minutes d’escalators pour l’atteindre). Les plus belles stations sont les plus centrales (Vokzalna, Zoloti Vorota). 

Où séjourner ? 

Il faut savoir que l’hôtellerie à Kiev est un véritable casse-tête. Alors que beaucoup de secteurs sont moins couteux qu’en Europe, l’hôtellerie reste très chère. Les hommes d’affaires ukrainiens choisissent même régulièrement de dormir dans des auberges de jeunesse… 

Partner Guest House : Appart-hôtels disponibles à plusieurs adresses dans Kiev (Baseina 19, Kreschatik 15, Kreschatik 23). Chambres aménagées avec une petite cuisine, situées dans des immeubles kieviens typiques. 

Mackintosh hotel, Khoryva St, 49A : choisi pour être dans le quartier de Podil, ce fut l’un des seuls hôtels à proposer un tarif raisonnable. Petit-déjeuner buffet inclus et l’on peut même demander son petit déjeuner à emporter pour le jour de départ. 

Où se restaurer ? 

Katchapuri & Wine, Borysa Hrinchenka St 2, Kiev : situé dans un coin de la place Maidan, ce restaurant géorgien dispose d’une belle terrasse qui permet d’observer la place à toute heure. Toutes les spécialités géorgiennes sont présentes : katchapuri (pain au fromage, déclinable en de nombreuses versions), kinkhali (raviolis), plats à base d’agneau. Le tout pour 600 UAH (soit environ 18€pour 2). 

Kiosques à café : véritable culture du café à emporter à Kiev, il est possible quasiment à tous les coins de rues de commander un café dans des kiosques. Il y a une forte concentration sur Kreschatik, l’avenue principale. Café simple à 1€. 

Lviv CroissantMykoly Lysenka St 1 : avec plusieurs adresses dans Kiev, cette chaine propose des cafés et des croissants garnis et plutôt salés. Une formule très honorable pour un déjeuner rapide. 

Kyivska Perepitchka, Vul Bohdana Khmelnytskoho 3 : la longue file dans la rue est bien pour ce petit kiosque, qui sert un plat unique, le hot-dog kievien. 0,9 cts le beignet-saucisse. A tester ! 

Hot-dog Kievien

O’Panas, Parc Chevtchenko : l’endroit parfait pour goûter les meilleures crêpes de la ville, à un prix très dérisoire et à l’abri du boucan urbain. 

Musafir, Bohdana Khmelnyyskoho street ou Rohnidynska Str 4 : testés 2 fois dans 2 adresses différentes, cette chaine de restaurant Tatar (peuple turc originaire principalement de Crimée) propose une excellente cuisine orientale : kinkhali (raviolis), pide, dolmas, houmous, plov… 

Gamardzhoba Genacvale, Sofiivs’ka St, 4 : un restaurant géorgien en sous-sol qui ne paye pas de mine, mais l’accueil fut sympathique et la nourriture excellente, on a envie de tout tester… 

Food Marketvul Moskovska : le Food Market de Kiev est une belle découverte. Comme beaucoup de food Market dans le monde, on commande dans l’un des stands et on t’appelle lorsque c’est prêt !  

Korchma Taras Bulba, Pushkinska St, 2-4/7 : restaurant typiquement ukrainien cette fois-ci, avec une belle terrasse et des serveuses en costume traditionnelle. Idéalement, il faut goûter à tout : bortsch, gelée de viande, derunys (galette de pomme de terre). 

Mama Manana, Nyzhnii Val St 23 : le coup de cœur du séjour revient à la dernière soirée à Kiev. Un restaurant géorgien (encore !), petite chaine (3 restaurants dans Kiev), une nourriture à tomber par terre, et une générosité exceptionnelle. Entre les plats classiques géorgiens (dorma, katchapuri), le service est attentif ! 

Que voir ? Que visiter ?

Centre-ville : autour de la place Maidan 

La place de la Révolution de Kiev est connue sur la scène internationale, mais certainement pas pour son architecture ou sa beauté. Place centrale de la ville, Maidan (qui signifie place en arabo-persan) reçoit son nom actuel en 1991 à la chute de l’Urss. Reconstruite de nombreuses fois, son architecture n’a donc pas de réelle harmonie. Parmi les monuments, on peut trouver la colonne de l’indépendance, le monument en l’honneur des 3 fondateurs de la ville, celui de l’archange Michel, gardien de Kiev. 

Mais plus qu’une place, c’est un véritable symbole pour tous les Ukrainiens, depuis la révolte des étudiants en 1991, à la révolution orange de 2004 ou encore aux malheureux évènements de 2014, c’est ici qu’ils se rejoignent tant pour faire la fête que pour militer ou protester.  

Depuis Maidan, part l’avenue Kreschatik. Véritables Champs-Elysées de Kiev, les styles soviétiques ou art nouveau sont réunis. Boutiques, restaurants et autres kiosques à café, c’est ici que l’on passe ses soirées d’été !

En prenant la rue Kostolna, on arrive au Monastère Saint Michel au mont d’Or. Sa façade bleue et ses dômes d’or reflètent de loin au soleil. Construit au 12ème siècle, il est en même temps la plus vieille et la plus récente des églises. En effet, les soviétiques détruisirent l’église entièrement en 1937 pour construire des bâtiments plus à leurs images. Il faut absolument entrer à l’intérieur pour contempler le style byzantin (l’entrée est gratuite). 

A l’arrière du monastère Saint-Michel, on découvre le ministère des affaires étrangères que tous les Kiéviens détestent. Tout d’abord parce qu’ils leur rappellent l’ère soviétique avec son imposante architecture mais également parce qu’il a été construit sur l’emplacement même d’une église détruite par les Soviétiques (tout comme Saint Michel). 

