La Réunion

10 jours sur l’île intense en octobre 2020

L’île de la Réunion, une belle surprise pour un voyage imprévu, une destination recommandée à 100%. Au vu des conditions sanitaires mondiales, la liste des pays à visiter était très restreinte. La Réunion, département d’Outre-Mer s’est donc imposée par facilité. Facile certes, sans barrière de langue et le fait de rester en France, mais quelle région exceptionnelle. Un voyage incroyable auquel je ne m’attendais pas…

Sur seulement 2500km2 (autant dire un point sur la carte du monde), entre les cirques et les volcans classés au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 2010, les plages couleur sable noir ou bleu cristallin ou encore avec son patrimoine culturel basé sur un melting pot, l’île, autrefois Ile Bourbon, est à la fois si loin de la métropole et si différente.

Avant de rentrer dans vif du sujet, il est important de resituer l’histoire de la Réunion, découverte sur le tard. Nombreux ont été ceux qui l’ont approchée, mais elle apparaissait si terrifiante avec son volcan imposant que personne n’y mit le pied avant 1642. Ce sont les Français qui décidèrent de la peupler tout d’abord avec des exilés, puis avec quelques colons pour en faire le « Grenier des Mascareignes », afin de se ravitailler sur la route des Indes Orientales. C’est à ce moment que fut introduit le café et les épices mais aussi la traite des esclaves arrivant de Madagascar et d’Afrique.

Elle devient Ile de la Réunion après la Révolution en remplacement d’Ile Bourbon, pour cesser tout rappel à la monarchie. Débutent alors les révoltes d’esclaves, dont certains, les Marrons, s’enfuiront vers les cirques pour s’y cacher.

En 1810, la couronne britannique s’empare de l’île durant 5 ans, mais ces 5 années suffirent à introduire la canne à sucre, déjà présente sur l’ile Maurice. Cette monoculture chassa les petits propriétaires, ruinés, vers les hautes terres. Aujourd’hui on les appelle « les petits blancs des hauts » et sont la principale population des cirques. D’autres s’enrichirent et une véritable aristocratie réunionnaise s’imposa (il suffit de voir les belles cases créoles de St Denis). Et malgré l’abolition de l’esclavage, de la main d’œuvre bien moins chère venue d’Inde (puis des Comores et de Madagascar) arriva sur l’île pour la canne à sucre, d’où le melting pot important sur l’île aujourd’hui. Elle mérite enfin son statut de département français en 1946.

Jour 1 : Cirque de Salazie

Munis de tous les documents nécessaires en ces temps difficiles (test pcr, attestations etc..), nous partons d’Orly la veille, vendredi soir. Quasi tous les vols allant à la Réunion sont des vols de nuit et partent à quelques minutes d’écart. Le choix s’est porté sur French Bee, filiale low cost d’Air Caraïbes, qui reste satisfaisante, surtout par rapport à son prix. Le voyage aller-retour coute 590 euros (les vols culminent plutôt autour de 800 euros l’aller-retour). Malgré les mesures restrictives en France, ce sont les vacances scolaires et le vol est plein. La nuit est courte et difficile mais nous arrivons sous un soleil radieux aux alentours de 9h à Saint Denis de la Réunion. L’aéroport est assez petit, et il est très facile de trouver les 5 ou 6 loueurs de voiture, juste devant. Le choix s’est porté sur Sixt, le prix pour 10 jours est de 300 euros pour une Clio.

Après une nuit de voyage, le but au départ était de passer une journée reposante, plutôt côtière, et d’attaquer réellement le lendemain, mais les Réunionnais sont encore en vacances scolaires, et la côte ouest est prise d’assaut.

Nous nous dirigeons donc vers la côte Est et Saint-André, car c’est la porte d’entrée du Cirque de Salazie. Pas de chance pour cette première étape, le fameux temple tamoul du Colosse de Saint André est en travaux. Saint André est le berceau de la culture tamoule car c’est ici qu’arrivèrent les premiers immigrés. Quant à la vanilleraie Roulof, elle est fermée…La plantation est, elle, ouverte, et nous profitons pour voir les gousses en pousse de plus près.

Dès les premiers kilomètres de la montée menant au Cirque de Salazie, c’est l’émerveillement. Des monts verts, qu’on appelle pitons ici, et une végétation si luxuriante nous entoure. Le cirque de Salazie tient bien sa réputation de cirque le plus pluvieux. C’est aussi le plus accessible des 3, une seule route, mais à seulement 30 minutes de Saint-André.

Montée dans le Cirque de Salazie

Après avoir vu la Cascade Blanche, et être passés sous la Cascade Pisse-en-l’air, nous nous arrêtons devant le splendide Voile de la Mariée, une série de cascades le long des remparts du cirque au détour de la route. Une petite randonnée d’environ 1h permet d’aller à son pied à travers des canaux d’irrigation.

Puis nous arrivons dans le petit village d’Hell Bourg, classé parmi les 100 plus beaux villages de France, et le seul hors métropole. Hell Bourg est une ville charmante entourée de pitons et bordée de maisons créoles, toutes colorées. Le village fut une ancienne station thermale jusqu’à ce que sa source ne tarisse. Parmi les maisons créoles (les résidences secondaires ou « résidences de l’air » de l’aristocratie), la Maison Folio se visite. Il ne faut pas rater non plus le cimetière, un véritable havre de paix fleuri.

Le déjeuner permet de gouter aux premières spécialités : un sandwich rougail saucisses (des saucisses cuites avec des tomates et des épices) et un bouchon gratiné, les bouchons étant en fait des raviolis vapeurs chinoises (alors imagine des raviolis chinoises dans du pain, gratiné et avec de la mayo…).

Le temps se gâtant, il est temps de se rendre à notre gite pour ce soir qui se trouve à Grand Ilet, le cul de sac du Cirque de Salazie. Mais en restant à Hell Bourg, sache que les possibilités de randonnées sont nombreuses : Hell Bourg-forêt de Bébour-Bélouve, ascension du Piton d’Enchaing, Piton des Neiges…

Il faut savoir que dans les cirques, en ce début d’été austral, les après-midis sont soit pluvieuses, soit brumeuses et fort est de constaté qu’en arrivant à notre gite, chez Jean Robert, on ne voit rien à 3 mètres.

Chez Jean Robert, réunionnais pure souche, l’accueil est agréable. Les 3 chambres sont situées dans un très beau chalet. Nous avons une chambre à l’étage tout en lambris (l’insonorisation laisse par contre un peu à désirer) et une salle commune où nous prendrons dîner et petit déjeuner. Le coût total est de 90 euros en demi-pension pour 2 et nous avons mangé comme des rois : tartelettes de brèdes (des pousses réunionnaises), salade de choux, poulet boucané (ou fumé) avec riz et pois et gâteau aux pommes, le tout accompagné de vin rouge et rhum arrangé. Le repas se fait avec Jean Robert, notre logeur et 2 autres hôtes avec qui nous sympathisons et avec qui nous partagerons les deux prochains jours.

Jour 2 : Cirque de Mafate

Après un petit-déjeuner copieux en découvrant des nouvelles saveurs (de la confiture d’ananas victoria de la Réunion ou de goyavier…) et un tour d’horizon de la vue panoramique que nous avons depuis le gite expliqué par notre hôte, il est temps de partir ; Roche Ecrite, Cimendef, le Piton des neiges, toutes les montagnes que nous n’avions pas vu hier faute de beau temps.

Sur l’île, il faut savoir se lever tôt, voire très tôt. Tout le monde vit ici avec le soleil qui se lève vers 5h30 pour se coucher autour de 18h. Dans les cirques, et sur les hauts plateaux, les nuages viennent se loger en général à partir de midi. Il faut donc savoir profiter pleinement des matinées.

A Grand Ilet, nous ne sommes qu’à 15 minutes en voiture du Col des Bœufs, le col faisant la liaison entre le Cirque de Salazie et le Cirque de Mafate, à 1958m d’altitude. Arrivés au sommet, la vue, ou plutôt les vues sur les cirques sont fantastiques. On peut voir jusqu’à la mer dans le Cirque de Salazie ; quant à Mafate, ses contours sont si bien dessinés (remparts plongeants, pics aiguisés) qu’on comprend mieux sa géographie.

Cirque de Salazie
Cirque de Mafate

Il faut au minimum 2 jours pour descendre dans le cirque de Mafate, seul cirque des 3 pour lequel l’accès se fait à pied uniquement. Et oui, les Réunionnais luttent fortement pour cette préservation, ainsi les denrées sont livrées par hélicoptère directement aux ilets (les villages à l’intérieur des cirques sont appelés ilets). La plupart d’entre eux disposent de leur épicerie, école et église, mais le facteur ne passe qu’une fois par semaine !

Au col de Bœufs, il y a un parking surveillé (veille à ne pas laisser trop d’affaires sans surveillance) pour 12€ les 24h, et à 7h30, nous prenons les 2 dernières places du parking. C’est pour dire comme il est déjà tard pour les gens d’ici. D’ailleurs sur notre chemin, nous allons croiser énormément de Réunionnais car c’est le dernier jour de vacances ici.

Avant de nous lancer dans la descente à l’intérieur du cirque, nous hésitons encore un peu sur le trajet à suivre, car nous n’avons pas encore trouvé de logement pour la nuit. Nous décidons de nous rendre tout d’abord à la Nouvelle (capitale de Mafate). Traversant la Plaine des Tamarins (arbre que l’on retrouve principalement sur les toits de maison), la descente est assez facile (par contre la montée semble rude au vu des gens que l’on croise) et se fait en 2h30.