De l’autre côté de l’immense place Volodymyrska, on aperçoit la Cathédrale Sainte Sophie. Inscrite au Patrimoine mondiale de l’Unesco, elle est l’un des monuments les plus visités d’Ukraine. On est littéralement subjugué par ses formes, ses pointes en or, le vert de ses toitures, mais aussi son intérieur recouvert des fresques. La plupart des mosaïques date de 1037, époque où elle fut construite en l’honneur du prince Yaroslav. Elle a été placée à l’époque proche du palais royal pour permettre les couronnements ou cérémonies. Elle est fortement inspirée de la basilique Sainte Sophie d’Istanbul. Le pass d’entrée permet de visiter l’église et le complexe ; il est possible de rajouter les visites de la tour de l’horloge ou encore du réfectoire. 

Andriyvisky & Podil les charmants quartiers de Kiev 

En avançant un peu plus loin, on découvre la charmante Andriyivsky. Cette splendide église baroque rayonne d’un bleu turquoise. Construite entre 1747 et 1754, elle fut dessinée par le même architecte qui conçut le palais d’hiver de Saint Pétersbourg. 

L’église marque aussi le début de la descente Saint-André, souvent appelé le Montmartre Ukrainien. Dans cette rue pentue et pavée qui mène trouve droit au quartier Podil, se trouvent nombreuses galeries, restaurants et magasins de souvenirs. Son nom vient de l’apôtre Saint André qui gravit la colline un jour et avait prédit qu’une grande ville chrétienne prendrait place ici. 

Il est aussi possible de descendre par l’Allée Peyzajna. Contournant des ravins, elle permet d’avoir de belles vues sur Podil. L’ambiance est calme, de quartier et très tournée vers l’art urbain. 

Si tu as un peu de temps, le musée de l’histoire de l’Ukraine a quelques sections intéressantes. 

En bas de la descente Saint-André, et en s’aventurant dans les petites rues, on découvre le quartier de Vozdvyzhenka, quartier très huppé de Kiev, dont la construction a débuté dans les années 2000. Si certains l’appellent le quartier arc-en-ciel pour ses couleurs, l’ensemble est un vrai paradis artificiel. Si le but était de reproduire l’architecture du 19ème siècle, nombre des maisons ou appartements n’ont encore pas trouvé acheteur, au vu des tarifs exorbitants. 

Autre moyen de descendre dans cette partie de Kiev, appelé Podil, c’est de prendre le petit funiculaire. Au même prix que le trajet en métro, le funiculaire de Podil est très populaire, et évite la dure montée dans le sens inverse. 

Podil est la partie basse de la ville, construit autour du port, quartier plus populaire, plus commerçant mais tout aussi sympathique. Ici, pas de montée ou descente répétitives comme dans le reste de la ville. On ne trouvera également aucun vestige soviétique dans cette partie, restée intacte. 

La grande place Kontract (sans réelle architecture), avec sa grande roue, permet aux citadins de vaquer à leurs occupations jusqu’à très tard. De nombreuses animations s’y tiennent. 

Dans ce quartier, on pourra s’attarder sur plusieurs églises notoires : Saint Nicolas Naberejny ou encore le monastère Florivsky. 

Quartier de Teatralna 

On se dirige vers la Porte Dorée, ancienne porte de la ville. Erigée en 1037, Zoloti Vorota a été construite en l’honneur de la porte dorée de Constantinople pour le Prince Yaroslav. La place tout autour de la Porte est l’une des plus sympathiques de Kiev. 

Le quartier de Teatralna invite à la promenade, les rues sont arborées et les bâtiments néo-classiques sont agréables à regarder. Kiev renvoie ici une image d’une ville européenne classique.  

En passant par l’Opéra, on arrive tout droit sur l’église Saint Volodymyr. Très joliment décorée, son jaune éclatant et ses 7 coupoles la rendent somptueuse. Dans un style byzantin, elle fut construite pour célébrer les 900 ans du christianisme orthodoxe. 

De l’autre côté du boulevard Tarasa Tchevtchenko, se trouvent les immenses jardins botaniques dont l’entrée est gratuite. Si le temps est idéal, alors pourquoi pas ne pas continuer la promenade en direction de l’université et du Parc Tchevtchenko, où la statue du célèbre poète ukrainien trône en plein centre. 

Continuant sur ce chemin, dans le Kiev moderne, on découvre le marché Bessarabsky, superbe marché couvert, mais aussi le Palais des Sports et le stade du Dynamo Kiev

Quartier de Lipky 

De l’autre côté de l’avenue Kreschatyk, se trouve le quartier Lipky. Le quartier se situe sur une autre colline de la ville et accueille le quartier du pouvoir. Depuis la rue Horodetskoho, tu tomberas sur l’étrange Maison aux Chimères. Ancienne maison de l’architecte Gorodetsky, le Gaudi Ukrainien, et de style Art Nouveau, elle affiche fièrement ses « chimères » tels que des éléphants, lions ou rhinocéros. La maison sert de lieu de réception officiel pour le palais présidentiel situé juste en face, dans la rue Bankova. 

Plus haut, il est possible de découvrir l’édifice de « la veuve éplorée », autre vestige Art Nouveau de la ville, dans la rue Lyuteranska. Lorsqu’il pleut, l’eau coule le long du visage de la veuve sur la façade. Un peu plus loin, la « maison chocolat », nommée ainsi pour sa couleur, se tient dans la rue Shovkovytvhna. Prends le temps de te balader dans cette rue, car les façades historiques sont nombreuses. 

Tout au bout de cette même rue, on pourra voir le Parlement et le Palais Mariyinsky. Inspiré d’une œuvre de Rastrelli (l’architecte italien qui a imaginé l’église Saint André), il est utilisé aujourd’hui pour la réception de cérémonies officielles.  

Enfin, en longeant le fleuve, en direction du centre-ville, on découvre caché dans les feuillages le stade olympique (Kiev n’a pas accueilli les jeux mais seulement quelque matchs lors des jeux de 1980) ou encore l’arche de l’Amitié, un drôle de monument très soviétique (mais avec une vue superbe) pour rappeler l’unification de la Russie et de l’Ukraine en 1654. 

Lavra 

Dans le sud de Kiev, toujours au bord du fleuve et sur une autre colline, se trouve Sainte-Laure des Catacombes ou plus souvent appelé Lavra (signifiant « Grand monastère Orthodoxe »). Pour y accéder, pas le choix que de prendre le métro pour s’en rapprocher, pour autant la marche qui suit est assez longue. 

Lavra est un immense complexe d’églises et de souterrains sur plus de 28 hectares. Il représente l’un des monastères les plus sacrés en Europe de l’Est. Fondé en 1051 par Saint-Antoine après l’acceptation du christianisme dans le pays, l’ensemble s’est étendu au fur et à mesure des années avec construction de grottes pour la conservation des corps. Le site est divisé en 2 : la Lavra Haute, qui est gérée par le Patriarcat de Kiev, et Lavra basse – qui comprend les catacombes – gérée par celui de Moscou. 

L’entrée de Lavra Haute se fait par l’Eglise de la Trinité. Sur ce niveau, il est également possible de voir l’église Saint-Nicolas, la cathédrale de la Dormition avec ses 7 coupoles dorées, le grand clocher dans lequel il est possible de monter et de découvrir les magnifiques vues depuis là-haut ou encore le réfectoire. 

Quant à Lavra Basse et ses catacombes, il faut avoir la tête voilée pour les femmes, les jambes couvertes pour les hommes mais tout est fourni à l’entrée. N’étant pas éclairées, il faut également acheter des bougies permettant de se guider à l’intérieur. Il y a un parcours « touristes » et un parcours « pèlerins », pour autant ne sois pas étonné de voir des gens littéralement embrassés les momies conservées ici, ni de voir les prêtres orthodoxes errer… 

En continuant son chemin vers le sud, on tombe nez à nez avec la statue de la Mère Patrie (en ukrainien Rodina Mat). Haute de 62m mais reposant sur un piédestal de 40m, elle s’impose et personne, en arrivant à Kiev, ne peut la manquer. Elle fut inaugurée par Brejnev en 1981 et se trouve être le second et le dernier monument en hommage à la Mère Nation de l’URSS (l’autre est à Volgograd). Les Ukrainiens continuent de s’en moquer car pour des raisons d’esthétique, l’épée a été raccourcie pour ne pas dépasser en hauteur Laure des Catacombes dans la perspective… 

Tout autour, on trouvera d’autres vestiges soviétiques : des chars, des hélicoptères, des sculptures etc, etc… La vue sur la très étendue Kiev est splendide !  

Les rives du Dniopr 

Comme on le sait, Kiev n’est pas en bord de mer, pour autant les rives de son célèbre fleuve attirent les kieviens le week-end. Si on regarde de plus près la géographie, il y a de nombreuses iles sur lesquelles on peut traverser et la plus grande (Troukhaniv) a même une station de métro. Ces zones ne sont pas habitées et représentent ainsi le poumon vert de la ville. 

Toutes les installations sont présentes pour passer une journée, comme à la plage, certains seront tentés de mettre les pieds dans l’eau. 

Des croisières sont également organisées, certaines courtes qui permettent de voir une bonne partie des monuments de la ville, d’autres plus longues mènent jusqu’à la « Mer de Kiev », qui est en fait une retenue d’eau plus au nord . 

Tchernobyl ou La plus grande catastrophe de l’histoire causée par l’homme

Tchernobyl (ou Chornobyl si on traduit plutôt de l’ukrainien – Tchernobyl étant la traduction russophone) est une ville située en Ukraine, à une centaine de kilomètres de Kiev. Elle est tristement devenue célèbre au moment de l’explosion du réacteur 4 de la centrale nucléaire le 26 avril 1986 et pendant toutes ces années durant au vu des dégâts causés sur l’homme et la nature.

A l’époque, la zone vit pleinement de l’essor de la centrale, construite au début des années 1960 et supposée devenir la plus grande centrale de l’URSS. A Chornobyl, se trouve la centrale, à Pripyat, la ville dortoir, celle qui accueillait les familles des travailleurs.

Dans la nuit du 26 avril 1986, des tests sur le réacteur 4 doivent être effectués, mais rien ne se passe comme prévu. L’augmentation de la puissance du réacteur provoque la rentrée en fusion de celui-ci et c’est l’équivalent de 500 bombes Hiroshima qui sont envoyées en l’air.

L’URSS tait le problème et tente de le minimiser même auprès des habitants de la zone (plus de 200 000 à l’époque) qui ne seront évacués que 36 heures plus tard (déjà bien trop tard pour eux). On leur promet qu’ils rentreront dans 3 jours et partent avec le minimum ; ils ne rentreront jamais…Il n’y aucun décompte tenu sur les pertes humaines, si ce n’est les 28 victimes directes (dont les pompiers intervenus morts peu de temps après dans un hôpital à Moscou) ; on estime donc entre 60 et 300 000 décès liés à ce fait, sans compter les cancers et autres maladies provoquées depuis toutes ces années sur toute l’Ukraine. Chornobyl deviendra un sujet international lorsque des pays comme la Finlande ou la Suède détectent dans leurs ciels des nuages radioactifs et soupçonnent l’URSS qui avouera très vite.

Il faudra des jours et de nombreuses tentatives pour éteindre l’incendie puis étouffer le cœur du réacteur encore en fusion. Finalement, des sarcophages seront installés, dont le dernier date de 2017.