La Nouvelle est un village très sympathique, posé sur une plateforme (d’où le terme d’ilet). Etant encore en pleine forme, nous décidons de pousser jusqu’à Marla, se trouvant au pied des remparts de Mafate, entre les 3 Salazes et le Col de Taïbit. Les 2h de randonnée sont un peu plus dures, car Marla est plus en hauteur, mais faisable.

Il faut savoir que les possibilités de randonnée dans Mafate sont très très nombreuses et on peut facilement passer 4 à 5 jours dans le cirque.

Nous arrivons à Marla donc vers 12h30, et il se met à pleuvoir. En quelques minutes le cirque se recouvre d’un épais nuage. Nous en profitons pour pique-niquer puis poser nos affaires à notre gite, le Gite de Marla, Chez Yolande, pour un tarif de 110€ pour 2, repas compris. Ce petit gite est composé de 8 chambres, avec salle de bains communes et vue sur le Cirque (quand il fait beau). Quant au dîner et petit-déjeuner, ils se passent en face, dans la maison de Yolande Hoareau, notre hôte. Nous profitons de cette petite après-midi tranquille pour récupérer du voyage, puis nous nous rendons au snack du coin (le seul et l’unique) pour passer la fin de journée et tester les samoussas (même s’ils viennent d’Inde, les Réunionnais en ont fait leur spécialité) et la Dodo, bière nationale.

Le gite sous la brume

Le dîner est assez gargantuesque, une fois de plus, avec ti punch à volonté, salade de choux blanc, rougail saucisses délicieux (le meilleur du séjour), poulet aux légumes et pois en terminant par un gâteau coco.

Jour 3 : de Mafate à la Route des Laves

Nous partons à 7h30, en retrouvant nos amis de randonnée au Snack de Marla. Les vues sur Mafate découvert, depuis Marla, sont magnifiques. Nous partons pour la remontée jusqu’au Col des bœufs. La montée n’est pas si simple que ça, ça monte tout le temps. Nous arriverons par contre la tête dans les nuages. La journée ne s’annonce pas très bonne dans les montagnes.

Marla

Nous décidons, pour le reste de la journée, de visiter la côte Est de l’île de la Réunion, la côte la plus sauvage, appelée côte aux vents, où il est interdit de se baigner à cause de plusieurs facteurs : les alizés et les cyclones, le Piton de la Fournaise, qui se déverse essentiellement sur cette côte, et les requins malheureusement. Cela lui donne l’atout d’avoir une végétation luxuriante et d’avoir été épargnée par les constructions.

La première étape est Bras-Panon, où tu peux visiter la vanilleraie ProVanille créée en 1951 (cette fois ouverte). Les effluves de vanille sentent dès que l’on gare la voiture, ce parfum est magique. Il y a un atelier où l’on peut voir la fabrication ainsi que des plantations. A la Réunion, la vanille est une création. En l’absence d’insecte pour polliniser la fleur, il faut en effet le faire manuellement. Cette technique a été inventée par Edmond Albius, en 1842, à l’époque esclave sur l’île. Aujourd’hui la vanille bourbon se vend extrêmement chère. En métropole, il n’est pas rare de voir la gousse vendue 4€, on peut la trouver ici à moins de 2,5€, une aubaine….

A Sainte Anne, nous nous arrêtons devant la petite église qui fait la fierté de l’île puisque Truffaut est venu tourner La Sirène du Mississipi. Nous profitons de l’heure du déjeuner pour s’arrêter à Bassin Bleu, en bord d’océan.

Nous entrons maintenant sur la Route des Laves. A Sainte Rose, nous découvrons Notre Dame des Laves. Cette église a été véritablement épargnée par la lave lors de l’éruption de 1977. Comme nous pouvons le constater sur des photos exposées dans l’église, la lave qui a séchée l’entoure et s’est arrêtée au pied de celle-ci, les images sont impressionnantes, mais l’extérieur de l’église également. Beaucoup y voit l’intervention divine, sans doute !

Un peu plus loin, nous faisons une pause à l’Anse des Cascades. En bord de mer, cette petite anse est bordée d’une forêt de palmistes immenses, de vacoas (des arbres parasols dont les racines sont apparentes), de barques de pêcheurs colorées et d’une succession de cascades le long des parois. L’endroit est charmant et mérite ce détour.

Enfin, nous traversons la route des laves, là où le Piton s’est constamment déversé ces dernières années. Le Piton de la Fournaise est l’un des volcans les plus actifs au monde avec une éruption tous les ans en moyenne.

Cette balade en voiture sur la RN2 permet de découvrir les lieux des différentes coulées, comme celle de 1998, qui a agrandi l’île sur la mer de 2.5 ha ou encore celle de 2007, la plus remarquable sans doute qui a changé le paysage. Il fallut des mois pour reconstruire une route tant le sol était resté brulant. Mais le temps est effroyable, nous décidons de nous arrêter là et choisissons de refaire cette route plus tard sous un meilleur temps.

Nous allons donc vers la Plaine des Cafres (cafres est le nom donné aux esclaves noirs), le plateau situé en dessous de l’autre versant du Piton de la Fournaise. Nous choisissons notre logement à Piton Hyacinthe appelé Le Bougainvillier. C’est une maison individuelle appartenant à un hôte, mais nous n’en retirerons pas une expérience fantastique (accueil moyen, pas de repas possible).

Pour accéder à cette plaine, 2 possibilités : depuis Saint-Pierre ou Saint-Benoit, la route transversale de l’île. Depuis Saint-Pierre, ce que nous faisons, chaque quartier se nomme selon le kilomètre qu’il l’éloigne de la 2nde ville de l’île comme le Quatorzième ou le Dix-Septième. Nous choisissons d’être au Vingt-Deuxième.

Seul hic de cette région, il est dimanche et tout est fermé. Nous peinons tellement à trouver un restaurant ouvert, que celui que nous trouvons, chez Annabella à Bourg Murat, nous l’adopterons les deux soirs de suite.  Menu du jour : Emincé de poulet citronné, burger au canard et dodos (la bière j’entends…).

Jour 4 : Forêt de Bébour Bélouve et Côte Sud

Nous savions que cette journée ne serait pas géniale en terme de temps, voilà pourquoi nous retardons l’ascension du Piton au lendemain. Aujourd’hui nous allons passer la matinée dans la forêt de Bébour Bélouve et réaliser la randonné du Trou de Fer (4h aller-retour). La forêt de Bébour Bélouve est ce qu’on appelle une forêt primaire (une forêt vierge sans activité humaine) composée essentiellement de tamarins, mousses et de fougères .

Le chemin est agréable, et plutôt facile, il est bien tracé avec beaucoup de pontons de bois. Mais quand la pluie est passée, le chemin est humide et boueux. Arrivés au Trou de Fer, ce gouffre de 300m avec des cascades plongeant à l’intérieur, nous ne verrons que du brouillard. Quel dommage, mais nous aurons une autre occasion de le voir. C’est en temps normal l’un des plus beaux points de vue de la Réunion !

Après une courte pause au gîte pour se changer, nous redescendons sur la côte pour profiter du soleil. La capitale du Sud, Saint-Pierre, est l’arrêt parfait pour le déjeuner. Nous mangeons sur le port dans un snack. A la Réunion, tous les snacks vont proposer ces mêmes sandwichs : américain (avec frites), gratinés (en baguette avec du fromage par-dessus) ou encore des lords (type burger). A l’intérieur, du classique ou du typique : achards (légumes épicés), bouchons (raviolis chinoises), rougail, dakatine (beurre de cacahuètes réunionnais). Mais aussi des samoussas et des bonbons piments et quelques plats du jour toujours proposés (cary, rougail selon l’approvisionnement).

Saint-Pierre est la deuxième ville de l’île et la plus animée. Quelques édifices sont à voir comme l’hôtel de ville (ancien bâtiment du roi et entrepôt de café) ou encore l’entrepôt Kerveguen. Nous en profitons pour voir le port et la plage, ainsi que quelques rues du centre et le marché couvert (sous un chapiteau de fonte) pour les achats touristiques.

Saint Pierre

Nous nous rendons au Puits aux Anglais, pour reprendre là où nous nous étions arrêtés hier. Le puis des Anglais est un bel endroit où une piscine a été creusée au 19ème siècle dans la roche.

Un peu plus loin, nous faisons un arrêt au Cap Méchant. Ce magnifique point de vue sur les falaises est très sympa. Les vagues viennent frapper fort sur les falaises de basalte, avec tout autour une forêt de pandanus. C’est l’un des plus beaux points de vue panoramique du sud.

Pour voir des plages de plus près, il faut se rendre à la marine de Vincendo qui vaut aussi le coup d’œil, cette belle plage déserte de basalte noir est entourée également de falaises.

Arrivés proche de Saint-Joseph, nous remontons la rivière Langevin pour trouver la cascade du même nom ou également appelée Cascade de Grand Galet. Attention la route d’environ 13 km depuis Saint-Joseph est extrêmement difficile, avec beaucoup de virages et peu de croisements possibles. Beaucoup de personnes viennent profiter de la rivière ici, d’autres viennent faire du canyoning. C’est certainement l’un des plus beaux endroits de la Réunion, la série de cascades se jetant dans un bassin d’un bleu époustouflant.