Aujourd’hui Tchernobyl est une zone « d’exclusion » de 30 km. Cela signifie que personne ne peut y rentrer ou sortir comme il le souhaite. Des militaires surveillent les entrées, et il faut avoir été validé au préalable. A savoir la zone d’exclusion représente plus de 100km en Biélorussie qui a été beaucoup plus atteinte.

Etonnamment des personnes vivent et travaillent encore dans la zone d’exclusion (environ un millier officiellement, voire 3 fois plus officieusement). Si la centrale est fermée, elle continue d’accueillir des travailleurs ; quant aux gens qui y vivent, ce sont pour la plupart des gens revenus vivre ici, car ils n’ont rien d’autre ailleurs.

De nombreuses agences, officialisées par le gouvernement, organisent des tours pour visiter Chornobyl, de 1 à 2 jours avec plus ou moins d’options. Il est difficile de choisir une compagnie plus qu’une autre, car elles sont toutes très bien notées et expérimentées (on visite la zone d’exclusion depuis 2008). Nous avons choisi ChernobylX et ce fut une super expérience. Le tarif est de 99 €uros la journée, et avons même eu la chance d’être surclassés sur un plus petit groupe (4 personnes au total) pour une visite plus privative.

Le rendez-vous est donné à la gare de Kiev pour 7h30. Notre guide et le chauffeur nous attendent, avec un minibus. Le temps de trajet étant de 2h, nous avons le droit pendant ce temps au journal de l’époque relatant les faits, ainsi qu’un documentaire sur les écrans.

A l’entrée de la zone d’exclusion, on nous remet des dosimètres que l’on doit porter, afin de mesurer la dose de radiations reçues en fin de journée, ainsi que des compteurs geiger pour mesurer l’intensité de la source de radiation.

La question souvent posée est : est-il dangereux de se rendre à Chernobyl ? La réponse est non. La dose de radiation en 1 journée n’est pas plus importante qu’un vol transatlantique ou qu’une radio passée chez son dentiste et 50000 fois moins qu’un fumeur de cigarettes. Toutefois, on ne passe pas à coté des recommandations qui sont : porter des vêtements longs, ne s’attarder à aucun endroit, ne rien toucher et ne rien poser au sol. Après quelques tests dans la zone d’exclusion, on remarque que la radiation la plus puissante ne vient pas de l’air mais du sol.

Fete forraine de Prypiat

Après un premier contrôle de nos passeports, nous visitons un premier village abandonné. La première surprise est de s’apercevoir que ce n’est pas un village dans une forêt, mais une foret dans le village. En effet, tout est recouvert par la nature qui a complètement repris ses droits. La route traversant le village est devenue un chemin pas plus large d’1 m. On découvre quasiment intacts l’école, le théâtre ou encore l’épicerie.

Un peu plus loin, nous entrons dans la ville de Chornobyl comme le marque le panneau ci-dessous. Quelques mètres après, des panneaux des noms des villes ont été disposés le long d’un chemin pour rappeler les 162 villages abandonnés au moment de la catastrophe. D’ailleurs, comme cela fait 35 ans que tout est abandonné, c’est l’occasion de découvrir la seule et unique statue de Lénine, encore debout (celle-ci n’a vu ni la chute de l’URSS, ni les évènements de 2014 pendant lesquels toutes les autres statues ont été déboulonnées).

On se rend sur les berges de Tchernobyl, qui est un port fluvial, sur l’un des affluents de la Dniepr (fleuve passant par Kiev puis se jetant dans la mer Noire). Des épaves, qui n’ont pas bougé d’un iota depuis des années, sont toujours belles et bien présentes. Les robots qui ont servis aux forages du site (les vraies et non pas des décors) sont exposés non loin également.

Après notre pause déjeuner, composé d’un repas typique ukrainien avec salade de chou, soupe, et lapin, nous avons le droit de conduire pendant quelques tours la voiture de l’époque, une Volga, voiture qui n’est plus produite depuis 1970, à l’époque considérée comme une voiture de luxe !

Nous repartons ensuite dans la zone des 10Km d’exclusion où un nouveau contrôle de passeports nous attend. Cette fois-ci, c’est la centrale nucléaire que nous découvrons. Pas moins de 6 réacteurs (les réacteurs 5 et 6 étaient en construction au moment de l’explosion) se dressent devant nous. Nous avons le droit de nous en approcher au plus près, mais pas de rentrer (certains tours l’autorisent). C’est à partir de ce moment que le compteur geiger va commencer à s’affoler toutes les minutes pour nous prévenir que nous sommes bien dans la zone à risque (le seuil d’alerte étant fixée à 0,30 µSv/h) et ne s’arrêtera plus jamais jusqu’à ce que nous quittions la zone d’exclusion des 10km).

Une des visites surprenantes de cette journée est la découverte du radar Duga, ancien radar secret de l’URSS, construit en 1970. Haut de 150m et long de 750m, ce radar avait pour but de détecter les attaques de roquettes à travers le monde entier. Personne ne connaissant son existence, une seule route mène à cette immense construction, et on faisait croire à l’époque qu’il y avait un camp d’été pour enfants. Même un faux arrêt de bus le long de la route a été imaginé ! Toutefois, son existence était connue de l’Ouest, car il causait beaucoup de problèmes sur les fréquences radios du monde entier, il fut d’ailleurs surnommé le Woody Woodpecker Russe. Son fonctionnement prit fin avec la catastrophe de Chernobyl. Aujourd’hui il est laissé à l’abandon, car sa destruction couterait beaucoup plus cher. C’est pour moi l’un des moments les plus impressionnants de la journée.

L’une des parties très intéressantes de cette journée est bien évidemment la visite de Pripyat, la ville qui accueillait les travailleurs de Chernobyl. Ville construite sur mesure pour héberger dans le grand luxe ces personnes venues spécialement travaillés dans la région, elle était encore en développement en 1986. La balade se fait à pied dans cette ville étendue. On a l’impression de faire une balade, à travers le temps, en forêt tellement les arbres sont omniprésents. On visite le café de la ville, les berges, la mairie, l’hôtel de police, le centre culturel ou encore le supermarché. Plus loin, il y a aussi la fameuse fête foraine qui fut aménagée peu de temps avant la catastrophe et qui n’a jamais eu le temps de fonctionner. Tout comme le stade qui n’a malheureusement pas vu beaucoup de joueurs…La visite se termine par le cimetière des camions.

Il y a énormément de choses à voir sur La zone d’exclusion, tout ne peut pas se visiter en un jour. Ceux qui voudront y passer plus de temps peuvent passer une nuit sur place. Cette expérience fut assez exceptionnelle et permet de nous rappeler encore aujourd’hui ce que fut et ce qui restera pendant longtemps une catastrophe déchirante pour la planète.

Lviv

Charmante ville à l’ouest de l’Ukraine, Lviv, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, se considère elle-meme comme une ville européenne. Très ressemblante aux villes de Prague ou Cracovie par exemple, la capitale de la Galicie est très riche architecturalement parlant et la qualité des cafés et restaurants attirent beaucoup de touristes (il existe d’ailleurs des visites des restaurants les plus originaux…). Rien à voir avec le style soviétique de Kiev, d’ailleurs, le tourisme est beaucoup plus présent ici, certainement dû à une frontière très proche avec la Pologne.

Lviv est desservi depuis Kiev à 1h d’avion environ, mais aussi depuis d’autres villes européennes (Vienne, Varsovie, Francfort etc…). L’aéroport se situe à à peine 10 minutes du centre-ville. Comme à Kiev, les Uber ou Bolt fonctionnent très bien, par contre il ne faudra pas s’attendre à nouveau à grand-chose (je crois n’avoir jamais vu de pire voiture d’Uber qu’à Lviv…). Il existe aussi un bus faisant les allers-retours entre le centre ville et l’aéroport.

Où se loger ?

Just Lviv it Appartments, Rynok Square 14 : cette société qui loue des appartements en détient à plusieurs adresses dans Lviv, mais notre loft était situé sur Rynok Square qui est la place principale de Lviv. Pas de vue particulière (vue sur une cour intérieure couverte et très calme), l’appart était très bien agencé. Bières et eaux offertes à l’arrivée. Petit-déjeuner compris dans 6 restaurants de la ville au choix.

Où se restaurer ?

DeMandjaro, Halytska Street 10 : un restaurant proposant en kiosque des glaces au poids, une excellente idée

Kryivka, Rynok Square 14 : ce restaurant est une vraie légende. Situé dans notre immeuble, il faudra déjà trouver l’entrée de ce restaurant caché. En frappant à la porte, un sacré numéro nous demande un mot de passe dont la traduction pourrait être « Vive l’Ukraine » – à prononcer en ukrainien bien sûr-, puis c’est un petit shot de vodka qui est proposé (sic). Le restaurant est en sous-terrain avec plein d’objets de l’époque soviétique et toute son atmosphère découle de ça. En se dirigeant vers la sortie on découvre une superbe cour intérieure avec à nouveau plein d’objets (traban, moto, une mitraillette sur le toit avec vue sur toute la ville). Au petit-déjeuner, salade avec œufs et bacon et raviolis sucrés à la cerise et à la crème.

Trapezna Idey, Valova Street 18 : Restaurant en sous-sol de spécialités ukrainienne. Il n’est d’ailleurs pas facile à trouver (il faut rentrer dans une boutique puis descendre les escaliers). En cette période calme, ma carte était peu garnie.

Gasola Lampa, Virmenska St 20 : un super restaurant tape à l’œil depuis l’extérieur avec des tubes de laboratoires un peu partout – Pourquoi ? Apparemment, l’inventeur des lampes à gaz est originaire de Galicie également ! Au petit-déjeuner granola et œufs brouillées bacon

Marevo Craft&Organic, Virmenska St 5 : de superbes pizzas à des prix très dérisoires et à taille inhumaine !

Que voir, que visiter ?

En Centre-ville

Le centre-ville de Lviv se concentre principalement autour de Rynok Square, aussi appelé Ploshtcha Rynok, l’ancienne place du marché entièrement pavée et où passent encore les tramways. En son centre, l’hôtel de ville (ratousha) date du 19ème siècle et peut se visiter pour ceux qui souhaitent monter dans la tour du clocher. D’ailleurs tous les jours à 12h est sonné le clairon.

Tout autour de la place, environ 40 bâtiments se succèdent, d’années différentes suite à une reconstruction après un immense incendie au 16ème siècle ; toutefois avec une règle : 3 ou 4 niveaux maximum et sur une largeur de 3 fenêtres (les 4 fenêtres étaient réservées aux plus riches de la ville). On note quelques belles demeures comme on le voit sur les photos.

La ville est également connue pour ses nombreuses églises, plus d’une centaine à vrai dire !

La Cathédrale Catholique a été construite dans un style très hétéroclite, mais fait partie des plus impressionnants édifices de Lviv. D’ailleurs, c’est une des églises qui fut visitée par le pape Jean-Paul II lors de sa venue…

La Cathédrale Dominicaine reflète le soleil ! Plus à l’est de la ville, cette belle église de style rococo dispose d’un petit musée athée à l’intérieur.

Dans la rue Virmenska, on se balade à travers l’Eglise Arménienne qui date de 1363 avec une cour qui coupe de la frénésie de la ville et des passages voutés. A noter que cette rue était anciennement le quartier arménien de Lviv.