Pour la dernière étape du jour, nous profitons du coucher de soleil sur les plus belles plages de la Réunion : Grande Anse et Manapany les bains. Beaucoup pensent que les plus belles plages sont vers Saint-Gilles, mais je choisis personnellement ces deux-là. Grande Anse est entourée d’une petite forêt de palmiers, quant à Manapany, la plage de galets se trouve dans un bassin aménagé.

Nous retournons passer la soirée à Bourg Murat, au restaurant chez Annabelle puis à notre gîte.

Jour 5 : Piton de la Fournaise

Cette matinée est (enfin) consacrée à l’ascension du Piton de la Fournaise. Le Piton de la Fournaise est la star de l’île. Autrefois tant redouté, il est aujourd’hui tellement adoré, que dès lors qu’il rentre en éruption, les gens se ruent pour voir le spectacle. Et quels spectacles ! Ces dernières années, les éruptions ont été à la hauteur des espérances de chacun.

Le Piton de la Fournaise

Nous partons à 6h du matin au lever du soleil pour attaquer la route forestière qui commence à Bourg Murat (en voiture pour le moment), sur environ 30 km. Nous nous arrêtons à divers points de vue comme le Nez de Bœuf qui permet de voir la plaine des cratères naissants ou encore le Cratère Commerson, un somptueux cratère profond de 230 mètres.

Puis nous traversons la Plaine des Sables. A croire que nous somme sur Mars, tant le paysage semble surréaliste. La route permet de traverser en son milieu ce désert ocre.

Nous arrivons à 2400 m d’altitude au Pas de Bellecombe, terminus pour la voiture, vers 7h et on est loin d’être les premiers. La vue sur le Piton et la caldeira est dégagée. On voit bien le sommet et le chemin qu’il y a à faire…

La 1ère étape consiste à descendre dans l’enclos du volcan, appelé Enclos Fouquet, par 500m de marches (mon dieu le retour). En effet, le Piton, au fur et à mesure des éruptions s’est créé une muraille où elles sont le plus souvent contenues. Une fois en bas, il faut traverser une longue plaine à nouveau très lunaire avec beaucoup de failles, et à notre droite un petit cratère le Formica Leo. Il faut environ 45 minutes pour arriver au pied du piton.

Puis c’est la montée qui s’avère plus dure à certains moments car assez raide et chaotique. Le chemin est balisé par des pierres peintes en blanche, mais certains passages relèvent de l’escalade ! Et nous ne voyons jamais la fin. Arrivés quasiment en haut, il faut contourner le volcan sur la gauche pour atteindre le sommet du Cratère Dolomieu, car il n’est pas possible d’en faire le tour complet depuis la grande éruption de 2007 qui l’a creusé un peu plus. La vue est splendide, vue sur la mer de nuages d’un côté et de l’autre le cratère profond.

Nous repartons, sans trop tarder, le froid étant prenant, nous repartons pour la descente, qui est tout aussi dure pour les genoux et les jambes. A 30 minutes de l’arrivée, le nuage quotidien commence à envahir l’enclos. C’était moins une… Nous aurons mis 4h30 aller-retour !

Si tu as un peu de temps, l’idéal est de visiter la Cité du Volcan à Bourg Murat. C’est un centre pédagogique mais aussi scientifique qui permet de manière ludique d’en apprendre plus sur le fonctionnement de ce volcan.

Pour l’après-midi, nous nous rendons dans la charmante ville d’Entre deux. Après Hell-Bourg, c’est l’un des villages avec cases créoles et colorées le mieux conservé, entre autres de par sa situation géographie, coincée entre 2 rivières, Cilaos et la Plaine. Derrière Entre-deux, le sommet appelé « Dimitile » est un autre paradis de randonneurs car il offre depuis son panorama une vue sur le cirque de Cilaos et sur le Piton des Neiges. Nous en profitons pour prendre un verre et manger une bonne glace à l’Entre Deux Délices qui permet de faire une vraie bonne pause.

Notre maison d’hôtes pour ce soir, la Villa Paille en Queue, sur les hauts de la commune de Saint-Louis, est plus un petit hôtel, dans une villa immense avec plein de pièces ; la piscine permet de se reposer et de prendre le soleil ! L’hôtel dispose d’une belle salle à manger, nous décidons de nous rendre à Saint-Louis, faire quelques courses puis d’acheter à emporter, chez Croque Bol pour 2 belles salades et Samoussa Tropic pour l’apéritif typique réunionnais avec samoussas et bonbons piments.

Jour 6 : Cirque de Cilaos

Nous partons tôt ce matin pour découvrir le Cirque de Cilaos. Au vu du ciel, tout semble parfait , ouf peut être l’espoir d’une belle journée.