Dans le centre se trouve aussi la Chapelle Boyim, avec sa facade noire, l’église de la Dormition ou encore l’église de la Transfiguration.

On peut voir également le très beau monastère des Bernardins qui lui aussi marque une des entrées de la ville avec au dos les douves. L’église du même nom est une église gréco-catholique.

En dehors des murs

La visite hors des murs de la ville commence par le boulevard Svobody. Ce long boulevard sur lequel se trouve au milieu une statue du poète Tarass Chevtchenko, artiste vénéré en Ukraine et plus loin l’Opéra de la ville, est très apprécié des Lviviens l’été où l’on vient se balader et se reposer.

La balade nous emmène devant l’église Sainte Marie ainsi que la Rue Tchnornomorska qui a connu dans le passé le passage des tanks soviétiques qui se rendaient en Hongrie, d’où les nombreux bâtiments effondrés ou portant des séquelles.

Avant de commencer la montée dans la ville haute, on passe devant l’église Saint-Nicolas, plus vieille église de Lviv, et la petite église Saint-Jean-Baptiste.

Le chemin mène tout droit à la colline du château, à environ 20 minutes de marche, qui n’a d’ailleurs plus vraiment de château mais on peut accéder à une plateforme permettant d’avoir une vue sur une ville étendue.

Lors de la redescente, on découvre la tour de la Poudrière qui marque l’entrée de la ville et fait partie des anciens remparts de la ville, puis en face l’église Saint Michel, avec un intérieur baroque.

A quelques minutes à pied, on peut se rendre à la fabuleuse Cathédrale Saint George. Elle constitue le centre de l’église ukrainienne gréco-catholique (on rappelle que pendant l’occupation soviétique, c’est le culte orthodoxe qui était obligatoire). La ferveur religieuse est de mise ici, comme on peut le voir sur les photos.

Nous prenons le temps également de visiter l’ancienne prison qui est devenue musée et mémorial des victimes de l’Holocauste (même si tout n’est pas traduit, on en comprend l’essentiel). A l’époque elle accueillait des prisonniers classiques puis s’est transformé en prison utilisée par le KGB jusqu’en 1991. Elle est d’ailleurs restée intacte depuis cette date…

La ville détient de nombreux vestiges juifs également. En effet, avant la 2nde guerre mondiale, ils étaient plus de 100 000 qui furent tous tués ou déportés. On peut distinguer entre autres l’ancien ancien hôpital juif, bâtiment mauresque aujourd’hui réhabilité en logements, ou encore le marché Kravisky, ancien cimetière, transformé en marché couvert…

Le palais Potocki qui accueille la galerie d’art de la ville est une magnifique demeure qui fut la résidence de l’ancien premier ministre autrichien.

A 45 minutes de marche, on peut errer dans le très beau cimetière Lytchavskisky. On le surnomme le Père-Lachaise orientale ! On y retrouve la même atmosphère à travers un décor boisé. Parmi eux les occupants, Ivan Franko, poète nationaliste, ou Tchoukarine, gymnaste soviétique et bien d’autres noms inconnus pour nous. Mais c’est réellement la beauté du lieu, très fréquenté, qui est ici inspirante.

Ici s’achève ce nouveau voyage à travers l’Ukraine. Pays en devenir touristique, elle n’attend que sa stabilité politique pour pouvoir attirer encore plus de monde. Le pays mérite une visite plus poussée tant sa richesse architecturale et religieuse est importante. D’autres lieux comme Odessa et les Carpates deviennent incontournables ; en souhaitant pouvoir se rendre également en Crimée, joyau de la Mer Noire et aujourd’hui annexée par la Russie.

Les plus du voyage

  • Tchernobyl, le must du voyage
  • les prix dérisoires de la restauration
  • une architecture religieuse somptueuse

Les moins

  • une hôtellerie peu développée
  • devoir faire des choix en terme de destinations tant le pays est immense

Vienne

Week-ends de 3 jours en décembre 2012 et juin 2017

Capitale de l’Autriche, Vienne réunit de nombreux paramètres pour faire d’elle une ville authentique à visiter. Centrale par sa géographie en Europe, belle par son architecture passant du baroque au 20ème siècle, royale grâce au Danube qui la traverse, Vienne est en tout point incontournable !  

On parle de Vienne aussi comme d’un mythe. On la connait grâce aux valses viennoises, ou encore à Sissi l’impératrice et on s’émerveille devant les vestiges de la famille des Habsbourg. Classée au Patrimoine Mondiale de l’Unesco, elle satisfera tout le monde d’autant plus que sa qualité de vie est jugée comme l’une des meilleures en Europe. 

S’y rendre ? Se déplacer ?

Vienne est l’une des villes d’Europe les plus centrales, géographiquement parlant, un réel avantage ! De France, de nombreux vols existent, pour la plupart directs, mais peu de low-cost s’y rendent. Cet avantage géographique permettra de te rendre, comme moi lors de ces 2 visites, dans une autre ville européenne. Lors de mon premier aller à Vienne, la capitale autrichienne était une étape entre Prague et Budapest, toutes deux à 3h environ. Quant à la seconde fois, ce fut Bratislava, la ville ne se situe qu’à 1h de train de Vienne (prix d’environ 10€).

Pour se déplacer dans Vienne, le réseau de métros (U-bahn) et trains (S-bahn) est très bien développé, il est donc possible de s’héberger plus loin ou d’aller dans des sites plus éloignés tel que Schönbrunn. L’aéroport de Vienne est également desservi par le train.

Où dormir ?