L’intérêt n°1 du Cirque de Cilaos réside en son unique route qui permet d’y accéder, appelée la route aux 400 virages. Oui, il y a bien 400 virages à faire pour arriver au village de Cilaos. Une longue route, où l’on ne croise pas toujours quelqu’un, des épingles bien épinglées, des tunnels où une seule voiture passe, l’impression de rentrer dans une jungle verdoyante aux aspects de Jurassic Parc ! Sur la route, nos nombreux arrêts nous permettent de découvrir chaque belvédère ou recoin du cirque.

Au bout d’1h15, nous arrivons au village de Cilaos, situé sur un plateau à 1200m d’altitude. Cilaos est entouré de remparts, à l’abri du Piton des Neiges qui le domine. A la manière d’Hell Bourg, Cilaos a connu un fort essor grâce à ses thermes, au 19ème siècle. Il est 8h45, un peu matinal, mais nous profitons d’un tour de centre-ville très sympathique.

L’office de Tourisme tient une liste des randonnées classés par difficulté ou durée. Maintenant que nous connaissons l’île, nous savons que nous avons environ 3h devant nous, avant de voir le ciel s’assombrir. Nous choisissons de faire la randonnée de la Roche Merveilleuse, qui derrière l’église et les anciens thermes de la ville, permet d’aller jusqu’à un point de vue dégagé sur le Piton des Neiges.

Il y a quelques autres randonnées intéressantes : soit plutôt courtes comme Bras Rouge ou la Chapelle, ou d’autres plus longues comme le Piton des Neiges ou Marla (village où nous avions dormi il y a quelques jours dans le Cirque de Mafate), via le Col du Taïbit.

Nous nous rendons à notre gîte choisi, le Gite de l’Ilet. Sur 2 ou 3 que nous avions préchoisi, celui-ci nous plaisait et avait de la disponibilité. C’était sans compter sur le fait de ne pas avoir vérifié sa localisation. Nous nous retrouvons sur une route de 10km encore pire que la précédente. Mais le jeu en vaut la chandelle, nous sommes au bout du Cirque, dans une impasse, sur l’Ilet à Cordes.

Le gîte est une belle demeure, nous avons une petite chambre à l’arrière et bonus, il y a une piscine chauffée, un bon moment agréable alors que les nuages sont déjà en train d’envahir le cirque. Nous profitons en fin d’après-midi d’un petit tour de cet hameau .

Il y a 3 spécialités à Cilaos et nous profiterons d’au moins 2 ce soir : le vin, les lentilles et la broderie. Le dîner est gargantuesque. Le gérant nous fait une petite présentation de ses 10 bouteilles de rhums arrangés et du vin de Cilaos qu’il fait lui-même, et à volonté. Le tout accompagnera des beignets de choux rouges, une quiche brède chouchou (les jeunes pousses de la plante qui donne le chouchou, légume inconnu en métropole), rougail saucisses, poulet ti jacques accompagné de riz et lentilles ainsi qu’un gâteau à l’orange.

Jour 7 : Etang Salé, Saint Paul

Après cette étape dans le Cirque de Cilaos, nous redescendons vers la côte. Avec plus de temps, le Cirque mériterait vraiment d’y passer une ou deux journées supplémentaires pour enchainer quelques randonnées et pourquoi pas faire l’ascension du Piton des Neiges.

Notre premier arrêt, de retour vers la mer, est à la Sucrerie de Gol. L’usine est l’une des deux seules sucreries encore en activité de l’île, où le balai des camions qui vont et viennent déposer leurs cannes à sucre, est sans cesse. Malheureusement à cause du Covid, elle est fermée au public.

Nous allons donc à Etang salé pour découvrir sa plage de sable noir, la plus longue de l’île. Attention le risque requin est important ici et de nombreux panneaux font la prévention. Il est important de rester dans la zone aménagée appelé Bassin Pirogue. L’endroit est sympathique et invite vraiment au repos.

Un peu plus loin, il est possible de faire un arrêt au « Gouffre », un endroit en forme de couloir de roches noires où l’eau vient « s’engouffrer » à toute allure en provenance de la mer et se jeter contre les parois.

Comme nous sommes vendredi aujourd’hui, nous allons à Saint Paul pour profiter du marché forain haut en couleur qui n’a lieu que les vendredis et samedis. C’est l’un des plus grands de l’île avec celui de Saint-Pierre. Il se vend beaucoup de fruits et légumes mais aussi des produits artisanaux et que des idées cadeaux à ramener de l’île : confitures, épices, vanille etc etc…Après quelques achats, nous profitons des étals pour déjeuner : jus de fruits frais, samoussas et ananas fraichement coupé, le tout face à l’océan.