Voici les 2 adresses où j’ai pu séjourner :   

Courtyard Vienna Prater Messe, Trabrennstraße 4 : Super hôtel situé à quelques minutes du métro (Krieau) et proche du Prater, le grand parc de Vienne. Hôtel très récent et chambres confortables 

Embelgasse Apartment, Embelgasse 25 :  Appartement très bien situé, dans un immeuble typique du 19ème siècle et dans le quartier de Margareten. Quartier sympathique avec plein de bars ou restaurants autour. 

Où se restaurer ?

On ne peut pas se rendre à Vienne, sans avoir tester l’un des célèbres cafés viennois, tant pour la pâtisserie, que pour le plaisir de flâner ou encore pour la beauté des lieux  datant pour la plupart du 19ème siècle. 

Parmi les nombreux qu’il existe, en tête de liste se trouve le Cafe Central (angle Herrengasse / Strauchgasse), fameux café avec des pâtisseries à tomber par terre. Il faut souvent faire la queue dans ce lieu ouvert depuis 1876 où Freud, Trotsky ou encore Zweig ont passé des heures à écrire ou à méditer. Prends un café ou un chocolat chaud l’hiver avec au minimum une douceur.  

Le Cafe Demel, (Kohlmarkt, 14) porte, lui, les casquettes de pâtissier et chocolatier, et a longtemps été fournisseur officiel de la Couronne Austro-Hongroise. 

Pour tous ceux qu’ils veulent goûter au fameux Apfelsstrudel (cette spécialité aux pommes et la cannelle), il faudra se rendre au Cafe Sterl ; quant au café Sacher, comme son nom l’indique c’est pour sa sachertorte (tarte au chocolat) que l’on s’y rend ! 

A Vienne, c’est aussi l’occasion de gouter à la spécialité qui porte le nom de la ville, l’escalope Viennoise (ou Wiener Schnitzel), cette escalope de veau panée, aussi grande que l’assiette. A tester, le très bon restaurant Pursnter (Riemergasse 10), restaurant traditionnel autrichien, avec terrasse. Autre adresse connue le Figlmuller at Wollzeile, situé dans l’une des rues les plus sympathiques, très serrée et bordée de restaurants. 

Que voir ? que visiter ?

Le Palais Hofburg 

Le palais Hofburg est connu pour avoir été la résidence d’hiver de la famille des Habsbourg, famille régnante durant l’empire Austro-Hongrois. Construit à partir de 1220, il est aujourd’hui le palais présidentiel. 

C’est le lieu le plus visité d’Autriche, puisque cet immense ensemble architectural (plus de 2500 pièces !) rassemble une église, les appartements impériaux, le musée de Sissi, le musée d’argenterie de la Cour, l’école espagnole d’équitation ou encore la bibliothèque nationale d’Autriche. 

Le musée de Sissi est le choix n°1 des visiteurs. Il retrace la vie de l’impératrice, souvent considérée comme la rebelle de la Cour, de sa jeunesse en Bavière jusqu’à son assassinat à Genève.  Quant aux appartements impériaux, ils permettent de découvrir la vie des familles régnantes jusqu’à la fin de la monarchie en 1918, à travers 19 chambres ou salles. Le billet permet de combiner ces 2 visites. 

L’Opéra 

Comment ne pas évoquer Vienne sans Mozart ? Appelé Wiener Staatsoper, l’Opéra d’Etat de Vienne a été inauguré en 1869 et abrite la compagnie du même nom. Temple de la musique classique, il accueille plus de 50 opéras par an, l’une des programmations les plus étoffées au monde, mais a aussi l’honneur d’être l’hôte du fameux Bal de l’Opéra. Quasiment détruit en 1945, il ne rouvrira que 10 ans plus tard. 

Le meilleur moyen est d’assister à un opéra bien entendu, et bonne nouvelle, tous les sièges sont équipés d’écrans pour les sous-titres. 

Stephansplatz 

La place centrale de Vienne (ou place Saint-Etienne) est l’un des lieux incontournables de la capitale autrichienne. On y retrouve beaucoup de commerces et les rues piétonnes avoisinantes sont très agréables, surtout l’hiver quand elles sont décorées.

La cathédrale du même nom, Stephansdom (ou cathédrale Saint-Etienne) se trouve en son centre. Chef d’œuvre de l’architecture gothique, elle a été construite sur une église existante du 12ème siècle. Ce n’est qu’à partir de 1359 qu’elle est imaginée dans son style actuel. 

L’une des premières choses que l’on remarque est son toit en tuiles colorées, représentant les armoiries de la ville et du pays. N’hésite à pas monter dans les tours, pour admirer la vue depuis là-haut. 

MuseumsQuartier 

Comment ne pas voir ou traverser le MuseumsQuartier, l’un des plus grands complexes culturels au monde. On le compare souvent à l’île aux musées de Berlin (plus d’infos ici). Installé dans les anciennes écuries impériales, ouvert depuis 2001, ce « quartier » regroupe plus de 70 établissements comme des musées, centres culturels mais aussi espaces de détentes et cafés. Il juxtapose bâtiments baroques et d’autres plus futuristes. 

MuseumQuarter

Parmi les plus connus à visiter, on peut trouver le Musée Leopold, qui est une collection privée d’art moderne autrichien du 19ème et 20ème siècle.  

Le Mumok, musée d’art moderne de la ville (et qui ressemble étrangement au Guggenheim par sa forme cubique) consacre plutôt ses collections au pop-art et au nouveau réalisme. On retrouve des artistes tel que Kandinsky, Klee ou Magritte. Un coup de cœur pour ce musée. 

Quant au Kunsthalle, il représentera l’art moderne et contemporain.

Karlsplatz 

Karlsplatz est l’une des plus jolies places de la ville, représentant le baroque autrichien dans toute sa splendeur.  

D’un côté, on découvre l’entrée du métro Art Nouveau, crée en 1900 par Otto Wagner, en marbre vert, or et blanc, dont les ornements millimétrés sont fantastiques. 

Karlsplatz

De l’autre, l’église Saint Charles de Borromée (ou Karlskirche) trône devant un joli bassin dans lequel elle se reflète. Magnifique œuvre de Von Erlach en l’honneur de l’évêque milanais, il ne faut pas manquer non plus les fresques de l’intérieur. Le dôme est lui largement inspiré de la basilique Saint-Pierre de Rome. 

Palais du Belvedère 

Le palais du Belvédère (Schloss Belvedere) est l’un des plus grands châteaux baroques d’Autriche. Ce sont en fait 2 chateaux distincts : le Belvédère inférieur (utilisé auparavant comme habitation) et le supérieur (plutôt vu comme un lieu de réception), séparés par de magnifiques jardins à la Française. Il a longtemps été la résidence d’été du Prince Eugène de Savoie, avant d’être racheté par les Habsbourg. Il a aussi été le lieu de mariage de Louis XVI et Marie Antoinette. 

C’est l’empereur François Ferdinand qui décida de le transformer en musée. Rien que pour la plus grande collection de Klimt au monde, il est devenu incontournable. On y retrouve entre autres « Le Baiser » mais bien d’autres œuvres de Monet, Van Gogh ou Munch. 

C’est aussi dans ce palais qu’on signa l’indépendance de l’Autriche en 1955 ! 

Naschmarkt 

Le Naschmarkt est le plus grand marché de Vienne. Installé sur le Ring (le centre ville de Vienne représente un ring ou anneau), avec plus de 120 étals, bars ou restaurants, il offre en plus de cela une offre très variée et internationale. Certaines adresses sont désormais très réputées. 

Existant depuis le 16ème siècle, on y vendait à l’époque des bouteilles de lait ! Le samedi, c’est également un marché aux puces qui s’installe, avis aux amateurs !

Hundertwasserhaus 

Immeuble original et coloré viennois crée en 1983, la Hundertwasserhaus est une curiosité architecturale renommée. Imaginée par l’artiste du même nom, et fortement inspirée de Gaudi, la façade fait penser à un patchwork de couleurs, dont les murs ne sont ni droits ni rectilignes. L’objectif était de créer « une maison en harmonie avec la nature ». Les habitants de l’immeuble sont par ailleurs libres d’habiller leurs fenêtres comme bon leur semble, la plupart sont donc très végétales. 

Les habitations étant privées, il n’est malheureusement pas possible d’entrer à l’intérieur. Il existe toutefois un petit musée pour découvrir les œuvres de l’artiste. 

De même augure, et à quelques minutes à pied, on peut aussi découvrir la Kunsthaus. La façade, du même architecte est toute aussi folle. La Kunsthaus est aujourd’hui la maison de la culture viennoise et accueille régulièrement des expositions. 

Palais de Schönbrunn 

Impérial, ce schloss Schönbrunn ! La magnificence du château, en plein milieu de la nature, mais avec une vue sur Vienne au loin, fait de ce lieu un incontournable de toute l’Autriche. 

Le château fut tout d’abord construit par Leopold 1er pour en faire une résidence pour son fils Joseph 1er, futur empereur, avec pour intention de créer une copie de Versailles. Mais de part un budget trop limité, l’idée est abandonnée. 

C’est Marie-Thérèse d’Autriche (la mère de Marie-Antoinette) qui 50 ans plus tard le repère pour en faire sa résidence d’été. Il devint ensuite la luxueuse résidence d’été de tous les empereurs de la dynastie. On y découvre alors les fabuleux appartements rococos et de superbes salons d’apparat. 

Quant au parc qui l’entoure, il est impressionnant par ses nombreuses fontaines et ses parterres de fleurs rigoureusement soignés. L’entrée du parc est libre à tous, on y trouve même un zoo. 

Tout en haut, on peut également découvrir la Gloriette, qui s’aligne parfaitement dans le paysage de Schönbrunn. 

Le château est accessible par le métro Hietzig. 

Prater 

Le Prater situé à l’est de Vienne est une très grande étendue où se tient la fête foraine de la ville, dont la grande roue, symbole viennois. Certaines des attractions sont ouvertes toute l’année. 

Ce parc d’attraction fait partie des plus anciens du monde. Auparavant terrain de chasse, c’est en 1897 que la grande roue, haute de 60m, sera montée pour fêter les 50 ans du couronnement de François Joseph 1er

Lors des guerres successives, elle subit les bombardements, et toutes les cabines de la grande roue n’ont pas été reconstruites. On les retrouve toutefois au pied comme des vestiges déposés.

Pour ceux qui veulent tenter l’expérience, il est possible de diner dans les cabines ! 

Le Kunsthistorisches Museum 

Le musée de l’histoire de l’art est situé sur une très belle place, la Maria Theresien Platz, faisant face à son jumeau le musée d’Histoire Naturelle. Il est souvent considéré comme l’un des premiers musées d’art ancien du monde. 

Il fut commandité par Francois-Joseph pour abriter les collections qu’ont accumulé les Habsbourg au fil des années. Les collections sont très variées. 

Légèrement déçu lors de ma première visite par la froideur des autrichiens et par l’austérité des bâtiments, j’ai souhaité donner à Vienne une 2ème chance ; sans regret, car Vienne est une ville impériale magnifique, très bien tenue, et dont la variété culturelle est immense et incontournable ! Un excellent choix pour un week-end en Europe ! 

Les plus du voyage

  • Une architecture splendide : du baroque au rococo en passant par Art Nouveau
  • Une culture très variée
  • Si tu aimes flâner dans les cafés parisiens, Vienne est fait aussi pour toi!

Les moins

  • niveau de vie élevé, prix en conséquence