A Saint-Paul, il y a 2/3 points intéressants à voir comme le temple Tamoul, consacré à Shiva. La communauté tamoule est importante sur l’île ; le temple est fermé au public mais visible de la rue.

En bord de mer, à l’entrée de la ville, se trouve le cimetière marin, très fleuri. Ce cimetière regorge de tombes de célébrités locales telles que le poète Leconte de Lisle ou encore le pirate La Buse.

Pour déjeuner, nous nous rendons sur la plage de Boucan Canot pour pique-niquer et profiter du soleil. Plage trendy de la Réunion, plage préférée des jeunes, elle est très agréable, il y a quelques marches à l’ombre des vacoas si tu ne souhaites pas être sur le sable blanc. Les voitures ont été bannies du front de mer, il est donc difficile de se garer sur cette petite ville.

Nous nous rendons à notre gîte pour nos 3 derniers jours, la Kaz Nana Safiko. Sur les hauteurs de Saint-Paul, dans un hameau appelé Plateau Caillou, notre gite est une belle villa composée de 2 chambres sur les côtés avec chacun sa salle de bain, et de deux bungalows. La vue est splendide et la piscine fait son charme. L’accueil est fort agréable, mais discret. Nous allons passer 3 jours ici très reposants.

Nous passons notre fin d’après-midi et soirée à Saint-Gilles-les-Bains, l’une des stations balnéaires les plus connues de la Réunion et le lieu de prédilection des Zoreilles. Nous en profitons pour voir le centre-ville et ses belles plages, la plage des Roches Noires et la plage des Brisants, mais aussi le port.

Plage des Roches Noires, Saint Gilles

Nous dînons au restaurant DCP, une institution ici. Le Dispositif de Concentrations de Poissons est le restaurant référence pour manger du poisson frais de toute l’île. Les poissons sont forcément du jour et très locaux. Il y a peu de variétés de poissons mais tu es sûr de sa fraicheur. Au menu, duo à partager, entrée de poissons crus de thon ou marlin (tartare, carpaccio, makis, sushis, fumé…), un plat de cuits et mi-cuits (brochettes, espadons) et desserts…Une super adresse !

Jour 8 : En route pour le Maïdo

C’est un départ matinal, après un petit déjeuner solide composé de salades de fruit, croissant, jus de fruits frais et œufs (quel plaisir!), que nous partons pour le Maïdo.

Sur les hauteurs de Saint Paul, se trouve l’un des plus beaux points de vue de l’île. A son sommet, accessible en voiture, a 2205 mètres d’altitude, la vue exceptionnelle sur le cirque de Mafate s’ouvre à nous, devant nos yeux.

Après 35 minutes de voiture, un belvédère aménagé permet de tout voir en temps dégagé : le Gros Morne, le Piton des Neiges et le Grand Bénare, les plus hauts pitons de la Réunion, mais aussi les ilets tels que Marla ou La Nouvelle, tout ce que nous avions pu voir les premiers jours, mais cette fois ci d’en haut et avec du recul. Les photos parlent d’elles-mêmes.

Il est aussi possible de descendre dans le Cirque depuis ici, la randonnée est un peu difficile et la descente dure environ 4h. Certains font aussi la descente en VTT jusqu’à la mer.

Nous choisissons de faire la randonnée de la route des Cryptomerias. La route se trouve en contre bas du Maïdo et se termine sur un parking. La boucle à pied commence ici et permet de connaitre cette forêt jusqu’à Ilet Placide et Les Terrasses.

Après cette randonnée, nous allons acheter quelques samoussas chez Loulou à Saint Gilles (une boulangerie traiteur connue mais attention il faut venir tôt pour avoir du choix), nous profitons de la plage de l’Ermitage. Un lagon, du sable blanc, des filaos, tout invite au farniente ici. C’est l’une des plages préférées car la baignade est ici autorisée, protégée par la barrière de corail.

Chez Loulou, Saint Gilles
Plage de l’Ermitage

Notre fin d’après-midi se passe à notre maison d’hôtes, et nous allons à Saint-Paul sur la place du marché pour trouver un de ces snacks qui proposent des plats à emporter, Chez David, pour prendre un Rougail Saucisses et un Cari Poulet, et dîner au gite.

Jour 9 : Bords de mers

Cette journée du 01 novembre est beaucoup plus cool, seul jour sans marche de tout le séjour. Nous profitons d’un beau temps pour refaire la route des Laves qui était sous la pluie le premier jour. Aujourd’hui, il fait bien meilleur et cela nous permet de voir tout ça sous un plus bel angle. La route est quelque peu encombrée car beaucoup de gens se rendent au cimetière aujourd’hui pour la Toussaint.

Nous nous arrêtons tout d’abord à la Pointe du Tremblet pour voir les coulées de laves sèches avancées dans la mer, puis au meilleur point de vue, celui de la coulée de 2007.

Nous déjeunons sur la plage de l’Etang Salé avec comme souvent quelques samoussas, bouchons et bonbons piments.

Et pour continuer de découvrir les « plages de Saint Gilles », nous partons à la découverte de celle de la Saline. La Saline est une longue, très longue plage de sable blanc, dans cette station plus résidentielle et familiale que les autres. L’avantage est aussi que le lagon est très peu profond donc elle fait la préférence de beaucoup de familles.

Nous dinerons à la Saline dans le centre.

Jour 10 : le cadeau de la fin

Le meilleur du voyage est gardé pour la fin. Il est 5h30 du matin, le soleil vient de se lever, et nous sommes sur le pont. Ou devrais-je dire le tarmac. Et oui, nous allons découvrir l’île de la Réunion du ciel et en hélicoptère.

La société Helilagon est celle qui propose les meilleurs tarifs en ce moment, avec promotions sur internet, et en plus c’est la plus proche de notre maison d’hôtes. Il faut essayer de s’y prendre 2/3 jours en avance pour avoir le choix de créneaux, mais en réservant la veille, le seul créneau disponible est 6h du matin.

En tout cas, le soleil vient de se lever, et à priori pas de nuages au-dessus de nos têtes. Nous sommes 5 dans notre hélicoptère et le vol est prévu pour environ 45 minutes. Nous nous envolons tout d’abord en direction du Cirque de Mafate que nous apercevons en contrejour. L’hélicoptère descend à travers le Trou de fer, le fameux, que nous n’avions pas vu depuis la forêt de Bébour Bélouve. Nous passons ensuite au-dessus de Salazie avant de traverser l’immense plaine et l’enclos du volcan. Le vol est chouette, c’est incroyable de tout découvrir du ciel. Nous allons jusqu’au cratère Dolomieu, et tout autour seuls les nuages nous entourent…Sur notre route du retour, nous survolons cette fois le Cirque de Cilaos mais celui-ci est dans les nuages, on aperçoit toutefois le clocher de l’église de la ville. Pour terminer, nous survolons les plages de Saint Gilles et le lagon.

Le vol en hélicoptère fut une belle expérience, en rien obligatoire, mais un vrai plus sur le séjour, pour mieux comprendre la géographie de cette île. Il faut par contre le faire en fin de séjour après avoir vu tout du sol, afin de pouvoir tout reconnaitre.

De retour, nous profitons de notre matinée à la maison d’hôtel entre bronzage et piscine puis allons déjeuner chez Mamy Marianne à Saint Paul, pour bien terminer notre dernier jour avec un bon repas créole. La carte est simple mais les plats sont très bons.

Nous décidons ensuite d’aller à Dos d’Ane. Ce petit village cul de sac, au-dessus de la Possession, est à nouveau un lieu de randonnée. En effet, depuis Dos d’Ane, certains choisissent de faire la randonnée de la Roche Ecrite, ou encore de rentrer dans le Cirque de Mafate via la Rivière des Galets. Le point de vue de la Roche Bouteille (environ 20 minutes aller-retour) permet de voir le lit de la rivière et les pitons de Mafate.

Dos d’Ane, Roche Bouteille

Enfin, notre dernière étape de ce voyage est consacrée à la préfecture Saint Denis, ville natale de Roland Garros. Beaucoup l’évitent, mais une petite balade dans le centre-ville permet de découvrir une architecture créole typique (les demeures historiques sont multiples, occupées en grande partie par des bâtiments officiels) et de nombreux lieux de cultes mêlant toutes les origines que l’on rencontre à la Réunion. Cathédrale, temple tamoul, pagodes, la liste est longue. Saint Denis n’a pas de plage, mais elle a le Barachois, ce quartier promenade le long de la mer, souvent très animé, où il fait bon se promener.

Ce séjour se termine ici, tellement intense, comme le surnom de l’île. Randonnées, plages, paysages époustouflants, à la Réunion, tout est réuni pour passer des moments agréables sur le paradis de l’océan indien. Un voyage qui sera souvenu…

Les plus du voyage

  • Un paradis pour les randonneurs
  • Des paysages à couper le souffle
  • La cuisine créole, aux mille saveurs

Les moins

  • des prix identiques à la métropole, voire plus élevés sur l’alimentaire importé

Publié par Gaelle T

Voyageuse dans l'âme, aventurière maintenant chevronnée, je continue ma route sur les chemins de traverse du monde...

2 commentaires sur « La Réunion »

  1. L’ile de la réunion magnifique ton parcours raconte avec une pointe d’humour et comme le Liban la cuisine créole qui donne l’eau à la bouche merci de nous faire partager tes voyages magnifique

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